Hôtel-Dieu de Paris

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher
Page d'aide sur l'homonymie Pour les articles homonymes, voir Hôtel-Dieu.
Hôtel-Dieu de Paris
Image illustrative de l'article Hôtel-Dieu de Paris
Vue de l'Hôtel-Dieu, en 2007.
Présentation
Coordonnées 48° 51′ 17″ Nord 2° 20′ 56″ Est / 48.85467, 2.34882
Pays Drapeau de la France France
Ville Paris (Île-de-France)
Adresse 1, parvis Notre-Dame - place Jean-Paul-II
Fondation 651
Site web www.aphp.fr
Organisation
Type Centre hospitalier universitaire
Affiliation Assistance publique - Hôpitaux de Paris
Services
Standards 01.42.34.82.34
Service d’urgences Oui
Nombre de lits 329[1]
Nombre d'employés 329[1]
Géolocalisation sur la carte : Paris

L’Hôtel-Dieu de Paris est le plus ancien hôpital de la capitale. Fondé en 651 par l'évêque parisien saint Landry, il fut le symbole de la charité et de l'hospitalité.

Modeste à l'origine, il est construit du VIIe au XVIIe siècle sur la rive gauche de l'île de la Cité, au sud du Parvis Notre-Dame - place Jean-Paul-II ; deux bâtiments étaient reliés par le pont au Double.

Les constructions actuelles abritant l'hôpital datent du XIXe siècle.

Ce site est desservi par la station de métro Cité.

Histoire de l'Hôtel-Dieu de Paris[modifier | modifier le code]

Ce modèle est-il pertinent ? Cliquez pour en voir d'autres.
Question book-4.svg
Cette section ne cite pas suffisamment ses sources (mai 2013).
Pour l'améliorer, ajoutez des références vérifiables [Comment faire ?] ou le modèle {{Référence nécessaire}} sur les passages nécessitant une source.

Au Moyen Âge : une œuvre sociale[modifier | modifier le code]

L’histoire des hôpitaux parisiens commence au Moyen Âge. La pauvreté étant très importante à l’époque, elle devient une occasion de rédemption pour beaucoup de bourgeois et de nobles, qui voient en elle une façon de racheter leurs péchés en leur venant en aide. Les œuvres permettent alors de créer l’hôpital de la Charité, dont la structure lie immanquablement piété et soins médicaux. L’Église est alors toute-puissante, tant d’un point de vue administratif que thérapeutique. La création de l’hôtel-Dieu de Paris procède de cette tradition de charité, qui dure jusqu’au XIXe siècle, malgré une remise en cause régulière.

Si la tradition, en réalité établie au XVIIe siècle, fait remonter la fondation de cet hôpital à saint Landry 28e évêque de Paris vers 650, les premiers corps de logis avérés affectés aux indigents, infirmes et malades ne remontent qu'à 829 ; ils se situent vis-à-vis d'une ancienne église, l'« église Saint-Étienne ». En 1157, des lettres patentes mentionnent un « Hôtel-Dieu-Saint-Christophe », en raison d'une chapelle dédiée consacrée à ce saint. Peu de temps après, Maurice de Sully, évêque de Paris, entreprend en 1165 la reconstruction de cet hôpital : les anciens bâtiments sont détruits en 1195 et les nouvelles constructions achevées en 1255[2].

Tous ces bâtiments, depuis l'origine jusqu'en 1878, occupent le côté sud du parvis Notre-Dame actuel entre le Petit-Pont et le pont au Double[2].

Aux XVIe et XVIIe siècles : un lieu de réclusion[modifier | modifier le code]

Hôtel-Dieu sur le plan de Truschet et Hoyau (c.1550) ; à cette époque, l'hôpital se trouve au sud du parvis N.D.
Gravure du XVIe siècle

Au XVIe siècle, l’hôtel-Dieu connaît une crise financière, puisqu'il était seulement financé par les aides, subsides ou privilèges. Celle-ci occasionne la création en 1505 d’un conseil de huit gouverneurs laïcs : les présidents du Parlement, de la Chambre des Comptes, de la Cour des Aides, et le prévôt des Marchands. L’État intervient progressivement, d’abord par l’intermédiaire du lieutenant général de police, membre du Bureau de l’hôtel-Dieu de Paris en 1690, puis par l'intermédiaire de Necker, qui crée au XVIIe siècle les charges d’« inspecteur général des hôpitaux civils et maison de forces » et de « commissaire du Roi pour tout ce qui a trait aux hôpitaux ».

À cette période, l’image du pauvre change. Il devient socialement dangereux car marginal. Pour le contrôler, les élites du XVIIe siècle brandissent des arguments moraux et créent des établissements permettant d’enfermer les pauvres. L’hôpital est alors un lieu de réclusion, permettant par la même occasion d’assainir le monde urbain. L’hôpital prend alors le nom de « hôpital général » ou plus simplement « hôpital d’enfermement », dont l’hôtel-Dieu fait partie.

En 1606, une annexe de l'Hôtel-Dieu, la salle Saint-Charles, est construite sur la rive gauche. En 1684, Louis XIV fait don du Petit Châtelet à l'Hôtel-Dieu[3]. L'hôpital s'agrandit alors le long de la rue de la Bûcherie.

Au XVIIIe siècle : un lieu de bienfaisance[modifier | modifier le code]

Le rôle de madame Necker[4], aux côtés de son mari, modifie progressivement la symbolique de l’hôpital : de la charité, on passe à la bienfaisance. Le malade est mieux considéré. On voit même apparaître des maisons de convalescence. De plus, les idées prônées par le siècle des Lumières permettent une importante réflexion sur le milieu hospitalier. Mais ce n'est qu'à la fin du XVIIIe siècle, que l’hôpital devient une « machine à guérir », où le malade y est soigné et en ressort guéri. Il faut cependant attendre le XIXe siècle, pour que l’hôpital devienne un lieu de pratique de la médecine et de la science, mais aussi, un lieu d’enseignement et de la recherche médicale.

En 1772, un incendie détruit une grande partie de l’hôtel-Dieu. D’autres plans sont alors construits et de nombreuses modifications sont apportées.

Au XIXe siècle : des lieux spécialisés[modifier | modifier le code]

En 1801, les hôpitaux parisiens se dotent d’un cadre administratif nouveau : le Conseil général des hôpitaux et hospices civils de Paris. La volonté d’une meilleure gestion occasionne la création de nouveaux services : bureau d’admission et pharmacie centrale, par exemple.

D'autre part, à cette époque, l’hôtel-Dieu prône la pratique de la vaccination. Le duc de La Rochefoucauld-Liancourt en est d’ailleurs un fervent partisan. De même les découvertes de René-Théophile-Hyacinthe Laennec permettent d’affiner les méthodes de diagnostic, l’auscultation et l’étiologie des maladies.

Face à ce développement de la médecine, l’hôtel-Dieu ne peut faire face. De nouveaux hôpitaux parisiens font leur apparition, chacun se spécialisant sur un ou plusieurs cas cliniques. L’hôpital Saint-Louis devient un grand centre d’études et de soins des maladies de peau ; La Pitié devient un centre d'études et de soins des maladies du système nerveux et des centres de gériatrie, etc. Progressivement, chaque hôpital développe son centre de pédiatrie.

En 1837, le prolongement du quai de la Bûcherie (actuel quai de Montebello) est déclaré d'utilité publique[5]. Pour ce faire, l'ancien Hôtel-Dieu est démoli et une nouvelle annexe est construite par Jean-Jacques-Marie Huvé en 1840 entre le nouveau quai et la rue de la Bûcherie[3].

Durant le Second Empire, les bâtiments deviennent exigus pour faire face à l'évolution de la médecine et des missions des hôpitaux. Ils sont remplacés par de nouvelles constructions élevées sur terrain de 22 000 mètres carrés délimités au nord par le quai aux Fleurs, au sud par la place du Parvis, à l'ouest par la rue de la Cité (ancienne rue de la Juiverie), à l'est par la rue d'Arcole.

L'Hôtel-Dieu aujourd'hui[modifier | modifier le code]

Bâtiments actuels[modifier | modifier le code]

L'Hôtel-Dieu actuel en fin de construction vers 1875 (Charles Marville, photographe).

Le 22 mai 1865, la suppression de l'ancien Hôtel-Dieu et sa reconstruction au nord du parvis Notre-Dame sont déclarées d'utilité publique[6]. La construction du nouvel hôpital nécessite la disparition d'un ensemble de rues dans la partie centrale de l'île de la Cité entre la rue d'Arcole et la rue de la Cité, ces deux rues étant redressées et élargies à cette occasion[7] :

La rue Saint-Christophe est également supprimée : la partie nord pour permettre la construction de l'hôpital, la partie sud (bâtiment de l'administration de l'assistance publique) pour agrandir le parvis Notre-Dame et dégager la vue sur l'hôpital.

En outre, la partie Nord-Est de l'Hôtel-Dieu couvre l'emplacement de l'église Saint-Landry et de son cimetière démolis en 1829.

Les bâtiments actuels sont dus aux plans de l'architecte Emile Jacques Gilbert, aidé de son gendre Arthur-Stanislas Diet ; ils sont édifiés de 1866 à 1876, à l'initiative du baron Haussmann dans le périmètre réaménagé de la cathédrale Notre-Dame.

La IIIe République achève la construction de l'hôpital sur son emplacement actuel à la fin du XIXe siècle, avec l'entrée principale au 1, place du Parvis.

Ce n'est qu'en 1908, que les religieuses augustines quittent définitivement l'hôtel-Dieu.

Quelques vues du bâtiment actuel
Cliquez sur une image pour l'agrandir, ou survolez-la pour afficher sa légende.

Rôle au sein du système de santé parisien[modifier | modifier le code]

Entrée de l'hôtel-Dieu, en 2007.

Il est actuellement l'un des hôpitaux de l'Assistance publique - hôpitaux de Paris. Ce centre hospitalier dépend de la Faculté de médecine Paris-Descartes.

Depuis 50 ans[Quand ?], l'hôtel-Dieu abrite le service de diabétologie et de maladies endocriniennes. Il se consacre presque exclusivement au dépistage, au traitement et à la prévention des complications du diabète sucré. C'est également un service de référence pour les hypoglycémies. Tourné vers l'information du patient (éducation thérapeutique) et les innovations technologiques, il offre un large choix de structures de soins, des plus légères aux plus lourdes. Il est aussi à la pointe de la recherche diabétologique[réf. souhaitée] dans des domaines tels que : nouvelles insulines et nouveaux médicaments, effets de l'alimentation, pompes externes et implantées, capteurs de glucose et pancréas artificiel.

Plus récemment, un service important d'ophtalmologie (urgence, chirurgie et recherche) a été développé à l'hôtel-Dieu sous la direction d'Yves Pouliquen.

Compte tenu de la réorganisation de l'Assistance Publique - Hôpitaux de Paris (AP-HP) en groupes hospitaliers, l'Hôtel-Dieu forme avec les hôpitaux de Cochin, Broca, La Rochefoucauld et La Collégiale le groupe hospitalier Hôpitaux universitaires Paris centre.

L'avenir : mission hospitalière menacée ou rôle historique consacré ?[modifier | modifier le code]

Fronton de l'Hôtel-Dieu en 2015.
Banderole de protestation sur la façade, mai 2016.

Avec le départ programmé de ses services d'hématologie, de pneumologie et de chirurgie thoracique, l'Hôtel-Dieu voit son rôle menacé. Sa mise aux normes coûterait 280 millions d'euros[8].

Le 5 mars 2011, un communiqué de Mireille Faugère, directrice générale de l'AP-HP a annoncé le transfert définitif des différents services d'hospitalisation (chirurgie, ambulatoire, hospitalisation) sur le site de Cochin, et le regroupement des différents services du siège de l'institution dans les locaux laissés vacants de l'hôtel-Dieu. Le site conserverait néanmoins son service d'accueil des urgences (SAU), son service mobile d'urgence et de réanimation (SMUR), les urgences médico-judiciaires (UMJ) ainsi que le centre diagnostique conventionné en secteur 1[9].

Ce projet de transformation en hôpital universitaire de santé publique est depuis largement remis en cause tant par le corps médical, les usagers[10], les syndicats que les élus politiques. L'association L'Hôpital pour tous[11] présidée par le Docteur Dinah Vernant et dont le secrétaire général, l'urgentiste Gérald Kierzek, a pris la tête de la contestation[12] dénonçant[13] les aberrations médicales (110 000 urgences y sont prises en charge, le service d'ophtalmologie est un des plus performants de France[14]), économiques (plusieurs dizaines de millions d'euros ont été investis ces dernières années et le projet de transformation en bureaux n'est pas financé) et managériales.

Il est à noter que l'hôpital a été largement rénové depuis 5 ans[Quand ?]  : les urgences pour un coût d'environ 5 millions d'euros, les réanimations, plusieurs salle de soins, l'ophtalmologie et ces urgences, la détection incendie (environ 4 millions d'euro), etc[réf. nécessaire].

Depuis début novembre 2013, par décision de l'APHP, les urgences ont été fermées. Le service est remplacé par un centre de consultation, 24 heures sur 24, sans hospitalisation.

Le 5 juillet 2016, le projet Hôtel-Dieu à l’horizon 2020 a été présenté en commission médicale d’établissement de l’AP-HP, après son adoption au sein du groupe hospitalier Paris Centre et la finalisation de la programmation de ses activités.[15]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. <Données de la Fédération hospitalière de France (FHF)
  2. a et b Jacques Hillairet - Dictionnaire historique des rues de Paris - T.2, p.235 - Édition 1997
  3. a et b Félix et Louis Lazare, Dictionnaire administratif et historique des rues de Paris et de ses monuments, édition de 1844, pp. 324-326 [lire en ligne]
  4. http://musee-collections.aphp.fr/app/photopro.sk/aphp/detail?docid=50086
  5. Adolphe Alphand (dir.), Adrien Deville et Émile Hochereau, Ville de Paris : Recueil des lettres patentes, ordonnances royales, décrets et arrêtés préfectoraux concernant les voies publiques, Paris, Imprimerie nouvelle (association ouvrière), , « Ordonnance du 22 mai 1837 », p. 128-129.
  6. Adolphe Alphand , op. cit., « Décret du 22 mai 1865 », p. 361-362
  7. Reconstruction de l'Hôtel-Dieu. Réduction du plan exposé à la mairie du 4e arrondissement, Paris, impr. de Fourmage [lire en ligne]
  8. Coupe franche dans les hôpitaux, lejdd.fr, 23 janvier 2010
  9. AP-HP : fermeture de l'HOTEL-DIEU, vente du siège
  10. les usagers
  11. Site officiel de l'association L'Hôpital pour tous.
  12. contestation
  13. dénonçant
  14. performants
  15. « AP-HP : Point sur le projet médical et de recherche de l’Hôtel-Dieu », sur www.aphp.fr (consulté le 12 juillet 2016)

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Sur les autres projets Wikimedia :

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]