Anthroposophie

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L'anthroposophie se présente à la fois comme une spiritualité et une tentative d'aborder la nature humaine et les grandes questions qui animèrent de tous temps les religions par une nouvelle science des phénomènes de l'esprit. Elle fut principalement développée par Rudolf Steiner. Des penseurs du XIXe siècle ont aussi utilisé le terme « anthroposophie » avant Steiner, faisant appel à une nouvelle science de l'être humain. Rudolf Steiner souhaite cependant se démarquer de ces prédécesseurs en utilisant le terme à sa façon[Note 1].

Partant de la conviction qu'il existe une dimension spirituelle accessible à l'intuition, Steiner développe une théorie de la connaissance (épistémologie) qui s'appuie d'abord sur son étude des écrits scientifiques du poète romantique allemand Goethe, qu'il précise dans sa thèse de doctorat puis différents ouvrages à caractère philosophique. Lorsqu'il débuta ses premiers travaux sur le sujet, Rudolf Steiner n'avait que 22 ans et avait reçu la charge d'éditer les œuvres scientifiques de Goethe. Une vingtaine d'année plus tard, lorsqu'il intègre la théosophie de Blavatsky, sa pensée s'enrichit des nombreuses traditions spirituelles : en particulier la mystique allemande, les traditions chrétiennes et des influences philosophiques orientales, qui imprégnaient fortement le mouvement théosophique, ainsi que de nombreuses traditions occultes, astrologiques, religieuses, mythiques et philosophiques de l'humanité[TeA 1]. L'anthroposophie, telle que Rudolf Steiner l'a développée, veut s'appliquer à une large diversité de domaines : éducation (école Steiner-Waldorf), arts (eurythmie, peinture, théâtre, sculpture, musique, etc.), santé (médecine anthroposophique, pharmaceutique, cosmétique (Weleda), mouvement Camphill), économie (La Nef, GLS Gemeinschaftsbank (de), Triodos Bank), politique (tripartition sociale), agriculture (biodynamie), religieux (Communauté des chrétiens).

Les travaux de Steiner prétendent à une nouvelle forme de scientificité qui est souvent critiquée pour son caractère pseudo-scientifique, notamment en santé et en agriculture[Note 2]. Selon Steiner, qui s'oppose notamment à Kant, il n'y a pas de limite à la connaissance : au moyen d'un travail de la pensée, d'un développement moral et d'une pratique méditative variée, l'être humain serait capable de hisser sa conscience jusqu'à percevoir la dimension spirituelle des choses, par une intuition transcendantale, qu'il qualifiera lui-même d'« occulte ».

Aujourd'hui, l'institution principale est le Goetheanum, situé en Suisse, et siège international de la Société anthroposophique universelle et de l'École libre de science de l'esprit qui comporte onze départements : sciences sociales, pédagogie, art de la scène, arts plastiques, médecine, belles-lettres, mathématique-astronomie, agriculture, sciences naturelles, jeunesse, anthroposophie générale. Plusieurs sociétés et établissements se réclament également de l'anthroposophie, comme l'entreprise pharmaceutique Weleda, l'organisme de certification Demeter, ou encore les différentes écoles « Steiner-Waldorf ».

Origine de l'anthroposophie[modifier | modifier le code]

Origine du terme[modifier | modifier le code]

Le terme « anthroposophie » provient du grec ancien : ἄνθρωπος (ánthropos), « homme », et σοφία (sofía), « sagesse », littéralement « la sagesse de l'homme »[1].

En 1804, on trouve cette phrase de Schelling : « La construction de l’organisme humain, vu comme pure image de la pure identité, serait l’objet d’une science propre, qui n’existe pas encore, et qui devrait s’appeler « anthroposophie », quelque chose de tout différent de ce qu’on a jusqu’à ce jour appelé anthropologie. »[2]. Puis le fils du grand philosophe Fichte, Immanuel Herrmann Fichte, écrit dans son Anthropologie : « Le but final de l’anthropologie est une soi-connaissance fondamentale de l’être humain, qui repose uniquement dans la reconnaissance complète de l’esprit. Elle s’élève ainsi à une anthroposophie. »[3]. En 1872, Gideon Spicker mentionne lui aussi une « anthroposophie » : « Si nous avons affaire, dans la science, à la connaissance des choses, la philosophie s’occupe au contraire de la connaissance de cette connaissance, et c’est ainsi que l’être humain étudie l’être humain lui-même et que le but le plus élevé de la philosophie est la connaissance de soi ou anthroposophie. »[4]. Le terme d'« anthroposophie » peut aussi être retrouvé, plus tôt encore, dans le livre de Thomas Vaughan Anthroposophia Theomagica, et signifie « la sagesse appliquée à l'Homme »[5].

Rudolf Steiner dit utiliser ce terme dans un autre sens que celui entendu : « L’interprétation correcte du mot « Anthroposophie » n’est pas « sagesse de l’homme » mais « conscience de son humanité », c’est-à-dire : développer sa volonté, lier connaissance et expérience, vivre le destin de son temps afin de donner à son âme une orientation de conscience, une Sophia. »[6].

Histoire[modifier | modifier le code]

Rudolf Steiner, occultiste fondateur de l'anthroposophie.

La source documentaire principale concernant l'enfance de Steiner est son ouvrage Mon chemin de Vie, traduit en français par Autobiographie. Cet ouvrage, composé à la fin de sa vie entre décembre 1923 et mars 1925, met l'accent sur le cheminement intérieur qui l'a conduit à développer l'anthroposophie. Rudolf Steiner aurait eu ses premières expériences spirituelles dès l’âge de sept ans. Très tôt il s'intéressera à la philosophie, et étudie en particulier Kant. À l'âge de 21 ans, en 1882, soutenu par son professeur Karl Julius Schröer, il est chargé de l'édition des œuvres scientifiques de Goethe, en particulier la Métamorphose des plantes et le Traité des couleurs. Il interprétera Goethe en y voyant les amorces d'une science des phénomènes vivants, puis des phénomènes de l'esprit[7] et c'est à partir de ces bases qu'il développera l'anthroposophie.

La phase philosophique[modifier | modifier le code]

La première phase de développement de l'anthroposophie est donc d'abord philosophique. Rudolf Steiner édite les œuvres scientifiques de Goethe, mais aussi d'autres grands auteurs comme Jean Paul et Schopenhauer[8]. Durant cette période, il se préparera à éditer les œuvres de Nietzsche, après l'avoir rencontré peu de temps avant sa mort, et se plonge dans son œuvre. Le projet échouera par suite de désaccords avec la sœur du défunt, mais il en résultera un livre de Steiner sur le grand philosophe[9]. Les ouvrages ou Steiner se consacre spécifiquement aux bases philosophiques de sa théorie de la connaissance sont: Une théorie de la connaissance chez Goethe, Vérité et science, Goethe et sa conception du monde[10], et son ouvrage principal : La philosophie de la liberté[11].

Rudolf Steiner essaie de montrer que les facultés de connaissance de l'être humain ne sont pas limitées en soi et qu'elle peuvent être élargies à l'infini. L'axe controversé de sa conception se condense sur la question de la nature de la pensée. Steiner revient encore et toujours sur la question de la nature de la pensée. Pour lui, on ne peut déterminer ce qu'est la science et comment elle doit procéder, si la clarté n'est pas d'abord faites sur la nature de la pensée. Il affirme ainsi que l'être humain n'est pas seulement capable de porter des jugements analytiques (qui procède par la division du réel, comme le fait généralement la science), mais aussi des jugements synthétiques (permettant de réunir des éléments disparates). L'existence d'une capacité de jugement synthétique renverrait donc à la capacité d'appréhender des unités toujours plus grandes, jusqu'à la grande unité du monde des idées, qui est, selon lui, de nature spirituelle et reflète l'unité de l'être humain, son Je (ou moi). La connaissance du vivant nécessite selon lui, et comme il pense le comprendre chez Goethe, de pouvoir accéder à l'unité de l'organisme vivant, qui n'est pas visible extérieurement mais permet l'unité de l'organisme vivant. Il s'agit de ce que Goethe appelait la « plante primordiale » dans sa Métamorphose des plantes. Pour aborder cette unité invisible qui est à la base de tout organisme vivant, Steiner pense qu'il faut développer un mode de penser qui est différent de celui utilisé pour comprendre les phénomène mécaniques du monde non-vivant. Ce mode de connaissance nécessite que la pensée deviennent à la fois plus intense et plus contemplative. Dans son livre Une théorie de la connaissance chez Goethe, il poursuit cette même démarche pour les domaines qu'il appelle les « sciences de l'esprits » (traduction française du terme « Geisteswissenschaften » utilisé en allemand pour désigner les « sciences humaines »). Les science de l'esprit s'élèvent ainsi de la psychologie (étude de l'individualité humaine), à l'ethnologie (étude des groupes humains) jusqu'à l'histoire (étude du développement de l'humanité dans son ensemble), s'élevant ainsi à des unité spirituelles (idées) toujours plus élevées, l'histoire étant ainsi la science spirituelle (science humaine) la plus élevée.

Son approche de la nature de la pensée le mène d'autre part à affirmer, dans sa Philosophie de la liberté, que ce n'est pas le cerveau physique qui produit des pensées, mais l'être humain (son Je) qui utilise son cerveau physique pour penser. La nature de la pensée et de l'être humain étant ainsi de nature spirituelle ou suprasensorielle. Il affirme ainsi que l'être humain serait en mesure de dégager sa pensée entièrement des perceptions sensorielles et du cerveau physique pour parvenir à un « penser pur » qui n'est plus lié à des représentations (qui contiennent encore des éléments issus de la perception sensorielle) mais accède aux concepts et idées pures. C'est cette possibilité d'un « penser pur » qui va lui être contestée, notamment par Eduard von Hartmann à qui Steiner avait adressé un exemplaire du livre personnellement et qui lui retourna l'ouvrage avec de nombreuses corrections. Cependant, Steiner fonde toute sa Philosophie de la liberté sur cette possibilité d'un « penser pur ». Ce « penser pur » permet a l'être humain de se dégager de ses représentations, et donc de ses conditionnements, pour accomplir des actes libres. Un acte libre serait, selon lui, un acte non pas accomplit d'après une représentation déjà présente dans la mémoire, mais un acte dicté par une « imagination morale » créée par l'être humain à chaque fois à nouveau en fonction du contexte qui se présente. La faculté de produire des « imaginations morales » doit, comme le « penser pur », être développée, elle n'est pas innée. Enfin, une troisième faculté est nécessaire, selon lui, pour réaliser une telle « imagination », il s'agit de la « technique morale » qui permet d'agir de manière appropriée. Il s'agit là d'une compétence qui doit aussi être développée. Steiner nomme sa conception un « individualisme éthique » et considère qu'elle est proche de la conception exposée par l'anarchiste Max Stirner dans son livre L'unique et sa propriété.

La phase théosophique[modifier | modifier le code]

Lorsque Rudolf Steiner intégrera la Société théosophique, il commencera à développer sa conception spiritualiste dans les directions les plus diverses, mais toujours en lien avec des questionnements spirituels : la mystique allemande, le christianisme, les grands textes de la tradition spirituelle de l'humanité. Il publie ainsi des articles sur la méditation et le développement de facultés de perception spirituelle qui seront réunis dans le livre traduit en français sous le titre L'initiation. Il publie des ouvrages sur les origines du christianisme et sa manière de le comprendre, mais il reprend aussi toute une terminologie indienne lorsqu'il expose sa théorie des différents corps subtils de l'être humain (il parle alors de Manas, Buddhi, Atma) et aborde aussi la question du destin (Karma) et de la réincarnation[12]. Il publiera des articles où il expose ce qu'il dit être ses visions de temps passés de l'humanité. Il y décrit par exemple ce qu'il considère comme des civilisations antérieures de l'humanité comme l'Atlantide ou la Lémurie et qu'il aurait pu contempler par sa vision intérieure. Cette phase théosophique de l'anthroposophie culmine dans l'ouvrage La science de l'occulte publié en 1910, où il expose en détail sa vision du développement de l'univers. Ces descriptions posent le problème de n'être issues que de ce qu'il dit être sa vision intérieure. Elle comporte cependant l'intérêt particulier de concilier le créationnisme et l'évolutionnisme.

La phase anthroposophique[modifier | modifier le code]

La phase anthroposophique proprement dite commence alors que Rudolf Steiner quitte la société théosophique. Il rédige alors un ouvrage dont la teneur change considérablement d'approche. Le livre ne sera jamais achevé et devait être intitulé Anthroposophie. Il sera publié sous sa forme incomplète sous le titre Anthroposophie, un fragment. Ce livre, qu'il commence à rédiger en 1910, propose une approche bien différente de celle présentée dans le cadre théosophique, puisque Steiner souhaite partir des organes sensoriels de l'être humain, de la réalité perceptible par les sens, pour ensuite aller vers la dimension spirituelle qu'il y a derrière. De manière générale, cette phase proprement anthroposophique chez Steiner est marquée par la volonté de travailler dans le monde matériel. De 1910 jusqu'à la fin de sa vie, Steiner ne cessera de lancer, souvent à la demande de personnes qui l'entouraient, de nouveau projets.

Tout d'abord de l'art, du théâtre, puis la construction d'un bâtiment monumental qui deviendra le Goetheanum. Ainsi, l'anthroposophie se manifeste dans des travaux visibles, des « mises en pratique ». Cela continue à travers les conception de Steiner concernant l'organisme social, qu'il commence à développer en 1917, en Allemagne, alors que la guerre tardait à prendre fin. Puis immédiatement après, la pédagogie qui se réalisera à travers l'école pilote pour les enfants de l'usine Waldorf-Astoria. Pour former les professeurs chargés d'enseigner dans cette école il écrit un cours, publié sous le titre La nature humaine[13], qui peut être considéré comme une expression assez complète de l'anthroposophie de Rudolf Steiner à l'époque. Puis viendront les projets de groupes de médecins pour créer une médecine anthroposophique, des projets d'entreprises, d'organismes bancaires, de pharmacopée. À la demande de prêtres[réf. nécessaire], des cours sur la religion seront donnés, qui conduiront à fonder une petite église d'inspiration chrétienne, La communauté des chrétiens, et les demandes des agriculteurs conduiront à créer l'agriculture appelée aujourd'hui « biodynamique ». Toutes ces approches pratiques se sont développées jusqu'à aujourd'hui mais font l'objet de nombreuses controverses, notamment sur le caractère vérifiable et scientifique de leur méthodes et de leur résultats, Steiner n'ayant jamais reçu la moindre formation dans aucun de ces domaines, et ne se fondant que sur son « intuition », souvent au mépris des connaissances scientifiques. Malgré ces critiques, plusieurs de ces pratiques se sont développées jusqu'à aujourd'hui dans le monde entier, comme la pédagogie Steiner-Waldorf, qui possède plusieurs établissements sur tous les continents et jouit dans quelques pays d'un certain succès, surtout dans les pays d'Europe du centre et du nord où elle est assez répandue[14],[15], quoique très critiquée[16]. L'agriculture biodynamique s'est elle aussi développée, malgré l'absence de preuve d'une quelconque efficacité[17].

Un élément central de la conception anthroposophique de cette phase est la vision de la tripartition de l'organisme humain et de l'organisme social. En 1917, Steiner esquisse cette conception en affirmant qu'elle est le fruit de longues années de recherches[18]. Il commence par présenter la vie psychique de l'être humain en trois éléments : penser, sentir et vouloir. Il affirme que l'être humain n'est vraiment conscient que dans son penser, qu'il rêve dans son sentir et qu'il dort, inconscient, dans son vouloir. Mais l'élément déterminant est qu'il va alors reporter chacune de ces zones psychiques à une partie de l'organisme physique de l'être humain. Selon lui, le penser se déroule dans le système nerveux et sensoriel qui est principalement situé dans la tête. Ensuite, le sentir est lié au corps par ce qu'il appelle le système rythmique, qui est concentré au niveau de la poitrine, au niveau du cœur et des poumons. Enfin, la vie du vouloir (la volonté) serait liée au métabolisme et à la motricité, qui se situe au niveau du ventre et des membres. Ces liens entre la vie psychique tripartite et l'organisme humain physique jouera dans toute l'anthroposophie ultérieure de Steiner un rôle central[réf. nécessaire].

Cette tripartition se retrouve dans sa conception de la vie sociale. Pour lui, la vie culturelle (ou spirituelle), qui inclut l'art, la culture, mais aussi tout le domaine de l'éducation, de la recherche, de l'enseignement et de la religion, constitue le métabolisme de l'organisme social, sa volonté. Il met un point d'honneur à ce que cette partie de l'organisme social, qui est aussi celle des compétences, de la créativité et de l'inventivité, sorte de l'influence et de la gérance de l'État pour qu'elle puisse s'épanouir librement et enrichir d'autant mieux la vie économique et la vie juridique. Selon lui, la vie économique représentant le système nerveux de l'organisme social, c'est là que la comptabilité a lieu et que l'organisme social prend conscience de son activité. La vie juridique quant à elle, que l'on connait déjà plus ou moins dans les institutions de l'État, constitue le système rythmique de la vie sociale, son cœur et ses poumons pour ainsi dire, et permet d'harmoniser la vie sociale. Ces trois pôles de l'organisme social devraient travailler de manière indépendante les uns des autres pour sortir de l'État unitaire qui, selon Steiner, est la cause de nombreux maux dans la société moderne. D'après lui, les trois grands idéaux de la révolution française ne deviennent bénéfiques que s'ils s'appliquent spécifiquement à ces trois domaines : vie culturelle/spirituelle – liberté, vie économique – fraternité, vie juridique – égalité[réf. nécessaire].

La caractéristique de la phase anthroposophique qui durera jusqu'à la fin de sa vie réside dans la volonté de lier sa vision spirituelle à la réalité visible et au monde concret.

Autres approches de l'évolution de l'anthroposophie[modifier | modifier le code]

Selon le Centre de ressources et d’observation de l’innovation religieuse (CROIR) de l’Université Laval, le développement historique de l’anthroposophie suit quatre phases[19] :

  1. 1902-1909 : Naissance de la « science de l'esprit ». Steiner élabore l'idée selon laquelle, par une clairvoyance exacte qu'il dit posséder, il lui serait possible d'accéder à une « science de l'esprit », supérieure selon lui à la science matérialiste ;
  2. 1910-1913 : Construction du Goetheanum et détachement de la théosophie. « La tentative d’Annie Besant, alors directrice de la branche orientale de la Société de théosophie, de faire passer Krishnamurti pour la réincarnation du Christ aura été la goutte qui a fait déborder le vase et qui déclencha le processus de séparation »[20] ;
  3. 1919-1923 : Émergence des institutions anthroposophiques axées sur les diverses applications pratiques de l’anthroposophie, afin de « spiritualiser » la pensée scientifique ;
  4. À partir de 1924 : Le mouvement devient mondial, suite à la fondation de la Société anthroposophique universelle.

Rudolf Steiner et ses disciples tenteront de diffuser l'anthroposophie sous toutes sortes de sphères de la vie sociale :

« En tant que fondateur charismatique d'une communauté idéologique entièrement axée sur lui, Steiner développe au cours des vingt dernières années de sa vie, dans d'innombrables cours et conférences donnés dans toute l'Europe, un programme de réforme spirituelle dans les domaines de l'art, de l'éducation, de la politique et de l'économie, de la médecine, de l'agriculture et de la religion chrétienne[21]. »

Doctrine anthroposophique[modifier | modifier le code]

Les principaux éléments de la doctrine anthroposophique reposent sur la doctrine théosophique de Helena Blavatsky à laquelle Rudolf Steiner a ajouté des notions issues du christianisme afin de laisser aux théosophes l'orientalisme, et de tenter d'avoir un vocabulaire plus occidental.

La doctrine anthroposophique comporte de nombreux éléments qui lui sont propres : sa propre cosmologie, sa propre astrologie, sa propre agriculture, sa propre pédagogie, sa propre idéologie politique, sa propre vision de la santé, etc.

Selon le CROIR voici les convictions fondamentales des anthroposophes :

« Le monde matériel est une manifestation visible du spirituel qui lui est antérieur. Le but de toute la création est le développement du « Moi » humain. L’humain était spirituellement présent à tous les stades de la création, mais à des niveaux de conscience inférieurs, à l’état de veille. Le corps physique a commencé son développement dans une incarnation antérieure de la terre nommée « Ancien Saturne », un corps céleste fait de pure chaleur. Le corps éthérique, que l’être humain partage avec les végétaux, tire son origine de la phase subséquente, aérienne : l’« Ancien Soleil ». Le corps astral, fait d’émotions, de sensibilité et de rêve, que l’humain partage avec les animaux, s’est développé sur l’« Ancienne Lune », l’état fluidique qui constitue le stade immédiatement antérieur à la « Terre minérale » actuelle.

C’est seulement dans la terre minéralisée, au plus bas de la descente dans la matière, que l’humain a pu développer un Moi, conscient d’être un Moi séparé des autres. Les incarnations successives (réincarnations) ont eu un commencement (la Chute, le péché originel) et auront une fin. Dans le futur, l’homme atteindra le stade de « Jupiter », qui correspond à la Nouvelle Jérusalem des chrétiens. Le moment crucial de la fermeture de l’Abîme de la Bête, marqué par le 666, aura lieu dans une phase subséquente, celle de « Vénus ». Enfin, dans le stade final de Vulcain, l’homme sera devenu un dieu créateur et sera devenu la dixième hiérarchie céleste, celle de la liberté et de l’amour, à la suite des neuf hiérarchies angéliques traditionnelles (inspiré de Denys l’Aréopagite)[19]. »

Cosmogonie anthroposophique[modifier | modifier le code]

Article connexe : Société théosophique.

La façon de concevoir l'origine de l'univers dans l'anthroposophie se base en partie sur la théosophie de Helena Blavatsky, telle qu'elle est exposée dans la Doctrine secrète. La cosmogonie anthroposophique en est un remaniement fait par Steiner qui l'a simplifiée et rendue plus cohérente en l'enrichissant par ses propres idées.

Christologie anthroposophique[modifier | modifier le code]

Avant son adhésion à la Société théosophique, Rudolf Steiner était un philosophe gœthéen, idéaliste, immanentiste et athée[AeL 1],[22]. Les notions de Dieu et de Christ étaient absentes de ses idées et pour lui l'ultime réalité était l'esprit[23].

Vers 1901-1902, Steiner était encore loin d'avoir développé sa christologie fantasmatique, comme le montrent ses premiers cycles d'exposés devant les théosophes de Berlin sur la mystique en 1901 et sur le christianisme et les mystères de l'Antiquité en 1902. Dans cette dernière série de 24 exposés, Steiner présente encore Jésus-Christ comme un initié aux mystères antiques[AeL 2]. Ce n'est que peu à peu que Steiner intègre des composantes du christianisme dans sa conception du monde, mais toujours selon ses convenances, et son Christ monte en grade progressivement. Par exemple dans la série de conférences publiée sous le titre de « Théosophie du Rose-Croix », Steiner présente le Christ comme étant le plus élevé des archanges[24], dans le cycle « Les Hiérarchies spirituelles… », il en fait l'entité la plus élevée de la hiérarchie des Puissances, pour ensuite culminer en le considérant comme le second Logos, c'est-à-dire le Fils de la Trinité chrétienne.

On constate ainsi que c'est surtout après 1907 que Steiner développe massivement ses idées sur le christianisme, lequel prend une place de plus en plus importante dans son corpus doctrinal. José Dupré remarque que cette réintroduction massive d'idées liées au Christ se fait surtout en réaction aux nouvelles orientations qui se développent dans la ST sous la direction de sa présidente Annie Besant et de son mentor C.W. Leadbeater. Vers 1908, Leadbeater prétend avoir découvert un jeune garçon indien qui serait la réincarnation du Christ, le futur instructeur de l'humanité, Alcyone, qui sera connu plus tard sous le nom de Jiddu Krishnamurti[AeL 3].

Ce virage massif vers la mythologie chrétienne est ainsi effectué pour prendre le contre-pied des manigances théosophes avec qui il entre en conflit, conflit qui aboutira à l'exclusion de la section allemande de la Société théosophique en 1913 et à la fondation de la Société anthroposophique. Au cours de ses exposés Steiner insistera tout spécialement sur le fait que le Christ ne pouvait s'incarner qu'une seule fois, car si ce n'était pas le cas cela signifierait qu'il a échoué dans sa mission.

Steiner place le Christ dans l'évolution comme un rédempteur venant sauver l'humanité de l'enlisement dans la matière, et sa mission selon lui était prévue karmiquement depuis des temps immémoriaux. Il prétend dès lors que les initiés de l'Antiquité l'avaient toujours su et qu'ils voyaient spirituellement le Christ s'approcher de la Terre sous l'apparence de leurs dieux solaires : Ahura Mazda, Osiris, Apollon par exemple. Par la suite Steiner développera constamment son histoire en y ajoutant ses nouvelles trouvailles, ce qui le conduira plus d'une fois à des contradictions et à des versions différentes[AeL 4].

Steiner va dès lors s'efforcer de montrer que la venue du Christ en Palestine était prévue et qu'elle avait été préparée de longue date par des initiés aux mystères et les entités spirituelles des hiérarchies. Il n'est pas nécessaire de détailler tous les détails complexes et parfois confus du scénario imaginé par Steiner à cette fin. Disons juste que dans ce scénario, Steiner attribue des rôles à deux enfants Jésus élevés dans deux familles dont la mère est Marie et le père Joseph, qu'il fait intervenir le nirmanakaya du Bouddha, fait se réincarner Zoroastre, et fait remonter les ancêtres de l'un des Jésus à Adam[25], etc. Précisons que Steiner est adoptianiste[AeL 5], c'est-à-dire que Jésus est devenu le Christ lors de son baptême dans le Jourdain par Jean-Baptiste, et que le Ressuscité serait apparu après la crucifixion à ses disciples dans un corps éthérique densifié, avant de disparaître de leur vue pour devenir l'esprit guide, le Moi, de la Terre afin un jour de la réunir au Soleil qui selon lui est l'astre le plus spirituel de notre système solaire et qui ne contiendrait aucune substance matérielle[26],[27]. Pour s'opposer à la Société théosophique qui proposait le retour du Christ en la personne du jeune Krishnamurti et pour satisfaire l'attente messianique des membres, en 1910 Steiner a prophétisé le retour du Christ dans le monde éthérique entourant la Terre dès 1930[AeL 6].

Doctrines raciales[modifier | modifier le code]

Les doctrines raciales de Rudolf Steiner sont structurellement inhérentes à sa vision du monde qui comprend une évolution hiérarchisée de l'humanité. Dans sa conception de l'évolution humaine, les différents groupes raciaux représentent des stades différents de l'évolution de la conscience et des aptitudes humaines. À chaque époque, il y des groupes ou des sous-groupes qui ne parviennent pas à suivre l'évolution prévue par les entités spirituelles divines, et qui de ce fait restent à la traîne, comme un résidu. Les êtres qui évoluent normalement forment une nouvelle race, tandis que les retardataires continuent à s'incarner dans des groupes raciaux qui n'ont pas progressé, qui sont restés stationnaires ou même qui ont dégénéré. Ainsi, les Amérindiens, ou encore les Chinois ou les Noirs, seraient des vestiges d'anciens stades d'évolution, des formes raciales dépassées, au sein desquelles s'incarnent des âmes en retard sur l'évolution normale. Les groupes raciaux les plus dégénérés ont complètement disparu. Au fur et à mesure que l'évolution progresse les autres groupes raciaux seraient aussi destinés à s'éteindre, après être devenus de vieux reliquats d'époques antérieures. Pour Steiner, les peuples non blancs ou non « aryens », du monde moderne sont des descendants dégénérés des populations atlantéennes et lémuriennes qui ne sont pas parvenus à progresser vers la race blanche, laquelle serait la plus apte à progresser spirituellement. D'après Steiner les âmes s'incarneraient dans les différentes races selon leurs mérites. À notre époque, une telle conception de l'évolution est considérée comme étant raciste[28],[29],[30],[31],[32],[33].

« Épistémologie » anthroposophique[modifier | modifier le code]

On peut trouver les travaux philosophiques de Steiner sur la théorie de la connaissance dans trois ouvrages qui sont dans leur version actuelle : Épistémologie de la pensée goethéenne[34], Vérité et science[35], et La Philosophie de la liberté[36]. Ces travaux n'ont eu à son époque que peu de retentissement. Steiner espérait grâce à ces travaux décrocher une chaire de philosophie dans une université, notamment celle d'Iéna où avait enseigné Schiller[BRS 1]. Il faut néanmoins remarquer que son ouvrage principal qu'est la philosophie de la liberté a été remanié en 1918[37],[38], alors qu'il enseignait l'anthroposophie. Steiner espérait être considéré comme un grand philosophe, mais il fut déçu et en 1900, il était de toute évidence en échec social alors qu'il approchait de la quarantaine. C'est alors que Steiner s'adonna à la théosophie et malgré qu'il prétende le contraire, sa conception du monde en fut transformée. En effet, il passe de l'immanentisme au transcendantalisme, de l'athéisme à une sorte de panthéisme, et de l'idéalisme goethéen à une pensée gnostique, dont les contenus sont organisés avec une certaine logique phénoménologique à la manière goethéenne. Dans son œuvre philosophique, Steiner ne considère qu'un esprit immanent, et la notion de Dieu n'intervient pas sinon pour la déconsidérer. Steiner est à cette époque opposé à toute forme de religion instituée dirigeant les consciences, et parfaitement en accord avec la pensée de Nietzsche dans son Antéchrist[BRS 2], comme il le dit lui-même. Par contre, dans son anthroposophie, Steiner remplace l'esprit immanent par un Dieu et un Christ transcendants, et s'étend longuement sur les faits et gestes des entités de hiérarchies célestes intervenant dans l'évolution humaine pour la diriger, sans compter sa démonologie anthropomorphe remplaçant le dualisme qu'implique sa conception de l'esprit originel immanent. Ses théories du karma et de l'évolution fantasmées sont radicalement opposées à l'idéal de liberté qu'il décrivait dans sa philosophie. On peut constater cette transition dans son ouvrage sur la mystique donné initialement sous forme d'exposés aux théosophes de Berlin en 1901. Ce que Rudolf Steiner dit du processus cognitif est en opposition avec celui de sa Philosophie de la liberté. Dans la Philosophie de la liberté, le processus cognitif consiste à ajouter un concept perçu intuitivement à une perception. Ce qui identifie la perception et la rend communicable à d'autres. Par contre dans son ouvrage sur la mystique, il s'agit de transformer la perception intérieurement pour la faire renaître à un niveau plus élevé en soi-même. Et de ce fait, il élargit sa théorie de la connaissance par une sorte d'activité mystique qui est incompatible avec sa propre épistémologie, en décrivant un processus initiatique où la connaissance est obtenue en devenant tout sentiment, tout état d'âme. Autrement dit la porte ouverte à la subjectivité et la plongée dans son propre monde psycho-spirituel incontrôlable. Et c'est bien ce qui s'est passé comme on peut le constater à travers toutes les productions occultisantes qui ont suivi. Ce qui fait que ses travaux sur la théorie de la connaissance ne justifient en rien sa démarche théosophico-anthroposophique ultérieure basée sur une hypothétique clairvoyance, alors qu'il était retombé dans les archaïsmes de la religion de son enfance et dans les arcanes nébuleux de la pensée mythique et ésotérique de l'humanité. Steiner qui se rendait bien compte du saut conceptuel qu'il avait réalisé, à tenté jusqu'à la fin de sa vie de le justifier, mais il n'est jamais parvenu à être vraiment convaincant[AeL 7].

Steiner, et les adeptes de l'anthroposophie, revendiquent la scientificité de l'anthroposophie s'appuyant sur ses écrits relatifs à la théorie de la connaissance. Ces écrits sont nettement antérieurs à l'immersion de Steiner dans la théosophie en 1902. Dans son article L'anthroposophie est-elle un science, Sven Ove Hannson a montré que l'anthroposophie ne satisfaisait pas les critères qui pouvaient en faire une science. Il conclut que l'anthroposophie n'a rien de commun avec la science[39].

Conception de la maladie[modifier | modifier le code]

Dans l'anthroposophie la maladie est vue comme un message divin lié au karma et à la réincarnation :

« Steiner, le fondateur de l'Anthroposophie, cet ésotérisme mystique et délirant[TeA 2] qui est derrière les écoles Steiner-Waldorf, pensait que les maladies sont envoyées par les Dieux pour nous aider à vaincre nos péchés, dans le cadre de la Réincarnation. Ainsi, un vaccin, en empêchant de faire une maladie que vous devez avoir dans cette vie, sera un handicap dans une prochaine incarnation, car il entrave un processus karmique[40]. »

La non acceptation de la vaccination par l'anthroposophie pour des motifs liés à la croyance en des réincarnations karmiques est mentionné dans de nombreux rapports d'enquête, et dans plusieurs pays. Yves Casgrain, note lui aussi que dans l'anthroposophie, les vaccins sont mal perçus car ils retarderaient la dette karmique[41].

Conception de l'éducation de l'enfant[modifier | modifier le code]

Article détaillé : École Steiner.

Selon l'anthroposophie l'évolution karmique de l'enfant est un processus lié à des forces surnaturelles :

« À la fin de la première période de sept ans, les forces « surnaturelles » de croissance ont achevé de construire l'organisme de l'enfant, depuis la pointe des pieds jusqu'à la nouvelle dentition ; ces forces physiques sont désormais « nées », c'est-à-dire qu'elles se métamorphosent en forces d'apprentissage, et l'enfant développe ses sens intérieurs — il est prêt à aller à l'école. Au cours des sept années suivantes, les forces « astrales » encore cachées de l'âme modèlent le monde des pulsions, des passions et des sentiments. Celles-ci se libèrent au moment de la puberté et se métamorphosent en capacité de pensée abstraite et de jugement. Elles aident les forces cachées du moi à atteindre la maturité intellectuelle et sociale qui intervient à la fin de la troisième période de sept ans, au moment de la naissance du moi[42]. »

La formation de l'élève, selon l'anthroposophie, est en même temps un processus de réincarnation et c'est pour cette raison qu'il est basé sur des cycles de 7 ans[42].

L'éducation anthroposophique utilise la doctrine des 4 tempéraments, issue de l'Antiquité : mélancolique, flegmatique, sanguin et colérique :

« Pour Steiner, un tempérament donné tient à la prépondérance de l'une des quatre forces cosmiques (physique, surnaturel, astrale ou spirituelle) au cours de la réincarnation. L'une des tâches essentielles de l'éducation consiste donc à équilibrer harmonieusement les tendances du tempérament en évitant que l'une d'elles ne prédomine[42]. »

Conceptions de la vie sociale et politique[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Tripartition sociale.

L'anthroposophie propose un État dans lequel le spirituel jouirait de la liberté la plus totale. L'éducation, la science, la culture serait soumises à la règle de la liberté du spirituel. La propriété privée et les libertés individuelles y sont revues. Pour le bien commun, toutes les ressources seraient distribuées (par qui et comment, cela n'est pas dit) en fonction du bénéfice pour le bien commun. « À cet égard, le modèle de Steiner s'élève à une variété d'illuminations au sujet de la propriété privée et du management hiérarchique sous le contrôle bienveillant d'une aristocratie spirituelle[43]. »

L'idéologie politique de la tripartition sociale a à la fois des affinités avec les visions conspirationnistes, antisémistes, fascistes et de droite, tout en dénonçant les approches en termes d'autonomie citoyenne, de démocratie économique ou qui visent à contrer le capitalisme ; la sphère économique ne doit jamais être organisée de façon démocratique, selon l'anthroposophie[44] « Steiner prévoyait une méritocratie spirituelle dans laquelle le « plus capable » aurait le contrôle des ressources économiques, et il a violemment rejeté la notion de tempérer cet arrangement par la surveillance communautaire »[44].

Steiner voit le fonctionnement de l'organisme humain comme résultant de l'interaction de trois systèmes : neuro-sensoriel, rythmique et métabolique. Par analogie, il considère que le « corps social » doit aussi être structuré en trois systèmes ou membres relativement autonomes : spirituel (incluant l'intellectuel, le culturel et la science), politique-juridique, économique.

Selon lui, chacun des trois principes de la devise française « Liberté, Égalité, Fraternité » caractérise tout spécialement chacun de ces trois pôles. La liberté doit s'accomplir pour le spirituel, l'égalité pour le politique, et la fraternité pour l'économique. Bien qu'il doive fonctionner de manière autonome, chaque membre doit collaborer avec les deux autres. Ce qui signifie, par exemple, que la vie spirituelle (incluant le culturel, le scientifique et l'intellectuel) ne devrait pas être soumise aux diktats du pouvoir politique, ni obéir au pôle économique. C'est un idéal difficile à réaliser pratiquement sans produire de nombreuses dérives pernicieuses. On remarquera en outre que la dimension spirituelle n'est pas l'exclusivité du premier pôle, mais qu'elle est inhérente à toute activité sociale.

Steiner, qui n'a pas entièrement inventé la tripartition sociale, l'a intégré dans son système de croyances et en a été le promoteur ardent[AeL 8]. Il a tenté de l'utiliser comme moyen politique au service de l'Allemagne pour lui éviter de perdre des territoires en Silésie au profit de la Pologne après la guerre 14-18, mais cela a été un échec[45].

Diffusion de l'anthroposophie[modifier | modifier le code]

Le Goetheanum de Dornach, siège de la Société anthroposophique.

Rudolf Steiner a théorisé la nécessité de diffuser la doctrine anthroposophique dans toutes les activités sociales par la mise en œuvre concrète de ses idées. Cette volonté s'est traduite de différentes manières :

Par ces différentes institutions sociales, qui créent des ramifications de l'anthroposophie dans tous les secteurs de la société (politique, éducation, finance, alimentation, santé, art, religion…), le mouvement anthroposophe tend à vouloir créer une nouvelle civilisation. Pour une diffusion plus discrète de ses idées et pratiques, il se rapproche aussi du tissu alternatif, écologique, alter-mondialiste, New Age, etc.[51].

Autel dans une chapelle de la Communauté des chrétiens (Darmstadt)

Caractère pseudo-scientifique[modifier | modifier le code]

À l'époque de l'émergence de l'anthroposophie, le physicien Max von Laue a écrit en 1922 une critique cinglante à propos de la prétention scientifique de Steiner, particulièrement dans le domaine de la physique[52].

Comme le souligne notamment le philosophe Michel Onfray, l'anthroposophie est fondée sur la seule « intuition » de son fondateur, qui, s'opposant à la rationalité scientifique, s'évite systématiquement d'avoir à prouver ses affirmations, qui se résument donc à des certitudes auxquelles on n'adhère que par la foi. De fait, une large majorité des affirmations vérifiables de Steiner ont depuis été balayées par les avancées scientifiques[53]. Cette critique ne fait pas l'unanimité, puisqu'un chercheur en sciences de l'éducation, René Barbier, décide de publier une lettre ouverte en écho à ces critiques pour défendre et promouvoir le travail d'une étudiante intéressée par la pédagogie Steiner-Waldorf dont il fut le directeur de thèse[54],[55].

Selon Heiner Ullrich :

« Le paradoxe de l'anthroposophie est de déclarer comme scientifique ce qui n'est en vérité qu'un mythe de deuxième ordre. Présence universelle du spirituel, symbolique des chiffres, magie de l'analogie, la « logique vivante des images » de Steiner est une tentative de réhabilitation de la pensée mythique et de la vie rituelle dans une civilisation dominée par la science[42]. »

En plus de contenir d'innombrables erreurs scientifiques évidentes même pour son époque, notamment en matière d'astronomie, la pensée de Rudolf Steiner se contredit couramment[56]. Par exemple, il affirme tout à la fois qu'Uranus et Saturne sont des planètes qui n'appartiennent pas au système solaire[57], qu'elles y sont entrées bien après sa naissance[58], et qu'elles sont nées en se séparant de la Terre[59]. Autre exemple, d'après lui le Soleil n'est pas constitué de matière[60] et ne produit aucune lumière[61] mais est constitué de gaz qui se transforme en lumière ensuite émise vers l'extérieur[62], se nourrit de comètes[63] et est l'origine productrice de celles-ci[64].

Critiques de l'enseignement[modifier | modifier le code]

En France, Le rapport 2000 de la Mission interministérielle de lutte contre les sectes présentait une étude de cas sur « la « galaxie » anthroposophique »[65]. Dans celui-ci, la mission pointait le risque de dérive sectaire de nombreux avatars modernes du mouvement anthroposophique (souvent revisités à travers une influence New Age[66]), et notamment de son emprise éducative via des écoles privées hors contrat comme les écoles Steiner-Waldorf, où est fait le constat préoccupant que « les enseignants ne seraient pas recrutés pour leur formation intellectuelle et pédagogique, mais pour « leur parcours qualifiant de vie ». L'anthroposophie s'intéresserait, au moins en intention, à tous les domaines et notamment la médecine, l'éducation, l'alimentation et jusqu'à la banque. Ce rapport pointe également l'imposition de choix médicaux à risque (notamment le refus de la vaccination ou l'utilisation de médecines non conventionnelles) ou une tendance à l'isolement du reste de la société[65].

Début 2015, les écoles Steiner des États-Unis sont dénoncées par la presse nationale comme ayant les taux d'exemption de vaccination les plus hauts dans leurs états respectifs[67],[68],[69],[70].

En Grande-Bretagne, un rapport de 2010 du gouvernement britannique notait que les écoles Steiner devaient être considérées comme des « populations à haut risque » et des « communautés non-vaccinées » par rapport au risque pour les enfants de contracter la rougeole et de contribuer aux épidémies[71].

Au Québec, l'Agence Science-Presse a publié un dossier composé de deux articles concernant les risques pour la santé publique que représentaient les doctrines anthroposophiques[72],[73]. Yves Casgrain, présentement à la rédaction d'un livre sur les écoles Steiner et l'anthroposophie affirme que « Les familles ne sont pas toujours au courant mais l’école est un terrain propice à l’implantation de cette religion d’un nouveau genre où les vaccins sont mal perçus car ils retardent la dette karmique des individus. »[74].

En 2014, en France le rapport au Premier ministre de la commission de l'Assemblée nationale sur les dérives sectaires mentionnait : « des pratiques éducatives défavorablement connues de la Miviludes (la page Facebook du « Printemps de l’éducation » fait de la publicité pour la pédagogie Steiner), ainsi que des techniques qui, à l’instar de ce qui se passe pour la formation professionnelle, sont issues des psychologies alternatives New Age et sont loin d’offrir toutes les garanties de sérieux[66] ».

Croyances et doctrines racistes[modifier | modifier le code]

Des accusations de racisme, se fondant sur certains écrits de Rudolf Steiner, ont été formulées aux Pays-Bas, aux États-Unis, en Allemagne et en France[75]. Concernant « d'innombrables écrits ou propos de conférence diffus et souvent répétitifs » attribués à Steiner, un rapport de la MILS s'interroge sur « certaines de ses allégations pouvant supposer la promotion d'idées élitistes ou pire, à travers de multiples propos sur le sang et la race, susceptibles d'être interprétées comme racistes. Exposées publiquement aujourd'hui, ces opinions pourraient faire l'objet en France de procédures judiciaires, en vertu des articles 225.1 et suivants du Code pénal. »[65].

Selon Paul Ariès, ce serait le groupe GEMPPI qui est responsable d'avoir débusqué « les croyances et les doctrines racistes de Rudolf Steiner ». Le GEMPPI affirme que l'anthroposophie se base entre autres sur des croyances racistes et que cela demeure problématique, elle souligne cependant que ce fait mène rarement à des comportements racistes, hormis de rares cas dans des écoles Steiner[76].

L'anthroposophie et le nazisme sont deux contemporains aux relations complexes, qui partagent de nombreuses sources culturelles. Selon l’historien des idées Stéphane François, auteur de plusieurs ouvrages sur l’ésotérisme et l’écologie politique, « L’anthroposophie a un discours sur la race, Steiner était un enfant de son siècle, il considérait que la race était un moteur de l’histoire. Des anthroposophes ont été persécutés par les nazis, mais il y a aussi des nazis qui étaient fascinés par l’anthroposophie, et non des moindres : Rudolf Hess, Walther Darré, Himmler »[77]. Rudolf Steiner s'est cependant exprimé de son vivant au sujet du mouvement national-socialiste en disant que s'il prenaient le pouvoir, il ne pourrait plus mettre le pied sur le sol allemand. En 1922, l'agence chargée des grande tournées de conférence de Rudolf Steiner dut renoncer à organiser ces tournées à succès suite à plusieurs tentatives d'agression contre Rudolf Steiner par des gens du national-socialisme[8].

Potentiel risque de dérive sectaire[modifier | modifier le code]

En France, le « Rapport parlementaire français sur les sectes et l'argent » de 1999, sous la direction de Jacques Guyard[78], met en cause l'anthroposophie. Plusieurs associations du mouvement anthroposophique ont porté plainte contre Jacques Guyard qui fut condamné en première instance pour diffamation le pour avoir qualifié de secte le mouvement anthroposophe et « formulé des accusations à la télévision contre un mouvement au sujet duquel il n'était pas en mesure de justifier d'une enquête sérieuse[79] ». Il a été relaxé en appel. La Cour d'appel a en effet jugé que les propos en question étaient bien « diffamatoires » mais a relaxé Jacques Guyard en raison de sa « bonne foi », et parce que « le juge n'est pas lié par les conclusions d'une Commission d'enquête et ne peut donc pas se prononcer sur la qualité des investigations menées par l'enquêteur. »

Par ailleurs, la Cour a aussi relevé que l'anthroposophie inspirerait un mouvement « considéré comme une secte non seulement par la commission d'enquête française, mais aussi par une commission d'enquête belge, un rapport des Renseignements généraux de 1997 et les spécialistes du mouvement sectaire[80]. »

Une association de défense des familles victimes de sectes (l’UNADFI) s'est fait l'echo en 2011 du témoignage de Grégoire Perra, ancien élève d'écoles Steiner, sur le « processus d’endoctrinement » de celles-ci[77]. Celui-ci est l'auteur du blog d'investigation « La Vérité sur les écoles Steiner-Waldorf »[81]. Aux États-Unis, l'association People for Legal and Non-Sectarian Schools, constitué d'anciennes victimes, mène une démarche similaire[82].

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Rudolf Steiner dit dans une conférence à Berlin en janvier 1916 : « De toute façon le terme « anthroposophie » remonte à bien plus loin dans la littérature. Il était déjà utilisé au XVIIIe siècle et même avant. Le nom est donc ancien ; nous nous en servons pour quelque chose de nouveau. Pour nous ce nom ne doit pas seulement signifier connaissance de l'homme. C'est l'intention expresse de ceux qui ont choisi ce nom. Notre science elle-même nous amène à la conviction qu'à l'intérieur de l'homme sensoriel existe un homme spirituel, un homme intérieur, en quelque sorte un deuxième homme. » In La Démarche de l'investigation spirituelle, Philosophie et Anthroposophie, GA 35, Éditions anthroposophiques romandes.
    Le mot allemand pour « science spirituelle » est « Geisteswissenschaft », qui est aussi traduit par « science de l'esprit ».
  2. Par exemple par le prix Nobel de physique Max von Laue ou par le philosophe Michel Onfray.

Références[modifier | modifier le code]

  1. « Anthroposophie », Centre national de ressources textuelles et lexicales.
  2. (de) Friedrich Wilhelm Joseph Schelling (Texte source : « Die Construktion des Menschenorganismus als potenzlosen Bilds der potenzlosen Identität wäre Sache einer eigenen Wissenschaft, die noch nicht existiert, und die eigentlich Anthroposophie heissen sollte, etwas ganz anderes als was man bisher Anthropologie genannt hat. » Dans la traduction proposée ici, nous avons choisi de traduire par « pur » le terme de « potenzlos » qui est une spécificité de la philosophie de Schelling difficile à traduire en français.), System der gesammten Philosophie und der Naturphilosophie insbesondere,
  3. (de) Immanuel Herrmann Fichte (Texte source : « Die Anthropologie hat zu ihrem letzten Ziel gründliche Selbsterkenntnis des Menschen, welche nur in der erschöpfenden Anerkenntnis des Geistes liegt. Sie wird damit zur ‹Anthroposophie› erhoben. »), Anthropologie. Die Lehre von der menschlichen Seele,
  4. (de) Gideon Spicker (Texte source : « Handelt es sich aber in der Wissenschaft um die Er- kenntnis der Dinge, in der Philosophie dagegen in letzter Instanz um die Erkenntnis dieser Erkenntnis, so ist das ei- gentliche Studium des Menschen der Mensch selbst und der Philosophie höchstes Ziel ist Selbsterkenntnis oder Anthroposophie. »), Die Philosophie des Grafen von Shaftesbury nebst Einleitung und Kritik über das Verhältnis der Religion zur Philosophie und der Philosophie zur Wissenschaft
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  6. (de) Rudolf Steiner (Texte source : « Nicht ‹Weisheit vom Menschen› ist die richtige Interpretation des Wortes Anthroposophie, sondern ‹Bewußtsein seines Menschentums›; das heißt, hinzielen sollen Willensumwendung, Erkenntniserfahrung, Miterleben des Zeitenschicksals dahin, der Seele eine Bewußtseinsrichtung, eine Sophia zu geben. »), Anthroposophische Gemeinschaftsbildung, GA 257, Dornach, Rudolf Steiner Verlag, (ISBN 3727425709, lire en ligne)
  7. « Il étudie les sciences naturelles, ce qui l’amène à traduire et à éditer les travaux scientifiques de Johann W. Von Goethe. Il absorbe entre autres la conception de l’urfplanze de Goethe, la « forme originelle de toutes le plantes », un intermédiaire entre la pure contemplation en esprit et les impressions des sens. Il dépasse le point de vue de Goethe, qui ne franchit pas le seuil du spirituel, pour développer ses propres méthodes de recherche des « mondes suprasensibles » ou spirituels. » CROIR, « Société anthroposophique universelle » (consulté le 15 janvier 2017).
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  10. Goethe, Johann Wolfgang von et Tanner, André., Goethe et sa conception du monde, Editions Anthroposophiques Romanes, (ISBN 2881890059, OCLC 248905576, lire en ligne)
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  14. « Conclusion du comite pédagogique sur la pédagogie Steiner-Waldorf »
  15. « Témoignages de personnalités »
  16. Heiner Ullrich, spécialiste des sciences de l'éducation à l'université de Mayence résume une partie du débat en 1994 dans une publication de l'UNESCO : « Le débat auquel donne lieu la pédagogie de Rudolf Steiner dans les milieux spécialisés a, encore aujourd’hui, ceci de paradoxal que cette pédagogie est acceptée dans la pratique et méconnue sur le plan théorique. [...] Les milieux allemands de l’enseignement se sont depuis dix ans environ lancés dans une étude et une discussion approfondies de la pédagogie de Steiner. Les positions sur le sujet sont extrêmement contrastées allant de l’approbation enthousiaste jusqu’à la critique impitoyable. Les uns soulignent la pratique positive d’une éducation « complète » adaptée à l’enfant et passent sous silence l’anthropologie métaphysique de Steiner. Les autres critiquent justement sans merci cette néomythologie occulte de l’éducation et mettent en garde contre les risques d'endoctrinement qui en découlent (« école où est enseignée une conception du monde ») leur insistance sur ce point les empêchant de juger impartialement les multiples facettes de la pratique steinérienne. La position des critiques idéologiques est encore confortée par l’assertion des pédagogues anthroposophes selon laquelle toutes les normes et toutes les formes de leur pratique éducative procèdent de l’anthropologie « cosmique » du maître. Est-il possible de résoudre ce paradoxe fondamental de la pédagogie de Steiner : la création d’une pratique fructueuse sur la base d’une théorie douteuse ? Nous estimons quant à nous qu’il ne faut pas chercher le fondement systématique de la pratique éducative étonnamment stimulante et efficace des écoles Steiner dans les « vérités » simples de la doctrine anthroposophique, mais dans la diversité des points de vue, métaphores et maximes pédagogiques sur lesquels elle s’appuie », dans Heiner Ullrich, Biographie de Rudolf Steiner pour l'UNESCO, tirée de Perspectives : revue trimestrielle d’éducation comparé', vol. XXIV, n° 3/4, 1994 (91/92), p. 577-595.
  17. (de) Peter Treue, « Blut und Bohnen: Der Paradigmenwechsel im Künast-Ministerium ersetzt Wissenschaft durch Okkultismus », Die Gegenwart, Frankfurter Allgemeine Zeitung (archives), (consulté le 11 septembre 2016). « Sang et os : le changement de paradigme dans le gouvernement de Renate Künast remplace la science par l'occultisme » ; accès payant.
  18. Ducommun, Georges., Des énigmes de l'âme, Editions anthoposophiques romandes, (ISBN 2881890695, OCLC 718536555, lire en ligne)
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  71. (en) « HPA (Health Protection Agency) National Measles Guidelines Local & Regional Services », (consulté le 27 mai 2015).
  72. « Dans les entrailles de l'anthroposophie » (consulté le 16 janvier 2017).
  73. « L'anti-vaccination sur les bancs d'école » (consulté le 16 janvier 2017).
  74. Cité dans :« L'anti-vaccination sur les bancs d'école » (consulté le 16 janvier 2017).
  75. (en)Référence d'articles accusant Rudolf Steiner de racisme.
  76. Gemppi - Étude sur l'anthroposophie sur le site prévensectes.
  77. a et b Mathieu Dejean, « La nouvelle ministre de la Culture est-elle vraiment proche d’une secte, comme l’a dit Jean-Luc Mélenchon ? », sur lesinrocks.com, .
  78. « Rapport parlementaire français sur les sectes et l'argent » (1999).
  79. Article « Jacques Guyard condamné pour avoir qualifié le mouvement anthroposophe de secte » paru le 23 mars 2000 dans Le Monde. Consulté le 04/03/2016.
  80. Dépêche AFP, 6 septembre 2001 : Relaxe en appel.
  81. Grégoire Perra, « La Vérité sur les écoles Steiner-Waldorf », sur veritesteiner.wordpress.com.
  82. (en) waldorfcritics.org, site officiel de PLANS.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Bibliographie[modifier | modifier le code]

Ouvrages[modifier | modifier le code]

  • Paul Ariès, Anthroposophie : enquête sur un pouvoir occulte, Golias, (ISBN 2-914475-19-5)
  • Christian Bouchet, Rudolf Steiner, Éditions Le Camion Noir, 2016;
  • Christian Bouchet, L'Anthroposophie, Éditions Le Camion Noir, 2017;
  • José Dupré, Rudolf Steiner, L'anthroposophie et la liberté, La Clavellerie,  :
  1. Ch.2, p. 41.
  2. Ch.5, p. 87-96.
  3. Ch.9, p. 180-187 .
  4. Ch.12, p.312 à 318, 367 notamment.
  5. Ch.2, p. 40.
  6. , ch. 9, page 181.
  7. Ch. 2, 3, 5, 14.
  8. chap. 11.
  • Geneviève et Paul-Henri Bideau, Une biographie de Rudolf Steiner, Éd. Novalis,  :
  1. p. 119.
  2. p. 99.
  • Léonce de Grandmaison et Joseph de Tonquédec, La Théosophie et l'Anthroposophie, Éd. Gabriel Beauchesne et ses fils, Paris,  :
  1. La Nouvelle Théosophie, Chap 2,p. 125.
  2. La Nouvelle Théosophie, Chap 2,p. 136.

Articles[modifier | modifier le code]

  • (en) Geoffrey Ahern, « Double profanity, or towards the explicit : Eighteen anthroposophists and a researcher », Religion, no 12,‎ , p. 131-147 (DOI 10.1016/0048-721X(82)90024-0)
  • Denis Müller, « L'anthroposophie de Rudolf Steiner et son approche de la réincarnation », Réincarnation et foi chrétienne,‎
  • Françoise Hildesheimer, « Rudolf Steiner : un gourou entre science et foi », Notre histoire, no 2263,‎
Articles universitaires[modifier | modifier le code]
  • (en) Peter Staudenmaier, « Between Occultism and Fascism: Anthroposophy and the Politics of Race and Nation in Germany and Italy, 1900-1945 », Thèse de doctorat de philosophie, Faculty of the Graduate School of Cornell University,‎ (lire en ligne)
  • (en) Bruce Uhrmacher, « Uncommon Schooling: A Historical Look at Rudolf Steiner, Anthroposophy, and Waldorf Education », Curriculum Inquiry, vol. 25, no 4,‎ , p. 381-406 (DOI 10.1080/03626784.1995.11076190, présentation en ligne)

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Lien externe[modifier | modifier le code]