Organisation mondiale de la santé

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Organisation mondiale de la santé
Logo de l'Organisation mondiale de la santé
Logo de l'Organisation mondiale de la santé
Organe de l'ONU
Type d'organisation Agence spécialisée de l'ONU
Acronymes OMS (WHO)
Directeur général Tedros Adhanom Ghebreyesus
sous-Chef
Statut Active
Membres 194[1]
Siège Pregny-Chambésy[2] (GE)
Drapeau de la Suisse Suisse[3]
Création
Site web who.int
Organisation parente Conseil économique et social des Nations unies

L'Organisation mondiale de la santé (OMS) est une agence spécialisée de l'Organisation des Nations unies (ONU) pour la santé publique créée en 1948. Elle dépend directement du Conseil économique et social des Nations unies et son siège se situe à Pregny-Chambésy, dans le Canton de Genève, en Suisse[4].

Selon sa constitution, l'OMS a pour objectif d'amener tous les peuples des États membres et partenaires au niveau de santé le plus élevé possible, la santé étant définie dans ce même document comme un « état de complet bien-être physique, mental et social et ne consistant pas seulement en une absence de maladie ou d'infirmité ».

Depuis le , le directeur général de l’institution est Tedros Adhanom Ghebreyesus[5],[6].

Histoire[modifier | modifier le code]

Avant 1948 : Institutions précédentes[modifier | modifier le code]

Vers 1850 différents dispositifs sont pris afin de mettre en place des mesures de quarantaines principalement destinées à protéger les États européens contre la peste[7]. En 1851, la première conférence sanitaire internationale a lieu à Paris, regroupant 12 États, qui discute d'une convention sanitaire internationale signée en janvier 1852 pour lutter contre la peste, la fièvre jaune et le choléra[7]. Cependant cette convention n'est ratifiée que par la France et la Sardaigne, puis par le Portugal, avant d'être abandonnée[7]. Plusieurs autres conférences suivent, sans résultats[7].

En 1892, la septième conférence, à Venise, permet la signature d'une convention sanitaire internationale sur le choléra. En 1897, une convention sanitaire internationale sur la peste est signée à son tour[7]. En 1903, une conférence met en place la convention sanitaire internationale regroupant ces deux dernières. Cette conférence se fixe également pour objectif de créer une institution internationale en matière de santé[7]. En 1907, « l'Office international d'Hygiène publique » (OIHP) est créé à Rome et doté d'un secrétariat permanent ainsi que d'un « comité permanent »[7]. Ce comité organise plusieurs conférences au cours des années suivantes[7]. L'OIHP est à sa création composé de 13 nations, sa langue officielle est le français et son siège à Paris[7]. Elle a pour fonction d'assurer la surveillance et la lutte de la peste, du choléra et de la fièvre jaune[7]. Petit à petit l'OIHP obtient des mandats sur des nouvelles maladies, par exemple la tuberculose[7]. En 1926, la conférence de l'OIHP adopte une nouvelle convention sanitaire internationale étendant ses dispositions à la variole et au typhus[7]. Durant la Première Guerre mondiale, l'OIHP concentre ses compétences sur les traumatismes liées à la guerre[7].

En 1902, le Bureau sanitaire panaméricain est fondé, notamment pour l'échange de donnés épidémiologiques et pour coordonner la lutte contre les épidémies. Ses fonctions sont renforcées en 1924 par le Code sanitaire panaméricain[7].

À la fin de la Première Guerre mondiale, les États-Unis s'opposent à ce que l'OIHP passe sous le contrôle de la toute nouvelle Société des Nations (SDN). La grippe espagnole de 1918-1919, qui fit, selon les sources, entre 30 et 100 millions de morts (plus que la Première Guerre mondiale), pousse la SDN à créer en 1923 le « comité d'hygiène » de la SDN, considéré comme l'ancêtre de l'OMS. Dominée par la France et le Royaume-Uni, la surveillance sanitaire du Comité couvre, à la fin des années 1920, 70 % du globe[8]. Le comité d'hygiène se développe dans les domaines et maladies où l'OIHP n'est pas active comme le cancer, la malaria ou la lèpre, avec des compétences techniques plus importantes que l'OIHP[7]. Les deux institutions coopèrent sur quelques sujets[7].

Jusqu'à la Seconde Guerre mondiale, trois organismes sanitaires internationaux coexistent : deux en Europe, l'OIHP et l'Organisation d'Hygiène de la Société des Nations, tandis qu'aux États-Unis l'Organisation sanitaire panaméricaine constitue le troisième organisme international de santé[9]. Durant la Seconde Guerre mondiale, les Alliés créent un comité inter-allié sur les questions sanitaires et de secours, qui sera en 1943 remplacé par l'Administration des Nations unies pour le secours et la reconstruction, basée à Washington[7]. Cette dernière institution obtient notamment des compétences sur la formation et l'organisation médicale, la fourniture de matériel médical, avec une approche principalement médicamenteuse[7].

Créations et début[modifier | modifier le code]

Commission intermédiaire réunie au sujet de la Malaria en 1947.

A la Conférence de San Francisco en 1945, l'inclusion de la santé dans les domaines de compétence des Nations unies est abordée, pour rapidement se diriger vers la création une organisation spécialisée dans ce domaine[10]. En 1946, une commission technique rassemble des experts de certains pays ainsi que des représentants d'autres organisations de santé déjà en place. En 1946, une conférence internationale met en place la Constitution de l'OMS [10], adoptée à New York par la Conférence mondiale de la santé le [11]. Elle a été signée par les représentants de 61 États et est entrée en vigueur le , suite à la ratification du 26e membre[12],[10]. Entre 1946 et 1948, une commission intermédiaire règle l'intégration des organisations de santé au sein de l'OMS, tel que l'OIHP, l'Organisation d'hygiène de la société des nations, l'UNRRA et le Bureau sanitaire panaméricain et gère l'articulation avec l'ONU et ses autres agences, comme la FAO. Elle prépare également la première assemblée générale qui définit les agences régionales et la localisation du siège de l'OMS[10]. En juin 1948, la première assemblée générale se tient à Genève, ville choisie comme siège, en regroupant 53 membres, 9 observateurs et de représentants de plusieurs organisations tel que l'ONU ou l'Organisation panaméricaine de la santé[10]. Les bureaux régionaux sont créés entre 1949 et 1952, celui de l'Europe est créé en 1951[13].

A la différence des institutions qui la précèdent, l'un des objectifs principal de l'OMS à sa création est d'élever le niveau de santé de la population mondiale et non plus uniquement de ses pays membres, notamment les pays occidentaux. Cet objectif se retrouve dans sa constitution[14]. À sa création, l'OMS détermine un certain nombre d'axes d'action, tels que : l'assistance technique pour les états en demande, l'organisation d'accords internationaux, de normes et de typologies en matière de santé, le soutien à la recherche et à la formation médicale, le recoupement des données statistiques à l'échelle mondiale[10]. Ces axes d'actions thématiques doivent répondre aussi à des priorités sanitaires, notamment le paludisme, la santé de la mère et de l'enfant, la tuberculose, l'alimentation et les MST[10].

En 1950, à la suite de la découverte des antibiotiques, l'OMS conseille les pays pour un usage adapté[13]. La même année, l'ONU effectue une campagne contre la tuberculose avec une inoculation massive du vaccin BCG, s'appuyant sur le service d'information épidémiologique par télex mis en place à partir de 1947. Entre 1952 et 1964, une campagne portant sur une injection unique de pénicilline contre le pian réduit drastiquement la portée de cette maladie[15]. En 1952, l'OMS débute les campagnes mondiales de vaccination contre la poliomyélite aboutissant à sa quasi-éradication[13]. En 1955, l'OMS débute un programme de lutte contre le paludisme, qui n'atteint pas ses objectifs[10]. À la suite de l'échec relatif attribué au manque de ressources et au défaut d’observance, l’accent a été porté sur les initiatives locales, la santé communautaire ainsi que sur l’implication des usagers et de la société civile [réf. nécessaire]. Les années 1960 sont marquées par les thématiques de la décolonisation et du manque de moyen des pays en développement, qui induit la relocalisation de ressources vers ces besoins, notamment en termes de formations de personnels[10]. En 1963, un programme de vaccinations contre la rougeole est mis en place[13]. En 1969, le premier règlement sanitaire international est créé pour la surveillance de 6 maladies infectieuses graves : choléra, peste, fièvre jaune, variole, fièvre récurrente et typhus[13]. En 1972, un programme est promulgué visant à améliorer la santé sexuelle et reproductive[13].

En 1958, Viktor Zhdanov, vice-ministre de la Santé de l'URSS, demande à l'OMS de lancer une initiative mondiale visant à éradiquer la variole, qui a abouti à la résolution WHA11.54. À cette époque, 2 millions de personnes mouraient de la variole chaque année. Lancé en 1959 à l'initiative des pays communistes, avec une accélération à partir de 1967 et jusqu'en 1977, le programme d'éradication de la variole enregistre d'importants progrès[10],[16]. En 1979, la variole est éliminée[13].

A partir de 1973 : Stratégie "Santé pour Tous"[modifier | modifier le code]

Dans les années 70, des programmes de lutte contre le pian, la tuberculose et la bilharziose rencontrent un certain succès, alors que des préoccupations nouvelles apparaissent concernant le choléra, la peste et les MST[10].

Halfdan Mahler élu directeur général en 1973 a donné la priorité à la médecine sociale : considérer la santé plutôt que les maladies, utiliser du personnel médical qui ne soit pas nécessairement titulaire d'un diplôme de médecin dans les interventions sanitaires, inscrire la santé dans un ensemble comprenant l’éducation, la gestion de l’eau et l’alimentation, le tout dans le cadre de la lutte contre la pauvreté[10]. Les médicaments destinés aux soins de santé primaire ont la priorité. Cette orientation concerne tant les pays développés, où les frais de médicaments s’envolent souvent, entraînés par une surconsommation ou une mauvaise utilisation, que les pays du Sud[10]. En 1974, un programme de vaccination mondiale infantile est lancé[13],[10]. La même année, une campagne contre l'onchocercose est lancée[17]. En 1975, une campagne de lutte contre les maladies tropicales est lancée à son tour, ciblant particulièrement 8 de ces maladies[17]. En 1977, l’OMS publie une liste de substances peu coûteuses permettant de traiter les maladies à forte prévalence. En 1978, l'OMS, au travers de la déclaration d'Alma-Ata, élabore d'une nouvelle stratégie appelée "Santé pour tous" pour l'an 2000 fixant les bases de la revendication actuelle de l'OMS pour une couverture sanitaire universelle[13],[10]. Cette déclaration fixe des principes comme l'égalité des droits au soin, la participation de la population, l'importance de la prévention, d'une approche holistique tant scientifique qu'économique[10]. Elle définit la notion de soins primaires, qui fonde ses axes d'action sur l'éducation à la santé, une bonne alimentation, l'accès à l'eau potable et à l'assainissement, la santé de la mère et de l'enfant, la vaccination contre les maladies infectieuses, le contrôle des épidémies et des pandémies, les soins médicaux courants et l'accès au matériel médical[10]. En 1979, la variole est déclarée comme éradiquée[15].

Trois des anciens directeurs du Programme mondial d'éradication de la variole lisant la nouvelle de l'éradication de la variole dans le monde, en 1980.

Certains auteurs considèrent qu'à partir des années 1980, l'OMS connut une certaine « traversée du désert »[16] en raison de choix contestables (quasi-démantèlement du Bureau sur la tuberculose) et de l'hostilité de certains pays (États-Unis, Royaume-Uni) opposés à ce qu'ils considéraient être une politique coûteuse[8]. L’industrie pharmaceutique a contesté tant la composition de la liste de médicaments essentiels que le principe même de son établissement[10]. Elle la considérait comme un obstacle à l’optimisation des soins médicaux et au progrès. En 1979, l’OMS augmentait la liste à 300 médicaments et ne la préconisait plus que pour le Sud. Avant 1987, le premier médicament antirétrovial est homologué par l'OMS[13]. En 1985, un programme de lutte contre le Sida est mise en route[17]. En 1986, la charte d'Ottawa pour la promotion de la santé est établie. La même année, sous l’influence de leurs industries pharmaceutiques, les États-Unis demandent à l’Assemblée mondiale de la santé (AMS) de modifier la politique de l’OMS. Celle-ci devait se limiter à des programmes verticaux de lutte contre les maladies prioritaires. À la suite du refus de l’Assemblée, les États-Unis suspendent le paiement de leur cotisation, qui représente 25 % du budget[16]. En 1988, Mahler n’a pas été reconduit à la direction générale. Il a été remplacé par le libéral Hiroshi Nakajima. Les États-Unis ont repris une participation mais sous forme d’une contribution volontaire à des programmes ciblés en dehors du contrôle de l’Assemblée mondiale de la santé. Les enjeux sanitaires mondiaux étaient alors pris en charge par des fondations privées ainsi que par la Banque mondiale[8]. Toujours en 1988, un programme pour éradiquer la poliomyélite est lancé[15].

Dans les années 1990, l’OMS est concurrencée par la Banque mondiale. Celle-ci réagit aux critiques concernant les conséquences des ajustements structurels sur la santé des populations. Très vite, les moyens qu’elle déploie pour l’amélioration de la santé se trouvent sans commune mesure avec ceux de l’OMS. Les critères d’action de la Banque mondiale n’étaient pas les mêmes que ceux de l’OMS. La Banque mondiale utilisait un indicateur d’efficacité (DALY) qui calculait le coût/bénéfice sur la base du nombre d’années de vie perdues par pathologie. L’OMS en revanche avait une approche clinique plutôt que de rentabilité. Ainsi, dans la lutte contre la tuberculose, elle appliquait la stratégie DOTS. L’accent était mis sur le risque de résistance aux antibiotiques et de développement de souches multi-résistantes. Peu à peu l’OMS est marginalisée dans les politiques de santé. La Banque mondiale et les Fonds privilégient les partenariats publics-privés et les politiques de santé restent encore largement dans le domaine des États-nations[18].

Lion Murard parle d'une « sorte de seconde naissance » de l'OMS[19]. Selon l'historien Patrick Zylberman, cela s'explique largement par la recrudescence de maladies épidémiques[8] telles que le sida, la tuberculose (en 1985-91 à New York), la peste (en Inde en 1994), l'Ébola (au Zaïre en 1995), etc. L'OMS met en place le programme DOTS visant à contrer le retour de la tuberculose (1995)[13], la Division des maladies transmissibles (1996)[13], le Global Outbreak Alert and Response Network (2001), chargée de signaler à Genève « tous les événements susceptibles de donner lieu à des urgences sanitaires de portée internationale » et non plus seulement les occurrences des trois pathologies quarantenaires traditionnelles (peste, fièvre jaune et choléra[8] .

Carte de la ratification de la Convention-cadre de l’OMS pour la lutte antitabac.

A partir des années 2000, l'OMS gagne un statut de première importance sur les questions des épidémies et des pandémies tel que la grippe aviaire, le SARS, Ebola[20]. Le , l'OMS lance une alerte globale concernant les déplacements à destination de l'Asie et du Canada, sans y avoir été préalablement autorisée par les États, en raison de l'épidémie de SRAS, et s'oppose à la république populaire de Chine concernant les statistiques et le développement de l'épidémie[8]. La même année, l'OMS met en place une convention cadre pour la lutte antitabac[13]. En 2005, le Règlement sanitaire international est élargi au-delà des maladies spécifiques précédemment définies, qui dépossède les gouvernements de leur droit de veto sur le renseignement épidémiologique[8] et accompagne le développement dans tous les pays de systèmes efficients de surveillance épidémiologique.[13].

En 2009, l'apparition du virus grippal H1N1 pousse l'OMS à collaborer au développement de vaccins contre la grippe[13]. En 2014, la lutte contre la flambée épidémique sans précédent du virus Ebola met en avant le rôle de l'OMS[13].

Le 31 janvier 2020, l’OMS déclare une « urgence sanitaire mondiale » devant l’épidémie de Covid-19[21].

Fonctionnement[modifier | modifier le code]

Le fonctionnement de l'OMS s'articule autour du siège situé à Genève, de six groupes géographiques délocalisés et d’un Secrétariat dirigé par le Directeur général.

Structures[modifier | modifier le code]

Siège de l'Organisation mondiale de la santé, à Pregny-Chambésy (GE).

Assemblée mondiale de la santé[modifier | modifier le code]

L'Assemblée mondiale de la santé est l'organe décisionnel suprême de l'OMS. Elle se réunit généralement à Genève en mai chaque année et des délégations de ses 194 États Membres[1],[22] y siégent. Chaque membre dispose d'une voix[17]. Elle a pour fonctions principales d'approuver le budget programme de l'OMS pour l'exercice biennal suivant et de statuer sur les grandes orientations politiques de l'Organisation. Les règlements sont votés par l'Assemblée mondiale de la santé à la majorité simple et entrent en vigueur pour tous les États membres sauf si ceux-ci refusent ou émettent des réserves dans les délais prescrits pour la notification. Elle adopte à la majorité des deux tiers de nouvelles conventions internationales sur la santé pour combler des lacunes en diverses matières. Toute convention doit être ratifiée par chaque État pour entrer en vigueur. Par exemple, elle a adopté la Convention-cadre de l’OMS pour la lutte antitabac, que seulement 6 États n'ont pas ratifiée[23]. L'Assemblée fixe la politique et le budget de l'OMS[17].

Conseil exécutif[modifier | modifier le code]

Salle du Conseil exécutif de l'OMS à Genève en 2013.

Le Conseil exécutif est l'organe chargé d'administrer l'OMS[17]. Ses 34 membres sont élus intuitu personæ pour trois ans par l'Assemblée. Ces membres doivent avoir une compétence sanitaire, être représentatifs des organisations régionales de l'OMS[17]. Les membres permanents du Conseil de sécurité des Nations unies ont de facto un membre au sein de ce comité[17]. Le Conseil se réunit au moins deux fois par an[17]. Ses principales fonctions sont d'appliquer les décisions et les directives de l'Assemblée mondiale de la santé et de lui indiquer des orientations[24].

Secrétariat[modifier | modifier le code]

La Directrice de l'OMS Margaret Chan avec Bill Gates à l'Assemblée mondiale de la santé de 2011.

Le Secrétariat est dirigé par le Directeur général, nommé par les États membres pour une période de cinq ans, sur proposition du conseil exécutif. L'ensemble du personnel de l'OMS est sous la direction du Secrétariat[17].

Le personnel du secrétariat de l'OMS se compose de professionnels de la santé, d'autres spécialistes ou experts et d'un personnel administratif travaillant au siège à Genève et sur le terrain, dans les six bureaux régionaux et ses 149 bureaux de terrain dans les pays, territoires ou zones. Les pays qui n’ont pas de bureau de l’OMS dépendent des bureaux de terrain les plus proches ou du bureau régional approprié[25].

Le directeur général en plus de superviser le personnel du secrétariat, supervise le programme du conseil et cadre le budget de l'OMS. Il possède également une fonction de représentation de l'organisation tant envers ses membres que face aux médias. Ainsi il a une grande importance sur la question de levée de fonds et sur les politiques générales à mener[17].

Directeurs généraux
Nom Pays Date du mandat Image
Brock Chisholm Drapeau du Canada Canada 1948-1953
Marcolino Gomes Candau Drapeau du Brésil Brésil 1953-1973 Marcolino Gomes Candau (1972).jpg
Halfdan T. Mahler Drapeau du Danemark Danemark 1973-1988 Halfdan Mahler by Erling Mandelmann.jpg
Hiroshi Nakajima Drapeau du Japon Japon 1988-1998
Gro Harlem Brundtland Drapeau de la Norvège Norvège 1998-2003 Gro Harlem Brundtland 2009.jpg
Lee Jong-wook Drapeau de la Corée du Sud Corée du Sud 2003-2006 WHO.JongWook-Lee.01.jpg
Anders Nordström Drapeau de la Suède Suède 2006-2007 (intérim)
Margaret Chan Drapeau de Hong Kong Hong Kong (Drapeau de la République populaire de Chine république populaire de Chine) 2007-2017 Margaret Chan.jpg
Tedros Adhanom Ghebreyesus Drapeau de l'Éthiopie Éthiopie Depuis 2017 Tedros Adhanom Ghebreyesus - AI for Good Global Summit 2018 (40316994230) (cropped).jpg

En raison du décès soudain de son Directeur général, Lee Jong-wook, le , l'intérim de la direction est assuré par Anders Nordström, jusqu'à l'élection de son successeur, le Dr Margaret Chan, le 8 novembre 2006.

Bureaux régionaux[modifier | modifier le code]

Les zones régionales de l'OMS.

Les États membres sont répartis dans six groupes géographiques qui ont pour but de tenir compte des problèmes sanitaires propres à chaque région de la planète. Cette organisation régionale et décentralisée est unique au sein des organisations des Nations Unies[26]. Chaque bureau régional élit un directeur régional. Ces bureaux régionaux ont vocation à servir de liens entre les gouvernements, les actions à l'échelle nationale et le siège de l'OMS. Ils gèrent également une partie des programmes transversaux et fixent des priorités à l'échelle régionale et nationale[17]. Ainsi les bureaux régionaux gèrent de manière autonome une grande partie des ressources humaines et techniques de l'OMS, ce qui induire des critiques, des inégalités, des tensions avec le Siège ou avec les bureaux nationaux[17]. Ils gèrent le recrutement du personnel jusqu'à un certain niveau de direction[17]

Région Siège Pays et régions concernés Sigle
Asie du Sud-Est New Delhi Inde Bangladesh, Bhoutan, Birmanie, Corée du Nord, Inde, Indonésie, Maldives, Népal, Sri Lanka, Thaïlande, Timor oriental SEARO (South East Asia Region Office)
Méditerranée orientale Le Caire depuis 2000 Égypte Afghanistan, Arabie saoudite, Bahreïn, Djibouti, Égypte, Émirats arabes unis, Irak, Iran, Jordanie, Koweït, Liban, Libye, Maroc, Oman, Pakistan, Qatar, Somalie, Soudan, Soudan du Sud, Syrie, Tunisie, Yémen EMRO (Eastern Mediterranean Regional office)
Alexandrie avant 2000
Pacifique occidental Manille Philippines Australie, Brunei, Cambodge, république populaire de Chine, Îles Cook, Corée du Sud, Fidji, Guam, Hong Kong, Japon, Kiribati, Laos, Macao, Malaisie, Îles Mariannes du Nord, Îles Marshall, États fédérés de Micronésie, Mongolie, Nauru, Niue, Nouvelle-Calédonie, Nouvelle-Zélande, Palaos, Papouasie-Nouvelle-Guinée, Îles Pitcairn, Philippines, Polynésie française, Salomon, Samoa, Samoa américaines, Singapour, Tokelau, Tonga, Tuvalu, Vanuatu, Viêt Nam, Wallis-et-Futuna WPRO (Western Pacific Region office)
Amériques Washington États-Unis Antilles néerlandaises, Anguilla, Antigua-et-Barbuda, Argentine, Aruba, Bahamas, Barbade, Belize, Bermudes, Bolivie, Brésil, Îles Caïmans, Canada, Chili, Colombie, Costa Rica, Cuba, Dominique, République dominicaine, Équateur, États-Unis, Grenade, Guadeloupe, Guyana, Guyane, Haïti, Honduras, Jamaïque, Martinique, Mexique, Montserrat, Nicaragua, Panama, Paraguay, Pérou, Porto Rico, Saint-Christophe-et-Niévès, Sainte-Lucie, Saint-Vincent-et-les-Grenadines, Salvador, Suriname, Trinité-et-Tobago, Îles Turques-et-Caïques, Uruguay, Îles Vierges OPS (Organisation panaméricaine de la santé)
Afrique Brazzaville République du Congo Afrique du Sud, Algérie, Angola, Bénin, Botswana, Burkina Faso, Burundi, Cameroun, Cap-Vert, République centrafricaine, Comores, République du Congo, République démocratique du Congo, Côte d'Ivoire, Érythrée, Éthiopie, Gabon, Gambie, Ghana, Guinée, Guinée équatoriale, Guinée-Bissau, Kenya, Lesotho, Liberia, Madagascar, Malawi, Mali, Maroc, Mauritanie, Île Maurice, Mozambique, Namibie, Niger, Nigeria, Ouganda, Rwanda, Sao Tomé-et-Principe, Sénégal, Seychelles, Sierra Leone, Swaziland, Tanzanie, Tchad, Togo, Zambie, Zimbabwe AFRO
Europe Copenhague Danemark Albanie, Allemagne, Andorre, Arménie, Autriche, Azerbaïdjan, Belgique, Biélorussie, Bosnie-Herzégovine, Bulgarie, Chypre, Croatie, Danemark, Espagne, Estonie, Finlande, France, Géorgie, Grèce, Hongrie, Irlande, Islande, Israël, Italie, Kazakhstan, Kirghizistan, Lettonie, Lituanie, Luxembourg, Macédoine, Malte, Moldavie, Monaco, Monténégro, Norvège, Pays-Bas, Pologne, Portugal, Roumanie, Russie, Saint-Marin, Serbie, Slovaquie, Slovénie, Suède, Suisse, Tadjikistan, République tchèque, Turkménistan, Turquie, Ukraine, Royaume-Uni, Ouzbékistan EURO

Moyens[modifier | modifier le code]

Budget[modifier | modifier le code]

Le budget de l'OMS est défini pour une période de 2 ans[12], depuis 1980[17]. Ce budget est constitué d'une contribution fixe des états et de contributions volontaires d'organisations publiques ou privées[12]. Les contributions fixes sont des cotisations que verse chaque État membre. Elles sont déterminées en fonction du PIB et de la population de chaque État[réf. nécessaire]. Les États-Unis sont le premier contributeur au budget de l'OMS, à la fois en contributions fixes mais aussi en contributions volontaires[27]. Ces contributions ne sont pas fléchées et peuvent être allouées de manière libre. Les contributions volontaires sont dans la majorité des cas des sommes fléchées à des actions spécifiques[28]. Si historiquement, les contributions fixes représentaient la majorité du budget de l'OMS, depuis plusieurs décennies, les contributions volontaires excèdent celui des contributions fixes[29],[30].

Ces dernières années, l'OMS a multiplié les collaborations avec des organisations non étatiques : elle est actuellement en partenariat avec près de 80 groupes (ONG, industrie pharmaceutique et fondations caritatives telles que la Fondation Bill-et-Melinda-Gates et la GAVI Alliance).

En 2006-2007, le budget était de 3,3 milliards de dollars [31]. En 2014, le budget était d'environ 4 milliards de dollars[32].

En 2016-2017, budget de 5,8 milliards de dollars[33]. Sur la période 2018-2019, le budget de l'OMS est de 5,62 milliards de dollars[34].

10 principaux contributeurs du budget 2018-2019 de l'OMS en millions de dollars
Contributeur Contribution fixée Contributions volontaires Contributions volontaires de base Total % Source
1 États-Unis 237 656 893 15,9 % [1]
2 Fondation Bill & Melinda Gates 531 531 9,4 % [2]
3 Royaume-Uni 43 335 57 435 7,7 % [3]
4 GAVI Alliance 371 371 6,6 % [4]
5 Allemagne 61 231 292 5,2 % [5]
6 Japon 93 122 214 3,8 % [6]
7 BCAH 192 192 3,4 % [7]
8 Rotary International 143 143 2,5 % [8]
9 Banque mondiale 133 133 2,4 % [9]
10 Commission européenne 131 131 2,3 % [10]
Autres 524 1 484 103 2 289 40,7 %
Total 957 4 328 161 5 624 100 % [11]
Budget prévisionnel pour 2020-2021 de l'OMS par priorité stratégique[30],[35]
Catégorie Budget 2020-2021 (millions de dollars)
Couverture maladie universelle 1 358,8
Urgences sanitaires 888,8
Meilleure santé et bien-être 1 358,8
Fonctions supports 1 090
Éradication de la poliomyélite 863
Programmes spéciaux 208,7
Fonds d'urgence 1 000
Total 5 840,4

Effectifs[modifier | modifier le code]

Effectifs du personnel de l'OMS[17].
Date 1948 1957 1967 1977 1987 1993
Effectifs 206 1 481 3 178 4 226 4 384 4 448

En 2005, le total des effectifs était de 3 996 agents dont 1 549 administrateurs, en 2014, ce chiffre est passé à environ 7 000 employés[32].

Le personnel de l'OMS est divisé en deux catégories, des cadres devant être recrutés en respectant une répartition géographique dictée par les États membres et des employés de services généraux composé de secrétaires et employés recrutés par concours localement[17]. A partir de 1987, l'OMS définit un objectif de répartition de son personnel par nationalité en partie par une répartition homogène entre chaque État membre (40 %) et également en fonction de la contribution financière des États membres (40 %), et dans une mesure très marginale (5 %) par la taille de la population des États membres[17]. De même, à partir de 1983, un objectif de 20 % de personnels cadres, qui passe à 30 % en 1985[17]. Le nombre de femmes à ces postes est ainsi passé de 18,2 % en 1984 à 25,1 % en 1992.

États membres[modifier | modifier le code]

Carte des États membres en 2013.

« Tous les pays Membres des Nations Unies peuvent devenir Membres de l'OMS en acceptant sa Constitution. Les autres pays peuvent être admis lorsque leur demande a été approuvée par vote de l'Assemblée mondiale de la Santé à la majorité simple. Les territoires n'ayant pas la responsabilité de la conduite de leurs relations internationales peuvent être admis comme Membres associés sur demande présentée en leur nom par le Membre ou l'Autorité chargée de la conduite de leurs relations internationales ». En 2020, l’OMS compte 194 états membres[36].

Dans les années 1950, les pays du Bloc de l'Est deviennent des membres inactifs, l'OMS ne reconnaissant pas le départ de membres, avant de redevenir des membres à part entière en 1957[17]. Dans les années 1960, la décolonisation permet l'entrée de nouveaux pays en développement, changeant les rapports de forces politique[17]. En 1964, l'OMS retire le droit de vote à l'Afrique du Sud à cause de sa politique de l'Apartheid, puis celui de la Rhodésie du Sud[17]. En 1972, l'OMS reconnait la République populaire de Chine comme le représentant de la Chine, à la place de Taïwan, dont le délégué est exclu[17]. La république populaire de Chine ne permet pas l’entrée de Taïwan au sein de l’OMS[37]. En 1973, la République démocratique allemande devient un membre de l'OMS, après plusieurs essais[17]. En 1989 et 1990, l'assemblée mondiale de la Santé a rejeté la demande de la Palestine d'être un membre et non plus un membre associé, pour ne pas entrer en conflit avec les États-Unis[17]. L'éclatement de l'URSS permet l'entrée d'une nouvelle série d’États membres[17]. Entre 2008 et 2016, Taïwan accède au statut de membre observateur à la suite de l'amélioration de ses relations avec la République populaire de Chine[38].

Actions[modifier | modifier le code]

L'action de l'OMS a historiquement été déterminée par sa constitution, qui stipule notamment le « droit à la santé de tous les peuples » et « d'amener tous les peuples au niveau de santé le plus élevé possible »[26]. Les grands domaines d’activité de l’OMS sont :

  • Harmonisation, codification : définir des normes, des conventions, des règlements internationaux en matière de santé. L’OMS réalise ainsi la Classification internationale des maladies (CIM) et maintient à jour une liste modèle des médicaments essentiels que les systèmes de santé de tous les pays devraient rendre disponibles à un prix abordable pour la population générale selon la déclaration de Montréal sur le droit fondamental aux médicaments essentiels. L'OMS a mis en place CRVS (Civil Registration and Vital Statistics): ensemble de bonnes pratiques visant à garantir l'enregistrement des faits d'état civil de la naissance à la mort. Garantir l'accès à des médicaments de bonne qualité, sécurité, efficacité, grâce au programme de préqualification de médicaments. L'OMS préqualifie les médicaments de laboratoires demandeurs, pour que les institutions telles que l'UNICEF ou la PAHO puissent acheter ces médicaments en toute sécurité lors d'appels d'offres internationaux, en particulier pour des pays en développement qui ne peuvent assurer l'évaluation de ces médicaments par leurs propres moyens.
  • Mesures sanitaires : prendre des mesures pour arrêter une épidémie et mesures sanitaires en cas de voyages internationaux (comme la vaccination). L’OMS a déclaré en 1980 que la variole avait été éradiquée, après plus de deux décennies d'efforts dans la lutte contre cette maladie (c'est la première maladie de l’histoire à avoir été éradiquée par un effort humain). L’OMS est proche du succès dans le développement de vaccins contre le paludisme et la bilharziose, et a pour but d’éradiquer la poliomyélite dans les prochaines années. L'OMS a mis en place un programme global de lutte contre le sida, impliqué de diverses manières (accès aux soins, recherche, surveillance épidémiologique, etc.) : le HIV/AIDS Programme[39],[40]. L'OMS procure des informations, des conseils et des mises à jour quotidiennes sur la pandémie de Covid-19[41].
  • Information et Recherche : l'OMS recueille et diffuse les données sanitaires des 193 États membres de l’OMS[42],[43]. L'OMS incite, finance et coordonne la recherche médicale, par exemple au travers du Centre international de recherche sur le cancer (CIRC) à Lyon en France ou du Centre pour le développement de la santé (WKC) à Kobe au Japon qui a été établi en 1995. L'OMS n'a cependant pas vocation à réaliser des recherches, elle-même, sauf exception[44].
  • Formation et éducation : fournir un appui technique aux États membres et responsables de la santé à renforcer les systèmes de santé pour offrir à tous des services adéquats et équitables. L'OMS s’appuie pour ce faire sur un cadre d’action unique composé de six éléments essentiels[45] et le développement d'outils techniques en matière de suivi et d'évaluation des systèmes de santé[46] et du personnel de santé[47].
  • Environnement sanitaire : améliorer l'alimentation, l'accès à l'eau potable, l'assainissement, l'environnement, l'hygiène, la sécurité sociale, la planification familiale. l’OMS effectue diverses campagnes liées à la santé – par exemple, pour l’augmentation de la consommation de fruits et légumes dans le monde, et pour diminuer l’usage du tabac. Le , l'OMS a appelé les gouvernements à appliquer une classification aux films comportant des scènes de consommation de tabac. Le but serait d’empêcher les enfants et adolescents de moins de 18 ans de commencer à fumer des cigarettes[réf. nécessaire]. Avec la FAO, l'OMS édite le Codex alimentarius.

Critiques[modifier | modifier le code]

Importance des fonds privés dans son financement[modifier | modifier le code]

Le budget de l'OMS est critiqué pour sa dépendance aux fonds privés via, notamment le trust de la fondation Bill et Mélinda Gates[48] et ses investissements parfois contraires à la mission de l'OMS et pouvant être sujets à des conflits d'intérêt[49].

Collusion ou conflit d'intérêt avec l'AIEA[modifier | modifier le code]

Depuis près de 20 ans, une controverse porte sur un accord liant l'OMS et l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA). Cet accord est entré en vigueur via la « résolution WHA12.40 » signée le [50]. Ses détracteurs reprochent à cet accord d'avoir comme particularité d'imposer la confidentialité sur des « renseignements spéciaux »[50] et certains sujets (à la discrétion de l'AIEA pour ce qui concerne le secteur du nucléaire), ceci afin de « sauvegarder le caractère confidentiel de renseignements qui leur auront été fournis. Elles [l'AIEA et l'OMS] conviennent donc que rien dans le présent Accord ne peut être interprété comme obligeant l’une ou l’autre partie à fournir des renseignements dont la divulgation, de l’avis de la partie qui les détient, trahirait la confiance de l’un de ses Membres ou de quiconque lui aurait fourni lesdits renseignements, ou compromettrait d’une manière quelconque la bonne marche de ses travaux »[50].

Il est à noter qu'un autre organe de l'ONU étudie l'exposition des populations aux rayonnements ionisants (particules radioactives) et que ses rapports annuels sont publics : le Comité scientifique des Nations unies pour l'étude des effets des rayonnements ionisants (UNSCEAR), d'organisation et fonctionnement similaire au Groupe d'experts intergouvernemental sur l'évolution du climat (GIEC).

Médecine traditionnelle chinoise[modifier | modifier le code]

L'OMS a été dirigée de 2006 à 2017 par Margaret Chan, personnellement très proche du pouvoir chinois, qui a fait d'elle une tribune et un tremplin pour assurer le succès mondial de la médecine traditionnelle chinoise, lui apportant une reconnaissance institutionnelle qui a permis le développement de milliers de centres spécialisés dans des dizaines de pays et l'émergence d'un marché global de plus de 50 milliards de dollars, essentiellement contrôlé par le gouvernement chinois[51]. Cette instrumentalisation de l'organisation inquiète de nombreux médecins, d'autant que les traitements proposés sont en très large majorité inefficaces voire dangereux, alors que l'Assemblée mondiale de la santé en fait désormais une publicité bien peu nuancée[51].

Gestion de la grippe H1N1[modifier | modifier le code]

L'OMS a également été critiquée pour sa gestion de la crise du virus H1N1[52]. Selon un rapport de l'Assemblée parlementaire du Conseil de l'Europe, « De graves lacunes ont été identifiées en ce qui concerne la transparence des processus de décision liés à la pandémie, ce qui soulève des préoccupations sur l’éventuelle influence que l’industrie pharmaceutique aurait pu exercer aux égards des principales décisions relatives à la pandémie »[53]. Les conflits d'intérêts d'experts ont aussi été critiqués[54].

Gestion de l'épidémie d'Ebola[modifier | modifier le code]

L'OMS a été critiqué pour sa gestion de l'Épidémie de maladie à virus Ebola en Afrique de l'Ouest entre 2014 et 2016, notamment pour son manque de réactivité, un déficit en termes de communication et de coordination de l'urgence sanitaire[14],[55]. L'urgence de santé publique mondiale n'est émis que le 8 août 2015[14]. Ces difficultés ont induit certaines réformes au sein de l'OMS concernant les urgences sanitaires, par exemple avec la création d'un fonds de réserve en cas d'urgence[14].

Gestion de la pandémie de Covid-19[modifier | modifier le code]

La gestion de la pandémie de Covid-19 par l’OMS est mise en cause, en particulier pour sa « complaisance » vis a vis de la république populaire de Chine, notamment en comparaison de la gestion de l’épidémie de SRAS en 2003. En effet, ce pays est beaucoup plus puissant qu’en 2003 et l’OMS « est une instance qui est dirigée par ses Etats membres, lesquels ont un poids tout particulier au sein de l’organisation et échappent à toute critique de la part d’un secrétariat respectueux de la souveraineté des Etats. »[56],[57].

Pour la chercheuse Valérie Niquet, « l'OMS a suivi pas à pas toutes les déclarations chinoises, les répétant comme un perroquet. L'OMS n'a pas joué son rôle mais c'est exactement ce que voulait Pékin. De la même manière, elle a refusé de redonner un siège d'observateur à Taïwan, ce qui était une exigence de la direction chinoise ». Élu directeur de l'OMS grâce au soutien de la Chine, Tedros Adhanom Ghebreyesus est accusé d'avoir repris ses éléments de langage, d'avoir félicité Pékin pour sa transparence alors qu'au même moment la Chine était soupçonnée de cacher des informations et de faire pression pour ne pas déclarer d'urgence internationale, critiquant les États-Unis, qui avaient fermé leurs frontières aux voyageurs venant de Chine. Plus généralement, Tedros Adhanom Ghebreyesus est accusé d'être un instrument de la stratégie chinoise d'infiltration des organisations onusiennes, via le soft power de la diplomatie humanitaire[58].

Les États-Unis de Donald Trump annoncent en février 2020 leur intention de réduire de 53 % leur contribution au budget de l'OMS[59], mettant en danger son financement. En avril 2020, Donald Trump annonce la suspension des financements des États-Unis pour l'OMS[60]. Les ministres des Affaires étrangères et les diplomates de haut rang des 25 pays membres de l'« Alliance pour le multilatéralisme » indiquent en avril soutenir les travaux de l’Organisation mondiale de la santé (OMS)[61].

En réponse aux critiques de Donald Trump contre l'organisation, l'Organisation des Nations unies a apporté son soutien à l'OMS. Ainsi, le secrétaire général Antonio Guterres a déclaré : « L'Organisation mondiale de la santé, avec des milliers de ses employés, est en première ligne, soutenant les États membres et leurs sociétés, en particulier les plus vulnérables d'entre eux, avec des conseils, des formations, du matériel et des services vitaux concrets dans leur lutte contre le virus ».

Le 29 mai 2020, Donald Trump annonce que les États-Unis mettent fin à leurs relations avec l'OMS[62].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a et b « Pays », Liste des membres pas ordre alphabétique, sur who.int, Organisation mondiale de la santé (consulté le 29 janvier 2020).
  2. [PDF]Stratégie et rénovation du siège de l’OMS à Genève, who.int, consulté le 10 février 2020
  3. OMS - Structure et organisation « (…) siège situé à Genève (Suisse). » who.int, consulté le 10 février 2020
  4. (en) « League of Nations: Health Organization ».
  5. « Le Dr Tedros Adhanom Ghebreyesus prend ses fonctions de directeur général de l’OMS », sur who.int, Organisation mondiale de la Santé (consulté le 12 décembre 2017).
  6. « L’Éthiopien Tedros Adhanom Ghebreyesus élu directeur général de l’OMS », sur JeuneAfrique.com, Jeune Afrique, (consulté le 12 décembre 2017).
  7. a b c d e f g h i j k l m n o p q et r Yves Beigbeder, « L’Organisation mondiale de la santé : Chapitre I. Les origines historiques de l’OMS », sur Open Edition Book, Presses universitaires de France
  8. a b c d e f et g Patrick Zylberman, « L’épidémie, c’est l’homme autant que le microbe », Medecinenews, 30 avril 2009.
  9. « Feuille d'Avis Officielle du  ».
  10. a b c d e f g h i j k l m n o p q et r Yves Beigbeder, « L’Organisation mondiale de la santé : Chapitre II. La naissance de l’OMS, ses objectifs et l’évolution de sa stratégie et de ses programmes », sur Open Edition Book, Presses universitaires de France
  11. United Nations. Economic and Social Council.; International Health Conference, Actes de la Conférence Internationale de la Santé : qui s'est tenue à New York du 19 juin au 22 juillet 1946, New York, Lake Success and New York : United Nations, , 60 p. (OCLC 314222472).
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  19. Lion Murard, Des épidémies et des hommes, La Martinière, 2008. Cité par Patrick Zylberman, « L’épidémie, c’est l’homme autant que le microbe », Medecinenews, 30 avril 2009.
  20. Christine Maillard, « Le rôle de l’OMS dans la santé internationale », sur Cairn, Les Tribunes de la santé,
  21. Coronavirus : cinq questions sur l’urgence sanitaire internationale déclarée par l’OMS, Juliette Pousson, LeParisien, 31 janvier 2020
  22. 194 membres depuis l'adhésion du Monténégro, le 29 août 2006. Le Liechtenstein et le Saint-Siège sont non-membres de l’OMS, sachant que les autorités de Taïwan en sont toujours exclues de par la politique d'une seule Chine de la république populaire de Chine
  23. « OMS | Convention-cadre de l’OMS pour la lutte antitabac », sur WHO (consulté le 14 mars 2020)
  24. Yannick Jean, « Organisation mondiale de la Santé », sur Université de Sherbrooke
  25. « OMS | Présence de l'OMS dans les pays », sur WHO (consulté le 14 mars 2020)
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  27. Théo Boscher, Bessma Sikouk, « Qui finance l'OMS ? », Libération, (consulté le 19 mai 2020)
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  30. a et b « The U.S. Government and the World Health Organization », sur Kaiser Family Foundation,
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  33. Financement du Programme 2016 - 2017
  34. « Le gel des fonds américains, un énorme trou dans le petit budget de l'OMS », sur Le Figaro,
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  38. Alice Hérait, « Taïwan à l'OMS : le combat pour la reconnaissance continue », sur Asialyst,
  39. WHO | WHO and HIV/AIDS.
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  41. « Nouveau coronavirus (2019-nCoV) », sur www.who.int (consulté le 14 mars 2020)
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  52. David Leloup, « OMS : Manque de transparence et d'indépendance », Politique, revue de débats, Bruxelles, no 67, nov.-décembre 2010.
  53. Assemblée parlementaire du Conseil de l'Europe, « La gestion de la pandémie H1N1 : nécessité de plus de transparence », rapport, 7 juin 2010.
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  55. Stéphane Bussard, « L’OMS, 70 ans pour s’affirmer sur la scène mondiale », sur Le Temps,
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  58. Isabelle Lasserre, « L'Organisation mondiale de la santé sous influence chinoise », Le Figaro, 10 avril 2020, p. 22-23.
  59. Sonia Shah, « Contre les pandémies, l’écologie », sur Le Monde diplomatique,
  60. « Coronavirus : la suspension de la contribution américaine à l'OMS suscite de fortes inquiétudes », sur Les Echos,
  61. François Nordmann, « Covid-19: le nécessaire réveil du multilatéralisme », Le Temps,‎ (lire en ligne).
  62. « Trump met fin à la relation des Etats-Unis avec l'OMS », sur www.laliberte.ch (consulté le 29 mai 2020)

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]