Enceinte de Louis XIII

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Les limites de Paris du IVe siècle à 2015.
Vue de Paris en 1618 par Visscher.
Plan de Paris en 1705 avec les premiers boulevards et les restes de l'enceinte de Louis XIII

L'enceinte de Louis XIII, également appelée enceinte des Fossés Jaunes, est un système de fortification urbain construit à Paris, à la fin du XVIe siècle[1]. Elle vient agrandir vers l'ouest l'espace urbain parisien ceinturée depuis le XIVe siècle par l'enceinte de Charles V. Elle est détruite dans la deuxième partie du XVIIe siècle et les actuels grands boulevards sont aménagés à leur emplacement.

Historique[modifier | modifier le code]

Construction[modifier | modifier le code]

En 1566, en raison des guerres de religion, de la proximité de la frontière (à seulement 150 km au nord) et des progrès de l'artillerie, on commence à améliorer la défense du côté de l'ouest, en construisant une ligne de six bastions, un kilomètre en avant de l'enceinte de Charles V, incorporant à Paris les Tuileries, ainsi que ce qu'on appelait alors le faubourg Saint-Honoré (la paroisse Saint-Roch), le faubourg Montmartre (l'actuel quartier de la Bourse), et la Butte-aux-Gravois.

Cette cinquième enceinte est parfois appelée « enceinte des Fossés jaunes » (d'après la couleur du limon visible après les terrassements).

De 1630 à 1635, en préparation de l'intervention française dans la guerre de Trente Ans, le cardinal de Richelieu fait renforcer les bastions et fortifier les portes, selon les plans de Jacques Lemercier. En 1645, une poterne est percée sur le chemin des Poissonniers (poterne de la Poisonnerie, rebaptisée porte Sainte-Anne en 1685).

Destruction[modifier | modifier le code]

Les conquêtes du début du règne de Louis XIV ayant repoussé les frontières du royaume, le roi, se souvenant de la résistance de la Ville lors de la Fronde et voulant embellir sa principale ville, adopta la proposition de Colbert de raser les fortifications de Paris.

Les talus et fossés des remparts furent remplacés de 1668 à 1705 par un large boulevard de terre bordé d'ormes, le « Nouveau-Cours » : ce sont les actuels grands boulevards faisant un arc de cercle de Concorde à Bastille par République.

Les portes furent rasées : Saint-Denis en 1671, remplacée par un arc de triomphe à la gloire du Roi, Montmartre, Gaillon en 1690, Richelieu en 1701, Saint-Anne en 1715, de la Conférence en 1730, Saint-Honoré en 1733. Toutes ces portes, à l'exception de Saint-Denis, ont été détruites par la suite.

Les vestiges de cette enceinte sont rares[2],[3].

Tracé[modifier | modifier le code]

L'enceinte partait de la Seine et se connectait à l'enceinte de Charles V à l'ouest de la porte Saint-Denis[2]. Le tracé du glacis de ce front bastionné se retrouve aujourd'hui avec les actuels place de la Concorde, rue Royale, boulevards de la Madeleine, des Capucines, des Italiens, Montmartre et Poissonnière.

Portes[modifier | modifier le code]

Nom Emplacement Coordonnées Image
Porte de la Conférence Quai des Tuileries 48° 51′ 49″ N, 2° 19′ 16″ E Porte de la Conférence en bord de Seine.jpg
Porte Saint-Honoré À hauteur des nos 422 et 281 de la rue Saint-Honoré, juste avant le croisement avec la rue Royale 48° 52′ 06″ N, 2° 19′ 25″ E Porte Saint-Honoré 17e.jpg
Porte Gaillon Rue de la Michodière 48° 52′ 15″ N, 2° 20′ 05″ E
Porte de Richelieu Entre les rues Saint-Augustin et Neuve-des-Fossés-Montmartre (actuelle rue Feydeau), et plus précisément entre les rues de la Bourse et du Quatre-Septembre actuelles, alors inexistantes[4] 48° 52′ 11″ N, 2° 20′ 21″ E Porte Richelieu à Paris.jpeg
Porte Montmartre À hauteur des nos 158 et 160 de la rue Montmartre, au croisement avec la rue des Jeûneurs[4] 48° 52′ 12″ N, 2° 20′ 34″ E
Poterne de la Poissonnerie ou Porte Sainte-Anne Rue Poissonnière, au niveau de la rue de la Lune 48° 52′ 12″ N, 2° 20′ 52″ E
Pour l'ensemble des points mentionnés sur cette page : voir sur OpenStreetMap (aide), Google Maps (aide), Bing Maps (aide) (carte limitée à 200 lieux) ou télécharger au format KML (aide).

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]


Références[modifier | modifier le code]

  1. L’enceinte bastionnée, dite des « fossés jaunes », vers 1650 sur paris-atlas-historique.fr
  2. a et b Claire Besson, « Les fortifications urbaines : une archéologie spécifique ? L’exemple de Paris », In Situ, 2011, no 16, consulté le 26 avril 2017 [lire en ligne].
  3. Yves Brault, L'enceinte des Fossés jaunes sur le site Analyse diachronique de l'espace urbain parisien : approche géomatique (ALPAGE)
  4. a et b Adolphe Alphand (dir.), Adrien Deville et Émile Hochereau, Ville de Paris : Recueil des lettres patentes, ordonnances royales, décrets et arrêtés préfectoraux concernant les voies publiques, Paris, Imprimerie nouvelle (association ouvrière), (lire en ligne), p. 1.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

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Bibliographie[modifier | modifier le code]