Parc Sainte-Périne

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Parc Sainte-Périne
Image illustrative de l'article Parc Sainte-Périne
Vue du parc Sainte-Périne.
Géographie
Pays Drapeau de la France France
Commune Paris
Quartier 16e arrondissement de Paris
Superficie 5,4 ha
Histoire
Création 1977
Localisation
Coordonnées 48° 50′ 43″ nord, 2° 16′ 08″ est

Géolocalisation sur la carte : Paris

(Voir situation sur carte : Paris)
Parc Sainte-Périne

Le jardin Sainte-Périne est un parc vallonné d'environ 59 400 m2, dont près de 40 000 m2 ouverts au public, situé dans le 16e arrondissement de Paris, dans le quartier d'Auteuil, entre l'avenue de Versailles et la rue Mirabeau.

Historique[modifier | modifier le code]

De 1109 à la Révolution, il fait partie de la résidence de campagne des moines de l'abbaye Sainte-Geneviève. Leur propriété était alors délimitée par la Seine et les actuels boulevard Exelmans et rues Boileau, d'Auteuil et Wilhem.

À la suite du démantèlement de leur patrimoine, vendu comme bien national lors de la Révolution par le district de Saint-Denis, puis livré aux vaches et chevaux, le domaine connaît plusieurs propriétaires avant d'être morcelé et considérablement réduit. Il finit par échoir aux filles de la comtesse d'Aubusson, qui le cédèrent à l'Assistance publique en 1858. L'institution Sainte-Périne de Chaillot s'y établit alors.

Une des entrées du parc en hiver (février 2012).
Plan du parc.

Devenu espace vert classé, le parc est cédé gratuitement en 1977 à la mairie de Paris pour en faire un jardin pour les enfants du quartier. La vocation du lieu n'est cependant pas trahie, puisque la plus belle partie du domaine continue d'accueillir l'institution Sainte-Périne ainsi que la maison de retraite Chardon-Lagache, édifiées entre 1859 et 1865, et la fondation Rossini.

La remise en cause de la vocation du parc Sainte-Périne[modifier | modifier le code]

En juin 2006, lors de l'élaboration du plan d'urbanisme, le maire socialiste de Paris, Bertrand Delanoë, tente de faire voter le déclassement de cet espace vert protégé au motif qu'il s'agit d'un terrain libre et constructible, bien qu'en zone inondable, promettant ainsi à l'abattage plus d'une centaine de platanes, tilleuls et arbres exotiques[1],[2].

L'objectif est de construire sur près de 6 % de sa superficie (en fait, la partie la plus boisée située dans l'enceinte de l'hôpital Sainte-Périne où sont situés 80 % des arbres du parc) un ensemble immobilier de 210 logements « à vocation sociale » dont la moitié destinée au personnel de l'APHP[3]. Ce projet rencontre l'opposition massive des riverains, des écoles et du conseil de quartier, du conseil d'arrondissement et de la ligue pour la protection des oiseaux.

En fait, selon l'association de riverains qui défend le parc, l'opération de promotion immobilière aurait pour but, non de loger des infirmières, mais les cadres administratifs de l'APHP. La même association dénonce un chiffrage fantaisiste destiné à cacher un bétonnage du parc pour en faire un simple square[4].

Le 12 juin 2006, l'entreprise de déclassement du parc est finalement mise en échec par la conjonction d'un vote improbable de l'UMP, de l'UDF et des Verts parisiens, ces derniers estimant qu'il « est difficile d'admettre que le peu d'espaces verts disponibles à Paris soient bétonnés » alors que « sur les terrains vierges aménageables, la ville prévoit de construire principalement des bureaux et seulement 15 % de logements sociaux ». Les Verts dénoncent aussi à cette occasion l'attitude de l’APHP qui, tout en étant « le 4e propriétaire foncier parisien », revend à un promoteur privé l’ensemble immobilier de l’hôpital Laennec.

Ce rejet est alors dénoncé par Jean-Yves Mano, adjoint au maire de Paris chargé du logement et conseiller municipal élu dans le 16e arrondissement, comme une « stratégie de défense des bobos » alors que l'adjoint PC chargé de la santé, Alain Lhostis, déplore que l'on empêche des infirmières de se loger (l'APHP possède pourtant depuis 2001 à quelques mètres de là une résidence contenant 250 logements au 22 rue Wilhem, mais dont trois seulement ont été attribués à des infirmières). Il s'en prend alors à la « satisfaction égoïste de quelques riverains privilégiés », à l'« égoïste sûr » et aux « misérables petites manœuvres politiciennes » du groupe des Verts, promettant de passer outre le vote démocratique[5]. Ainsi, le 23 juin, lors du Conseil de l'APHP, c'est en tant que président suppléant de Bertrand Delanoë, qu'Alain Lhostis présente et fait adopter un nouveau vœu pour demander à la mairie de Paris (donc à soi-même) d'annuler le vote du 12 juin et de rendre constructible cet espace vert protégé.

Lors de la campagne des élections municipales de 2008, les têtes de listes des Verts pour le 16e, Pascale Ourbih et Anne Souyris, soutenues par le candidat vert pour Paris, Denis Baupin, adjoint au maire de Paris, prennent ostensiblement de nouveau la défense du parc au côté des habitants du quartier, dénonçant le « maire bétonneur »[6] après que Bertrand Delanoë, dans une interview au journal de Bruce Toussaint sur Canal+ le 11 février 2008, puis sur LCI le même jour, eut qualifié d’aberration le vote des élus parisiens à propos du parc et repris son idée de construire 210 logements sociaux à la place de cet espace vert parisien. Pierre-Christian Taittinger, le maire de l'arrondissement, Claude Goasguen, le candidat UMP, Jean Peyrelevade, tête de liste MoDem, réitèrent également à cette occasion leur hostilité au projet du maire de la capitale[4].

Le , le groupe communiste au conseil de ville de Paris annonce la présentation d'un nouveau vœu pour relancer le projet de construction immobilière et amputer le parc de 4 000 m2 d'espaces verts. S'il bénéficie d'une majorité avec le PS et le MRC pour faire adopter ce vœu, il rencontre toujours l'opposition des Verts, qui dénoncent une opération de bétonnage, de l'UMP et du maire du 16e arrondissement, Claude Goasguen[7]. Le 18 janvier 2011, Ian Brossat, président du groupe PCF et parti de gauche au conseil de Paris annonce que le projet de construction de logements sociaux sur les parties boisées appartenant à l'hôpital Sainte-Périne dans l'enceinte duquel le parc est situé, serait en voie d'être débloqué grâce à un nouveau vote du conseil de Paris[8].

En mars 2012, un vœu déposé par des conseillers de Paris, issus de l'UMP, demandant un moratoire sur le projet de lotissement de Sainte Périne dans l'attente de la mise en œuvre d’un « Plan d’urgence » visant à assainir la situation du parc de logements de l’AP-HP, a été repoussé par la majorité municipale [9].

Notes et références[modifier | modifier le code]

Annexes[modifier | modifier le code]

Article connexe[modifier | modifier le code]

Lien externe[modifier | modifier le code]