Effet Matilda

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L'effet Matilda : attribution des découvertes scientifiques à un collègue masculin.

L’effet Matilda désigne le déni ou la minimisation systématique de la contribution des femmes scientifiques à la recherche, dont le travail est souvent attribué à leurs collègues masculins.

Découverte et prévalence[modifier | modifier le code]

Il est nommé d'après la militante américaine des droits des femmes Matilda Joslyn Gage[1], qui a la première observé ce phénomène à la fin du XIXe siècle. L'effet Matilda est une forme particulière d'effet Matthieu, qui montre que les travaux de scientifiques prestigieux sont souvent mieux reconnus que ceux de chercheurs relativement inconnus, même si leur travail est similaire[réf. nécessaire].

Exemples au Moyen Âge[modifier | modifier le code]

Cet effet a été mis en lumière en 1993 par l'historienne de la science Margaret W. Rossiter qui donne des exemples de cet effet comme Trotula de Salerne, femme médecin italienne (XIe – XIIe siècles), qui a écrit des livres qui ont été attribués à des auteurs masculins après sa mort.

Exemples du XXe siècle[modifier | modifier le code]

Plusieurs cas d'effet Matilda sont recensé pour le XXe siècle.

Rosalind Franklin

Rosalind Franklin, physico-chimiste britannique, obtient la première photographie d’ADN par diffraction de rayons X (appelé le cliché 51). Ce cliché permet aux chercheurs James Dewey Watson et Francis Crick de démontrer la structure en double hélice de la molécule d'ADN, découverte pour laquelle ils obtiendront le prix Nobel en 1962, sans jamais citer ni reconnaître le rôle de leur collègue[2].

Marthe Gautier découvre en 1958 à l'hôpital Trousseau à Paris que la trisomie 21 est due à un chromosome surnuméraire. Un stagiaire du CNRS, Jérôme Lejeune, s'attribue cette découverte lors d'un congrès à Montréal en 1959 et recevra pour cela le prix Kennedy[2].

Lise Meitner à l'Université de Washington

On peut encore citer Lise Meitner, physicienne autrichienne injustement ignorée au Prix Nobel pour ses découvertes sur la fission nucléaire alors que son collègue Otto Hahn le reçut en 1944[3], Marietta Blau[4] ou Jocelyn Bell, astrophysicienne britannique dont le directeur de thèse Antony Hewish reçut le prix Nobel a sa place pour la découverte du premier pulsar[5].

Références[modifier | modifier le code]

  1. Camille Froidevaux-Metterie, La Révolution du féminin, Éditions Gallimard, coll. « Bibliothèque des Sciences humaines », , 384 p. (ISBN 9782072573446, lire en ligne)
  2. a et b « L'effet Matilda ou le fait de zapper les découvertes des femmes scientifiques », L'Obs,‎ (lire en ligne)
  3. (en) « No Nobel Prize for Whining », sur New York Times,
  4. (en) Leopold Halpern & Maurice Shapiro, Out of the Shadows: Contributions of Twentieth-Century Women to Physics, Nina Byers and Gary Williams, (ISBN 978-0-521-82197-1), p. Marietta Blau
  5. (en) « Female physicist "snubbed" for Nobel Prize recognized as "Woman of the year" »,

Sources[modifier | modifier le code]

  • (en) Margaret W. Rossiter, « The Matthew Matilda Effect in Science », Social Studies of Science, Londres, Sage Publ.,‎ , p. 325-341 (ISSN 0306-3127, DOI 10.1177/030631293023002004).
  • Ni vues ni connues, Michelle Perrot collectif Georgette Sand, éd. Hugo & Compagnie, oct. 2017, (ISBN 9782755635393)

Annexes[modifier | modifier le code]

Liens internes[modifier | modifier le code]

Lien externe[modifier | modifier le code]