Denis Foyatier

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Denis Foyatier
Foyatier.png
Portrait de Denis Foyatier par Dupré L., Archives de la Loire
Biographie
Naissance
Décès
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ParisVoir et modifier les données sur Wikidata
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Œuvres principales
Cincinnatus (d), Étienne Pasquier (d)Voir et modifier les données sur Wikidata

Denis Foyatier, né le à Bussières (Loire) et mort le à Paris, est un sculpteur néo-classique français.

Il est le beau-père du sculpteur Jules Blanchard.

Biographie[modifier | modifier le code]

Spartacus, Sculpture de marbre de Denis Foyatier (1830), Musée du Louvre.

Issu d'une famille modeste dont le père était tisserand puis agriculteur à Bezin, hameau de Bussières, Denis Foyatier s'initie lui-même et contre le gré de ses parents à la sculpture. Il commence par travailler sur des figurines religieuses, et après avoir acquis la technique du bois doré, il vend ses statues religieuses aux curés des alentours. Proche des milieux artistiques lyonnais, élève de Joseph Chinard, il poursuit ses sculptures dans le cadre familial. À la mort de son père, les économies de Foyatier lui permettent de partir pour Lyon où il intègre l’École Spéciale de dessin de Lyon et devient élève de Joseph Charles Marin de 1813 à 1816.

En 1816, il obtient un prix de sculpture dont la bourse lui permet de rejoindre en 1817 l'École des beaux-arts de Paris où il devient élève du sculpteur néo-classique François-Frédéric Lemot[1].

En 1819, il expose ses premières œuvres et remporte une médaille au Salon de 1819 avec une statue de Jeune Faune. Il entreprend alors à ses frais un voyage à Rome en 1822 où il est reçu à l'Académie de France à Rome (villa Médicis) à titre amical. Il y réalise le plâtre de son Spartacus qui est très remarqué. Une commande royale en 1828 lui permet d'exécuter en marbre la statue qui assure sa célébrité. Il est décoré de la Légion d'honneur le pour son marbre La Siesta (Salon de 1834).

Foyatier était l'un des partisans du baron de Richemont, un personnage qui se faisait passer pour Louis XVII.

Denis Foyatier meurt le et repose au cimetière communal de Clamart (Hauts-de-Seine).

Œuvres[modifier | modifier le code]

Figures héroïques antiques[modifier | modifier le code]

À partir de la Restauration, le genre de la sculpture héroïque est présenté sous l’angle politique et historique anti-napoléonien à l'instar du Bellérophon combattant la Chimère de Johann Nepomuk Schaller ou du Milon de Crotone de Guiseppe De Fabris de 1821. Au même moment, parmi les artistes de différentes nationalités qui viennent toujours à Rome, beaucoup continuent de se soumettre à la discipline académique autour du nu masculin de modèles reconnus, antiques ou modernes.

Lorsque Denis Foyatier réalise son Spartacus à Rome, bien qu'en dehors de tout contexte académique, il suit le cursus studiorum en sculptant un corps nu comme expression d’un sujet historique. Spartacus, prince de Thrace et chef des révoltés contre Rome, est une figure de la résolution qui incarne un idéalisme révolutionnaire et une forme de stoïcisme propre à l'art de Jacques-Louis David et à la génération néoclassique. La statue de marbre remporte alors un grand succès avec un résonance nouvelle au lendemain de la Révolution de 1830[2].

À la suite d'un tel succès, l'administration royale commande à Denis Foyatier en 1832 une statue en marbre de Cincinnatus pour le jardin des Tuileries à Paris aux côtés de Spartacus brisant ses chaînes. Cincinnatus est un héros romain connu pour la simplicité de ses mœurs : il est nommé consul mais demeure néanmoins paysan. Le sculpteur le représente avec un bras appuyé sur une charrue, et l'autre bras armé d'un glaive, symbole de ses fonctions suprêmes de commandant de l'armée.

Ces deux puissantes figures viriles, Spartacus et Cincinnatus, révèlent la fascination de Foyatier pour la fibre héroïque et l'art néoclassique à travers les vertus morales des modèles antiques[3].

Portraits aux galeries historiques de Versailles[modifier | modifier le code]

Statue de Suger, Denis Foyatier, 1835

Denis Foyatier répond progressivement à de nombreuses commandes publiques, notamment royales pour les galeries historiques du château de Versailles.

En 1831, alors que Louis Philippe songe à une nouvelle destination pour le musée de Versailles, le préfet du département de Seine-et-Oise propose au roi la création d’un musée de sculpture française et étrangère située au rez-de-chaussée du corps central du château. Une nouvelle série de portrait des grands hommes des siècles passés et présents permet alors de rendre hommage à l’École française de sculpture et retrace son histoire à travers ses œuvres[4].

Denis Foyatier réalise à cet effet les bustes de Suger, abbé de Saint-Denis (1081-1151) en 1835, de Jacques de Chabannes, seigneur de la Palice et maréchal de France (1400-1453) en 1838, ainsi que d’Olivier de Clisson, connétable de France (1336-1407) en 1838.

Commande municipale lyonnaise[modifier | modifier le code]

Dans la seconde moitié du XIXe siècle, la ville de Lyon commande auprès de Foyatier une statue de bronze du Major Général Claude Martin pour la place Saint Pierre. C’est à ce personnage que la ville de Lyon doit de nombreuses écoles. Claude Martin fonde avec son immense fortune des écoles industrielles destinées à la formation d’enfants de la classe ouvrière. Après sa mort, la ville fonde l’école de La Martinière de Lyon. Cette statue de bronze de 2 mètres 30 est réalisée en 1843, or sa réception ne fait pas l’unanimité. D’une part parce que Foyatier a par le passé beaucoup déçu les lyonnais avec son Monument à Jacquard place Sathonay, et d’autre part parce que le personnage de Claude Martin est lui-même controversé[5]. Martin est considéré comme un traitre. De nationalité française, il est parti vivre en Angleterre où il a rejoint l’armée anglaise et combattu contre la France lors de la guerre[6].

La statue de Claude Martin est aujourd’hui exposée dans la cour de l’école de La Martinière de Lyon.

Œuvres dans les collections publiques[modifier | modifier le code]

Monument à Jeanne d'Arc, Place du Martroi, Orléans.

Hommages[modifier | modifier le code]

Plusieurs villes ont donné son nom à l’une de leurs rues :

  • Paris : Denis Foyatier a une rue portant son nom dans le XVIIIe arrondissement de Paris (rue en escalier et terrasses qui permet d’accéder au Sacré-Cœur, elle borde les installations du funiculaire). L'école primaire qui se situe à cette adresse lui est également éponyme ;
  • Roanne ;
  • Saint-Étienne ;

ainsi que quelques plus petites communes du département de la Loire :

Galerie[modifier | modifier le code]

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Références[modifier | modifier le code]

  1. Bertin Doin, « Notice biographique sur le sculpteur Foyatier », in Nouvelles archives de l'art français, Tome II, Société de l'Histoire de l'Art, 1828.
  2. Jacques Beauffet, Dictionnaire des artistes foréziens du XIXe siècle, Ceysson, .
  3. Guide des collections, Palais des Beaux Arts de Lille, Paris, Édition de la Réunion des musées nationaux, .
  4. Revue de l’Institut national du patrimoine n°6, .
  5. Archives Municipales de Lyon. Dossier MARTIN   
  6. Thèse de Mme de la Genardière, décembre 1973, documentation « sculpture » du Louvre.
  7. « Monument au colonel Combe – Feurs », notice sur e-monumen.net.
  8. « Monument à Jacquard – Lyon (fondu et remplacé) », notice sur e-monumen.net
  9. « Monument au vicomte de Martignac – Miramont-de-Guyenne », notice sur e-monumen.net
  10. « Monument à Jeanne d’Arc – Orléans », notice sur e-monumen.net.
  11. Notice no 2660, base Atlas, musée du Louvre
  12. Notice no 554, base Atlas, musée du Louvre
  13. Notice no 2662, base Atlas, musée du Louvre
  14. « Les Derniers Jours d’Herculanum », notice sur e-monumen.net.

Annexes[modifier | modifier le code]

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Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Pierre Kjellberg, Le Nouveau guide des statues de Paris, Paris, La Bibliothèque des Arts, 1988.
  • A. Renzi, « Notice biographique sur Denis Foyatier, artiste statuaire », L'instigateur : journal de la Société des Études Historiques,‎ , p. 321-331 (lire en ligne).
  • Jaqueline Suttin, « Denys Foyatier, heurs et malheurs du créateur de la statue de Jeanne d'Arc à Orléans », Mémoires de la Société d'agriculture, sciences, belles-lettres et arts d'Orléans, 6e série, t. 2,‎ , p. 207 (lire en ligne).

Liens externes[modifier | modifier le code]