Biokinergie

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La biokinergie est une technique thérapeutique alternative, inventée dans les années 1980 par le kinésithérapeute-ostéopathe français Michel Lidoreau[1],[2]. Comme pour toute technique non conventionnelle, le conseil national de l'ordre des masseurs kinésithérapeutes considère que son utilisation par un masseur-kinésithérapeute constitue une dérive thérapeutique[3].

Histoire[modifier | modifier le code]

Michel Lidoreau aurait élaboré cette technique en « soignant ses patients[2] ». Il fonde en 1989 le Centre d'enseignement et de recherche en biokinergie, qui existe toujours actuellement[1]. C'est le seul organisme dispensant une formation à cette technique.

Filiations avec d'autres thérapies[modifier | modifier le code]

Sans être un simple « agglomérat de techniques éparses[2] », la biokinergie se trouve au carrefour de trois grands axes thérapeutiques :

  • la médecine traditionnelle chinoise, en lui empruntant particulièrement les méridiens et points d’acupuncture ;
  • l’ostéopathie, reprenant notamment les notions de « mécanisme respiratoire primaire » (rebaptisé par leurs soins « mécanisme rythmique primaire »), l’importance des fascias et le lexique des approches thérapeutiques : structurelle, fonctionnelle, énergétique…
  • la massokinésithérapie enfin, surtout par le biais de la technique du massage.

Principe théorique[modifier | modifier le code]

Selon M. Lidoreau, ces différentes thérapies ont un dénominateur commun : l’enroulement tissulaire biokinergétique[2], sur lequel repose tout le socle de la biokinergie. Un enroulement tissulaire se formerait du fait de perturbations d'ordre « énergétique[2] », laissant des empreintes qui seraient à l'origine de blocages osseux[4]. Des massages circulaires biokinergiques permettraient de débloquer ces enroulements[5].

Évaluation scientifique[modifier | modifier le code]

Deux protocoles ont été mis en place afin d'étudier l'efficacité de la biokinergie.

Le premier avait pour objectif d’évaluer l’efficacité d’une séance de biokinergie sur l’aptitude physique de sujets entraînés[6]. Cette étude comporte malheureusement de nombreux biais, parmi lesquels :

  • le faible nombre de sujets inclus ne permettant pas d'envisager un réel traitement statistique ;
  • un non-respect des conditions d’utilisation du test statistique utilisé ( normalité des variables et l’égalité des variances) ;
  • le manque de précision concernant les modalités des séances de traitement.

Le second avait pour objectif de confirmer les résultats de l’étude précédente en évaluant l'effet d'une séance de biokinergie sur la performance et les adaptations physiologiques de sujets sportifs pendant un effort maximal aérobie[7]. Les auteurs ont conclu de ces résultats qu’une séance de biokinergie pourrait légèrement influencer les adaptations cardiorespiratoires et les performances maximales aérobies pendant un exercice progressif. Ils ont toutefois souligné que leurs résultats doivent être pris avec précaution vu la faiblesse des modifications constatées, le manque d'homogénéité de l'effet et l'inconsistance des résultats avec la première étude. Ils suggèrent que les modifications observées pourrait être liés à l'adhésion des sujets en regard des conceptions du praticiens. Cet article ne résiste donc pas aux critiques suivantes :

  • les conditions d’utilisation de l’analyse statistique menée ne sont pas réunies ;
  • la multitude de critères de jugement utilisés sans correction de l'inflation du risque α dans la procédure statistique est une limite considérable à l’interprétation des résultats ;
  • à nouveau, il n’est pas précisé en quoi consiste la séance « simulée » de biokinergie, ce qui rend caduque toute conclusion, à plus forte raison sachant le thérapeute non en situation d'aveugle.

Compte tenu des biais et de l’hétérogénéité des résultats, aucune conclusion des études réalisées n'est possible. Étonnamment, les nombreuses prétentions[8] de la biokinergie ne sont basées sur aucun corpus de preuves élaborées par le fondateur.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a et b Centre d’enseignement et de recherche en biokinergie
  2. a, b, c, d et e Lidoreau 1989
  3. Avis du Conseil National de l'Ordre du 25 juin 2014 relatif à la "biokinergie"
  4. Prospectus du CERB
  5. Monvoisin et Pinsault 2014, p. 113-114
  6. Olivier G, Flore P, Eberhard Y, Therminarias A. « Influence d'une séance de biokinergie sur la forme physique de sportifs entraînés » Kinésithérapie scientifique 1995;349:612.
  7. (en) Flore P, Obert P, Courteix D, Lecoq AM, Girodon J, Lidoreau M, Klein P. « Influence of a Biokinergia session on cardiorespiratory and metabolic adaptations of trained subjects » J Manipulative Physiol Ther. 1998;21(9):6218. PMID 9868634
  8. Prétentions de la biokinergie

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Article connexe[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Michel Lidoreau, Biokinergie, synthèse des thérapeutiques manuelles, Paris, Maisonneuve, (ISBN 978-2716001359)Document utilisé pour la rédaction de l’article
  • Richard Monvoisin et Nicolas Pinsault, Tout ce que vous n’avez jamais voulu savoir sur les thérapies manuelles, Saint-Martin-d'Hères (Isère), Presses universitaires de Grenoble (PUG), coll. « Points de vue et débats scientifiques », , 380 p. (ISBN 978-2-7061-1858-6, OCLC 880268020)Document utilisé pour la rédaction de l’article

Lien externe[modifier | modifier le code]