Quartier de Paris

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Quartier de Paris
Administration
Pays Drapeau de la France France
Type Quartier
Division supérieure Commune

La difficulté d'établir ou de maintenir à Paris un ensemble de mesures ayant pour but de garantir l'ordre public, autrement dit une Police, qui augmente avec le nombre de ses maisons et de ses habitants, la ville fut divisée en quartiers afin de pouvoir faciliter l'exécution des règlements et ordonnances tant générales que particulières, qui concernent l'ordre public.

Ainsi la notion de quartier prend plusieurs significations à Paris :

Historique des quartiers de Paris[modifier | modifier le code]

Période médiévale[modifier | modifier le code]

Avant l'arrivée des Romains, Lutèce, Paris, était enfermée dans une étendue appelée la Cité ou île du Palais. La ville commence à prendre son essor durant la période gallo-romaine avec l'arrivée qu'une grande quantité de citoyens de toutes conditions. Ainsi on commença d'y bâtir à l'extérieur de l'Île de la Cité, en particulier du coté Sud.

Une seconde fois, la ville s’étendit en particulier du coté Nord, en raison de l'accroissement de la population lorsque les rois Mérovée, Childéric et Clovis firent de la ville leur résidence. On éleva des églises et des chapelles dont celles de Saint-Clément, qui deviendra l'église Saint-Marcel qui donnera naissance au bourg Saint-Marceau[1], la chapelle de Saint-Vincent devenue Saint-Germain-l'Auxerrois, Notre-Dame-des-Bois devenue Sainte-Opportune et celle de Saint-Pierre devenue Saint-Médéric qui furent les plus considérables[2].

Vers 954, sous le règne de Lothaire, on divisa Paris en quatre parties, d'où le nom de « quartiers »[2] :

Paris s'étant accru depuis le règne de le règne de Lothaire jusque sous les règnes de Louis VII et de Philippe Auguste par une forte extension d'un grand nombre d'habitations situés au Nord de la ville, dans des lieux que l'on appelait : le bourg de Saint-Germain-l'Auxerrois, le bourg Labbé, Beaubourg et le bourg Thiboust et au Sud de la ville par une étendue appelée l'Université.
En 1190, après l'édification de l'enceinte de Philippe Auguste, le nombre de quartiers passe à huit[2] :

À l'intérieur des murailles, se trouvaient une grande quantité de vignes, de marais et de terres labourables dont les emplacements devinrent bientôt des maisons.

Sous les règnes de Charles V et Charles VI on bâtit, du côté Nord, une grande quantité d'habitations au-delà de cette enceinte. Avec l'érection de l'enceinte de Charles V, achevée en 1383 le nombre de quartiers passe à seize[2],[3] :

Pour faire cesser ces accroissements prodigieux, contraires à la police particulière et à l’intérêt des provinces, Henri II, par un édit du mois de novembre 1549 défendit de bâtir de nouvelle maisons qu'Henri III confirma durant son règne.
Jusqu'à la fin du XVIe siècle, Paris est ainsi divisé en seize quartiers, eux-mêmes divisés en « dizaines » :
Les quartiers de Paris servent de circonscription de base pour l'action publique et l'élection aux charges municipales, par opposition aux paroisses et seigneuries autour desquelles s'organise la vie sociale. Dans chaque quartier, un « quartenier » (ou « quartinier ») est chargé des tâches administratives, tandis que la police relève d'un colonel de quartier[4]. L'institution des colonels de quartier sera étendue à l'ensemble des villes françaises par Louis XIV.

Toutefois le quartier de Saint-André-des-Arcs ne cessa de s'accroitre de plus de la moitié, ce qui fit qu'en 1642 on le divisa en deux parties. Cette seconde partie prit le nom de :

Le nombre de quartiers passe ainsi à dix-sept[2]

Période moderne[modifier | modifier le code]

À la suite de la Fronde, les fortifications sont détruites et l'administration royale cherche à limiter l'autonomie parisienne. Cela débouche sur la création de la lieutenance de police (édit du 3 mars 1667), la réforme des quarteniers (l'édit de juillet 1681 en fait des offices seulement honorifiques : les « conseillers et quarteniers de la Ville »[5]) et un nouveau découpage des quartiers (16 selon l'arrêt du Conseil du 12 avril 1680, vingt selon celui du 14 janvier 1702). Toutefois la division en 17 quartier durera jusqu'en 1701.

En 1697, Marc René de Voyer de Paulmy d'Argenson, le nouveau lieutenant général de police, établit les charges de receveurs des deniers destiné au nettoiement des rues et à l'entretien des lanternes publiques, pour représenter au Conseil l’inégalité des 17 quartiers de Paris, la trop grande étendue du quartier de Saint-Germain-des-Prés qui représentait au moins le quart de la surface de la ville[2], le grand nombre de maisons, de rues, de places publiques, de quais dont Paris s'était accru, (accroissement de la Paris de plus du tiers), depuis le commencement du règne de Louis XIV.
Par un édit du mois de décembre 1701, les quartiers de la place Maubert, de Saint-Germain-des-Prés et de Montmartre plus étendus que les autres furent partagés et en on composa trois nouveaux (Saint-Benoît, de Luxembourg et Saint-Eustache)
Paris a désormais vingt quartiers en 1702 qui furent bornés et limités par une déclaration du roi en date du 12 décembre 1702 et par un arrêt du Conseil d'État du 14 février de la même année[6]

Plan général des vingt quartiers de la ville et faubourgs de Paris, par Jean-Baptiste Scotin (1678-?)


Ces quartiers sont sous la surveillance des commissaires obéissant au lieutenant général de police, qui ont sous leurs ordres deux inspecteurs dans chaque quartier (à partir de 1708). Les quartiers servent aussi à la perception de certains impôts, capitation, dixième, etc.

En avril 1789, la ville est découpée en 60 districts pour les élections des délégués aux États généraux, chaque ancien quartier est divisé en 3 ou 4 districts ; chaque district forme dans l'année un bataillon de la garde nationale.

Le 21 mai 1790 ce nombre est réduit à 48 sections. En 1795, ces 48 sections deviennent officiellement 48 quartiers, soit quatre par arrondissement.

L'annexion des communes limitrophes le 1er janvier 1860 crée huit nouveaux arrondissements, donc 32 nouveaux quartiers, portant à 80 le nombre total des quartiers parisiens. Certains des quartiers créés prennent d'ailleurs le nom des communes annexées.

Quartiers administratifs aujourd'hui[modifier | modifier le code]

Les 80 quartiers administratifs constituent le niveau le plus fin de l'administration publique à Paris. Chacun contient un poste de police.

Article détaillé : Quartiers administratifs de Paris.

Conseils de quartier[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Conseils de quartier de Paris.

Les conseils de quartier regroupent des habitants de Paris désireux de s'informer ou de formuler des propositions relatives à la vie du quartier. Ils sont rattachés à la mairie d'arrondissement. Les quartiers représentés par ces conseils ne correspondent pas nécessairement aux limites des quartiers administratifs. C'est ainsi que Paris est divisé en 121 quartiers[8]. Ce sont en principe les mairies d'arrondissement qui déterminent à leur convenance le nombre des conseils de quartier au sein de leur circonscription. Il s'avère cependant dans les faits que ce nombre dépend en grande partie de l'importance de la population : ainsi le 3e arrondissement ne comprend que trois conseils de quartier, alors que le 15e en compte dix. Contre-exemple : les 1er (le moins peuplé de Paris), 4e, 5e et 7e arrondissements ont maintenu les limites des quartiers administratifs pour l'établissement de leurs conseils de quartier, quatre conseils de quartier cohabitent donc dans chacun d'eux.

Notes sources et références[modifier | modifier le code]

  1. Dictionnaire de la conversation et de la lecture Tome XLVI page 14
  2. a, b, c, d, e, f et g Description de la ville de Paris par Jean de la Caille
  3. Un trésor des mots de la ville, parution prévue en 2006 (charte éditoriale et exemples de notices).
  4. L'administration de la ville et des quartiers de Paris à la fin du XVIe siècle, document de cours de Denis Crouzet, « Le royaume de France (1559-1610) », Université Paris IV-Sorbonne, 1997–1998.
  5. Édit de juillet 1681 sur les offices de la Ville, BN, 4°F., 23 613
  6. Lacaille, Atlas des vingt quartiers de Paris, 1714.
  7. NB : Le texte indique bien une majuscule auxNous et aucun point dans le texte
  8. Plan des conseils de quartier (site de la Ville de Paris)

Source[modifier | modifier le code]

  • Robert Descimon et Jean Nagle, « Les quartiers de Paris du Moyen Âge au XVIIIe siècle, évolution d'une espace plurifonctionnel », Annales, Économies, Sociétés, Civilisations, vol. 34, no 5,‎ , p. 956-983 (DOI 10.3406/ahess.1979.294103)

Articles connexes[modifier | modifier le code]