Parc de Bagatelle
| Parc de Bagatelle | |
Le château du parc de Bagatelle. | |
| Géographie | |
|---|---|
| Pays | |
| Subdivision administrative | Île-de-France |
| Commune | Paris |
| Arrondissement | 16e arrondissement |
| Superficie | 25 ha |
| Histoire | |
| Personnalité(s) | François-Joseph Bélanger Thomas Blaikie |
| Gestion | |
| Protection | |
| Lien Internet | equipement.paris.fr |
| Accès et transport | |
| Métro | |
| Bus | 43 244 |
| Localisation | |
| Coordonnées | 48° 52′ 17″ nord, 2° 14′ 50″ est |
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Le parc de Bagatelle est un parc situé dans le 16e arrondissement de Paris (France), en bordure de la pelouse (dite aussi « plaine de jeux ») de Bagatelle, dans le bois de Boulogne. Proche de la limite sud de la commune de Neuilly-sur-Seine, il est l'un des quatre pôles du Jardin botanique de la ville de Paris avec le jardin des serres d'Auteuil situé au sud-est du bois, ainsi que le parc floral de Paris et l'arboretum de l'école du Breuil, eux dans le bois de Vincennes.
Historique
[modifier | modifier le code]Création du parc
[modifier | modifier le code]Le parc et le château de Bagatelle[1], également dénommé la « Folie d'Artois », ont été construits en soixante-quatre jours seulement, à la suite d'un pari entre Marie-Antoinette et le comte d'Artois[2], acquéreur du domaine en 1775.
- Le château de Bagatelle
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L'entrée du château de Bagatelle donnant sur la cour d'honneur. -
Le château vu du parc.
Les plans du site ont été dessinés en une seule nuit par l'architecte François-Joseph Bélanger[3]. Thomas Blaikie a assuré sa réalisation dans un style anglo-chinois, très en vogue à l'époque. Cette mode est liée à l'arrivée en Europe d'images de pagodes en provenance de Chine mais reflète également une réaction face au rigorisme des jardins à la française.
« Bélanger mit à l’intérieur des marbres, des glaces, des bains, des jets d’eau rafraîchissants, des meubles clairs et gais ; puis, autour, un jardin semi-anglais, semi-français ; et, dans le parc, tout l’assortiment rococo, sentimental du XVIIIe siècle : temple de la philosophie, pavillon hindou, ermitage, etc., etc. ; beautés de la nature truquées : grottes, cascades, roches, lacs, ponts en bois, tout un Rousseau de clinquant, une fausse nature, en somme, contrastant, jurant avec l’ample paysage formé par le fleuve paisible - alors - qui bordait le parc à l’ouest, par le Mont-Valérien, par les belles collines de Saint-Cloud, de Meudon. Mais on était près de Paris, pas loin de Versailles, bien plus artificiel encore. Et le fleuve si lent, et le Bois si calme, et les collines, et le parc, et Bagatelle pouvaient passer pour un lieu champêtre, pour une véritable Arcadie. »
— Adolphe-Louis Leroy
Plus de neuf cents ouvriers ont travaillé à cette réalisation.
Évolution du site
[modifier | modifier le code]Après avoir failli disparaître sous la Révolution française, le parc a été doté de l'orangerie, de la grille d'honneur et des écuries en 1835, puis des pavillons des gardes, du Trianon et des deux terrasses en 1870.
Sir Richard Wallace (1818-1890) rachète le domaine, le fait agrandir de 10 ha, alors que le parc est redessiné par Louis-Sulpice Varé. L'héritier de sa veuve, née Julie Castelnau, morte à Londres en 1897, vendit le domaine à la ville de Paris en 1905. Le parc est alors réhabilité par le conservateur du bois de Boulogne, Jean Claude Nicolas Forestier[3].
Le 15 mars 1907, Charles Voisin y accomplit le premier vol mécanique sur un aéroplane muni d’un moteur à explosion (un V8 « Antoinette »).
Depuis 1907, la roseraie du parc de Bagatelle, qui comporte quelque dix mille rosiers représentant mille deux cents cultivars différents, accueille un concours international[3].
De nos jours, le parc s'étend sur 25 hectares[3].
Galerie
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La cascade.
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Narcisses au printemps.
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La pagode et le « miroir japonais », une petite pièce d'eau.
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La roseraie, qui comporte quelque dix mille rosiers, la plus grande collection dans un parc en plein air d'Europe continentale.
Expositions thématiques
[modifier | modifier le code]Des expositions sont régulièrement organisées dans le parc de Bagatelle. En 2004, le thème était Les cabanes. En 2013, le titre de l'exposition-promenade est Paris Paysages[4].
Représentations dans les arts
[modifier | modifier le code]Dans la littérature
[modifier | modifier le code]Dans Le Figaro du 1er août 1932, l'écrivain Henry de Montherlant publie un texte littéraire narrant une virée dans le parc, écrivant notamment : « Bagatelle. Ces longues heures dans un jardin, c'est peut-être ce que nous aurons eu de meilleur dans la vie »[5].
À la télévision
[modifier | modifier le code]Dans la seconde saison de la série Paris Police 1900 (Paris Police 1905), le pavillon de Bagatelle, à l'abandon, est présenté comme un lieu de rencontre clandestin pour les homosexuels parisiens.
Au cinéma
[modifier | modifier le code]Le parc et le château ont servi de décor pour la principauté imaginaire de « Monte-Marino », dans le film Bonjour sourire de Claude Sautet avec Annie Cordy, Henri Salvador et Louis de Funès[6].
Références
[modifier | modifier le code]- ↑ Le château prit le nom de « Bagatelle », c'est-à-dire babiole, par allusion ironique à son coût, 3 à 4 millions.
- ↑ « Bagatelle, la « folie » du comte d’Artois née d’un pari avec la reine Marie-Antoinette », sur parismatch.com, (consulté le )
- Plaque informative à l'entrée du parc.
- ↑ Ça se passe au jardin, Paris.fr
- ↑ Henry de Montherlant, « Henry de Montherlant : "Je me confie aux fleurs et aux feuilles" », Le Figaro, encart « Le Figaro et vous », 14-15 novembre 2020, p. 36 (lire en ligne).
- ↑ « Bonjour sourire - Fiche Film - La Cinémathèque française », sur cinema.encyclopedie.films.bifi.fr (consulté le ).
Bibliographie
[modifier | modifier le code]- Fernand Bournon, Villiers-la-Garenne et Neuilly : les Ternes, château de Madrid, la porte Maillot, Bagatelle, Sablonville, Sainte-James., Paris, Honoré Champion, , 20 p. (lire en ligne)
- Henri-Gaston Duchesne, Le Château de Bagatelle (1715-1908) : d'après les documents inédits des Archives nationales, des Archives de la Seine, et des mémoires manuscrits ou imprimés, Paris, Jean Schemit, , 352 p. (lire en ligne)
- L. de Quellern, Le château de Bagatelle : étude historique et descriptive suivie d'une notice sur la roseraie, Paris, Charles Foulard, , 95 p., 88 f. de pl. (lire en ligne)
- Jean-Claude-Nicolas Forestier, Bagatelle et ses jardins, Paris, Librairie Horticole, , 87 p. (lire en ligne)
- Jacques Barozzi, Association des Amis du Parc et du château de Bagatelle (ill. Magali Chanteux), Bagatelle, Rennes, Ouest-France, coll. « Les Guides couleurs », , 32 p. (ISBN 2-85882-694-3)
- Daniel Alcouffe et al., La Folie d'Artois (Catalogue d'exposition), Paris, Antiquaires à Paris, , 238 p.
- Yves Le Floc'h Soye et Jean-Baptiste Leroux, Les quatre saisons de Bagatelle, Paris, Éditions du Chêne, , 159 p. (ISBN 2-84277-010-2)
- Richard Khaitzine, Les Jardins de Bagatelle à Paris : Histoire et secrets, Le Mercure Dauphinois, , 252 p. (ISBN 2913826695)
Annexes
[modifier | modifier le code]Articles connexes
[modifier | modifier le code]- Liste des espaces verts de Paris
- Jardin botanique de la ville de Paris
- Arboretum de l'école Du Breuil
- Parc floral de Paris
- Jardin des serres d'Auteuil
Liens externes
[modifier | modifier le code]- Ressource relative au tourisme :
- Parc de Bagatelle sur le site de la mairie de Paris
- Plan du Parc de Bagatelle (en pdf, taille de 3 Mo)
- Les parcs à fabrique: Bagatelle, la Folie d'Artois
- Gallica Documents et photographies historiques sur Bagatelle
- Un peu d'histoire, Les Jardins de Bagatelle à Paris
