Pascal Couchepin

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.

Pascal Couchepin
Illustration.
Portrait, 2009.
Fonctions
Conseiller fédéral
Élection 11 mars 1998
Département DFI (2003-09)
DFE (1998-2002)
Prédécesseur Jean-Pascal Delamuraz
Successeur Didier Burkhalter
Président de la Confédération suisse
Conseiller national
Législature 41e à 45e
Commission CER (1995-98)
Président de la commune de Martigny
Biographie
Date de naissance (81 ans)
Lieu de naissance Martigny
Origine Martigny (VS)
Nationalité suisse
Parti politique PRD / PLR
Enfants Anne-Laure Couchepin Vouilloz
Diplômé de Université de Lausanne
Profession Avocat
Religion Catholique

Pascal Couchepin, né le à Martigny (originaire du même lieu), est un homme politique suisse, membre du Parti radical-démocratique.

Élu conseiller fédéral en 1998, il dirige d'abord le Département fédéral de l'économie, puis celui de l'intérieur. Il occupe par deux fois le poste de président de la Confédération, en 2003 et 2008.

Biographie[modifier | modifier le code]

Origines et famille[modifier | modifier le code]

Pascal Roger Couchepin[1] naît le à Martigny, dans le canton du Valais. Il est le troisième d'une fratrie de quatre enfants. Son père, Henri Couchepin, est avocat et notaire et député au Grand Conseil du canton du Valais ; sa mère est née Andrée Spagnoli[2].

Sa famille, initialement originaire de Delle en Bourgogne-Franche-Comté, se fait naturaliser à Martigny en 1817 et compte plusieurs personnalités politiques et notables valaisans, dont le conseiller national Jules Couchepin (1875 - 1939), le conseiller d'État et juge fédéral Arthur Couchepin (1869 - 1941) et le chancelier de la Confédération François Couchepin (1935 - 2023)[2].

Pascal Couchepin épouse Brigitte Rendu en 1968, infirmière, fille d'un médecin parisien[2]. Ils ont trois enfants, dont Anne-Laure Couchepin Vouilloz[3].

Études et activité professionnelle[modifier | modifier le code]

Tout comme son père, Pascal Couchepin étudie le droit à l'Université de Lausanne, où il obtient une licence en 1966 et passe le brevet d'avocat en 1968 avant de prendre la tête d'une étude à Martigny[3].

Parcours politique[modifier | modifier le code]

Il est élu pour la première fois au Conseil communal (exécutif) de Martigny en 1968. Il est réélu régulièrement et devient vice-président de la ville en 1976 puis président entre 1984 et 1998[3].

En 1979, il est élu au Conseil national ; il préside de 1989 à 1996 le groupe parlementaire radical-démocratique de l'Assemblée fédérale ainsi que la commission de la science et de la recherche[3]. Il est alors membre de plusieurs conseils d'administration (TSA Telecom SA et Elektrowatt Holding). En outre, il préside l'Association suisse de la sclérose en plaques, tout en étant actif au sein de plusieurs organisations en faveur des handicapés.

Le , il est élu par l'Assemblée fédérale au Conseil fédéral, devenant le 102e conseiller fédéral de l'histoire[4]. Au cours de son mandat au gouvernement qui débute le [3], il dirige successivement le Département fédéral de l'économie de 1998 à 2002, puis, de 2003 à 2009, le Département fédéral de l'intérieur. Il occupe également le poste de président de la Confédération suisse durant les années 2003 et 2008, après avoir été vice-président durant les années 2002 et 2007.

En tant que chef du Département fédéral de l'économie, il représente la Suisse à l'Organisation mondiale du commerce et exerce les fonctions de gouverneur à la Banque mondiale et à la Banque européenne pour la reconstruction et le développement. Il est par ailleurs l'une des rares personnalités suisses à participer en 2005 au groupe Bilderberg[5]. À la tête du Département fédéral de l'intérieur, il plaide pour une élévation progressive de l'âge de la retraite dès 2015 afin de compenser l'évolution démographique[6].

Le , Pascal Couchepin présente sa démission du Conseil fédéral pour le de la même année[7].

Il est fait Officier de la Légion d'honneur le [8].

Depuis 2014, il est membre du jury du prix littéraire SPG[9].

Impairs[modifier | modifier le code]

Son franc-parler lui vaut de nombreuses oppositions. Ses déclarations sur le relèvement de l'âge de la retraite brusquent par exemple une partie de l'opinion. Ses escarmouches avec les médias, en particulier avec les journalistes de la TSR, sont de notoriété publique[10].

Pascal Couchepin s'est positionné comme un critique virulent de Christoph Blocher, son collègue au Conseil fédéral, et s'est par conséquent trouvé plusieurs fois en butte aux attaques du parti de ce dernier, l'Union démocratique du centre (UDC) et, en partie, des médias suisses.

Le , pendant une interview qu'il donne à la RSI, il critique sévèrement l'UDC. Couchepin y compare indirectement son collègue Blocher au dictateur italien Benito Mussolini : « Personne, pas même le Duce, n'est indispensable pour le bien-être de notre pays. C'est malsain »[11].

Un autre incident fait des vagues dans la presse et le monde politique suisse. Le , en pleine réunion d'une commission parlementaire, il confond le conseiller national UDC Christoph Mörgeli avec le médecin et criminel de guerre nazi Josef Mengele — utilisant les termes « Docteur Mörgele » au lieu de « Docteur Mengele ». Il insiste ensuite sur le fait qu'il s'agit d'un lapsus, explication qui ne convainc pas ses détracteurs, qui lui reprochent d'avoir délibérément utilisé cette comparaison[12].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. La Confédération en bref 2008, éd. Chancellerie fédérale, Berne, 2008, p. 55 [lire en ligne (page consultée le 19.8.2023)].
  2. a b et c Robert Giroud, « Pascal Couchepin » dans le Dictionnaire historique de la Suisse en ligne, version du .
  3. a b c d et e Pascal Couchepin, Jean Romain et Peter Bodenmann, Je crois à l'action politique : entretiens avec Jean Romain, éd. L'Âge d'Homme, Paris, 2003, p. 175-176 (ISBN 2825117242)
  4. Pascal Guex, « Il y a 20 ans, le Martignerain Pascal Couchepin était élu au Conseil fédéral » Accès payant, sur Le Nouvelliste, (consulté le )
  5. « Diplomatie secrète. Présence du conseiller fédéral Couchepin à la conférence de Bilderberg 2005 », sur parlement.ch (consulté le )
  6. Ron Hochuli, « Relever l'âge de la retraite dès 2010 », Le Temps, 19 décembre 2005
  7. « Communiqué de presse : Pascal Couchepin quitte le Conseil fédéral le 31 octobre 2009 », sur admin.ch (consulté le )
  8. Pascal Couchepin est officier de la Légion d'honneur
  9. « Le Prix littéraire SPG 2019 a couronné Claire May pour Oostduinkerke, un voyage en mer du Nord », sur Immorama, (consulté le )
  10. Titus Plattner, « Bernard Rappaz : « Les propos de Couchepin à l'égard de la TSR sont inacceptables » », sur lematin.ch, (consulté le )
  11. (de) « Couchepin kritisiert die SVP hart », sur nzz.ch, (consulté le )
  12. Le «Dr Mörgele» de Pascal Couchepin interpelle, Le Temps, 7 février 2008.
(de) Cet article est partiellement ou en totalité issu de l’article de Wikipédia en allemand intitulé « Pascal Couchepin » (voir la liste des auteurs).

Liens externes[modifier | modifier le code]

Sur les autres projets Wikimedia :