Access Bars

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L'Access Bars (ou Access Conciousness Bars) est une pseudo-médecine, basée sur des séances de massages de différents points disséminés sur le visage (bar points). Outre sa pratique manuelle ne reposant sur aucune étude scientifique sérieuse, l'Access Bars condense un discours nébuleux proche de l'église de scientologie et propose des formations extrêmement coûteuses, ainsi que des livres, cours en vidéo, abonnements et accessoires[1].

Historique[modifier | modifier le code]

Cette méthode est inventée en 1995 aux États-Unis, par Gary Douglas, auteur et conférencier américain en relation étroite avec l'église de scientologie, et Dani Heer, ancien chiropraticien devenu spécialiste de « coaching mental ». Son inventeur prétend avoir « posé des questions à l’Univers » et avoir reçu, en retour, des « capacités de médium et de canal », qui lui ont permis d’inventer les « 32 points sur la tête » appelés des Bars. Celui-ci a alors « pris conscience que les Bars étaient un outil pour aider les gens à fonctionner d’une manière différente sur cette planète » et qu’il devait « offrir des classes pour renforcer et faciliter plus de choix et de possibilités chez les autres ». Le terme « offrir » est évidemment relatif, puisque les nombreuses classes et formations sont payantes[2]. L'accès au grade de facilitateur (formateur certifié) nécessite par exemple de suivre plusieurs cours de façon répétée, mais aussi d'acheter des livres, de suivre des conférences et formations, d'acheter des livres audio et d'écouter des téléclasses payantes, et enfin de payer une licence pour un an. De nouveaux achats et de nouvelles conférences sont obligatoires pour renouveler la licence l'année suivante[2]. En France, la méthode est apparue en 2010, et est en pleine croissance depuis 2015 et a déjà fait l'objet de nombreux signalement auprès de la mission interministérielle de vigilance et de lutte contre les dérives sectaires[3].

Description[modifier | modifier le code]

En pratique, il s’agit pour le thérapeute de placer ses doigts sur l’un des 32 points situés symétriquement autour du crâne pour activer différentes barres[4] : celle de la sexualité, de l’argent, du pouvoir, de la conscience, de la guérison, mais aussi des tunnels de l’espace et du temps, de la « réactivation », du « toasteur du vieillissement » , etc. Ces concepts n'ont aucune base scientifique, et ne sont pas non plus basées ou étayées par des preuves médicales ou scientifiques et sont donc considérées comme des pseudosciences.

Dérives sectaires[modifier | modifier le code]

Dans une enquête approfondie, L'Express décrit « des discours troubles et nébuleux mais aussi des abus que de nombreux témoignages dénoncent »[5].

D'après le centre contre les manipulations mentales[6] : « Si cette prétendue thérapie ne repose sur aucune étude scientifique sérieuse, elle a en revanche fait l’objet d’une cinquantaine de signalements et témoignages auprès de la Mission interministérielle de vigilance et de lutte contre les dérives sectaires (Miviludes) ces deux dernières années. Certains décrivent comment des disciples se sont subitement coupés de leur entourage, d’autres décrivent leur ruine financière après avoir investi des milliers d’euros. »

Tout comme l'église de scientologie, dont elle a été partiellement inspirée, la technique de l'Access Bars possède une grande boutique numérique vendant a des prix onéreux des livres, des cours, des adhésions et même des certifications pour l'ouverture de succursales[7].

Enquête d'Envoyé spécial[modifier | modifier le code]

Devant l'explosion du nombre de praticiens de cette pratique à la fin des années 2010 en France, le magazine Envoyé spécial, diffusé le , envoie une journaliste effectuer une formation de sept heures à l'Access Bars qui fait partie des formations proposées par Pôle emploi[8].

La journaliste apprend :

  • l'exercice du thymus, position censée la reconnecter avec l'énergie de l'univers, faisant « remonter l'état vibratoire de son corps à l'état vibratoire de son être infini » ;
  • la lecture du manuel remis aux participants à leur arrivée. Le passage étudié concerne une « entité démoniaque » appelée BHCEEMECS, qu'il s'agit d'apprendre à exorciser ;
  • l'accès aux bars, un entraînement pour apposer les doigts sur certains points du crâne (dont le point toaster du vieillissement qui permet de travailler le concept du vieillissement).

La journaliste reçoit alors son certificat, sans aucune valeur en dehors de l'organisation d'Access Bars aux États-Unis qui le délivre[9].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. « Home | Access Consciousness », sur www.accessconsciousness.com (consulté le 5 mai 2021)
  2. a et b « Access Bars Consciousness : les documents secrets », sur LExpress.fr, (consulté le 5 mai 2021)
  3. « Que sait-on de ? L’Access Bars Consciousness | UNADFI », sur www.unadfi.org (consulté le 5 mai 2021)
  4. « Access Bars Consciousness : les documents secrets », sur Centre Contre les Manipulations Mentales, (consulté le 5 mai 2021)
  5. « Access Bars Consciousness : les documents secrets », sur LExpress.fr, (consulté le 28 février 2020)
  6. « Access Bars Consciousness : les documents secrets », sur Centre Contre les Manipulations Mentales, (consulté le 28 février 2020)
  7. « Shop | Access Consciousness », sur www.accessconsciousness.com (consulté le 5 mai 2021)
  8. Sarah Ugolini, « Ces curieuses formations au bien-être proposées par Pôle emploi », sur Capital.fr, (consulté le 29 février 2020)
  9. « VIDEO. Formules magiques, "entités démoniaques"... "Envoyé spécial" a suivi une formation à l'Access Bars, méthode thérapeutique controversée », sur Franceinfo, (consulté le 28 février 2020)