Bals de Paris

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Le bal de l'Opéra, en 1873, vu par Édouard Manet.

Des bals ont existé de tout temps, peut-être à Lutèce, sous les gallo-romains, sûrement au Moyen Âge et à la Renaissance, où ils sont attestés par plusieurs auteurs[Qui ?].

À l'époque moderne, ils débutent officiellement le 31 décembre 1715, lorsque le Régent créa le bal de l'Opéra. De nombreux théâtres ouvrirent pour danser au XVIIIe siècle (Comédie-Française, Opéra-Comique, Comédie-Italienne).

Sous la Révolution française, la liesse multiplia les bals publics. En 1790, il y avait environ quatre cents bals à Paris.

Par ailleurs, les XVIIIe et XIXe siècles virent se multiplier les bals privés, donnés dans les hôtels particuliers de l'aristocratie ou de la bourgeoisie.

Historique[modifier | modifier le code]

Les bals particuliers[modifier | modifier le code]

Ces deux derniers étaient certainement les plus « chauds » de Paris...

Le bal de l'Internat était le bal des internes en médecine. Le bal des 4'zarts était le bal des étudiants des Beaux-Arts (créé à l'initiative du Grand Massier des Beaux-Arts, en 1892, sa dernière édition eu lieu en 1966).

Les bals publics[modifier | modifier le code]

Mais le bal Bullier[1] de 1847 à 1907, fut le plus grand bal de Paris. Le vieux quadrille, danse collective, a disparu et l'on y danse polkas, valses et mazurkas, danses de couples s'il en est.

D'après Alfred Delvau, Les Cythères parisiennes. Histoire anecdotique des bals de Paris, Paris, Dentu, 1864.
  • Sous la Restauration, on danse encore plus que sous le Premier Empire et les bals sont la grande distraction du soir. Le bal commence à 20 h 30 ou 21 h et se poursuit jusqu’à 4 h du matin.
  • À la fin du siècle, aux succès du Moulin-Rouge, du Tabarin, du Moulin de la Galette, s'ajoutent ceux des bals de la rue de Lappe. Sans oublier les innombrables bistros où en dansait en poussant les tables, après le repas, spécialement chez les « Bougnats » dans les arrière-salles des « cafés-charbon ». Ces bals auvergnats s'appelleront vite « bals à la musette » (la musette ou cabrette est le nom de la cornemuse auvergnate), puis tout simplement « musettes ».
  • Au début du XXe siècle, l'accordéon (qu'il soit chromatique ou diatonique) remplace la cabrette et s'installe dans les bals musette. La valse lente et la java supplantent la bourrée.
  • Première Guerre mondiale : les bals sont fermés sur ordre du préfet de la Seine. Mais de nombreux bals clandestins très profitables se développent. Les maisons closes conservent également un piano au rez-de-chaussée pour animer la soirée et inciter les clients à monter.
  • Les années 1920 à 1940 furent une période faste pour le musette : Paris compte plus de trois cents bals, auxquels il faut ajouter les dancings, les guinguettes et les bals parquets de banlieue et de province. Là, valse chaloupée et java, nos danses « nationales », durent céder la place à leurs petites sœurs d'Amérique :
  • Seconde Guerre mondiale : les bals sont fermés sur ordre du Préfet de la Seine.
  • À la Libération, où l'on danse dans les rues, les bals retrouvent une glorieuse décennie. Et si l’on va danser quai de Grenelle (au Bal de la Marine très mal famé), au bal Nègre rue Blomet ou à la Bastille, rue de Lappe (avec les fameux Balajo et bal Bousca), on y va aussi pour « s’encanailler ».
  • Les bals doivent peu à peu céder la place aux surboums et autres surprises-parties, mais surtout aux dancings, night-clubs et autres boîtes de nuit, notamment à cause de la pression immobilière omniprésente.
  • Peu subsisteront au-delà de cette décennie.

La clientèle[modifier | modifier le code]

  • Pour les hommes : des apaches, des soldats en permission, des gens de maison ; en fin de semaine : des artisans et ouvriers, des étudiants en goguette.
  • Pour les femmes : des midinettes, des blanchisseuses, des gens de maison, des « gigolettes », des « lorettes » (courtisanes, grisettes, du nom du quartier de l’église Notre-Dame-de-Lorette) en goguette et, en fin de semaine, des ouvrières.
  • Sans compter les « bons bourgeois » qui venaient s’encanailler.

Notes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Étienne-Junien de Champeaux, Physiologie des bals de Paris et de ses environs, Paris, Decaux, 1845.
  • Louis Huart, Paris au bal. 50 vignettes par Cham (de Noé), Paris, Aubert, (1845).
  • Brieux de Saint-Laurent, Quelques mots sur les danses modernes, Paris, Douniol, 1856.
  • Alfred Delvau, Les Cythères parisiennes. Histoire anecdotique des bals de Paris, Paris, Dentu, 1864.
  • Marquis de Rochegude, Guide pratique à travers le Vieux Paris, Paris, 1905.
  • André Warnod, Les Bals de Paris, Paris, Crès & Cie, 1922.
  • François Gasnault, Les bals publics à Paris de 1830 à 1870 (thèse de l'École nationale des chartes), 1980, 4 volumes et 1 album. Publication : Guinguettes et lorettes : bals publics et danse sociale à Paris entre 1830 et 1870, Paris, Aubier, 1986 (ISBN 2-7007-2206-X)
  • Figures du carnaval au temps de Balzac. 110 dessins et gravures de Gavarni, s.d.
  • Michel Faul, Louis-Antoine Jullien : musique, spectacle et folie au XIXe siècle, éditions Atlantica, 2006 (ISBN 2-35165-038-7)
  • Henri Joannis Deberne, Danser en société, Christine Bonneton éditeur, 3/1999, Paris (ISBN 2-86253-229-0)

Source documentaire[modifier | modifier le code]

  • Fonds Eugène Wagner (Archives nationales de France, Dépôt légal : AB XIX 2931-2959). 28 cartons (AB XIX 2931-2959), 3,10 mètres linéaires. Don de M. et Mme Eugène Parfenot (1949). L'érudit Eugène Wagner avait commencé à réunir pendant la Seconde Guerre mondiale une documentation sur les concerts et bals de Paris au XIXe siècle. Il avait notamment entrepris le dépouillement systématique et exhaustif des quotidiens parisiens spécialisés dans la chronique des spectacles (L'Auvergnat de Paris, Le Courrier des théâtres, Le Ménestrel, Vert-Vert, la Revue et Gazette musicale de Paris, Le Corsaire, La Sylphide, La Mode, etc.). Sa mort l'empêcha d'exploiter ses recherches.

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]