Manterrupting

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Le manterrupting (fusion des mots anglais man et interrupting) est un concept féministe qui désigne le comportement sexiste qui consiste, pour les hommes, à couper la parole des femmes au cours de discussions ou de débats en raison du genre de leurs interlocutrices[1]. Ce comportement s'inscrit dans une problématique sociologique relative au sexisme et à la domination masculine, qui donnent une moindre légitimité supposée de la femme sur le sujet donné que celle du manterrupter dans l'esprit de ce dernier.

Terminologie[modifier | modifier le code]

« Manterrupting » est un mot-valise composé des mots man (homme) et interrupt (interrompre). Le terme a été popularisé par Jessica Bennett (en)[1],[2], entre autres autrice de l'essai Feminist Fight Club: An Office Survival Manual for a Sexist Workplace. Dans un article du Time, elle définit le terme ainsi : « Manterrupting: Unnecessary interruption of a woman by a man » (« interruption non nécessaire d'une femme par un homme »)[3].

Mise en évidence[modifier | modifier le code]

En septembre 2016, Jessica Bennett établit le décompte des diverses interruptions de parole lors du premier débat présidentiel entre Donald Trump et Hillary Clinton. Le résultat final est de quarante interruptions de Clinton par Trump, contre une seule de Trump par Clinton. Elle interprète ce résultat (40 contre 1) comme une expression manifeste de manterrupting[4].

Un décompte identique est réalisé en France lors du troisième débat télévisé de la primaire française de la droite et du centre de 2016 : Nathalie Kosciusko-Morizet a été interrompue 27 fois contre 9 fois pour Alain Juppé, 10 pour Jean-François Copé, 11 pour Jean-Frédéric Poisson et Bruno Le Maire et 12 fois pour François Fillon et Nicolas Sarkozy[1].

Critiques[modifier | modifier le code]

Un reproche couramment évoqué est l'utilisation de néologisme très utilisé sur les réseaux sociaux, mais peu dans les médias et le quotidien, et qui simplifient une réalité plus complexe[5].

Le terme est critiqué comme étant sexiste en raison des stéréotypes sur le sexe masculin. De plus, en raison de l'absence de faits, on peut reprocher au concept de « manterruption » d’être une accusation amalgamant contre les hommes[6].

Références[modifier | modifier le code]

  1. a, b et c Anne Chemin, « “Manterrupting”, le sexisme ordinaire sur la voix publique », Le Monde.fr,‎ (ISSN 1950-6244, lire en ligne).
  2. (en-US) « A Gentleman's Guide to Mansplaining and Manterrupting - », The Good Men Project,‎ (lire en ligne).
  3. « How Not to Be 'Manterrupted' in Meetings », sur Time (consulté le 9 mars 2017).
  4. Jessica Bennett, « Hillary Clinton Will Not Be Manterrupted », The New York Times,‎ (ISSN 0362-4331, lire en ligne).
  5. « Puis-je mecspliquer? », Lesoir.be,‎ (lire en ligne).
  6. https://www.berliner-philharmoniker.de/konzerte/kalender/details/24499/.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Articles connexes[modifier | modifier le code]