Lithothérapie

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Bracelet de pierres gemmes auxquelles les tenants de la lithothérapie prêtent des vertus curatives.

La lithothérapie est une pseudoscience qui dit soigner par le biais des cristaux (cristal de roche, améthyste, citrine, aigue-marine, rubis, turquoise, etc.). Ses promoteurs soutiennent que les cristaux émettent naturellement une « résonance » ou une « vibration » singulière qui serait capable d'améliorer le bien-être de la personne à son contact ou à proximité, cette affirmation n'est pas vérifiée scientifiquement.

Il n'y a donc pas de preuves scientifiques de l'efficacité de cette thérapie ou de l'existence d'une énergie spécifique aux cristaux. La lithothérapie est actuellement considérée comme une pseudo-science[1],[2] dont les effets positifs proclamés sont attribués à l'effet placebo.

Étymologie[modifier | modifier le code]

Le mot « lithothérapie » n'est attesté que depuis quelques dizaines d'années (il aurait été formé dans la seconde moitié du XXe siècle, en même temps que la phytothérapie[3]). Il s'agit de l'association des termes grecs lithos signifiant pierre et therapeia signifiant cure. Or, une occurrence de ce terme apparaît dans le livre "Revue d'Histoire de la Pharmacie" écrit en 1938 par Philip Shorr [4], ce qui placerait l'invention de ce terme au courant du vingtième siècle.

Littéralement parlant, ce mot veut dire « méthode qui soigne par l'usage des pierres » du grec ancien ‘λίθος’ [litʰos] : « Pierre par opposition aux matériaux comme le bois, les métaux… » et ‘θεραπεύω’ [tʰɛrapɛuʷɔ] : « Prendre soin de … »[5]

Parmi les sources plus anecdotique, en Haute-Loire on a utilisé des « pierres à venin », qui étaient en fait souvent d'anciennes haches polies néolithiques, qu'on trempait dans de l'eau qui servait pour soigner les piqûres d'insecte[6].

Pratiques de la lithothérapie[modifier | modifier le code]

Lampes en cristal de sel. Ces lampes décoratives, assez répandues dans le commerce et appréciées pour la lumière douce qu'elle dégagent, se voient parfois attribuer des vertus fantaisistes.

Selon certains promoteurs de cette pratique, les cristaux émettraient une énergie dite « fine »[7], bénéfique quelle qu'en soit la forme : brute, polie, taillée. Comme les autres pseudo-sciences, la lithothérapie ne s'appuie sur aucune démonstration scientifique, et n'a jamais démontré la moindre efficacité clinique. Les pierres peuvent ainsi être portées sur soi sous forme de pendentif, de collier, de bracelet ou être disposées dans la pièce sous sa forme brute, de géode ou d'objet de décoration (animaux, arbre, fontaine, etc). La zone de portée augmenterait avec la taille du cristal.

En lithothérapie, un cristal agirait selon son type sur la « fréquence vibratoire » de certains points du corps, assimilés aux chakras de la tradition indienne ou aux méridiens de l'acupuncture.

Les principes de la lithothérapie[modifier | modifier le code]

Les principes de la lithothérapie empruntent partiellement à plusieurs pseudo-médecines connexes :

  • La chromothérapie (ou chromathérapie), qui est la thérapie par les couleurs. Exemple : Le rouge serait, entre autres, un stimulant et un fortifiant ;
  • L'oligothérapie est une façon de se soigner par les oligo-éléments et les minéraux en quantité infinitésimale. Exemple : olivine = silicate de fer et magnésium ;
  • Un critère « énergétique », plus ou moins imprévisible en fonction de l'utilisateur et de la pierre.
  • Certaines pierres auraient un effet magnétique qui pourrait aider certaines personnes.

Plus le coût de la pierre est élevé, à cause de son mode d'extraction ou du travail du joaillier, plus la pierre aurait de grands « pouvoirs » ou « capacités ». À l'inverse, les pierres peu chères telles que l'agate auraient des capacité moindres. La valeur d'achat de la pierre, du lithothérapeute au joaillier, influencerait directement les pouvoirs de la pierre en question : plus le pratiquant est prêt à dépenser, plus les pouvoirs supposés seraient importants[8].

Point de vue médical[modifier | modifier le code]

La lithothérapie est bien à distinguer de l'usage médical de certains minéraux possédant de fait des propriétés médicamenteuses quand ils sont absorbés par le patient, ce qui va du sel (principalement de composition chimique NaCl, et qui agit sur la tension artérielle) aux différents carbonates actifs sur le système digestif, en passant par les oligo-éléments dont l'importance dans l'équilibre du corps est désormais bien établie. Aucune pratique médicale n'emploie des macrocristaux d'origine minière ou issus de collectes minéralogiques (spécimens extraits de géodes, de placers, bijoux, etc.), et la seule voie d'administration reste l'ingestion de minéraux assimilables par le tube digestif (ce qui n'est pas le cas des pierres utilisées en lithothérapie).

Point de vue scientifique[modifier | modifier le code]

Aucune pierre ou cristal n'émet spontanément la moindre forme d'énergie à l'exception de la radioactivité (extrêmement dangereuse, et non employée en lithothérapie)[9].

Les effets positifs proclamés de la lithothérapie sont donc attribués à l'effet placebo[10],[1].

Une étude sur 80 volontaires en aveugle a été menée pour comparer l'effet de quartz par rapport à des placebo, d'apparence identique, en pâte. Bien que beaucoup de participants aient indiqué ressentir l'effet du quartz, il n'y avait aucune corrélation avec la présence effective de quartz ou de placebo. L'expérience a conclu : « Il n'y a pas de preuve que la lithothérapie ait un résultat supérieur à l'effet placebo. »[11],[12],[13]

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a et b Regal, Brian. (2009). Pseudoscience: A Critical Encyclopedia. Greenwood. p. 51. (ISBN 978-0-313-35507-3)
  2. Robert Todd Carroll, The Skeptic's Dictionary, « Crystal Power »
  3. TLFi, 1966
  4. https://www.persee.fr/doc/pharm_0035-2349_1938_num_26_102_10248_t1_0311_0000_2?q=lithothérapie+moyen+age
  5. cf. Le Grand Bailly, par Anatole Bailly chez Hachette 1894, 1950, 1963, 2000
  6. Roger de Bayle des Hermens, Médecine empirique et populaire en Haute-Loire : in Cahiers de la Haute-Loire 1966, Le Puy-en-Velay, Cahiers de la Haute-Loire, (lire en ligne)
  7. Appellation employée par Reynald Georges Boschiero dans son Dictionnaire de la Lithothérapie, Éditions Ambre 2005 (ISBN 2-84639-061-4) pour parler de « l'énergie » des cristaux, supposée due aux vibrations de la matière au niveau atomique et à un niveau appelé moléculaire, malgré l'absence générale de molécules au sein d'un cristal.
  8. La lithothérapie - Le minéral au service du médical ? Jean-François Dufayard, Les dossiers de l'Observatoire Zététique.
  9. Michel Cymes, « La lithothérapie ou l'arnaque des "pierres guérisseuses" », sur RTL.fr, .
  10. In Defense of Science: Why Scientific Literacy Matters, Frank R Spellman, Joni Price-Bayer 2010, The Scarecrow Press. p. 81. (ISBN 978-1-60590-735-2) : « Il n'y a pas de preuve scientifique que la lithothérapie ait un quelconque effet. Elle est considérée comme une pseudo-science. Les sensations agréables ou les réussites apparentes de la lithothérapie peuvent être attribuée à l'effet placebo ou aux biais cognitifs - un croyant souhaitant que ce soit vrai »
  11. (en) Crystal Healing: Stone-Cold Facts About Gemstone Treatments, Live Science, 23 juin 2017
  12. (en) Crystal healing all in the mind, Cult Educatio Institure, John Woodcock et Jennifer Hill, 29 mars 2001
  13. (en) French, Christopher C., H. O’Donnell, et L. Williams. Hypnotic susceptibility, paranormal belief and reports of ‘crystal power’, British Psychological Society Centenary Annual Conference, Glasgow, 28-31 mars 2001