Anthroposophie

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L'anthroposophie est une philosophie occulte traitant de l'Homme et son environnement naturel, développée par Rudolf Steiner. Le terme d'« anthroposophie » est inspiré du livre de Thomas Vaughan Anthroposophia Theomagica, et signifie « la sagesse appliquée à l'Homme »[1]. Partant de la conviction qu'il existe un monde spirituel accessible à l'intuition, Steiner s'appuie sur la théosophie de Blavatsky et développe son propre système en y incorporant des données empruntées à de nombreuses traditions occultes, astrologiques, religieuses, mythiques et philosophiques de l'humanité[TeA 1]. L'anthroposophie se déclare d'un caractère universel et veut s'appliquer à une large diversité de domaines, notamment l'éducation, la musique, la peinture, l'agriculture, la médecine et l'architecture.

Les travaux de Steiner prétendent à la scientificité. Cette prétention est toutefois vivement critiquée[2].

Selon Steiner, qui s'oppose notamment à Kant, il n'y a pas de limite à la connaissance : au moyen d'un entraînement de la pensée et d'un développement moral qui consiste à lire, méditer et prononcer ses écrits (paroles-prières-mantras), l'être humain serait capable de hisser sa conscience jusqu'à percevoir les « mondes spirituels », processus nommé « initiation »[TeA 2]. Cependant Steiner, pas plus que Blavatsky dont il s'inspire, n'apportent de preuve de ce qu'ils avancent.

Steiner et ses disciples ont cherché à diffuser l'anthroposophie à travers de nombreuses ramifications : éducation (école Steiner), arts (eurythmie), santé (médecine anthroposophique, mouvement Camphill), économie (La Nef), politique (tripartition sociale), agriculture (biodynamie), religieux (Communauté des Chrétiens). L'institution principale est le Goetheanum, situé en Suisse, et siège de la Société anthroposophique universelle.

Origine de l'anthroposophie[modifier | modifier le code]

Origine du terme[modifier | modifier le code]

Le terme « anthroposophie » provient, du grec ancien : ἄνθρωπος (ánthropos), « homme », et σοφία (sofía), « sagesse », littéralement « la sagesse de l'homme »[3].

Rudolf Steiner affirme utiliser ce terme dans un autre sens que celui entendu ; il l'utilise aussi pour désigner sa dite « science spirituelle »[Note 1].

Histoire[modifier | modifier le code]

Rudolf Steiner, occultiste fondateur de l'anthroposophie.

La quasi unique source documentaire concernant la vie de Steiner durant l'enfance est son ouvrage Mon chemin de Vie, appelé improprement en français Autobiographie. Cet ouvrage, composé à la fin de sa vie entre décembre 1923 et mars 1925, s'apparente bien davantage à une œuvre d'autojustification[AeL 1] dans laquelle Steiner ne nous dit que ce qu'il veut bien nous révéler.

Rudolf Steiner aurait eu ses premières expériences surnaturelles dès l’âge de sept ans et se serait tourné vers l'occultisme lors de ses études universitaires. « C’est également à cette époque qu’il rencontre un maître spirituel non identifié qui l’incite à étudier les sciences biologiques matérialistes et à « déguiser » sa compréhension du spirituel sous le couvert de l’idéalisme allemand »[4]. Il interprétera Goethe à sa façon, en y insérant des données qu'il prétend issues des mondes spirituels[5] et c'est à partir de ces bases qu'il développera l'anthroposophie.

Selon le Centre de ressources et d’observation de l’innovation religieuse (CROIR) de l’Université Laval, le développement historique de l’anthroposophie suit quatre phases[4]:

  1. 1902-1909 : Naissance de la « science de l'esprit ». Steiner élabore l'idée selon laquelle, par une clairvoyance exacte qu'il dit posséder, il lui serait possible d'accéder à une « science de l'esprit », supérieure selon lui à la science matérialiste ;
  2. 1910-1013 : Construction du Goetheanum et détachement de la théosophie. « La tentative d’Annie Besant, alors directrice de la branche orientale de la Société de théosophie, de faire passer Krishnamurti pour la réincarnation du Christ aura été la goutte qui a fait déborder le vase et qui déclencha le processus de séparation »[6];
  3. 1919-1923 : Émergence des institutions anthroposophiques axées sur les diverses applications pratiques de l’anthroposophie, afin de « spiritualiser » la pensée scientifique ;
  4. À partir de 1924 : Le mouvement devient mondial, suite à la fondation de la Société anthroposophique universelle.

Rudolf Steiner et ses disciples tenteront de diffuser l'anthroposophie sous toutes sortes de sphères de la vie sociale :

« En tant que fondateur charismatique d'une communauté idéologique entièrement axée sur lui, Steiner développe au cours des vingt dernières années de sa vie, dans d'innombrables cours et conférences donnés dans toute l'Europe, un programme de réforme spirituelle dans les domaines de l'art, de l'éducation, de la politique et de l'économie, de la médecine, de l'agriculture et de la religion chrétienne[7]. »

Doctrine anthroposophique[modifier | modifier le code]

Les principaux éléments de la doctrine anthroposophique reposent sur la doctrine théosophique de Helena Blavatsky à laquelle Rudolf Steiner a ajouté des notions issues du christianisme afin de laisser aux théosophes l'orientalisme, et de tenter d'avoir un vocabulaire plus occidental.

La doctrine anthroposophique comporte de nombreux éléments qui lui sont propres : sa propre cosmologie, sa propre astrologie, sa propre agriculture, sa propre pédagogie, sa propre idéologie politique, sa propre vision de la santé, etc.

Selon le CROIR voici les convictions fondamentales des anthroposophes :

« Le monde matériel est une manifestation visible du spirituel qui lui est antérieur. Le but de toute la création est le développement du « Moi » humain. L’humain était spirituellement présent à tous les stades de la création, mais à des niveaux de conscience inférieurs, à l’état de veille. Le corps physique a commencé son développement dans une incarnation antérieure de la terre nommée « Ancien Saturne », un corps céleste fait de pure chaleur. Le corps éthérique, que l’être humain partage avec les végétaux, tire son origine de la phase subséquente, aérienne : l’« Ancien Soleil ». Le corps astral, fait d’émotions, de sensibilité et de rêve, que l’humain partage avec les animaux, s’est développé sur l’« Ancienne Lune », l’état fluidique qui constitue le stade immédiatement antérieur à la « Terre minérale » actuelle.

C’est seulement dans la terre minéralisée, au plus bas de la descente dans la matière, que l’humain a pu développer un Moi, conscient d’être un Moi séparé des autres. Les incarnations successives (réincarnations) ont eu un commencement (la Chute, le péché originel) et auront une fin. Dans le futur, l’homme atteindra le stade de « Jupiter », qui correspond à la Nouvelle Jérusalem des chrétiens. Le moment crucial de la fermeture de l’Abîme de la Bête, marqué par le 666, aura lieu dans une phase subséquente, celle de « Vénus ». Enfin, dans le stade final de Vulcain, l’homme sera devenu un dieu créateur et sera devenu la dixième hiérarchie céleste, celle de la liberté et de l’amour, à la suite des neuf hiérarchies angéliques traditionnelles (inspiré de Denys l’Aréopagite)[4]. »

Cosmogonie anthroposophique[modifier | modifier le code]

Article connexe : Société théosophique.

La façon de concevoir l'origine de l'univers dans l'anthroposophie se base en grande partie sur la théosophie de Helena Blavatsky, telle qu'elle est exposée dans la Doctrine secrète. La cosmogonie anthroposophique en est un remaniement fait par Steiner qui l'a simplifiée et rendue plus cohérente en l'enrichissant par ses propres idées.

  • Tout ce qui existe tire son origine de l'esprit et que tout y retournera ;
  • Omniprésence de la croyance anti-matérialiste en des mondes suprasensibles non physiques, qui sont des modes de manifestations de l'esprit ;
  • L'être humain possède des corps non physiques empruntés à ces mondes suprasensibles ;
  • Ces corps évolueraient à travers des réincarnations successives soumises à la loi du karma ;
  • Ces corps suprasensibles n'ont pas toujours existé, mais leurs ébauches ont été élaborées au cours d'autres incarnations de la Terre et de notre système solaire ;
  • Omniprésences de hiérarchies spirituelles empruntées au pseudo Denys l'Aréopagite, lesquelles interviennent dans l'évolution karmique humaine tout en évoluant elles-mêmes ;
  • Sous la guidance de hiérarchies célestes, le système solaire se développe en 7x7x7 étapes principales ;
    • Le premier groupe de 7x7 est appelé l'ancien Saturne, c'est un état totalement révolu qui était constitué essentiellement d'une sorte de chaleur ;
    • Le second groupe de 7x7 est appelé l'ancien Soleil, aussi un état révolu où à la chaleur s'ajoute la lumière et l'air ;
    • Le troisième groupe de 7x7 est appelé l'ancienne Lune, un état ancien où s'ajoute un élément liquide et un éther dit chimique ;
    • Le quatrième groupe de 7x7 s'appelle la Terre, mais la Terre actuelle ne serait qu'un des 49 états, nous serions au quatrième stade du quatrième sous-groupe que les théosophes appelaient des Rondes. Les stades des Rondes sont appelés des Globes en théosophie. Sur la Terre est ajouté l'état solide, et l'éther dit de vie ;
    • Après l'évolution de la Terre, il y aura le futur Jupiter, où la matière la plus dense sera l'air ;
    • Vient ensuite le futur Vénus suivi de Vulcain. (Vulcain car les théosophes croyait à tort qu'il y avait une planète entre Mercure et le Soleil) ;
    • Le milieu de ces 7x7x7 étapes est la nôtre, c'est l'état le plus matériel. Tout ce qui précède est la descente dans la matière, tout ce qui suit est une spiritualisation de la matière : une non matérialité;
  • L'impulsion à la spiritualisation de la matière aurait été donnée par le Christ, en qui il voit une incarnation de la seconde personne de la Trinité chrétienne ;
  • Steiner s'est efforcé de montrer que l'incarnation du Christ était une partie intégrante, nécessaire, et prévue de longue date, de l'évolution et que toutes les religions précédentes avaient pour but principal de préparer ce qu'il appelle le « Mystère du Golgotha » pour que le Christ deviennent l'esprit guide de l'évolution karmique terrestre. D'où il attribue des rôles au Bouddha, à Zoroastre, à Osiris, Apollon, Adam, Salomon, Nathan, etc. pour mettre en scène sa christologie ;
  • À chaque étape de l'évolution karmique, il y aurait des entités spirituelles qui ne progresseraient pas normalement et qui auraient un rôle à jouer ultérieurement d'une part en reproduisant une partie des anciennes conditions au cours des nouvelles étapes. Ainsi sur l'ancien Saturne, seule la chaleur est censée exister. Pour que la chaleur existe sur la Terre actuelle, il faut que les entités de Saturne l'y apportent. Et d'autre part certaines de ses entités sont aussi des entités dites du Mal, ainsi sur Saturne, les Asuras seraient restés au stade de Saturne, Ahriman serait resté au stade de l' ancien Soleil, et Lucifer au stade de l' ancienne Lune. Ces entités sont omniprésentes dans l'anthroposophie tout autant que les hiérarchies régulières ;
  • Le but de cette cosmogonie planifiée serait de développer dans la dixième hiérarchie, l'humaine, la conscience de soi. Cette conscience de soi devant conduire du fait de l'activité du Christ à développer la liberté et l'amour.
  • Pour ce qui est de l'étape purement terrestre et matérielle, Steiner reprend aussi le canevas occulte de Blavatsky en sept périodes. Sans toutes les citer, disons que les anthroposophes croient à l'existence de la Lémurie, continent imaginé par des scientifiques, mais qui a été infirmé par la découverte de la tectonique des plaques. Ils croient aussi que l'Atlantide a existé, mais encore une fois à tort, car c'est en réalité une fable pédagogique imaginée par le philosophe grec Platon[8],[9] Par ailleurs, la tectonique des plaques, l'étude des fonds marins et le paléomagnétisme notamment ont bien confirmé que l'Atlantide, en tant que vaste continent dans l'Atlantique, était un mythe. Toutefois, la prétendue clairvoyance de Steiner n'a pas été en mesure de se rendre compte de son inexistence, car il l'a décrite de long en large en plagiant massivement la théosophie blavatskienne[10]. De nombreuses dérives steinériennes au sujet des races proviennent de ses élucubrations sur l'Atlantide.

Christologie anthroposophique[modifier | modifier le code]

Avant son adhésion à la Société théosophique, Rudolf Steiner était un philosophe gœthéen, idéaliste, immanentiste et athée[AeL 2],[11]. Les notions de Dieu et de Christ étaient absentes de ses idées et pour lui l'ultime réalité était l'esprit[12].

Vers 1901-1902, Steiner était encore loin d'avoir développé sa christologie fantasmatique, comme le montrent ses premiers cycles d'exposés devant les théosophes de Berlin sur la mystique en 1901 et sur le christianisme et les mystères de l'Antiquité en 1902. Dans cette dernière série de 24 exposés, Steiner présente encore Jésus-Christ comme un initié aux mystères antiques[AeL 3] . Ce n'est que peu à peu que Steiner intègre des composantes du christianisme dans sa conception du monde, mais toujours selon ses convenances, et son Christ monte en grade progressivement. Par exemple dans la série de conférences publiée sous le titre de « Théosophie du Rose-Croix », Steiner présente le Christ comme étant le plus élevé des archanges[13], dans le cycle « Les Hiérarchies spirituelles… », il en fait l'entité la plus élevée de la hiérarchie des Puissances, pour ensuite culminer en le considérant comme le second Logos, c'est-à-dire le Fils de la Trinité chrétienne.

On constate ainsi que c'est surtout après 1907 que Steiner développe massivement ses idées sur le christianisme, lequel prend une place de plus en plus importante dans son corpus doctrinal. José Dupré remarque que cette réintroduction massive d'idées liées au Christ se fait surtout en réaction aux nouvelles orientations qui se développent dans la ST sous la direction de sa présidente Annie Besant et de son mentor C.W. Leadbeater. Vers 1908, Leadbeater prétend avoir découvert un jeune garçon indien qui serait la réincarnation du Christ, le futur instructeur de l'humanité, Alcyone, qui sera connu plus tard sous le nom de Jiddu Krishnamurti[AeL 4].

Ce virage massif vers la mythologie chrétienne est ainsi effectuée pour prendre le contre-pied des manigances théosophes avec qui il entre en conflit, conflit qui aboutira sur l'exclusion de la section allemande de la Société théosophique en 1913 et la fondation de la Société anthroposophique. Au cours de ses exposés Steiner insistera tout spécialement sur le fait que le Christ ne pouvait s'incarner qu'une seule fois, car si ce n'était pas le cas cela signifierait qu'il a échoué dans sa mission.

Steiner place le Christ dans l'évolution comme un rédempteur venant sauver l'humanité de l'enlisement dans la matière, et sa mission selon lui était prévue karmiquement depuis des temps immémoriaux. Il prétend dès lors que les initiés de l'Antiquité l'avaient toujours su et qu'ils voyaient spirituellement le Christ s'approcher de la Terre sous l'apparence de leurs dieux solaires :Ahura Mazda, Osiris, Apollon par exemple. Par la suite Steiner développera constamment son histoire en y ajoutant ses nouvelles trouvailles, ce qui le conduira plus d'une fois à des contradictions et à des versions différentes[AeL 5].

Steiner va dès lors s'efforcer de montrer que la venue du Christ en Palestine était prévue et qu'elle avait été préparée de longue date par des initiés aux mystères et les entités spirituelles des hiérarchies. Il n'est pas nécessaire de détailler tous les détails complexes et parfois confus du scénario imaginé par Steiner à cette fin. Disons juste que dans ce scénario, Steiner attribue des rôles à deux enfants Jésus élevés dans deux familles dont la mère est Marie et le père Joseph, qu'il fait intervenir le nirmanakaya du Bouddha, fait se réincarner Zoroastre, et fait remonter les ancêtres de l'un des Jésus à Adam [14] , etc. Précisons que Steiner est adoptianiste[AeL 6], c'est-à-dire que Jésus est devenu le Christ lors de son baptême dans le Jourdain par Jean-Baptiste, et que le Ressuscité serait apparu après la crucifixion à ses disciples dans un corps éthérique densifié, avant de disparaître de leur vue pour devenir l'esprit guide, le Moi, de la Terre afin un jour de la réunir au Soleil qui selon lui est l'astre le plus spirituel de notre système solaire et qui ne contiendrait aucune substance matérielle[15],[16]. Pour s'opposer à la Société théosophique qui proposait le retour du Christ en la personne du jeune Krishnamurti et pour satisfaire l'attente messianique des membres, en 1910 Steiner a prophétisé le retour du Christ dans le monde éthérique entourant la Terre dès 1930[AeL 7].

Doctrines raciales[modifier | modifier le code]

Les doctrines raciales de Rudolf Steiner sont structurellement inhérentes à sa vision du monde qui comprend une évolution hiérarchisée de l'humanité. Dans sa conception de l'évolution humaine, les différents groupes raciaux représentent des stades différents de l'évolution de la conscience et des aptitudes humaines. À chaque époque, il y des groupes ou des sous-groupes qui ne parviennent pas à suivre l'évolution prévue par les entités spirituelles divines, et qui de ce fait restent à la traîne, comme un résidu. Les êtres qui évoluent normalement forment une nouvelle race, tandis que les retardataires continuent à s'incarner dans des groupes raciaux qui n'ont pas progressé, qui sont restés stationnaires ou même qui ont dégénéré. Ainsi, les Amérindiens, ou encore les Chinois ou les Noirs, seraient des vestiges d'anciens stades d'évolution, des formes raciales dépassées, au sein desquelles s'incarnent des âmes en retard sur l'évolution normale. Les groupes raciaux les plus dégénérés ont complètement disparus. Au fur et à mesure que l'évolution progresse les autres groupes raciaux seraient aussi destinés à s'éteindre, après être devenus de vieux reliquats d'époques antérieures. Pour Steiner, les peuples non blancs ou non « aryens », du monde moderne sont des descendants dégénérés des populations atlantéennes et lémuriennes qui ne sont pas parvenus à progresser vers la race blanche, laquelle serait la plus apte à progresser spirituellement. D'après Steiner les âmes s'incarneraient dans les différentes races selon leurs mérites. À notre époque, une telle conception de l'évolution est considérée comme étant raciste[17],[18],[19],[20],[21],[22].

"Épistémologie" anthroposophique[modifier | modifier le code]

On peut trouver les travaux philosophiques de Steiner sur la théorie de la connaissance dans trois ouvrages qui sont dans leur version actuelle : « Épistémologie de la pensée goethéenne »[23], « Vérité et science » [24], et « la Philosophie de la liberté »[25]. Ces travaux n'ont eu à son époque que peu de retentissement. Steiner espérait grâce à ces travaux décrocher une chaire de philosophie dans une université, notamment celle d'Iena où avait enseigné Schiller[BRS 1]. Il faut néanmoins remarquer que son ouvrage principal qu'est la philosophie de la liberté a été remanié en 1918 [26],[27], alors qu'il enseignait l'anthroposophie. Steiner espérait être un considéré comme un grand philosophe, mais il fut déçu et en 1900, il était de toute évidence en échec social alors qu'il approchait de la quarantaine. C'est alors que Steiner sombra dans la théosophie et malgré qu'il prétende le contraire, sa conception du monde en fut transformée. En effet, il passe de l'immanentisme au transcendantalisme, de l'athéisme à une sorte de panthéisme, et de l'idéalisme goethéen à une pensée gnostique, dont les contenus sont organisés avec une certaine logique phénoménologique à la manière goethéenne. Dans son œuvre philosophique, Steiner ne considère qu'un esprit immanent, et la notion de Dieu n'intervient pas sinon pour la déconsidérer. Steiner est à cette époque opposé à toute forme de religion instituée dirigeant les consciences, et parfaitement en accord avec la pensée de Nietzsche dans son Antéchrist [BRS 2], comme il le dit lui-même. Par contre, dans son anthroposophie, Steiner remplace l'esprit immanent par un Dieu et un Christ transcendants, et nous abreuve des faits et gestes des entités de hiérarchies célestes intervenant dans l'évolution humaine pour la diriger, sans compter sa démonologie anthropomorphe remplaçant le dualisme qu'implique sa conception de l'esprit originel immanent. Ses théories du karma et de l'évolution fantasmées sont radicalement opposées à l'idéal de liberté qu'il décrit dans sa philosophie. On peut constater cette transition dans son ouvrage sur la mystique donné initialement sous forme d'exposés aux théosophes de Berlin en 1901. Ce que Rudolf Steiner dit du processus cognitif est en opposition de celui dans sa Philosophie de la liberté. Dans la Philosophie de la liberté, le processus cognitif consiste à ajouter un concept perçu intuitivement à une perception. Ce qui identifie la perception et la rend communicable à d'autres. Par contre dans son ouvrage sur la mystique, il s'agit de transformer la perception intérieurement pour la faire renaître à un niveau plus élevé en soi-même. Et de ce fait, il élargit sa théorie de la connaissance par une sorte d'activité mystique qui est incompatible avec sa propre épistémologie, en décrivant un processus initiatique où la connaissance est obtenue en devenant tout sentiment, tout état d'âme. Autrement dit la porte ouverte à la subjectivité et la plongée dans son propre monde psycho-spirituel incontrôlable. Et c'est bien ce qui s'est passé comme on peut le constater à travers toutes les productions occultisantes qui ont suivi. Ce qui fait que ses travaux sur la théorie de la connaissance ne justifient en rien sa démarche théosophico-anthroposophique ultérieure basée sur une hypothétique clairvoyance, alors qu'il était retombé dans les archaïsmes de la religion de son enfance et dans les arcanes nébuleux de la pensée mythique et ésotérique de l'humanité. Steiner qui se rendait bien compte du saut conceptuel qu'il avait réalisé, à tenté jusqu'à la fin de sa vie de le justifier, mais il n'est jamais parvenu à être vraiment convaincant[AeL 8].

Steiner, et les adeptes de l'anthroposophie, revendiquent la scientificité de l'anthroposophie s'appuyant sur ses écrits relatifs à la théorie de la connaissance. Ces écrits sont nettement antérieurs à l'immersion de Steiner dans la théosophie en 1902. Dans son article, L'anthroposophie est-elle un science, Sven Ove Hannson a montré que l'anthroposophie ne satisfaisait pas les critères qui pouvaient en faire une science. Il conclut que l'anthroposophie n'a rien de commun avec la science[28].

Conception de la maladie[modifier | modifier le code]

Dans l'anthroposophie la maladie est vue comme un message divin lié au karma et à la réincarnation :

« Steiner, le fondateur de l'Anthroposophie, cet ésotérisme mystique et délirant[TeA 3] qui est derrière les écoles Steiner-Waldorf, pensait que les maladies sont envoyées par les Dieux pour nous aider à vaincre nos péchés, dans le cadre de la Réincarnation. Ainsi, un vaccin, en empêchant de faire une maladie que vous devez avoir dans cette vie, sera un handicap dans une prochaine incarnation, car il entrave un processus karmique[29]. »

La non acceptation de la vaccination par l'anthroposophie pour des motifs liés à la croyance en des réincarnations karmiques est mentionné dans de nombreux rapports d'enquête, et dans plusieurs pays. Yves Casgrain, note lui aussi que dans l'anthroposophie, les vaccins sont mal perçus car ils retarderaient la dette karmique[30].

Conception de l'éducation de l'enfant[modifier | modifier le code]

Article détaillé : École Steiner.

Selon l'anthroposophie l'évolution karmique de l'enfant est un processus lié à des forces surnaturelles :

« À la fin de la première période de sept ans, les forces «surnaturelles» de croissance ont achevé de construire l'organisme de l'enfant, depuis la pointe des pieds jusqu'à la nouvelle dentition; ces forces physiques sont désormais «nées», c'est-à-dire qu'elles se métamorphosent en forces d'apprentissage, et l'enfant développe ses sens intérieurs - il est prêt à aller à l'école. Au cours des sept années suivantes, les forces «astrales» encore cachées de l'âme modèlent le monde des pulsions, des passions et des sentiments. Celles-ci se libèrent au moment de la puberté et se métamorphosent en capacité de pensée abstraite et de jugement. Elles aident les forces cachées du moi à atteindre la maturité intellectuelle et sociale qui intervient à la fin de la troisième période de sept ans, au moment de la naissance du moi[31]. »

La formation de l'élève, selon l'anthroposophie, est en même temps un processus de réincarnation et c'est pour cette raison qu'il est basé sur des cycles de 7 ans[31].

L'éducation anthroposophique utilise la doctrine des 4 tempéraments, issue de l'Antiquité : mélancolique, flegmatique, sanguin et colérique :

« Pour Steiner, un tempérament donné tient à la prépondérance de l'une des quatre forces cosmiques (physique, surnaturel, astrale ou spirituelle) au cours de la réincarnation (16). L'une des tâches essentielles de l'éducation consiste donc à équilibrer harmonieusement les tendances du tempérament en évitant que l'une d'elles ne prédomine[31]. »

Conceptions de la vie sociale et politique[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Tripartition sociale.

L'anthroposophie propose un État dans lequel le spirituel jouirait de la liberté la plus totale. L'éducation, la science, la culture serait soumis à la reglè de la liberté du spirituel. La propriété privée et les libertés individuelles y sont revu. Pour le bien commun, toutes les ressources seraient distribué (par qui et comment, cela n'est pas dit) en fonction du bénéfice pour le bien commun. « À cet égard, le modèle de Steiner s'élève à une variété d'illuminations au sujet de la propriété privée et du management hiérarchique sous le contrôle bienveillant d'une aristocratie spirituelle[32]. »

L'idéologie politique de la tripartition sociale a à la fois des affinités avec les visions conspirationnistes, antisémistes, faschistes et de droite, tout en dénonçant les approches en termes d'autonomie citoyenne, de démocratie économique ou qui visent à contrer le capitalisme; la sphére économique ne doit jamais être organisée de façon démocratique, selon l'anthroposophie[33] « Steiner prévoyait une méritocratie spirituelle dans laquelle le «plus capable» aurait le contrôle des ressources économiques, et il a violemment rejeté la notion de tempérer cet arrangement par la surveillance communautaire »[33].

Steiner voit le fonctionnement de l'organisme humain comme résultant de l'interaction de trois systèmes : neuro-sensoriel, rythmique et métabolique. Par analogie, il considère que le « corps social » doit aussi être structuré en trois systèmes ou membres relativement autonomes : spirituel (incluant l'intellectuel, le culturel et la science), politique-juridique, économique.

Selon lui, chacun des trois principes de la devise française « Liberté, Égalité, Fraternité » caractérise tout spécialement chacun de ces trois pôles. La liberté doit s'accomplir pour le spirituel, l'égalité pour le politique, et la fraternité pour l'économique. Bien qu'il doive fonctionner de manière autonome, chaque membre doit collaborer avec les deux autres. Ce qui signifie, par exemple, que la vie spirituelle (incluant le culturel, le scientifique et l'intellectuel) ne devrait pas être soumise aux diktats du pouvoir politique, ni obéir au pôle économique. C'est un idéal difficile à réaliser pratiquement sans produire de nombreuses dérives pernicieuses. On remarquera en outre que la dimension spirituelle n'est pas l'exclusivité du premier pôle, mais qu'elle est inhérente à toute activité sociale.

Steiner qui n'a pas entièrement inventé la tripartition sociale, l'a intégré dans son système de croyances et en a été le promoteur ardent[AeL 9]. Il a tenté de l'utiliser comme moyen politique au service de l'Allemagne pour lui éviter de perdre des territoires en Silésie au profit de la Pologne après la guerre 14-18, mais cela a été un échec[34].

Diffusion de l'anthroposophie[modifier | modifier le code]

Le Goetheanum de Dornach, siège de la Société anthroposophique.

Rudolf Steiner a théorisé la nécessité de diffuser la doctrine anthroposophique dans toutes les activités sociales par la mise en œuvre concrète de ses idées. Cette volonté s'est traduite de différentes manières :

Par ces différentes institutions sociales, qui créent des ramifications de l'anthroposophie dans tous les secteurs de la société (politique, éducation, finance, alimentation, santé, art, religion…), le mouvement anthroposophe tend à vouloir créer une nouvelle civilisation. Pour une diffusion plus discrète de ses idées et pratiques, il se rapproche aussi du tissu alternatif, écologique, alter-mondialiste, New-Age, etc.[40].

Pratiques et coutumes[modifier | modifier le code]

Autel dans une chapelle de la Communauté des chrétiens (Darmstadt)

Réception[modifier | modifier le code]

Hors de l'anthroposophie, il y a peu d'écho, hormis lorsque de potentielles dérives sectaires sont signalées.

Caractère pseudo-scientifique[modifier | modifier le code]

À l'époque de l'émergence de l'anthroposophie, le physicien Max von Laue a écrit en 1922 une critique cinglante à propos de la prétention scientifique de Steiner, particulièrement dans le domaine de la physique[41].

Comme le souligne notamment le philosophe Michel Onfray, l'anthroposophie est fondée sur la seule « intuition » de son fondateur, qui, s'opposant à la rationalité scientifique, s'évite systématiquement d'avoir à prouver ses affirmations, qui se résument donc à des certitudes auxquelles on n'adhère que par la foi. De fait, une majorité des affirmations vérifiables de Steiner ont depuis été balayées par la science[42].

La critique de Michel Onfray ne fait pas l'unanimité, puisqu'un chercheur en sciences de l'éducation, René Barbier, décide de publier une lettre ouverte en écho à ses critiques pour défendre et promouvoir le travail d'une étudiante intéressée par la pédagogie Steiner-Waldorf dont il fut le directeur de thèse[43],[44].

Selon Heiner Ullrich : « Le paradoxe de l'anthroposophie est de déclarer comme scientifique ce qui n'est en vérité qu'un mythe de deuxième ordre. Présence universelle du spirituel, symbolique des chiffres, magie de l'analogie, la «logique vivante des images» de Steiner est une tentative de réhabilitation de la pensée mythique (13) et de la vie rituelle dans une civilisation dominée par la science[31]. »

Critiques de l'enseignement[modifier | modifier le code]

En France, Le rapport 2000 de la Mission interministérielle de lutte contre les sectes présentait une étude de cas sur « la "galaxie" anthroposophique »[45]. Dans celui-ci, la mission pointait le risque de dérive sectaire de nombreux avatars modernes du mouvement anthroposophique (souvent revisités à travers une influence New Age[46]), et notamment de son emprise éducative via des écoles privées hors contrat comme les écoles Steiner-Waldorf, où est fait le constat préoccupant que « les enseignants ne seraient pas recrutés pour leur formation intellectuelle et pédagogique, mais pour “leur parcours qualifiant de vie” ». L'anthroposophie s'intéresserait, au moins en intention, à tous les domaines et notamment la médecine, l'éducation, l'alimentation et jusqu'à la banque. Ce rapport pointe également l'imposition de choix médicaux à risque (notamment le refus de la vaccination ou l'utilisation de médecines non conventionnelles) ou une tendance à l'isolement du reste de la société[45].

Début 2015, les écoles Steiner des États-Unis sont dénoncées par la presse nationale comme ayant les taux d'exemption de vaccination les plus hauts dans leurs états respectifs[47],[48],[49],[50].

En Grande-Bretagne, un rapport de 2010 du gouvernement britannique notait que les écoles Steiner devaient être considérées comme des « populations à haut risque » et des « communautés non-vaccinées » par rapport au risque pour les enfants de contracter la rougeole et de contribuer aux épidémies[51].

Au Québec, l'Agence Science-Presse a publié un dossier composé de deux articles concernant les risques pour la santé publique que représentaient les doctrines anthroposophiques[52],[53]. Yves Casgrain, présentement à la rédaction d'un livre sur les écoles Steiner et l'anthroposophie affirme que « Les familles ne sont pas toujours au courant mais l’école est un terrain propice à l’implantation de cette religion d’un nouveau genre où les vaccins sont mal perçus car ils retardent la dette karmique des individus. »[54].

En 2014, en France le rapport au Premier ministre de la commission de l'Assemblée nationale sur les dérives sectaires mentionnait : « des pratiques éducatives défavorablement connues de la Miviludes (la page Facebook du « Printemps de l’éducation » fait de la publicité pour la pédagogie Steiner), ainsi que des techniques qui, à l’instar de ce qui se passe pour la formation professionnelle, sont issues des psychologies alternatives New Age et sont loin d’offrir toutes les garanties de sérieux[46] ».

Croyances et doctrines racistes[modifier | modifier le code]

Des accusations de racisme, se fondant sur certains écrits de Rudolf Steiner, ont été formulées contre l'anthroposophie aux Pays-Bas, aux États-Unis, en Allemagne et en France[55]. Concernant « d'innombrables écrits ou propos de conférence diffus et souvent répétitifs » attribués à Steiner, un rapport de la MILS s'interroge sur « certaines de ses allégations pouvant supposer la promotion d'idées élitistes ou pire, à travers de multiples propos sur le sang et la race, susceptibles d'être interprétées comme racistes. Exposées publiquement aujourd'hui, ces opinions pourraient faire l'objet en France de procédures judiciaires, en vertu des articles 225.1 et suivants du Code pénal. »[45].

Selon Paul Ariès, ce serait le groupe GEMPPI qui est responsable d'avoir débusqué « les croyances et les doctrines racistes de Rudolf Steiner ». Le GEMPPI affirme que l'anthroposophie se base entre autres sur des croyances racistes et que cela demeure problématique, elle souligne cependant que ce fait mène rarement à des comportements racistes, hormis de rares cas dans des écoles Steiner[56].

Potentiel risque de dérive sectaire[modifier | modifier le code]

En France, le « Rapport parlementaire français sur les sectes et l'argent » de 1999, sous la direction de Jacques Guyard[57], met en cause l'anthroposophie. Plusieurs associations du mouvement anthroposophique ont porté plainte contre Jacques Guyard qui fut condamné en première instance pour diffamation le pour avoir qualifié de secte le mouvement anthroposophe et « formulé des accusations à la télévision contre un mouvement au sujet duquel il n'était pas en mesure de justifier d'une enquête sérieuse[58] ». Il a été relaxé en appel. La Cour d'appel a en effet jugé que les propos en question étaient bien « diffamatoires » mais a relaxé Jacques Guyard en raison de sa « bonne foi », et parce que « le juge n'est pas lié par les conclusions d'une Commission d'enquête et ne peut donc pas se prononcer sur la qualité des investigations menées par l'enquêteur. »

Par ailleurs, la Cour a aussi relevé que l'anthroposophie inspirerait un mouvement « considéré comme une secte non seulement par la commission d'enquête française, mais aussi par une commission d'enquête belge, un rapport des Renseignements généraux de 1997 et les spécialistes du mouvement sectaire[59]. »

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Rudolf Steiner dit dans une conférence à Berlin en janvier 1916 : « De toute façon le terme “anthroposophie” remonte à bien plus loin dans la littérature. Il était déjà utilisé au XVIIIe siècle et même avant. Le nom est donc ancien ; nous nous en servons pour quelque chose de nouveau. Pour nous ce nom ne doit pas seulement signifier connaissance de l'homme. C'est l'intention expresse de ceux qui ont choisi ce nom. Notre science elle-même nous amène à la conviction qu'à l'intérieur de l'homme sensoriel existe un homme spirituel, un homme intérieur, en quelque sorte un deuxième homme. » In La Démarche de l'investigation spirituelle, Philosophie et Anthroposophie, GA 35, Éditions anthroposophiques romandes.
    Le mot allemand pour « science spirituelle » est « Geisteswissenshaft », qui est aussi traduit par « science de l'esprit ».

Références[modifier | modifier le code]

  1. Encyclopedia of Occultism & Parapsychology, 5th Edition, Gale Publishing, 2003. Entrée "Antroposophy".
  2. Par exemple par le prix Nobel de physique Max von Laue ou par le philosophe Michel Onfray.
  3. « Anthroposophie », Centre national de ressources textuelles et lexicales.
  4. a, b et c CROIR, « Société anthroposophique universelle » (consulté le 15 janvier 2017).
  5. « Il étudie les sciences naturelles, ce qui l’amène à traduire et à éditer les travaux scientifiques de Johann W. Von Goethe. Il absorbe entre autres la conception de l’urfplanze de Goethe, la “forme originelle de toutes le plantes”, un intermédiaire entre la pure contemplation en esprit et les impressions des sens. Il dépasse le point de vue de Goethe, qui ne franchit pas le seuil du spirituel, pour développer ses propres méthodes de recherche des « mondes suprasensibles » ou spirituels. » CROIR, « Société anthroposophique universelle » (consulté le 15 janvier 2017).
  6. David Veilleux, « Société anthroposophique universelle », sur Centre de ressources et d’observation de l’innovation religieuse,‎ (consulté le 15 janvier 2017).
  7. Heiner Ullrich, « L'éducation selon Rudolf Steiner », sur Encyclopédie de L'Agora,‎ (consulté le 16 janvier 2017).
  8. Vidal-Naquet, « L'Atlantide et les Nations » dans La Démocratie grecque vue d'ailleurs, Champs-Flammarion, Paris, 1990, p. 142.
  9. Jean-Paul Demoule, « Mais où sont passés les Indo-Européens ? : Le mythe d'origine de l'Occident », Paris, Seuil, coll. « La Librairie du XXIe siècle », 2015, 742 p. (ISBN 978-2-02-029691-5).
  10. « Les croyances et doctrines racistes de Rudolf Steiner », Découvertes sur les sectes et religion, bulletin trimestriel no 45 du 1er avril 2000, du GEMPPI.
  11. José Dupré, Vie de l'Esprit et Religions, Ed. La Clavellerie, 2008, ch. 9, p. 220.
  12. José Dupré, Un Cathare au XXe siècle - Déodat Roché, Ed. La Clavellerie 2001 , p. 322-325).
  13. Rudolf Steiner, Théosophie du Rose-Croix, GA 99, Éditions Anthroposophiques Romandes 1983, conférence IX, p. 127.
  14. René Guénon, Le Théosophisme - Histoire d'une pseudo-religion, Éditions Traditionnelles, Paris 1986, p. 405.
  15. Rudolf Steiner, Correspondances entre le microcosme et le macrocosme – l'homme hiéroglyphe de l'univers. GA 201 – 15 mai 1920, Novalis p. 203.
  16. Rudolf Steiner, Histoire de l'humanité - Conceptions du monde dans les diverses cultures - GA 353 - Dornach, 17 mai 1924.
  17. Peter Staudenmaier, Anthroposophie et écofascisme - [1]
  18. Peter Staudenmaier, La face obscure de l'Anthroposophie - [2]
  19. Peter Staudenmaier, Les têtes de Janus de l'Anthroposophie - [3]
  20. Roger Rawlings & Peter Staudemaier, Le racisme de Rudolf Steiner - [4]
  21. Sven Ove Hannson,Les enseignements raciaux de Rudolf Steiner - [5]
  22. Paul Aries, Enquêtes sur un pouvoir occulte, Éd. Golias 2001 (p. 60 à 83)
  23. Rudolf Steiner, Une théorie de la connaissance chez Goethe - La pensée scientifique de Goethe, selon la méthode de Schiller, Éd. Anthroposophiques Romandes, GA 2, (ISBN 2-88189-097-0).
  24. Rudolf Steiner, Vérité et science - prologue à une philosophie de la liberté, Éd. Anthroposophiques Romandes, GA 3, (ISBN 978-2-88189-100-7).
  25. Rudolf Steiner, Philosophie de la liberté, Édition du centenaire 1993.
  26. Rudolf Steiner, Philosophie de la liberté, Édition du centenaire 1993, in préface de Paul Henri-Bideau.
  27. Article de Peter Staudenmaier sur le site Waldorf Watch: [6].
  28. (en) Sven Ove Hansson, « Is Anthroposophy Science? », Conceptus, De Gruyter, vol. 25, no 64,‎ , p. 37-49 (ISSN 2196-9523, lire en ligne) traduction en français par Daniel Kmiécik.
  29. Agence Science-Presse, « Dans les entrailles de l'anthroposophie »,‎ (consulté le 15 janvier 2017).
  30. Paraphrase issue de :« L'anti-vaccination sur les bancs d'école » (consulté le 16 janvier 2017).
  31. a, b, c et d « Encyclopédie de L'Agora », sur Encyclopédie de L'Agora (consulté le 15 janvier 2017).
  32. « In these respects, Steiner’s model amounts to an ‘enlightened’ variety of private property and hierarchical management under the benevolent control of a spiritual aristocracy. » « Rudolf Steiner’s threefold commonwealth and alternative economic thought », sur Institute for Social Ecology (consulté le 17 janvier 2017).
  33. a et b « Rudolf Steiner’s threefold commonwealth and alternative economic thought », sur Institute for Social Ecology (consulté le 17 janvier 2017).
  34. Peter Staudenmaier001 Rudolf Steiner’s threefold commonwealth and alternative economic thought.
  35. Sharon Wajsbrot, « La première banque éthique française voit le jour », sur Les Échos,‎ (consulté le 19 janvier 2017).
  36. Martin Bernard, « La Nef et l'économie sociale et solidaire - Vraies alternatives pour l'économie de demain », sur Club de Mediapart,‎ (consulté le 19 janvier 2017).
  37. Régis Pluchet, « Haro sur l'anthroposophie », L'Impatient, no 259,‎ .
  38. Ondine Millot, « Polémique sur les écoles Steiner. », sur Libération,‎ (consulté le 19 janvier 2017) (inscription nécessaire).
  39. Paris, 11e ch., 6 septembre 2001.
  40. Grégoire Perra, « À propos », sur La Vérité sur les écoles Steiner-Waldorf (consulté le 16 janvier 2017).
  41. (1922) Max von Laue Steiner and Natural Science. « One of the most prominent physicists of Steiner's era, Max von Laue, who received the Nobel Prize for physics in 1914, wrote a scathing critique in 1922 of Steiner's misunderstandings of science and particularly of physics. » Transition no. 61-62, p. 160-165. Collingwood, Vic, Australia, 2000. Cité par waldorfcritics.org..
  42. Michel Onfray, « Théorie du fumier spirituel. Critique de la raison biodynamique », Brève encyclopédie du monde, sur franceculture.fr,‎ .
  43. Miriam Yolanda Ramirez, « L'enseignement en tant qu'art dans le curriculum Waldorf »,‎ (consulté le 18 janvier 2017).
  44. René Barbier, « L'enseignement en tant qu'art dans le curriculum Waldorf », sur Le Journal des Chercheurs,‎ (consulté le 18 janvier 2017).
  45. a, b et c Mission interministérielle de lutte contre les sectes, « Rapport 2000 : La "galaxie" anthroposophique », sur ladocumentationfrancaise.fr,‎ .
  46. a et b Miviludes, « Rapport au Premier Ministre 2013-2014 », sur derives-sectes.gouv.fr,‎ .
  47. (en) Smith, Morgan, « See Vaccination Exemptions in Texas by School District », Texas Tribune,‎ (lire en ligne).
  48. (en) Dover, Haley, « Vermont schools report low vaccination rates », Burlington Free Press,‎ (lire en ligne).
  49. (en) Yee, Greg, « Waldorf school in Belmont Heights reports low vaccination rate », Long Beach Press-Telegram,‎ (lire en ligne).
  50. (en) « Vaccine exemptions exceed 10% at dozens of Seattle-area schools », Seattle Times,‎ (lire en ligne).
  51. (en) « HPA (Health Protection Agency) National Measles Guidelines Local & Regional Services »,‎ (consulté le 27 mai 2015).
  52. « Dans les entrailles de l'anthroposophie » (consulté le 16 janvier 2017).
  53. « L'anti-vaccination sur les bancs d'école » (consulté le 16 janvier 2017).
  54. Cité dans :« L'anti-vaccination sur les bancs d'école » (consulté le 16 janvier 2017).
  55. (en)Référence d'articles accusant Rudolf Steiner de racisme.
  56. Gemppi - Étude sur l'anthroposophie sur le site prévensectes.
  57. « Rapport parlementaire français sur les sectes et l'argent » (1999).
  58. Article « Jacques Guyard condamné pour avoir qualifié le mouvement anthroposophe de secte » paru le 23 mars 2000 dans Le Monde. Consulté le 04/03/2016.
  59. Dépêche AFP, 6 septembre 2001 : Relaxe en appel.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Bibliographie[modifier | modifier le code]

Ouvrages[modifier | modifier le code]

  • Paul Ariès, Anthroposophie : enquête sur un pouvoir occulte, Golias, (ISBN 2-914475-19-5)
  • Christian Bouchet, Rudolf Steiner, Éditions Le Camion Noir, 2016;
  • Christian Bouchet, L'Anthroposophie, Éditions Le Camion Noir, 2017;
  • José Dupré, Rudolf Steiner, L'anthroposophie et la liberté, La Clavellerie,  :
  1. Ch.1, p. 19, Dupré écrit : "Une autobiographie composée lorsque tout est joué, pour se justifier, ne remplace évidemment pas un journal écrit spontanément au fil des années.".
  2. Ch.2, p. 41.
  3. Ch.5, p. 87-96.
  4. Ch.9, p.180 à 187 .
  5. Ch.12, p.312 à 318, 367 notamment.
  6. Ch.2, p. 40.
  7. , ch. 9, page 181.
  8. Ch. 2, 3, 5, 14.
  9. chap. 11.
  • Geneviève et Paul-Henri Bideau, Une biographie de Rudolf Steiner, Éd. Novalis,  :
  1. p. 119.
  2. p. 99.
  • Léonce de Grandmaison et Joseph de Tonquédec, La Théosophie et l'Anthroposophie, Éd. Gabriel Beauchesne et ses fils, Paris,  :
  1. La Nouvelle Théosophie, Chap 2,p. 125.
  2. La Nouvelle Théosophie, Chap 2,p. 141,142,150.
  3. La Nouvelle Théosophie, Chap 2,p. 136.

Articles[modifier | modifier le code]

  • (en) Geoffrey Ahern, « Double profanity, or towards the explicit : Eighteen anthroposophists and a researcher », Religion, no 12,‎ , p. 131-147 (DOI 10.1016/0048-721X(82)90024-0)
  • Denis Müller, « L'anthroposophie de Rudolf Steiner et son approche de la réincarnation », Réincarnation et foi chrétienne,‎
  • Françoise Hildesheimer, « Rudolf Steiner : un gourou entre science et foi », Notre histoire, no 2263,‎
Articles universitaires[modifier | modifier le code]
  • (en) Peter Staudenmaier, « Between Occultism and Fascism: Anthroposophy and the Politics of Race and Nation in Germany and Italy, 1900-1945 », Thèse de doctorat de philosophie, Faculty of the Graduate School of Cornell University,‎ (lire en ligne)
  • (en) Bruce Uhrmacher, « Uncommon Schooling: A Historical Look at Rudolf Steiner, Anthroposophy, and Waldorf Education », Curriculum Inquiry, vol. 25, no 4,‎ , p. 381-406 (DOI 10.1080/03626784.1995.11076190, présentation en ligne)

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Lien externe[modifier | modifier le code]