Edzard Ernst

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Edzard Ernst
Edzard Ernst EuroSkepCon2015.jpg
Biographie
Naissance
Nationalité
Formation
Activités
Autres informations
A travaillé pour
Membre de
Informationsnetzwerk Homöopathie (d)Voir et modifier les données sur Wikidata
Site web
Distinction
Edzard Ernst se présentant.

Edzard Ernst, né à Wiesbaden le , est un médecin naturalisé britannique, formé en Allemagne et en Autriche à la médecine physique et de réadaptation, à l'homéopathie et à la chiropraxie[1], professeur de médecine complémentaire à l'université d'Exeter (Royaume-Uni), où il mène des analyses critiques des diverses thérapies alternatives.

Biographie[modifier | modifier le code]

Son père et son grand-père sont médecins. Son médecin de famille est homéopathe. Il aspire à être musicien mais sa mère le convainc de faire des études de médecine. Il débute sa carrière dans un « hôpital homéopathique » à Munich[2].

En 1993, il devient le premier professeur de médecine alternative au monde, à l'université d'Exeter, où il est doté d'une subvention d'un million de livres sterling. Le monde de la médecine alternative se réjouit d'avoir une reconnaissance universitaire, mais déchante rapidement : selon The Independent, il devient « à la consternation de beaucoup le fléau de la médecine alternative ». Les thérapeutes alternatifs pensent qu'il veut leur mort, mais lui déclare : « lorsque les preuves sont positives, je le dis, lorsqu'elles ne le sont pas, je le dis ». D'après lui, sur 40 millions de sites web dédiés aux thérapies alternatives, 39,9 millions disent des mensonges, et parfois des mensonges scandaleux, comme ceux qui trompent des malades atteints du cancer, encouragés à se traiter avec des produits qui non seulement leur coûte financièrement, mais qui en plus raccourcissent leur vie. Il reste aussi critique de la médecine courante dans laquelle les médecins manquent d'empathie et de temps[3].

D'origine allemande, il est naturalisé britannique depuis 1999[4].

Il devient en 2011 fellow de l'organisation américaine Committee for Skeptical Inquiry[5].

Il a créé deux journaux médicaux : Focus on Alternative and Complementary Therapies (en) et Perfusion (en)[6].

C'est un auteur prolifique et il donne régulièrement des conférences[6].

Recherches[modifier | modifier le code]

Edzard Ernst a participé à de nombreuses publications médicales et scientifiques[7] dans le domaine des médecines non conventionnelles : homéopathie, ostéopathie, phytothérapie, médecine chinoise, reiki, etc. Il estime que peu d'entre elles devraient être conservées, et que les patients qui se tournent vers les médecines alternatives sont souvent en recherche d'une relation thérapeutique de meilleure qualité que celle qu'ils ont avec leur médecin généraliste[3].

Il était au début de sa carrière impressionné par les effets apparents de l'homéopathie, pensant qu'il y avait peut-être un quelconque phénomène à découvrir, pour aboutir plusieurs années plus tard à la conclusion qu'elle ne repose que sur l'effet placebo[8],[9].

Ernst analyse dans son ouvrage co-écrit avec Simon Singh, Médecines douces : info ou intox ?, la réalité scientifique des effets de plusieurs pratiques ou thérapies alternatives, relevant que rares sont celles qui ont un faible effet démontré au-delà du placebo et rappelant qu’un des principaux dangers de l'usage de médecines alternatives est le retard voire l'absence de soins ayant prouvé leur efficacité[10].

Parmi les traitements alternatifs, il fait, en 2008[11], une liste de ceux qui génèrent probablement selon lui « plus de bien que de mal » : il s'agit principalement d'extraits de plantes, comme le millepertuis (pour la dépression), l'aubépine (insuffisance cardiaque congestive) et la gomme de guar (diabète). Il mentionne également une poignée de pratiques alternatives (à l'exception des régimes, vitamines, biofeedback, et traitement préventifs) qui semblent comparables à des soins conventionnels concernant des troubles particuliers : l'acupuncture pour les nausées et l'arthrose, l'aromathérapie/massage en tant que traitement palliatif du cancer, l'hypnose pour la pénibilité du travail, le massage, la musicothérapie et la relaxation pour l'anxiété, ainsi que l'insomnie pour cette dernière[3].

Polémique[modifier | modifier le code]

Ernst critique le Prince Charles, estimant qu'il fait la promotion des thérapies alternatives, et qu'il induit le public en erreur[3]. Il l'accuse notamment de vendre, via l'entreprise The Prince’s Trust qui commercialise des produits issus de son exploitation agricole biologique, des remèdes de détoxication douteux à base de plantes (pissenlit, artichaut)[12], sans fondement scientifique et d'être un « snake oil salesman » (marchand de poudre de perlimpinpin)[4],[13]. Ernst a critiqué ouvertement[14] le Rapport Smallwood (en) paru en 2005 et a été accusé par le secrétaire privé du Prince Charles d'avoir rompu un accord de confidentialité concernant ce rapport[15]. L'enquête réalisée par l'université d'Exeter a été très désagréable pour lui et bien qu'elle ait accepté son innocence, il dit être devenu persona non grata et ses financements ont été coupés. Il se retire en 2011, deux ans avant la fin de son poste.

Avec la sortie de son livre More Harm Than Good? en 2018, Ernst critique de nouveau le Prince Charles, lequel est depuis longtemps partisan de l'homéopathie et se fait aussi le défenseur d'autres pratiques pseudo-scientifiques telles que l'iridologie. La maison royale a répondu que le livre dénaturait les positions du Prince et qu'il n’était pas étonnant que ce livre soit plus critique que lui sur les médecines alternatives étant donné son titre et son objet[15].

Ouvrages[modifier | modifier le code]

  • Médecines alternatives, le guide critique, Elsevier, 2005. (OCLC 62609497)
  • (en) Trick or Treatment? Alternative Medicine on Trial, Transworld Publisher 2008. (ISBN 978-0-593-06129-9) (avec Simon Singh)
  • Médecines douces : info ou intox ?, Cassini, 2014, 408 p. (OCLC 886619515) (ISBN 978-2-84225-208-3). (Trad. fr. du précédent par Marcel Blanc)
    Selon Martin Brunschwig pour Science et pseudo-sciences, « l’ouvrage complet permet de saisir pleinement le sérieux de la démarche et l’ambition des auteurs. En effet, ceux-ci n’hésitent pas à écrire : « ce livre [se présente] ainsi comme l’évaluation des médecines alternatives la plus honnête et la plus précise du monde ». Précisons-le tout de suite, le défi est brillamment relevé : S. Sing et E. Ernst offrent en effet un travail d’une rigueur et d’une richesse exemplaire, émaillé d’explications et de références aux études qui ont permis d’apporter les preuves d’efficacité de certains traitements plus que d’autres. Et ce qui emporte la confiance du lecteur est aussi la prudence, la mesure et la subtilité des conclusions apportées, toujours étayées par le plus haut niveau de preuve possible, ainsi que par des explications détaillées sur les raisons d’écarter les conclusions d’études mal faites[10]. »
  • (en) The Oxford Handbook of Complementary Medicine, Oxford University Press 2008. (ISBN 978-0-19-920677-3)
  • (en) Complementary Therapies for Pain Management, An Evidence-Based Approach. Elsevier Science 2007. (ISBN 978-0-7234-3400-9)
  • (en) The Desktop Guide to Complementary and Alternative Medicine - An evidence based approach, Elsevier Science 2006
  • (en) Homoeopathy: A Critical Appraisal, 1998, (ISBN 0-7506-3564-9)
  • (en) A Scientist in Wonderland: A Memoir of Searching for Truth and Finding Trouble, 2015, (ISBN 978-1845407773)
  • (en) More Harm Than Good?: The Moral Maze of Complementary and Alternative Medicine, avec Kevin Smith, Springer, 2018
    Il est fait dans cet ouvrage un examen critique, d'un point de vue éthique, des médecines alternatives et complémentaires dont les pratiques peuvent être considérées dans cette perspective comme répréhensibles[16].
  • (en) SCAM: So-Called Alternative Medicine, Ingram Book Company, 2018

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. (de) Max Rauner, « Edzard Ernst: Der Homöopathie-Forscher gegen Prinz Charles », Zeit Online,‎ (lire en ligne)
  2. (en) Nicola Davis, « Edzard Ernst: outspoken professor of complementary medicine », sur the Guardian, (consulté le 4 octobre 2018)
  3. a, b, c et d « Complementary therapies: The big con? - Features, Health & Wellbeing - The Independent », (consulté le 30 septembre 2018)
  4. a et b (en) Susanna Rustin, « Edzard Ernst: The professor at war with the prince », the Guardian,‎ (lire en ligne)
  5. « Press Releases - CSI », sur www.csicop.org (consulté le 3 octobre 2018)
  6. a et b « ISM Fellows — Ernst », sur www.scienceinmedicine.org (consulté le 4 octobre 2018)
  7. Liste des publications médicales et scientifiques du Pr E. Ernst indexées dans MEDLINE et consultables grâce à PubMed.
  8. (en) Edzard Ernst, « Why I changed my mind about homeopathy | Edzard Ernst », sur the Guardian, (consulté le 30 septembre 2018)
  9. (en-GB) « Prof Edzard Ernst, Series 2, Why I Changed My Mind - BBC Radio 4 », sur BBC (consulté le 30 septembre 2018)
  10. a et b « Médecines douces - Info ou intox ? - Simon Singh et Edzard Ernst », sur www.pseudo-sciences.org, (consulté le 28 septembre 2018)
  11. (en) Edzard Ernst, « Complementary and alternative medicine: what the NHS should be funding? », Br J Gen Pract, vol. 58, no 548,‎ , p. 208–209 (ISSN 0960-1643 et 1478-5242, PMID 18318982, DOI 10.3399/bjgp08X279562, lire en ligne)
  12. Brigitte Axelrad, La potion magique du prince Charles, Science et pseudo-sciences, article mis en ligne le 25 mars 2009, consulté le 3 mars 2012.
  13. Professor calls Prince Charles, others "snake-oil salesmen"
  14. Edzard Ernst, « The ‘Smallwood report’: method or madness? », The British Journal of General Practice, vol. 56, no 522,‎ , p. 64–65 (ISSN 0960-1643, PMID 16438825, PMCID PMC1821425, lire en ligne)
  15. a et b (en-GB) Sarah Knapton, « Professor reignites war with Prince Charles over homeopathy support », The Telegraph,‎ (ISSN 0307-1235, lire en ligne)
  16. (en) Dougal Jeffries, « Books: More Harm than Good? The Moral Maze of Complementary and Alternative Medicine: A Drop in the Ocean », Br J Gen Pract, vol. 68, no 670,‎ , p. 241–241 (ISSN 0960-1643 et 1478-5242, PMID 29700034, DOI 10.3399/bjgp18X696077, lire en ligne)

Sur les autres projets Wikimedia :

Liens externes[modifier | modifier le code]