Louise Bourgeois (plasticienne)

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Louise Joséphine Bourgeois, née à Paris le et morte à New York le [1], est une sculptrice et plasticienne française, naturalisée américaine[2].

Elle est connue surtout pour sa sculpture et ses installations monumentales, mais pratique également la peinture et la gravure. Elle explore des thèmes tels que l'univers domestique, la famille, le corps notamment les organes sexuels tout en abordant une approche qui se traduit comme une manifestation des subconscients et la réactivation de souvenirs de son enfance. Elle est proche des mouvements expressionnistes abstraits et du surréalisme, ainsi que du mouvement féministe mais reste toute sa vie non affiliée à une mouvance particulière.

Louise Bourgeois bien que née en France a passé l'essentiel de sa carrière artistique s'est déroulé à New York, où elle s'est installée en 1938 après avoir épousé l'historien d'art américain Robert Goldwater (1907-1973).

Son travail d'artiste est reconnu tardivement et elle est considérée comme particulièrement influente sur les générations d'artistes d'après, surtout féminines.

Biographie[modifier | modifier le code]

Enfance[modifier | modifier le code]

Louise Bourgeois nait à Paris en 1911. Elle est la deuxième fille de louis Isidore Bourgeois (1884-1951) et de Joséphine Valérie Fauriaux (1879 -1932)[3]. Son prénom Louise selon ses dires est choisi par sa mère en hommage à Louise Michel, personnalité historique de la Commune de Paris[4]. La famille habite à Choisy-le-Roi, dans la banlieue parisienne jusqu'en 1919, date à laquelle elle emménage au 11-13 rue d'Orléans ou Grande rue, aujourd'hui avenue de la Division-Leclerc, à Antony dans les Hauts-de-Seine[5].

Ses parents sont restaurateurs de tapisseries anciennes. Son père Louis Bourgeois tient une galerie au 174, boulevard Saint Germain à côté du Flore. Il y vend des tapisseries d'Aubusson et des Gobelins. Dans leur atelier de la maison familiale de Choisy, la mère de Louise Bourgeois, Joséphine, dirige la restauration et le retissage des tapisseries abîmées[3]. Dès l'âge de dix ans, Louise commençe à aider ses parents pour les dessins des tapisseries et à faire les pieds manquants ainsi que d'autres motifs lorsque le dessinateur M. Richard Guino était absent. Ce travail de dessin est son premier contact avec l'art : « Quand mes parents m'ont demandé de remplacer M. Richard Guino, cela a donné de la dignité à mon art. C'est tout ce que je demandais. » Louise a le sentiment d'être utile.

Les grands-parents paternels vivent dans une ferme à Clamart, et la famille y passe les dimanches. Les grands-parents maternels sont originaires d'Aubusson et la grand-mère de Louise avait son atelier de tapisserie. Ils sont adeptes des philosophes de lumières, ainsi que de Louise Michel et des communards[6].

En 1982, elle publiera dans le magazine d'art américain Artforum un récit illustré de photographies de son enfance et intitulé Child's Abuse, dont l'esthétique est proche de celle des revues surréalistes des années 1930. Elle évoque dans ce texte un épisode aujourd'hui devenu fondateur dans la critique qui se déploie autour de Louise Bourgeois : au cours de son adolescence, Sadie Gordon Richmond qui est l'enseignante privée d'Anglais des enfants devient la maîtresse de son père. Elle vit dix ans durant dans la maison familiale et la mère ferme les yeux sur cette relation[6],[7]. C'est ainsi seulement à partir des années 1980 que les lectures à la fois biographiques et psychanalytiques vont profondément orienter la lecture de l'œuvre de Louise Bourgeois, elle-même parlant de son travail sur le modèle de l'association libre.

Formation[modifier | modifier le code]

Elle est élève au lycée Fénelon, et selon Xavier Girard elle accumule les prix d'excellence et le zéros de conduite et est

« douée pour les maths et la géométrie descriptive, grande lectrice, passionnée de peinture et musique, sportive »[8].

Après avoir obtenu son baccalauréat en 1932 au lycée Fénelon[9], elle étudie les mathématiques supérieures à la Sorbonne en géométrie, espérant trouver ainsi un ordre et une logique dans sa vie. Bourgeois s'écarta des mathématiques, trop théoriques à son goût : « Pour exprimer des tensions familiales insupportables, il fallait que mon anxiété s'exerce sur des formes que je pouvais changer, détruire et reconstruire. »

Elle commence des études d'art à Paris, d'abord à l'École des beaux-arts. Après 1932 elle se forme dans les académies libres de Montparnasse et de Montmartre: Colarossi, Ranson, Julian, La Grande-Chaumière et dans les ateliers de Lhote, Fernand Léger Paul Colin et Cassandre.

Plus tard aux États-Unis elle s'inscrit aux cours du soir à l'Art Student League, et fréquente l'atelier de Vaclav Vytlacil[10].

Vie familiale[modifier | modifier le code]

Après la guerre elle accompagne sa mère Joséphine en cure thermale, car celle-ci, qui a contracté la grippe espagnole en 1918 souffre d'emphysème[8]. En hiver la famille habite à Nice de 1929 à 1932, dans la villa Pompeiana sur la colline de Cimiez. Elles ont pour voisine le peintre Pierre Bonnard qui a achèté en 1926 la villa « Le Bosquet » au Cannet. Louise soigne sa mère mourante et passe son bac par correspondance[11]. Joséphine meurt des suites de sa maladie en 1932.

De 1936 à 1938 elle habite à Paris au 31 rue de Seine, juste à côté de la gallérie d'André Breton[8]. Elle ouvre une galerie vendant des tableaux de Eugène Delacroix, Matisse, Odillon Redon et Bonnard[8]. En 1937, elle rencontre l'historien d'art américain Robert Goldwater. Elle l'épouse et s'installe avec lui à New York dès l'année suivante. C'est là qu'elle entre en relation avec le milieu des surréalistes, dont la plupart ont quitté la France pour les États-Unis pendant la Seconde Guerre mondiale et présente sa première exposition personnelle en 1945.

Elle participe activement dans les années 1960 aux revendications du mouvement féministe[4].

Elle a eu trois fils : Michel qu'elle adopte en France en 1936 à l'âge de 3 ans, Jean-Louis né en 1940 et Alain né en 1941[8]. À cette époque elle souffre du mal du pays, ce qui a des répercussions dans son œuvre. Elle déménage avec sa famille au 142 East 18th street dans le Stuyvesant's Folly. Cet immeuble accueille des artistes ainsi que leurs familles et dispose d'ateliers sur son toit. Le couple achète une maison dans le Connecticut pour les vacances d'été.

Psychanalyse[modifier | modifier le code]

En 1951, à la mort de son père, elle entame une psychanalyse qui dure près de 30 ans, tout d'abord avec Leonard Camer, puis avec Henry Lowenfeld[12],[8]. Elle tente de dépasser le traumatisme qu'a causé en elle le fait de découvrir que son père trompait sa mère avec sa gouvernante et enseignante d'anglais. Elle voit son thérapeute 4 fois par semaine, ce qui ne sera découvert qu'en 2007 avant sa rétrospective au Tate Modern. À la mort de son thérapeute, après 30 années d'analyse, et alors qu'elle est désormais très au fait des théories de psychanalyse, elle écrit dans un essai en 1962 intitulé Freud's Toy[13]

« La vérité c'est que Freud ne fit rien pour les artistes, ou pour le problème des artistes, le tourment des artistes(...) être artiste implique une forme de souffrance. Voilà pourquoi les artistes se répètent - parce qu'ils n'ont pas accès à un remède »[12],[14].

Elle vivait à New York dans le quartier de Chelsea[15].

Elle meurt le 31 mai 2010, à l'âge de 98 ans.

Œuvre[modifier | modifier le code]

Louise Bourgeois a travaillé particulièrement sur les thèmes de l'universalité, des relations entre les êtres, de l'amour et de la frustration entre des amants ou les membres d'une même famille, ainsi que l'érotisme[7].

Les débuts : les « femmes maisons »[modifier | modifier le code]

C'est à New-York en dès les années 1940 que Louise Bourgeois commence sa carrière d'artiste[16].

Depuis ses premiers dessins, peintures et gravures, son œuvre se centre sur le sujet de la procréation, de la naissance et de la maternité, et de l'autoportrait[4]. Le thème prédominant de cette période prend la forme de « femmes-maisons », mêlant le corps à l'architecture, l'organique au géométrique : buste en brique, maison à colonnes sur les épaules, cage thoracique en forme d'escaliers et de portes. Mais le fil rouge de son œuvre est le phallus (le père), qu'elle baptise « fillette » et l'araignée (la mère). Selon Louise Bourgeois elle-même, l'araignée représente la mère, « parce que ma meilleure amie était ma mère, et qu'elle était aussi intelligente, patiente, propre et utile, raisonnable, indispensable qu'une araignée ». L'araignée est pour elle le symbole des tapisseries que réparait sa mère (toile de l'araignée) et de tout ce qui s'y rapporte : aiguilles, fils.

Dans cette série de peintures l'artiste explore la relation qu'une femme peut entretenir avec son espace domestique. Les têtes des femmes sont remplacées par des maisons, ce qui isole leur corps du monde extérieur et instaure la prééminence de la sphère domestique[17].

Les totems : années 1950[modifier | modifier le code]

Dès 1947 Louise Bourgeois se met à sculpter des figures longitudinales en bois qu'elle appelle des personnages[18]. Ils ont l'aspect de totems sinueux et lisses[7],[18], d'inspiration surréaliste. Ils s'inscrivent dans la verticalité et la fragilité, mais aussi dans l'interactivité, renvoyant à la difficulté que les humains ont à rester. À cette époque, Louise Bourgeois souffre du mal du pays[19] sa famille et ses amis lui manquent depuis son déménagement à New York. Ses totems mis en scène groupés lui permettent d'exorciser cette souffrance, son œuvre s'inscrivant dans une relation des personnages mis en scène dans le groupe et dans l'environnement. L'artiste aborde son travail aussi dans une dimension quasi thérapeutique. Elle s'intéresse à la psychanalyse et a lu les ouvrages de Charcot[20].

Le corps[modifier | modifier le code]

Entre 1967 et 1968 Louise Bourgeois met en scène des organes sexuels féminins et masculins dans son œuvre: des pénis dans sa sculpture de 1968 intitulée Fillette et immortalisée dans une photographie de l'artiste avec son œuvre figurant un pénis qu'elle porte sous le bras par Mapplethorp en 1982[21] et dans Janus in Leather Jacket, 1968, ainsi que des clitoris dans Femmes Couteau de 1970. Les matières utilisées pour commencer, sont le marbre et le bronze pour commencer, matières qu'elle délaisse par la suite pour le plâtre qu'elle recouvre de latex ou de plastique, la cire, la résine.

Destruction du père[modifier | modifier le code]

Destruction of the Father (en français Destruction du père)(1974) est une exploration biographique et psychologigue de la domination du père. La pièce est une installation dans une pièce ressemblant à un utérus. Faite de latex, bois tissus avec une lumière rouge, Destruction of the Father est la première œuvre dans laquelle elle utilise des matières malléables à grande échelle. En entrant dans l'installation, le public captif se tient devant une scène de crime. Mis en scène dans une salle à manger stylisée (avec une chambre à coucher) les enfants figurés de manières abstraite d'un père omnipotent se sont rebellés et l'ont assassiné puis mangé[22].

L'artiste exorcise et recrée son passé[19] dans son œuvre pour pourvoir sorte régler ses comptes avec les humiliations subies pendant son enfance. Son père moqueur et humiliant est transformé en sphinx géant doté de deux seins à qui l'on coupe la tête dans une cave qui est remplie de phallus et de mamelles[23]. Dans une interview au New York Times, elle déclare que la chose la plus importante qu'elle ait dite est :

« L'art nous permet de rester sains d'esprit »[24]

Cells[modifier | modifier le code]

Domestic Incidents by Louise Bourgeois Tate Modern Turbine Hall 2006

Dans les dernières années de sa vie Louise Bourgeois produit deux séries d'installations qu'elle intitule Cells. Beaucoup de ces installations sont des enceintes dans lesquelles le public est invité à regarder un arrangement d'objets symboliques; d'autres sont de petites pièces dans lesquelles le public est invité à pénétrer. Dans ces œuvres, Louise Bourgeois utilise des formes sculpturale reprises de formes antérieurse de son œuvre, ainsi que des objets trouvés et des effets personnels détenteurs d'une forte charge émotionnelle pour l'artiste.

Les Cells reproduisent des états psychologiques et intellectuels, principalement la peur et la douleur. Louise Bourgeois explique que les Cells

« ce sont les gens qui se guillotinent dans leur propre famille »[23]

Gravure[modifier | modifier le code]

Louise Bourgeois s'intéresse à la gravure pendant la première et la dernière phase de sa carrière d'artiste: dans les années 1930 et les années 1940, quand elle arrive à New-York et plus tard quand son travail commence à être reconnu. Au début, elle produit des gravures sur une petite presse chez elle, ou dans le célèbre Atelier 17. Cette période est suivie d'une longue pause, pendant laquelle Louise Bourgeois tourne son attention en direction de la sculpture. Ce n'est qu'à partir de ses soixante dix ans qu'elle commence à refaire de la gravure, encouragée par des maisons d'éditions spécialisée dans le domaine de la gravure. Elle réinstalle alors sa vieille presse, et en ajoute une deuxième, tout en travaillant en collaboration avec des graveurs et graveuses qui venaient chez elle. Une phase active commence alors pour elle dans le domaine de la gravure, qui dure jusqu'à la fin de sa vie. Elle crée environ 1500 estampes au total.

En 1990, Louise Bourgeois décide de faire don des archives de son travail de gravure à The Museum of Modern Art (MoMA) En 2013 le muséum lance un catalogue raisonné en ligne de ses gravures[25]. Le site se concentre sur le processus créatif et place les estampes et livres illustrés de l'artiste dans le contexte de sa production globale en incluant des travaux associés sur d'autres supports mais avec des thèmes identiques.

La consécration dans les années 70[modifier | modifier le code]

Travaillant à l'écart de la scène artistique, elle présente peu d'expositions personnelles jusqu'à ce qu'un vif intérêt se manifeste pour son travail dans les années 1970. Le développement de son œuvre prend alors un tour entièrement nouveau. Non seulement des thèmes jusqu'alors latents — la féminité, la sexualité, la famille, l'adolescence, la solitude — deviennent omniprésents, mais la manière de les traiter est entièrement renouvelée, avec des sculptures-installations réalisées avec des matériaux et des objets très variés, parfois personnels. En 1982-1983, le MoMA lui consacre une première exposition rétrospective[24].

Elle imprègne ses œuvres, notamment sculpturales, de cette veine psychique, issue de ses traumas personnels. Pleinement consciente de cette dimension de son œuvre, elle est toutefois très éloignée des représentations littérales qui caractérisaient, en particulier, le surréalisme dans leur rapport à l'inconscient, et a ouvert en ce sens une voie très avant-gardiste de l'art contemporain. Ses sculptures monumentales d'araignées, constructions oniriques, en sont un des exemples les plus connus.[réf. nécessaire]

Le Centre Pompidou a organisé, du 5 mars au 2 juin 2008, en collaboration avec la Tate Modern de Londres, une exposition de plus de 200 œuvres (peintures, sculptures, dessins, gravures, objets), rétrospective de l'œuvre de Louise Bourgeois[26],[27]. À la même époque, le photographe Jean-François Jaussaud prend des photos de l'artiste pour publication dans le magazine Connaissance des Arts[15].

La rencontre avec Tracey Emin peu avant sa mort s'assura l'achèvement des 16 œuvres inachevées. Les résultats de ses travaux se présentent actuellement à la Hauser & Wirth Gallery de Londres[28].

Les livres d'artiste en textile[modifier | modifier le code]

L'artiste entretenait un rapport privilégié avec le textile et les travaux d'aiguille, en rapport avec son enfance, durant laquelle elle était chargée de réparer les tapisseries pour aider ses parents tapissiers (voir ci-dessus, Biographie). Adulte, l'artiste cristallisa cette notion de "réparation" et continua à l'associer à la couture. Pour elle, ce fut également un moyen d'exprimer dans son travail artistique la manière dont les membres d'une même famille (et notamment de sa propre famille) tissent des liens, les défont, et tentent de les réparer. C'est à la fin de sa vie, à partir des années 1990, que l'utilisation de matériaux textiles va occuper une place prépondérante dans l’œuvre de l'artiste. Notamment avec son installation Pink Days and Blue Days, suspension de vieux vêtements chinés d'adulte et d'enfant sur une structure en acier, sur des os faisant office de cintres[29]. Ce qui la conduira, dès 2001, à entreprendre des projets de livres d'artistes textiles.

Le site du MomA répertorie très précisément cette partie du travail de l'artiste. On peut y consulter les planches scannées des livres textile illustrés et imaginés par Louise Bourgeois, parfois en collaboration avec d'autres artistes, poètes, écrivains.[30]

Louise Bourgeois a collaboré avec Paulo Herkenhoff qui a écrit le texte pour son livre The Laws of Nature[31] et avec l'artiste et écrivain Gary Indiana pour To Whom it may concern[32] qui a écrit des poèmes en prose, des méditations sur la sexualité, les relations, la corporéité, mis en lien avec des gravures de Bourgeois.

Figurent également dans le catalogue du MomA, le nombre d'exemplaires édités de chaque ouvrage, ainsi que leur mode d'impression et de fabrication.

En effet, en fonction du propos de chacun de ses livres, l'artiste a utilisé le medium textile d'une manière différente.

Penchons nous par exemple sur le procédé de réalisation de son livre Ode à l'oubli[33].

Page 30 / 34, Ode à l'oubli, 2002

C'est le premier livre que Louise Bourgeois a crée avec la technique de collage de textiles. Les pages sont faites à partir d'essuies mains en lin que l'artiste avait conservés de son trousseau de mariage.

Ces serviettes sont brodées du monogramme « LBG » pour « Louise Bourgeois Goldwater » (Goldwater était le nom de son mari), qui fait ici office de signature de l’œuvre.

Quant aux textiles ayant servi à la réalisation des collages, ce sont de vieux vêtements et des articles de ménages qui appartenaient à Louise et qu'elle a découpés.

Notons que l'artiste avait engagé une couturière, Mercedes Katz, qui l'a aidée à relier son livre.

En 2003-2004, la maison d'édition Peter Blum Edition, NY, publia 25 (+14 exemplaires "hors circuit") de ce livre.

Cette fois-ci, l’exemplaire original n'a pas été scanné . Le processus de réalisation est différent.

Pour réaliser ces exemplaires et faire en sorte qu'ils soient les plus fidèles possibles à l'original, de multiples stratagèmes ont été mis en place. Pour reproduire les tissus de

l'original, il a été nécessaire de procéder à des impressions sur d'autres tissus en employant la technique de la lithographie, de l'impression digitale, de la teinture, de la couture, de la broderie. Parfois même, il a fallu chiner des tissus qui ressemblaient le plus possible aux textiles de l'original.

Listes des œuvres[modifier | modifier le code]

Il existe un catalogue raisonné des œuvres de gravure de Louise Bourgeois au Museum of Modern Art (MomA)[25].

  • 1964 : The Red Room
  • 1968 : Fillette, sculpture
  • 1969 : Cumul I.
  • 1974 : La Destruction du père, qui marque une rupture dans sa vie et son œuvre.
  • années 1990 : série Red Rooms.
  • 1992 : Precious Liquid, Centre Pompidou, espace cylindrique obscur reconstituant un ancien réservoir de toit.
  • 1993 : L'Arc de l'hystérie, sculpture en bronze avec patine au nitrate d'argent, au Centre Pompidou, à Paris.
  • 1996 : Les Bienvenus, Choisy-le-Roi, sculpture composée de deux éléments suspendus dans un tilleul, dans le parc de la mairie [34].
  • 1997 : Spider.
  • 1997 : Toi et moi, sculpture murale en aluminium poli, à la BNF François Mitterrand, Paris.
  • 1998 : Sans Titre, encre rouge et crayon sur papier, à la Kunsthalle de Bielefeld.
  • 1999 : Maman, sculpture en bronze avec platine au nitrate d'argent.
  • 2001 : The Trauma of Abandonment[35], livre textile, impressions digitales sur textile de photographies anciennes de familles récupérées, addition de broderies au fil rouge, collages de tissus, texte brodé au fil rouge, édition unique.
  • 2001-2004 : mobilier du couvent d'O (des Récollets) à Bonnieux (Lubéron, Vaucluse) : bénitier 2001, Vierge à l'Enfant 2001, The Cross la croix 2002, confessionnal...
  • 2002 : Ode à la Bièvre[36], livre textile, Lithographie, collages, autres, collection MomA
  • 2002 : Ode à l'oubli[37], collages de tissus, encre, lithographie, couture, collection MomA
  • 2005 : Maman, série de sculptures géantes d'araignées que l'on peut trouver à Ottawa, Bilbao, Tokyo, Séoul, Saint-Pétersbourg, Paris,Château La Coste en provence et La Havane[38].
  • 2006 : Hours of the Day[39], livre textile, Impression digitale, collection MomA
  • 2006 : The laws of Nature[40], livre textile, Pointe sèche, collection MomA
  • 2009-2010 : To Whom it may concern[41], livre textile illustré par l'artiste, impression digitale, collection MomA

Distinctions[modifier | modifier le code]

  • En 1999, Louise Bourgeois reçoit le Lion d'or de la Biennale de Venise pour l'ensemble de son œuvre.
  • Le 21 septembre 2008, le Président de la République française, Nicolas Sarkozy, lui remet la Légion d'honneur à New York.
  • En 2009, elle est honorée par le National Women's Hall of Fame, ainsi que neuf citoyennes américaines, pour avoir marqué l'histoire des États-Unis.
  • Depuis 2010, une rue d'Antony, ville où elle a vécu, porte son nom.
  • Une résidence universitaire du CROUS de Versailles située à Antony porte son nom (résidence Louise Bourgeois).

Publications[modifier | modifier le code]

  • Louise Bourgeois : Destruction du père, reconstruction du père. Écrits et entretiens 1923-2000, éd. Daniel Lelong. (ISBN 978-2-86882-046-4) [42]
  • Louise Bourgeois : He Disappeared into Complete Silence, éd. Dilecta, 1947, rééd. 2008. (ISBN 978-2-916275-36-9) [43]
  • Louise Bourgeois : Moi, Eugénie Grandet, précédé d'un essai de Jean Frémon« Cabinet des Lettrés », éd. Gallimard, 2010. (ISBN 978-2-07013-101-3) [44]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Holland Cotter, « Louise Bourgeois, Artist and Sculptor, Is Dead », New York Times, 31 mai 2010.
  2. Elle détient la nationalité américaine depuis 1955 (cf. http://www.cheimread.com/artists/louise-bourgeois/?view=bio).
  3. a et b Xavier Girard, Louise Bourgeois face à face, Seuil,‎ (ISBN 978-2-02-128675-5), pp 18-19
  4. a, b et c (fr) « Louise Bourgeois: la sculpture de la révolte », sur Slate.fr (consulté le 6 mars 2016)
  5. Alexis Douchin, dépliant Le Patrimoine gens de lettres et artistes, édité par la Ville d'Antony, services Archives Culutrel et Info Com, septembre 2012.
  6. a et b Xavier Girard, Louise Bourgeois face à face, Seuil,‎ , p 20
  7. a, b et c « Louise Bourgeois, le tour d'une oeuvre », sur www.telerama.fr (consulté le 6 mars 2016)
  8. a, b, c, d, e et f Xavier Girard, Louise Bourgeois face à face, Seuil,‎
  9. http://www.cheimread.com/artists/louise-bourgeois/?view=bio
  10. Xavier Girard, Louise Bourgeois face à face, Seuil,‎ , p 27
  11. Xavier Girard, Louise Bourgeois, Seuil,‎ , p 28
  12. a et b (en) Christopher Turner, « Analysing Louise Bourgeois: art, therapy and Freud », The Guardian,‎ (ISSN 0261-3077, lire en ligne)
  13. « January 1990 », sur artforum.com (consulté le 11 mars 2016)
  14. « WM | whitehot magazine of contemporary art | May 2012: Louise Bourgeois at Freud Museum », sur whitehotmagazine.com (consulté le 11 mars 2016)
  15. a et b (en) Sarah Moroz, « 'Louise Bourgeois interrogated me': an artist unmasked », The Guardian,‎ (ISSN 0261-3077, lire en ligne)
  16. Bernadac, Marie-Laure et Storsve, Jonas (direction), Louise Bourgeois, Centre George Pompidou,‎ , 319 p. (ISBN 978-2-84426-355-1)
  17. (en) Brittany Makufka, « Louise Bourgeois », sur philandfem.com (consulté le 7 mars 2015)
  18. a et b « Louise Bourgeois », sur mediation.centrepompidou.fr (consulté le 7 mars 2016)
  19. a et b (en) Rachel Cooke, « 'My art is a form of restoration' », The Guardian,‎ (ISSN 0261-3077, lire en ligne)
  20. « L’hystérie en boucle », sur LeCourrier (consulté le 7 mars 2016)
  21. Catherine Gonnard et Elisabeth Lebovici, Femmes artistes artistes femmes, Paris de 1880 à nos jours, éditions Hazan,‎ (ISBN 9782754102063), pp 344 - 345
  22. (en) Cyndi Conn, « Delicate Strength », {{Article}} : paramètre « périodique » manquant, paramètre « année » ou « date » manquant (lire en ligne)
  23. a et b Psychologies.com, « Louise Bourgeois, revisiter son enfance sans tabou », sur www.psychologies.com (consulté le 6 mars 2016)
  24. a et b Amei Wallach, « Louise Bourgeois At 90, Weaving Complexities », The New York Times,‎ (ISSN 0362-4331, lire en ligne)
  25. a et b « MoMA | Louise Bourgeois: The Complete Prints & Books », sur www.moma.org (consulté le 6 mars 2016)
  26. http://www.centrepompidou.fr/
  27. Présentation de l'exposition
  28. Emin donne un écho aux derniers travaux de Louise Bourgeois ARTINFOFRACE.com
  29. « MoMA | Louise Bourgeois: The Complete Prints & Books | Fabric Works », sur www.moma.org (consulté le 15 avril 2016)
  30. « MoMA | Louise Bourgeois: The Complete Prints & Books | Illustrated Books », sur MoMA.org (consulté le 17 mai 2016)
  31. « Louise Bourgeois. The Laws of Nature (2006) », sur MoMA.org (consulté le 18 mai 2016)
  32. « Louise Bourgeois. To Whom It May Concern (2009-2010) », sur MoMA.org (consulté le 18 mai 2016)
  33. « Louise Bourgeois. Ode à l'oubli (2002) », sur MoMA.org (consulté le 18 mai 2016)
  34. Catalogue de la BNF
  35. « Louise Bourgeois. The Trauma of Abandonment (2001) », sur MoMA.org (consulté le 18 mai 2016)
  36. « Louise Bourgeois. Ode à la Bièvre (2002) », sur MoMA.org (consulté le 18 mai 2016)
  37. « Louise Bourgeois. Ode à l'oubli (2002) », sur MoMA.org (consulté le 18 mai 2016)
  38. Article sur la série Maman sur Google Sightseeing
  39. « Louise Bourgeois. Hours of the Day (2006) », sur MoMA.org (consulté le 18 mai 2016)
  40. « Louise Bourgeois. The Laws of Nature (2003) », sur MoMA.org (consulté le 18 mai 2016)
  41. « Louise Bourgeois. To Whom It May Concern (2009-2010) », sur MoMA.org (consulté le 18 mai 2016)
  42. éd. Lelong
  43. éd. Dilecta
  44. éd. Gallimard

Annexes[modifier | modifier le code]

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Bibliographie[modifier | modifier le code]

Autre média[modifier | modifier le code]

  • Louise Bourgeois, film de Camille Guichard avec la participation de Jerry Gorovoy et Bernard Marcadé, 52 min., 1993, produit par Terra Luna Films et le Centre Georges Pompidou, édité en DVD par Arte vidéo.
  • Louise Bourgeois - Otte CD 2 titres, Mélodie, texte et voix : Louise Bourgeois. 1995, Brigitte Cornand / Les films du Siamois - UN prod. Delabel. Diffusé de manière confidentielle, notamment sur Radio Nova

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]