Dissection

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Dissection d'un rat présentant ses principaux organes

Une dissection (du latin "dissecare" : couper en deux) consiste en l'ouverture d'un corps animal ou végétal ou jérémial selon un protocole défini. La dissection est pratiquée dans les cours de biologie, botanique et anatomie. On parle de dissection humaine (ou anthropotomie) quand elle s'exerce sur un être humain.

Histoire[modifier | modifier le code]

Durant l'Antiquité, le corps humain étant sacré dans toutes les civilisations, leur dissection est interdite, à l'exception des embryons qui peuvent être disséqués par des savants grecs car ces embryons sont supposés non venus à la vie. Des dissections systématiques de corps humains sont effectuées pendant 50 ans sous la dynastie des Ptolémées, au début du troisième siècle avant JC. Les Ptolémées confient des condamnés à mort aux médecins grecs Hérophile et Érasistrate qui effectueront plus de 600 vivisections car ils considèrent que les organes des cadavres ont une conformation et une physiologie différentes des organes vivants. Avant et après cette période, les savants semblent largement se limiter aux animaux. Le droit romain interdit la dissection et l'autopsie du corps humain, si bien que des médecins comme Galien travaillent sur le macaque berbère et d'autres primates, en supposant que leur anatomie est essentiellement la même que celle de l'homme[1].

Contrairement à l'idée la plus répandue, l’Église catholique n'a jamais interdit formellement la dissection humaine[réf. souhaitée]. Toutefois pour des raisons morales[évasif], elle reste extrêmement peu pratiquée pendant plusieurs siècles. La dissection se démocratise au XIIIe siècle pour des raisons médico-légales (affaires juridiques, épidémies).

En 1543, le médecin André Vésale, premier véritable anatomiste, procède à une dissection publique du corps de Karrer Jakob von Gebweiler, un meurtrier célèbre de la ville de Bâle, en Suisse. Il remet en cause 200 erreurs de Galien. La première dissection publique d'un être humain en Europe centrale est réalisée par le médecin slovaque Ján Jesenský en 1600[2].

Types de dissection[modifier | modifier le code]

Il existe plusieurs types de dissections, dont certaines ont un nom particulier en fonction de l'objectif recherché ou de la procédure employée :

  • dans l'enseignement la dissection est une technique pédagogique qui consiste à découper un organisme pluricellulaire en vue d'examination scientifique.
  • en médecine la dissection consiste en une opération chirurgicale destinée à diviser, séparer ou enlever les tissus malades.
  • la vivisection désigne la dissection à titre expérimental d'un animal vivant.
  • l'autopsie désigne pour sa part la dissection d'un cadavre en vue de déterminer la cause du décès.

Matériel de dissection[modifier | modifier le code]

Le spécimen à disséquer est installé sur une table de fixation en liège. Lors de la dissection on utilise un scalpel, une paire de ciseaux forts et une paire de ciseaux fins, des épingles, une pince Dumont, une sonde cannelée, et une aiguille droite ou pointe lancéolée. Les instruments de dissection sont généralement rassemblés au sein d'une trousse à dissection pour faciliter transport et utilisation.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. (en) P Prioreschi, « Determinants of the revival of dissection of the human body in the Middle Ages », Medical Hypotheses, vol. 56, no 2,‎ 2001, p. 229–234
  2. (fr) Jaroslava Gregorová, « Jan Jesensky Jesenius », Český rozhlas,‎ (consulté le 27 janvier 2009)

Liens externes[modifier | modifier le code]