Stomatologie

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Ne doit pas être confondu avec Odontologie ou Chirurgie orale.
Aiguille de stomatologie.

La stomatologie est la spécialité médicale et chirurgicale qui couvre l'étude de la cavité buccale, dont les dents[1], et des tissus attenants[2]. En embryologie, le stomodeum correspond à l'entrée du tube digestif.

Le stomatologue ou stomatologiste est un médecin spécialiste habilité à pratiquer la stomatologie[3]. Titulaire d'un doctorat en médecine en France, il assure la prévention, le diagnostic et le traitement des pathologies congénitales ou acquises, réelles ou supposées, de la bouche et des tissus attenants[2]. La pratique de la stomatologie couvre notamment la chirurgie buccale, l'implantologie, la dermatologie buccale, les pathologies salivaires, les pathologies carcinologiques ainsi que les pathologies dentaires.

Faute d'équivalence dans les autres pays membres de l'Union européenne, la spécialité qualifiante de stomatologie a été supprimée en 2011 en France au profit d'une nouvelle spécialité : la chirurgie orale[4]. Elle est exercée conjointement par les docteurs en médecine et les docteurs en chirurgie dentaire spécialistes[4].

Étymologie[modifier | modifier le code]

Le terme « stomatologie » est issu du grec ancien στόμα, stoma stomato- signifiant la bouche et λόγος logos -logie signifiant la science[1].

Histoire en France[modifier | modifier le code]

Le terme « stomatologie » fut créé en 1868 par le docteur Edmond Andrieu au sein de son œuvre : Traité complet de stomatologie où il définit cette spécialité comme étant la partie de l’art médical qui comprend l’étude de la bouche et de ses maladies[2]. Cet ouvrage inspirera la création de la Société de stomatologie en 1888 sous l'égide du docteur Émile Magitot dont l'objectif est l’étude scientifique des maladies de la bouche, de l’appareil dentaire et de leurs annexes[2]. Émile Magitot fondera ensuite la Revue de stomatologie en 1894[2].

L'École française de stomatologie, créée en 1909 par le Dr Paul Gires, a été intégrée en 1944 à l'université de Paris (section Faculté de médecine)[2]. Elle forme au départ les médecins désireux d'orienter et d'améliorer leur pratique médicale et chirurgicale au sein de la sphère bucco-dentaire.

La première chaire de stomatologie en France fut fondée en 1932 à l'université de Bordeaux[2]. Des chaires de clinique stomatologique furent aussi créées à Paris, Lille, Lyon, Nancy et Nantes en 1946[2].

En 1953, la Société de stomatologie devient la Société française de stomatologie et chirurgie maxillo-faciale[2].

Le certificat d'études supérieures (C.E.S.) de stomatologie est ensuite crée en 1949 et comprend deux années d'études théoriques et pratiques[2]. Il est supprimé en 1984 au profit du diplôme d'études spécialisées (D.E.S.) en stomatologie impliquant dorénavant le passage obligatoire par le concours de l'internat en médecine pour tous les aspirants stomatologues[2]. Sa durée est de quatre années d'études à compter du concours de l'internat en fin de sixième année des études de médecine pour un total de dix ans d'études[2]. Un enseignement en stomatologie est également inclus au sein du diplôme d'études spécialisées complémentaires de type II en chirurgie maxillo-faciale et stomatologie créé en 1988, mais ce diplôme confère le titre de chirurgien maxillo-facial et non de médecin stomatologue[2]. La durée de ce DESC-II est de six années à compter du concours de l'internat en fin de sixième année des études de médecine pour un total de douze ans d'études[2].

Le diplôme d'études spécialisées en stomatologie est supprimé en 2011 au profit du diplôme d'études spécialisées en chirurgie orale à des fins d'harmonisation européenne, entrainant depuis le déclin du nombre de médecins stomatologues en France dont la population n'est plus renouvelée à l'heure actuelle[5].

Formation en France[modifier | modifier le code]

Depuis 2011, la stomatologie n'est plus une spécialité individualisée et n'a plus de diplôme spécifique suite à la suppression de son diplôme d'études spécialisées[5]. Un enseignement en stomatologie demeure cependant au sein du diplôme d'études spécialisées complémentaire de chirurgie maxillo-faciale et stomatologie[6]. La population de médecins stomatologues n'est donc plus renouvelée en France à l'heure actuelle et tend à progressivement à disparaitre.

Le diplôme d'études spécialisées complémentaires de type II en chirurgie maxillo-faciale et stomatologie correspond donc à l'heure actuelle au dernier diplôme encore en vigueur incluant une formation en stomatologie, même si ce DESC-II ne confère pas à son détenteur un titre qualifiant de médecin stomatologue mais de chirurgien maxillo-facial. Cette spécialité médicale et chirurgicale nécessite la détention préalable d'un diplôme d'études spécialisées en chirurgie générale d'une durée de cinq années après les épreuves classantes nationales de sixième année des études de médecine[7]. Cette formation complémentaire qualifiante dure trois ans et débute l'avant dernière année de l'internat en chirurgie générale, ajoutant donc une année supplémentaire au cursus soit un total total de douze années d'études[8].

Suite à la suppression du diplôme d'études spécialisées en stomatologie en 2011, un nouveau diplôme a été élaboré par le ministère de la Santé pour le remplacer : le diplôme d'études spécialisées en chirurgie orale (DESCO)[9]. Introduit en 2012, ce diplôme nécessite une formation de quatre années à l'image de l'ancien DES en stomatologie. Il a cependant pour particularité d'être commun à la filière médicale et odontologique : il est à la fois ouvert aux étudiants en médecine lors des épreuves classantes nationale en fin de sixième année d'études et aux étudiants en chirurgie dentaire présentant l'internat d'odontologie en fin de cinquième année d'études[4]. Le chirurgien oral peut donc, suivant sa formation initiale, être médecin (Bac+ 10) ou chirurgien-dentiste spécialiste (Bac+ 9), tous deux étant titulaires du même diplôme et ayant les mêmes compétences professionnelles[4].

La stomatologie, et plus largement la chirurgie maxillo-faciale, est la seule spécialité médicale ne bénéficiant pas d'une équivalence européenne, puisque contrairement à tous les autres praticiens de ce domaine qui bénéficient en Europe d'un double cursus médical et odontologique, les chirurgiens maxillo-faciaux et les stomatologues français n'ont pas de formation odontologique complète.

Contenu de l'enseignement[modifier | modifier le code]

Avant la suppression du diplôme d'études spécialisées en stomatologie en 2011, la DES comportait 250 heures de formation théoriques réparties au sein des disciplines suivantes :

  • Embryologie, anatomie, physiologie, anatomopathologie dento-maxilo-faciale ;
  • Affection des dents, du paradonte et de l’appareil manducateur ;
  • Orthopédie dento-maxillo-faciale ;
  • Stomatologie médicale ;
  • Tumeurs bénignes et malignes de la muqueuse buccale et des maxillaires ;
  • Affections des glandes salivaires ;
  • Traumatologie dento-maxillaire ;
  • Réhabilitation orale, prothèse maxilo-faciale[10].

La durée totale du DES en stomatologie était de quatre années à l'issue des épreuves classantes nationales de fin de sixième année des études de médecine pour une durée totale de dix ans d'études[11]. La formation pratique des internes en stomatologie se déroulait au sein de services hospitaliers de chirurgie maxillo-faciale et stomatologie[11].

Distinction entre stomatologie et odontologie[modifier | modifier le code]

La stomatologie est parfois confondue avec l'odontologie, pratiquée par les chirurgiens-dentistes. Les médecins stomatologues et les chirurgiens-dentistes assurent en effet une activité médicale et chirurgicale conjointe de prévention, le diagnostic et le traitement des maladies congénitales ou acquises, réelles ou supposées de la bouche, des dents, des maxillaires et des tissus attenants. Ces deux professions diffèrent cependant par leur formation initiale : le médecin stomatologue est un docteur en médecine titulaire d'un diplôme d'études spécialisées ou d'un certificat d'études supérieures en stomatologie tandis que le chirurgien-dentiste est titulaire d'un doctorat en chirurgie dentaire.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • François Legent, Une brève histoire de la stomatologie, Bibliothèque numérique Medic@, 2012

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a et b Définitions lexicographiques et étymologiques de « Stomatologie » du Trésor de la langue française informatisé, sur le site du Centre national de ressources textuelles et lexicales
  2. a, b, c, d, e, f, g, h, i, j, k, l, m et n Une brève histoire de la stomatologie, sur parisdescartes.fr, consulté le 18 juillet 2017
  3. Petit Larousse
  4. a, b, c et d Chirurgie orale, sur chirurgie-orale.fr du 25 février 2017, consulté le 18 juillet 2017
  5. a et b La Stomatologie, sur sfscmfco.fr, consulté le 18 juillet 2017
  6. La Chirurgie Maxillo-Faciale, sur sfscmfco.fr, consulté le 18 juillet 2017
  7. Chirurgie maxillo-faciale, sur futur-interne.com, consulté le 18 juillet 2017
  8. DESC Chirurgie Maxillo-faciale et Stomatologie, sur univ-rouen.fr, consulté le 19 juillet 2017
  9. Chirurgie orale, sur chirurgie-orale.fr, consulté le 18 juillet 2017
  10. D. E. S. DE STOMATOLOGIE., sur remede.org, consulté le 18 juillet 2017
  11. a et b [PDF]Livre blanc - La Stomatologie en France, sur collegesto.com, consulté le 18 juillet 2017

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]