Pôle emploi

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Pôle emploi
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Situation
Région 915 agences et relais (2017)
Création 20 décembre 2008
Type Établissement public à caractère administratif
Siège Paris
Budget 1,3 milliard d'euros (2012), 5,7 milliards d’euros (2016)
Organisation
Effectifs 45 422 (2012), 54 000 (2017)
Directeur général Jean Bassères
Président du conseil d'administration François Nogué
Personnes clés Jean-Louis Walter (Médiateur)

Site web www.pole-emploi.fr et pole-emploi.org

Pôle emploi est un établissement public à caractère administratif (EPA), chargé de l'emploi en France. Créé le , il est issu de la fusion entre l'Agence nationale pour l'emploi (ANPE) et l'Association pour l'emploi dans l'industrie et le commerce (Assédic).

L'établissement[modifier | modifier le code]

Pôle emploi République, 1er arrondissement de Lyon.

La loi no 2008-126 du relative à la réforme de l'organisation du service public de l'emploi[1] a créé une institution nationale publique, mentionnée à l'article L. 5312-1 du Code du travail, dont le nom « Pôle emploi » a été choisi en octobre 2008[2].

L'administration parle de Pôle emploi. Pour en parler, on ne devrait pas utiliser d'article : « Pôle emploi », « les missions de Pôle emploi », et non « le Pôle emploi » ou « les missions du Pôle emploi », mais, dans la pratique, on constate l'usage fréquent de l'article, comme pour tout organisme dont l'appellation est constituée d'un nom commun.

Il s'agit d'une institution ad hoc dotée de la personnalité morale et de l'autonomie financière, dont les personnels sont de statut privé, sauf ceux provenant d'organismes publics antérieurs et qui ont décidé, à l'époque de la fusion, de conserver leur ancien statut.

Depuis le , environ 900[3] professionnels de l'Association pour la formation professionnelle des adultes (AFPA) ont intégré Pôle emploi, conformément à la loi du relative à l'orientation et à la formation tout au long de la vie. Les personnels sont majoritairement des psychologues du travail (ex AFPA et conseillers Pôle emploi à la suite de mobilités internes). Ils constituent des « équipes d'orientation spécialisée » réparties sur le territoire métropolitain, selon différentes configurations (en agences, sur des plates-formes de service, etc.).

Historique[modifier | modifier le code]

Annoncée par Nicolas Sarkozy lors de la campagne électorale de 2007, la fusion entre l'Agence nationale pour l'emploi (ANPE) et le réseau Assédic devient effective par la loi du 13 février 2008 relative à la réforme du service public de l'emploi. L'objectif affiché est de créer un opérateur qui permette notamment aux demandeurs d'emploi d'avoir un seul interlocuteur (initialement nommé « référent unique », le terme de « conseiller personnel » a finalement été retenu) pour la gestion des offres d'emploi et de leur allocation [4]. Considérant que l'ANPE était un établissement public à caractère administratif (EPA) et l'Assedic une association de droit privé, gérée paritairement par les organisations patronales et syndicales, certaines critiques soulignent que la fusion conduit surtout à renforcer la tutelle de l'État sur un secteur historiquement géré de façon relativement autonome par les parties sociales[5].

Pôle emploi intervient également à l’international, par le biais d’une gamme de services aux candidats à la mobilité européenne et internationale et aux entreprises qui les recrutent. Le réseau Pôle emploi international propose de 30 000 à 40 000 offres par an, en Europe et à l'international.

Pôle emploi existe juridiquement depuis le 19 décembre 2008, date de la première réunion de son conseil d'administration. Christian Charpy, ancien directeur général de l'ANPE et délégué général de l'instance nationale provisoire a été à cette occasion nommé directeur général. Dominique-Jean Chertier a été élu président du conseil d'administration.

Par la suite, en avril 2009, l’État, l’Unédic et Pôle emploi signent la première convention tripartite pluriannuelle concernant la période de 2009 à 2011. La période 2009-2011 a été divisée en deux : en 2009, l’objectif est de s’assurer de la réussite de la fusion avec la mise en place d’améliorations de l’offre de service. La seconde période, 2010-2011, devrait « améliorer durablement l’offre de services et le fonctionnement du marché du travail »[6].

Le 11 janvier 2012, l’État, l’Unédic et Pôle emploi signent la deuxième convention tripartite s’étalant de 2012 à 2014. Celle-ci fixe trois priorités à Pôle emploi : la personnalisation de l’offre de services, la proximité territoriale, et l’optimisation des moyens. Le chômage de longue durée est particulièrement visé[7].

La signature d’une nouvelle convention tripartite le vient conforter la priorité donnée à la personnalisation de l’accompagnement des demandeurs d’emploi et des entreprises. Elle acte également de la nécessité de poursuivre le développement de l’offre de service digitale pour simplifier et accélérer la recherche d’emploi et les recrutements[8],[9].

Dirigeants[modifier | modifier le code]

Depuis le , Jean Bassères a succédé à Christian Charpy en tant que directeur général de Pôle emploi[10] sur une nomination de Nicolas Sarkozy. Sous la présidence de François Hollande, il est reconduit à son poste le pour une durée de trois ans, après accord de l'Assemblée nationale et du Sénat[11], puis renouvelé par décret du 13 décembre 2017, sous la présidence d'Emmanuel Macron[12].

Le , François Nogué a pris la place de Dominique-Jean Chertier en tant que président du conseil d’administration. Il a été reconduit le par arrêté du , et élu président lors du conseil d'administration du .

À son entrée en fonction, Jean Bassères déclare vouloir impulser une certaine « transparence » à Pôle emploi. À cet effet, les publications se multiplient : statistiques du chômage et indicateurs sur l’avancée des objectifs de la convention tripartite[13] notamment. Malgré cette nouvelle « transparence » certaines publications se sont fait attendre[14]. Désormais, Pôle emploi communique chaque semestre sur 4 indicateurs de performance[15] consultables au niveau national mais également au niveau de chaque territoire et agence[16].

De son côté, le président du conseil d’administration François Nogué est spécialisé dans le secteur des ressources humaines. Il est directeur général délégué ressources humaines du groupe SNCF et préside le comité des directeurs de ressources humaines des entreprises ferroviaires européennes au sein de la Communauté européenne du rail (CER).

Gouvernance[modifier | modifier le code]

La gouvernance est assise sur un conseil d’administration et une direction générale[17].

Au niveau national, le Conseil d’administration est composé de dix-neuf membres nommés pour trois ans renouvelables, par arrêté du ministre chargé de l’emploi.

Il comprend :

  • cinq représentants de l’État ;
  • cinq représentants des organisations syndicales de salariés interprofessionnelles représentatives au niveau national (CFDT, CFE/CGC, CFTC, CGT et CGT/FO) ;
  • cinq représentants des organisations professionnelles d’employeurs représentatives au niveau national et interprofessionnel (CGPME, MEDEF et UPA) ;
  • deux personnalités qualifiées désignées par le ministre chargé de l’emploi ;
  • deux représentants des collectivités territoriales désignés sur proposition conjointe de l’Association des régions de France, l’Association des départements de France et l’Association des maires de France ;
  • le directeur général exerce la direction de cet établissement public doté de la personnalité morale dans le cadre des orientations définies par le conseil d’administration.

L’absence de représentants des agents de Pôle emploi et des associations de chômeurs dans le conseil d’administration est reprochée à Pôle emploi[18].

Au niveau régional, chaque région administrative est dotée d’une direction régionale considérée comme un établissement. Pôle emploi comprend 17 directions régionales depuis la fusion des régions en janvier 2016.

Dans chaque région, le directeur régional de Pôle emploi signe avec le préfet une convention visant à programmer les interventions de Pôle emploi au regard de la situation locale de l’emploi et du marché du travail, à préciser les conditions de sa participation et de l’évaluation de son action ainsi qu’à définir les conditions de sa coopération avec les maisons de l’emploi, les missions locales et les partenaires locaux.

Missions quotidiennes, le cœur de métier[modifier | modifier le code]

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Article détaillé : Assurance chômage en France.

Pôle emploi a trois tâches essentielles : 1) l'accompagnement au retour à l'emploi, 2) l'indemnisation des demandeurs d'emploi , par le biais de l'allocation d'aide au retour à l'emploi (dite ARE) ou de l'allocation de solidarité spécifique, (dite ASS) et bien d'autres (RFF, RFPE, ACRE, NACRE), 3) la mise en relation des entreprises et des candidats demandeurs d'emploi.

Ces trois missions correspondent donc, dans l'organisation interne, à trois services bien distincts, mais travaillant en synergie.

En détail, ses missions sont les suivantes :

A) Service placement :

  1. prendre part aux inscriptions sur la liste des demandeurs d’emploi, tenir celle-ci à jour. Pour cela différents outils sont utilisés :
    • l'inscription, exclusivement sur Internet depuis le 1er mars 2016,
    • la finalisation de cette inscription par le biais de l’entretien de situation (ESI). L’objectif de ce premier entretien est de clarifier le plan d’action du demandeur d’emploi et d’anticiper les problèmes qu’il pourrait rencontrer pour mieux les traiter [19]
  2. l’accompagnement de chaque demandeur d’emploi dans sa recherche d’emploi jusqu’au placement (4,1 millions de retours à l'emploi en 2017
    • La mise en œuvre du Conseil en évolution professionnelle (CEP), pour permettre aux actifs de faire le point sur leur situation professionnelle et mobilisation de différents outils : Bilan de compétences, formations, ateliers, prestations décentralisées, mises en situation professionnelles
    • ,l'accompagnement des demandeurs d’emploi souhaitant reprendre ou créer une entreprise. Pour ceux-ci, Pôle emploi propose des ateliers ou des prestations dont les objectifs sont de formaliser les ambitions du demandeur d’emploi et de démarrer un « business plan », et des financements[20]. En 2016, 90 000 demandeurs d'emploi ont été accompagnés dans le cadre d'un projet de création ou de reprise d'entreprise[21].
  3. le suivi des actualisations mensuelles et le contrôle renforcé de la recherche d'emploi, pour vérifier que les demandeurs d'emploi inscrits recherchent bien un emploi

B) Service entreprise :

  1. la prospection du marché du travail en allant au-devant des entreprises non encore inscrites chez PE.
  2. l’aide aux entreprises déjà enregistrées, dans leurs recrutements identifiés, présents ou potentiels (403 000 établissements ont utilisé les services de Pôle emploi en 2017). Depuis juin 2015, Pôle emploi a déployé 4 300 conseillers consacrés aux entreprises, afin de réduire le délai de satisfaction des offres d’emploi[22],[23],
    • Analyse de la fiche de poste
    • Aide à la rédaction de l'annonce
    • Présélection et envoi de candidatures ciblées, extraite des viviers de demandeurs d'emploi.
  3. Le CLUB RH analyse chaque année les données chiffrées et l'adéquation offre d'emploi/réponses apportées

C) Service Indemnisation :

  1. la participation au processus d'inscription, par un rendez-vous spécialisé , exclusivement dédié à la constitution du dossier de demande d'allocation
  2. le calcul et versement des allocations des demandeurs d’emploi indemnisés (9,9 millions de dossiers de demande d'allocation traités en 2017)
  3. le lien entre Pôle Emploi et d'autres acteurs du suivi social : AGDREF, CNAV, etc...
  4. le calcul et le versement des aides financières aux créateurs ou repreneurs d'entreprise. Deux grands types d'aide sont propos :
      • l'ARCE (aide à la reprise ou à la création d'entreprise), qui permet au demandeur d'emploi de recevoir sous forme de versement une partie des droits à l'allocation chômage dont il est bénéficiaire. Cette aide est accessible aux demandeurs d'emploi ayant créé ou repris leur entreprise après la rupture de leur contrat de travail[24]
      • l'ARE (aide au retour à l'emploi), qui permet également au demandeur d’emploi de cumuler ses allocations chômage aux revenus éventuels tirés de son entreprise. Cette aide a été prolongée de 15 à 24 mois à la suite de l’entrée en vigueur de la nouvelle convention d'assurance chômage, ratifiée le 1er octobre 2014[25]

Pour répondre à ces missions, Pôle emploi a mis en place plusieurs services téléphoniques :

  • le 39 49, le numéro court réservé aux demandeurs d’emploi, qui permet de s’actualiser, consulter leur[26] dossier et obtenir un conseiller
  • le 39 95, le numéro qui permet aux entreprises d'entrer en contact avec Pôle emploi pour déposer leurs offres.


Concernant l'actualisation de situation, Pôle emploi délègue ses services à deux entreprises privées : la société Tessi et la société Arvato qui gèrent les centres de Tri spécial à l'arrivée (TSA) de chaque circonscription régionale (à l'exception de la Région Rhône-Alpes qui est répartie sur deux TSA différents). Par une décision du CCE du [27], il a été décidé qu'à partir du , il y aurait en France métropolitaine trois nouveaux TSA.

Les demandeurs d'emploi doivent renvoyer leurs bulletins de salaire chaque mois lors de leur actualisation auprès de ces nouveaux TSA. Plus précisément :

Missions exceptionnelles[modifier | modifier le code]

  • Publication de l'enquête annuelle sur les besoins en main d'œuvre (BMO[29]) : pour établir des tendances et identifier les difficultés de recrutement des entreprises, Pôle emploi interroge chaque année 1,6 million d'établissements sur leurs intentions de recrutement pour l'année à venir. Selon le site web Actuchomage, « l'enquête BMO n'est pas fiable »[30]. Toutefois, parmi les établissements qui ont déclaré une intention d’embauche dans l'enquête BMO 2016, 8 sur 10 ont déposé au moins une Demande préalable à l’embauche (DPAE) auprès de l'Urssaf en 2016[31].
  • 2013 : le plan 30 000. Le 10 juillet 2013, les partenaires sociaux se sont mis d'accord avec l'État pour financer un plan d'urgence visant à former 30 000 chômeurs de longue durée[32]. Pôle emploi a participé à ce plan en finançant certaines formations professionnelles. Avec 39 400 entrées en formation supplémentaires, ce plan a dépassé ses objectifs initiaux et a été reconduit pour l'année 2014, avec cette fois une barre fixée à 100 000 entrées supplémentaires dont 73 % ont été financées par Pôle emploi (soit un montant de 139 millions d’euros)[33],[34]. En 2016, c'est un nouvel objectif de 500 000 entrées en formations supplémentaires qui a été fixé[35].
  • Le recueil et le traitement des données relatives au marché du travail et à l'indemnisation des demandeurs d'emploi

Évolution de l'institution[modifier | modifier le code]

De 2009 à 2014[modifier | modifier le code]

Le 31 mars 2009, dans un contexte de hausse du nombre de demandeurs d'emploi (+0,3 million de demandeurs d'emploi en un an), le recrutement de 1 840 employés est annoncé par le président de la république[36],[37]. Dix-neuf mois plus tard, alors que le nombre de demandeurs d'emploi a évolué de 3,6 millions à 4,25 millions (catégories A, B, C dont les DOM), la direction de Pôle emploi annonce la suppression de 1 800 postes[38],[39].

Le 20 novembre 2009, une nouvelle convention collective a été ratifiée par cinq syndicats, cette nouvelle convention collective nationale (CCN) est entrée en vigueur le 1er janvier 2010. De fait, les agents de l'ex-Assedic ont basculé directement sur cette nouvelle CCN, quant aux agents ex-ANPE, ils pourront opter pour cette convention ou conserver leur statut de droit public, non titulaires de l'État sous statut voté en 2003, (le droit d'option sera de deux ans à compter du 1er janvier 2010). Cette nouvelle CCN permettra une homogénéisation des statuts dans le cadre de la nouvelle institution Pôle emploi. À la fin des années d'option (possibilité pour les agents sous statuts public « d'opter » pour la nouvelle CCN), les agents sous statut de droit public représentent 10 % du personnel (en 2008 avant la fusion les agents du service public ex « ANPE » représentaient les 2/3 des effectifs)

De nombreuses grèves ont eu lieu au sein de cette nouvelle structure. Les agents tentent de se prémunir contre les effets d'un management productiviste[40], tandis que des « usagers » s'adressent parfois à eux pour proposer une convergence qui aurait pour objectif un appui aux droits des chômeurs et précaires[41],[42], fort mal reconnus[43] par l'institution[44]. Alors que Laurent Wauquiez évoquait le 19 janvier 2010 un nombre de dossiers suivis par agent variant entre 60 et 95, Le Canard enchaîné publie le 10 février 2010 des documents confidentiels qui montrent que ce nombre est en réalité supérieur à 300[45].

Un mois après la publication, le 15 mars 2010, de son rapport[46] sur les radiations des chômeurs, et devant l'absence de réaction de la direction, le médiateur Benoît Génuini démissionne[47]. Début juin 2010, l'application du nouveau dispositif en faveur des chômeurs en fin de droits provoque de sérieux remous et une levée de boucliers de l'ensemble des syndicats[48].

En 2012, avec la hausse du chômage et le non-recrutement d'agents, une enquête du Parisien établit qu'un conseiller s'occupe de 200 chômeurs en moyenne, avec des records à plus de 600 chômeurs[49]. Face à une situation devenue ingérable, le nouveau directeur général décide de ne plus faire de suivi mensuel[50].

2012 et au-delà : mise en place de « Pôle emploi 2015 »[modifier | modifier le code]

Pour faire face, Pôle emploi adopte alors le « plan stratégique 2015 » dont un des objectifs est de mieux suivre les demandeurs d'emploi. C’est alors que, en janvier 2013, Pôle emploi met en place le « suivi différencié ». Un suivi qui consiste à suivre davantage les profils les plus éloignés du monde du travail (« accompagnement renforcé ») et laisser davantage d’autonomie aux profils considérés comme plus autonomes. Selon ce nouveau suivi, un conseiller voué à l’accompagnement renforcé ne devrait pas suivre plus de 70 chômeurs[51].

En juin 2013, pour augmenter le taux de satisfaction des entreprises (58 % en 2012)[52], Pôle emploi a mis en place une « nouvelle offre de services plus personnalisée aux entreprises »[52]. L'objectif est alors de personnaliser l'offre auprès des entreprises pour adapter l'accompagnement de Pôle emploi en fonction de leurs différents besoins (pas de service RH pour certaines d'entre elles, besoins de recrutement avec des délais serrés, recrutements nombreux ou difficiles, etc.)[53].

Par ailleurs, afin de rendre les offres d’emploi plus accessibles aux chômeurs, Pôle emploi a développé en 2013 des partenariats avec d'autres sites d'emplois et réseaux sociaux professionnels privés (dont Regionsjob, Viadeo, MétéoJob, Keljob.com, etc.)[54]. Pôle emploi et ces sites ont alors commencé, durant l'été 2013, à échanger leurs offres d'emploi pour les intégrer sur leurs sites respectifs. Ce « changement de cap »[54] s'insère dans une stratégie de « transparence de marché du travail »[55], dont l'objectif principal est de « s'attaquer aux offres non pourvues »[55].

Depuis janvier 2014, Pôle emploi est désormais informé lorsqu'un chômeur retrouve un travail ; jusque-là, cette information ne pouvait être communiquée que par l'ancien chômeur s'il en faisait la démarche, ce qui était plutôt rare. Les Urssaf auront ainsi désormais la charge de communiquer ces données à chaque centre, ce qui permettra, selon l'agence, de mieux lutter contre la fraude[56].

2013 : renforcement des moyens humains[modifier | modifier le code]

En février 2013, face à un taux de chômage de 24 % chez les jeunes Français, Pôle emploi, en partenariat avec le service public de l'emploi allemand, a inauguré le "premier bureau européen de placement"[57] à Kehl, en Allemagne. Ce bureau a pour objectif de favoriser l'intégration dans l'emploi des demandeurs d'emploi des deux nationalités en simplifiant les démarches de ceux-ci[58].

En mars 2013, le premier ministre Jean-Marc Ayrault a annoncé le recrutement de 2 000 agents en CDI par Pôle emploi. Jean Bassères, directeur général de Pôle emploi, a déclaré par la suite que « l'objectif est de dégager 2 000 équivalents temps-plein au profit de l'accueil et de l'accompagnement des chômeurs, en transférant, d'ici à 2014, 600 postes des fonctions administratives vers les agences »[59].

Au total, le ministère du Travail a alors estimé que le nombre d'agents au contact des chômeurs passera alors de 29 000 à 35 000[60].

Illustration du renforcement de ces moyens, une agence Pôle emploi ouvre en avril 2013 à Clichy-sous-Bois, avec 44 agents pour accompagner les 5 800 chômeurs de la ville[61]. Cette ouverture a été considérée comme un « symbole du retour de l'État » dans les quartiers sensibles et correspond à une logique globale d'investissement de Pôle emploi dans les quartiers prioritaires, ainsi que de recrutements d'agents parmi les habitants locaux[62].

En juin 2013, malgré ces investissements, la députée Monique Iborra (PS) présente un rapport sur la situation de Pôle emploi et dénonce des moyens « incontestablement limités » au regard de la situation économique[63].

Le premier bilan des missions de Pôle emploi a été publié en juillet 2013. Une note « moyenne » a été donnée par le journal Le Monde à Pôle emploi. Les bons points cités sont le temps entre l’inscription et le premier entretien (90 % sont reçus sous 10 jours) ou encore la ponctualité des indemnisations (90 % parviennent dans les délais). Le retour à l’emploi a aussi augmenté de 2,8 % si l’on omet l’effet de la crise. Les chômeurs semblent en revanche moins satisfaits, puisqu’ils sont passés de 54,8 % en 2011 à 52,1 % en 2012. Même constat pour la satisfaction concernant l’information sur les indemnisations qui passe de 68 % de satisfaits en 2011 à 64 % en 2012[64].

2014 : création de « l'accompagnement global »[modifier | modifier le code]

Le 1er avril 2014, un protocole d’accompagnement a été signé entre Pôle emploi et l’Assemblée des départements de France (ADF) pour créer « l’accompagnement global »[65]. Les départements et Pôle emploi se sont alors associés pour soutenir les demandeurs d’emplois en situation de précarité. Concrètement, Pôle emploi continue d'accompagner les demandeurs d'emploi dans leur recherche d'emploi, tandis que les départements aident ces derniers en cas de difficultés sociales (logement, mobilité…)[65].

Mi-juin 2014, le ministère du Travail déclarait que ce dispositif, en place dans 5 départements à l’époque, « serait étendu à plus de 60 départements d’ici à juillet 2015 »[66]. À fin 2017, ce sont 97 départements qui sont officiellement engagés dans cette démarche[67]. 56 % des demandeurs d’emploi entrés dans ce dispositif en avril 2015 ont accédé à l’emploi dans les 12 mois[68]. En 2017, 120 000 personnes ont bénéficié d'un accompagnement global[69].

Renforcement de la politique numérique[modifier | modifier le code]

Pôle emploi affiche sa volonté d’avoir de plus en plus recours au numérique dans l’accompagnement des demandeurs d’emploi[70]. Plusieurs dispositifs ont été mis en place :

  • l'accompagnement 100 % web, qui consiste à offrir la possibilité aux demandeurs d’emploi qui le souhaitent de bénéficier d'un accompagnement dématérialisé : les entretiens se font alors par webcam et chat et les demandes sont traitées par mail. Ce dispositif, testé par 8 000 demandeurs d’emploi, et plébiscité par 97 % d’entre eux[71], a été généralisé au [72] sous la forme d'une modalité d'échange par visioconférence avec le conseiller[73] ;
  • les salons virtuels[74], qui ont pour but de faciliter la recherche d'emploi des personnes handicapées et toucher un public nouveau lors des salons de l'emploi[75]. Entre septembre 2015 et juin 2016, les 100 salons en ligne ont rapproché 1 500 recruteurs et 64 000 demandeurs d’emploi[76] ;
  • les MOOC pour l’emploi[77], une plateforme en ligne créée et animée par les experts de Pôle emploi et des entreprises partenaires. Cette plateforme propose des cours en ligne autour de la recherche d’emploi afin de compléter l’accompagnement des conseillers et les informations en ligne[78] ;
  • l'Emploi Store[79], une plateforme qui centralise aujourd'hui plus de 300 services et applications (web ou mobiles[80]) pour l’emploi, issus à la fois de 180 partenaires privés et publics. Il s’agit également d’un espace d’innovation collaborative : sur l’Emploi Store Dev, Pôle emploi met à disposition ses données et permet ainsi aux développeurs de créer de nouvelles applications. Fin novembre 2015, Pôle emploi a également ouvert l’Emploi Store Idées, qui permet à chacun de déposer une idée, échanger sur celle-ci ou l’adopter pour qu'elle devienne un outil pour l'emploi[81] ;
  • le « nouveau parcours du demandeur d'emploi », initié en septembre 2015, devrait permettre aux demandeurs d’emploi de passer moins de temps sur les démarches administratives (inscription et indemnisation) et de bénéficier de plus de temps avec leur conseiller pour la recherche d’emploi. Pour ce faire, ces démarches seront à réaliser en ligne, mais « une assistance téléphonique gratuite sera accessible et la démarche restera possible directement en agence »[82].

Cette démarche d’open innovation se traduit également par l’organisation de « challenges », afin de développer de nouveaux outils au service des demandeurs d’emploi et des entreprises. Une activité pilotée par Le Lab Pôle emploi[83], l’espace de Pôle emploi consacré à l’innovation lancé en septembre 2014[81].

Dans un rapport paru en mars 2015[84], le Conseil d'orientation pour l'emploi (COE) a salué la transformation numérique de Pôle emploi, estimant que sa politique d'agrégation des offres d'emploi sur internet lui a permis de se positionner comme un « agrégateur de premier rang, complémentaire des autres acteurs du marché »[85]. De fait, Pôle emploi reste le site d’emploi en ligne le plus consulté et le plus utilisé par les internautes pour la recherche d'emploi d'après Mediametrie[86],[87],[88]. Avec 600 984 annonces disponibles sur pole-emploi.fr[89] le 17 juillet 2018, Pôle emploi est également l'acteur proposant le plus d'offres d'emploi en ligne[90],[91],[92].

Pour lutter contre la fracture numérique, 2 200 jeunes en service civique ont été embauchés afin d'accompagner les plus éloignés du numérique à l'utilisation des nouveaux outils et services de Pôle emploi, comme les aider à réaliser leur inscription en ligne dans les agences[93],[94].

2015 : l'accompagnement différencié[modifier | modifier le code]

Le 2 juillet 2012, le plan « Pôle emploi 2015 », destiné à déployer une nouvelle organisation, a officiellement été lancé. Cette nouvelle organisation devait s’accompagner de « 2 000 équivalents temps plein supplémentaires consacrés à l’accompagnement des chômeurs »[95].

Le « suivi différencié » remplace alors, courant 2013 / 2014, le suivi mensuel personnalisé qui consistait à ce que les chômeurs soient tous reçus tous les mois par leur conseiller. Cet objectif n’a jamais été tenu[96]. Ce nouveau suivi, destiné à accompagner davantage les profils fragiles, est présenté sous la forme de trois modalités :

  • un accompagnement « suivi », pour les demandeurs d'emploi dont l'autonomie est la plus grande ;
  • un accompagnement « guidé », pour ceux qui nécessitent d'être appuyés ;
  • un accompagnement « renforcé », pour les chômeurs les plus éloignés de l’emploi, avec un entretien par semaine.

Le principe même de ce suivi personnalisé pose cependant des questions, notamment au sujet du principe d’égalité de traitement[97] et nécessite « des modifications profondes dans l’organisation du travail »[98].

Afin de favoriser l’accès à l’emploi durable pour les jeunes demandeurs d’emploi, Pôle emploi a renforcé en 2015 son offre de services avec l’Accompagnement Intensif des Jeunes (AIJ). Au-delà des conseillers qui suivent les demandeurs d’emploi de tout âge, 788 conseillers sont exclusivement consacrés au dispositif[99],[100].

Pôle emploi en 2016[modifier | modifier le code]

En juin 2016, Pôle emploi tente une mutation en tentant de répondre aux besoins des entreprises et de se voir comme un « cabinet de recrutement gratuit » qui accompagne les entreprises dans leur recherche de main d'œuvre. Selon le magazine Challenges, l'opération a pour but de renforcer l'efficacité de Pôle emploi et de redorer son image[101].

Cette stratégie s'illustre notamment par la refonte de l'espace recruteur sur pole-emploi.fr, ainsi que le développement de nouveaux services en ligne et sur mobile : simulateur du coût d'un recrutement et des aides à l'embauche disponibles, création de pages employeur personnalisées, recherche de CV par compétence et par mot-clé, possibilité de contact direct avec des demandeurs d'emploi, application mobile « Je Recrute »[102].

Pôle emploi en 2017[modifier | modifier le code]

Lors de la campagne pour les élections présidentielles, le futur président Macron informe que dans son plan pour lutter contre le chômage, tout demandeur d’emploi pourra refuser une offre mais pas deux[103].

En mars 2017, un rapport IGF-Igas salue notamment la mise en œuvre du nouveau parcours du demandeur d'emploi avec un « redéploiement de moyens au profit de ceux qui en ont le plus besoin », et note que « le temps consacré au suivi et à l'accompagnement personnalisé a continué d'augmenter en 2016, dépassant l'objectif fixé »[104],[105],[106].

Performance[modifier | modifier le code]

En 2017, pour la première année, Pôle emploi a atteint ou dépassé 100 % des objectifs fixés par la convention tripartite signée avec l’État et l’Unédic pour la période 2015-2018 (14/14 indicateurs de la convention sont à la cible)[69].

En décembre 2017, les indicateurs de performance de Pôle emploi étaient à la hausse[107] :

  • nombre de retours à l'emploi : 4 135 037 ;
  • taux de paiements dans les délais : 94 % ;
  • taux de satisfaction des demandeurs d'emploi : 71 % ;
  • taux de satisfaction des entreprises : 71 %.

Pôle emploi en 2018[modifier | modifier le code]

En mars 2018, Pôle emploi annonce qu’elle a versé un milliard d'euros en trop aux demandeurs d'emploi durant l’exercice 2017. Certaines voix accusent l’externalisation de la saisie d'une partie des déclarations[108].

Pour ne pas réitérer cette erreur, l’agence Pôle emploi et l'Unédic ont mis en place un groupe de travail[109].

En mai 2018, Pôle emploi lance « On est là pour vous ! » : une série de tutoriels vidéos disponible sur la chaîne YouTube de l’agence dans lesquels les conseillers de Pôle emploi donnent, dans un format court (entre une minute trente secondes et deux minutes trente secondes), des conseils pour la recherche d’emploi et répondent aux questions les plus souvent posées[110]. Au cours de l'année, Pôle Emploi mène plusieurs actions pour promouvoir l'alternance[111] : une section dédiée à l'alternance est mise en place sur leur plateforme de recherche et deux outils de recherche en ligne sont lancés : « la bonne alternance » (qui permet aux candidats de trouver une entreprise) et « la bonne formation » (qui permet aux demandeurs d'emploi de trouver une formation professionnelle).

En 2018, l’agence va devoir aborder une nouvelle réforme de l'assurance chômage qui sera mise en œuvre durant l'été 2018. En effet, selon le « programme de travail pour rénover notre modèle social », le président Macron et son Premier ministre ont annoncé qu’ils allaient ouvrir les droits à l'assurance chômage à deux nouvelles catégories : les travailleurs indépendants et les salariés démissionnaires. Cela engendra un coût supplémentaire compris entre quatre et huit milliards d’euros selon les prédictions[112].

Le 20 novembre 2018, 29 % des agents de Pôle emploi se mettent en grève à l'appel de plusieurs syndicats. Il s'agit d'une mobilisation record pour cet opérateur public depuis sa création. Les syndicats dénoncent la suppression de 800 emplois à partir de 2019. De manière générale, les collaborateurs pointent du doigt la dématérialisation à outrance de l'accompagnement des demandeurs d'emploi. Certains conseillers doivent gérer jusqu'à 1 000 candidats, ce qui rend impossible un accompagnement de proximité[113].

Un rapport publié le 21 décembre par l'Igas et l'Inspection générale des Finances indique que Pôle emploi a rempli ses objectifs pour la période 2015-2018. À savoir que les réformes importantes notamment autour de l'accueil du public et le développement de la dématérialisation des services d'inscription et d'indemnisation ont permis « de renforcer la spécialisation des agents et de redéployer » les moyens « vers l'accompagnement des demandeurs d'emploi »[114]. Entre janvier 2015 et décembre 2017, le nombre de demandeurs d'emploi ayant eu recours à un accompagnement intensif a augmenté de 71 %.

Pôle emploi en 2019[modifier | modifier le code]

Au est publié un décret prévoyant la suppression de l'allocation (non récupérable) pour un mois ou plus en cas de refus successifs d'« offres raisonnables d'emploi »[115],[116]. Ce dernier fait suite de la rubrique « contrôle des chômeurs » pour l'évolution de la réforme « Avenir professionnel »[115]. Le jour même, le secrétaire confédéral du syndicat Force ouvrière, Michel Beaugas, réagit sur le site de franceinfo en dénonçant « une précarisation rampante des demandeurs d'emploi »[117].

Le nombre de dossiers traités par Pôle emploi est nettement plus élevé que les chiffres affichés par la direction. En effet, ces chiffres ne comprennent pas les catégories C, D et E, celles concernant les personnes travaillant plus de 78 heures par mois, qui sont en formation ou en arrêt maladie, et qui n'apparaissent dans aucune statistique [118].

Le 18 juin 2019, Muriel Pénicaud annonce la réforme de l'assurance-chômage avec le recrutement à venir de plus de 1 000 nouveaux employés à partir de 2020[119]. Parmi les grandes nouveautés, un projet d'allocation chômage dégressif à partir de six mois sans activité pour les cadres touchant plus de 4.500 euros[120]. Cette mesure déclenche la colère des syndicats qui l'estiment injuste[121]. Par ailleurs, un système de bonus-malus concernera les entreprises de plus de onze salariés qui sont pourvoyeuses de futurs chômeurs[122]. Des taux de 3 à 5% seront appliqués sur les cotisations patronales en fonction du nombre de salariés qui s'inscrivent à Pôle Emploi une fois terminée leur période dans l'entreprise[123].

Références[modifier | modifier le code]

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  5. Laurent Bonelli et Willy Pelletier, De l’État-providence à l’État manager, Le Monde diplomatique, décembre 2009
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  14. "Le Monde gagne son recours contre Pôle emploi, qui s'engage à transmettre ses données" - Le Monde, 30 juillet 2013.
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Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

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