Jacques Scornaux

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Jacques Scornaux
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Jacques Scornaux (né en 1946 en Belgique) est un chimiste de profession et un ovnilogue par passion installé en France. D'abord partisan de l'hypothèse extraterrestre et adepte de l'archéologie parallèle, il est membre actif de la Société belge d'étude des phénomènes spatiaux (SOBEPS) et de l'association française Lumières dans la nuit (LDLN) et publie en 1976, aux éditions Marabout, À la recherche des OVNI. Après avoir pris connaissance des écrits de Michel Monnerie sur l'hypothèse sociopsychologique, il change son fusil d'épaule à la fin des années 1970 et devient un des chantres sceptiques de la « nouvelle ufologie ». Il est à l'origine, en 1990, de l'association SCEAU chargée de trouver un point de chute aux archives des ufologues et cercles ufologiques disparus.

Biographie[modifier | modifier le code]

Formation scientifique et profession[modifier | modifier le code]

Jacques Scornaux est docteur en sciences chimiques de l'université de Bruxelles[1],[2]. Employé à l'Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE)[3], il est l'un des auteurs du Glossaire de l'économie anglais français publié en 1992 par la Section française de traduction de l'OCDE.

Un tenant de l'hypothèse extraterrestre[modifier | modifier le code]

À partir de 1962, à peine âgé de 16 ans, le jeune Scornaux se prend de passion pour les ovnis et commence à recueillir de la documentation à leur sujet[1].

En 1971, il devient membre de la SOBEPS et collabore à sa revue Inforespace. En 1973-1974, il est secrétaire général adjoint de cette association[1]. Il en restera adhérent jusqu'à sa dissolution en 2007.

Après s'être installé pour des raisons professionnelles en région parisienne à la fin des années 1970, il collabore à la revue Lumières dans la nuit, une des pricipales revues françaises d'ufologie, et devient, pour un temps, membre de son comité de rédaction[1].

En 1976, il publie, aux éditions Marabout, À la recherche des OVNI. La vérité sur les soucoupes volantes, livre écrit en collaboration avec l'ufologue Christiane Piens[4] et qui sera traduit en espagnol et en portugais (voir section Œuvre infra).

Il collabore aussi à la revue d'« archéologie parallèle » Kadath[1].

Si Jacques Scornaux est d'avis qu'une partie des observations d'ovnis se ramène à des méprises avec des phénomènes naturels ou artificiels connus, il est loin toutefois de rejeter l'hypothèse de l'intrusion, dans l'espace aérien de la Terre, de vaisseaux d'origine extraterrestre ou d'une forme d'intelligence extraterrestre. Fort de sa culture scientifique, il rejette cependant les récits d'écrasements d'engins au sol, qui sont pour lui autant de rumeurs invérifiables, connues par des témoignages de troisième main inutilisables[3].

Tout d'abord « ferme défenseur de l'HET » (hypothèse extraterrestre)[5], il est amené à changer progressivement d'opinion au fur et à mesure de ses investigations et surtout après la lecture des publications de Michel Monnerie à la fin des années 1970[2].

Par la suite, il adhère à d'autres associations ovnilogiques : la Société parisienne d'étude des phénomènes spatiaux et étranges (SPEPSE) et la Société d'enquête et de recherche sur les phénomènes aérospatiaux non identifiés (SERPAN) (jusqu'à la dissolution de cette dernière en 2000)[1].

Un des artisans de la « nouvelle ufologie »[modifier | modifier le code]

Tournant le dos à l'hypothèse extraterrestre, Jacques Scornaux devient un des artisans, avec Thierry Pinvidic et Michel Monnerie, de ce qu'on appelle alors la « nouvelle ufologie », mouvement sceptique considérant le phénomène des ovnis comme découlant d'une cause « sociopsychologique » et non pas de la présence d'extraterrestres, retournement qui est perçu par les défenseurs de l'hypothèse extraterrestre comme la négation de la matérialité des ovnis et n'est pas sans susciter réflexion et débats[6]. « L’hypothèse sociopsychologique », écrit-il, « postule que toutes les observations dites d’ovni[s] ont pour origine la perception d’un phénomène connu, naturel ou artificiel, qui n’a pas pu être identifié correctement en raison des conditions d’observation et de l’influence de facteurs socioculturels »[7].

Ce mouvement est né à la suite de la publication de deux livres de Michel Monnerie : Et si les OVNIs n'existaient pas ? en 1977[8] et Le Naufrage des extra-terrestres en 1979[9]. Ces deux publications exposent l'idée qu'il n'y a pas d'extraterrestres derrière le phénomène des ovnis. Les intuitions de Monnerie sont ensuite reformulées de façon plus scientifique et rigoureuse par Scornaux dans des articles parus dans LDL et Info-OVNI[10], lesquels contribuent à populariser les idées de Michel Monnerie et à convaincre certains défenseurs de l'hypothèse extraterrestre à devenir sceptiques[11].

Le conservateur des écrits ufologiques[modifier | modifier le code]

Jacques Scornaux préside l'association SCEAU (pour Sauvegarde, conservation des études et archives ufologiques)[12], créée en 1990 pour préserver de la dispersion ou de la destruction la documentation (livres, revues, rapports d'enquête, coupures de presse, documents audiovisuels, etc.) laissée par les chercheurs et les groupes de recherche après leur disparition[1]. Le SCEAU dépose aux archives départementales ou nationales les archives que les chercheurs (quelle que soit leur tendance), lui confient[13].

Œuvre[modifier | modifier le code]

Articles[modifier | modifier le code]

  • avec Franck Boitte, « Adamski : une mise au point nécessaire », Inforespace (organe de la SOBEPS), Nos 10 et 11, 1973
  • « La méthode scientifique et le phénomène OVNI », Inforespace (organe de la SOBEPS), N° 15, 1974, pp. 17-21
  • « Et si Michel Monnerie n'avait pas tout à fait tort ? Réflexions à propos de l'ouvrage Et si les ovnis n'existaient pas ? », Lumières dans la nuit, n° 177, août-septembre 1978, pp. 4-10, et n° 178, octobre 1978, pp. 8-21 (texte paru également dans Inforespace (organe de la SOBEPS), n° 39, mai 1978, pp. 14-17 ; n° 40, juillet 1978, pp. 25-30 ; n° 41, septembre 1978, pp. 21-34, n° 42, novembre 1978, pp. 24-27)
  • « Du "monnerisme" et de son bon usage », Info-ovni, N° 7-8, décembre 1981
  • « L’hypothèse sociopsychologique : commencement de la fin ou fin du commencement ? », Inforespace (organe de la SOBEPS), n° 65 et 66, 1984.
  • (en) "The breakthrough of the psycho-sociological hypothesis in French ufology. The Rising and the Limits of a Doubt", Magonia[14], No 15, avril 1984, pp. 3-6
  • « Les contes d'un scieur de branches, débat avec Thierry Pinvidic », Ovni-Présence, N° 4, avril 1988
  • « Réflexion : la sauvegarde des archives ufologiques », Inforespace, 31e année, No 105, décembre 2002, pp.5-7

Livres[modifier | modifier le code]

  • avec Christiane Piens, À la recherche des OVNI. La vérité sur les soucoupes volantes, éditions Marabout, 1976 (édition en espagnol : À la búsqueda de los OVNIS. La verdad sobre los platillos volantes, Ediciones Aura, Barcelona, 1977 - édition en portugais : A Descoberta dos Ovnis, Antonio Ramos, 1977)

Ouvrages collectifs[modifier | modifier le code]

  • Engins volants et humanoïdes dans les légendes de la Chine antique, dans Thierry Pinvidic (dir.), OVNI, vers une anthropologie d'un mythe contemporain, Heimdal, Paris, 1994, pp. 398-407
  • (en) with Eric Maillot, "Trans-en-Provence: when science and belief go hand in hand", in Hilary Evans and Dennis Stacy (eds), UFOs 1947-1997, John Brown, London, 1997, pp. 151-159
  • avec Renaud Ledet, Éric Maillot, Gilles Munsch, Wim van Utrecht, La vague OVNI belge de 1989 à 1992 : une hypothèse oubliée, CNEGU, Chaumont, 2008
  • « L'hypothèse sociopsychologique : ce qu'elle est et ce qu'elle n'est pas ! », pp. 15-40, in Printy, T., Abrassart, J.-M., Cordier-Seray, F., & Seray, P., Sur la trace des OVNI, Raleigh, États-Unis, Lulu.com, 2012

Direction d'ouvrages[modifier | modifier le code]

  • Jacques Scornaux, Thierry Pindivic (eds.), Foreword, in First European Congress on Anomalous Aerial Phenomena: Physical and Psychosocial Aspects, Brussels (Belgium), 11-13 November 1988, SOBEPS, Bruxelles, 1988

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a b c d e f et g Notice biographique de Jacques Scornaux sur rr0.org
  2. a et b Jean-Michel Abrassart, Le modèle sociopsychologique du phénomène OVNI : Un cadre conceptuel interprétatif en sciences humaines, thèse de doctorat en sciences psychologiques et de l'éducation, Université catholique de Louvain, 2016, 329 p., p. 152.
  3. a et b Pierre Lagrange, Ovnis : ce qu'ils ne veulent pas que vous sachiez, L'Archipel, 2007, 261 p. (livre électronique Google, n. p.)
  4. Membre de la SOBEPS et de LDLN, adepte de la théorie des anciens astronautes, Christiane Piens est l'auteur, en 1977, du livre Les OVNIs du passé, chez Marabout ; cf. Notice biographique de Christiane Piens, sur rr0.org.
  5. Claude Maugé, « Une approche de la "théorie réductionniste des ovnis" », Laboratoire de Zététique, Université Nice-Sophia Antipolis, 2004.
  6. Présentation de l'article de Jacques Scorneaux, « La méthode scientifique et le phénomène OVNI », sur le site Spirogire, 30 janvier 2017.
  7. Jacques Scornaux, « L’hypothèse sociopsychologique : ce qu’elle est et ce qu’elle n’est pas ».
  8. Et si les OVNIs n'existaient pas ?, Paris, Les Humanoïdes associés, 1977.
  9. Le Naufrage des extra-terrestres, préface de Pierre Kohler, Paris, Nouvelles éditions rationalistes, « Lumières sur », 1979.
  10. Jacques Scornaux, « Et si Michel Monnerie n'avait pas tout à fait tort ? – Partie I », dans Lumière dans la Nuit, no 177, 1978, p. 4-10 ; « Et si Michel Monnerie n'avait pas tout à fait tort ? – Partie II », dans Lumière dans la Nuit, no 178, 1978, p. 8-21 et « Du monnerisme et de son bon usage », dans Info-OVNI, 1981, no 7-8.
  11. Jean-Michel Abrassart, Le modèle sociopsychologique du phénomène OVNI : Un cadre conceptuel interprétatif en sciences humaines, op. cit., pp. 58-59.
  12. site SCEAU / Archives OVNI.
  13. Jean-Michel Abrassart, Le modèle sociopsychologique du phénomène OVNI : Un cadre conceptuel interprétatif en sciences humaines, op. cit., p. 236.
  14. Ancienne revue ufologique britannique dirigée par John Rimmer. Elle a cessé de paraître en 2009. L'ensemble de ses numéros est consultable à cette dresse.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]