Stratification sociale

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Publiée à des fins de prise de conscience par la revue Industrial Worker (IWW) en 1911, cette pyramide des rôles est une critique en soi du capitalisme et de la société qui en découle.

La stratification sociale est un processus en sciences sociales en lien avec l’organisation sociale et l'existence de catégories sociales. La stratification sociale résulte de plusieurs processus sociaux distinction, discrimination, affiliation, pecking order qui tend à positionner les individus de façon hierarchique, dans une société ou une organisation sociale donnée, et donne lieu à des inégalités sociales, en termes d'accès et de répartition des ressources.

Dans l'histoire antique[modifier | modifier le code]

Chez les Grecs, la société des cités se divise principalement en trois catégories reconnues :

  • les citoyens, hommes libres possédant des droits politiques de la polis.
  • les métèques ou hommes libres étrangers
  • les esclaves ou hommes non libres. Contrairement aux deux premières, cette strate inférieure contient en son sein des femmes et des enfants.

Chez les Romains, la société romaine se divise en catégories complexes que la notion marxiste de classe sociale ne peut pas rendre parfaitement, compte tenu des critères plus juridiques que socio-économiques :

La stratification des groupes sociaux romains ayant considérablement évolué au cours de l'antiquité romaine, la société romaine se trouve regroupée en deux grands ordres à partir du IIIe siècle ; les honestiores et les humiliores — l'élite et les humbles —, séparés juridiquement et socio-économiquement.

Dans l'histoire médiévale et à l'Époque moderne[modifier | modifier le code]

Dans le monde européen des périodes qui ont suivi l'antiquité, c'est une société d'ordres qui s'est mise en place. Dans d'autres continents, ce fut souvent une société de castes. L'un et l'autre ne sont pas synonymes. Dans la Civilisation islamique à partir du VIIe siècle, les couches sociales ont varié selon les lieux et les temps mais toujours au sein d'une famille selon des catégories d'emploi : commerce, administration, etc. Plusieurs de ces types de société se sont en partie maintenus jusqu'à aujourd'hui, d'où les notions encore actuelles de :

Dans la Chrétienté a été élaboré une description de la société chrétienne en trois ordres sociaux, dont seuls les caractères juridiques se sont maintenus jusqu'à l'époque des révolutions du XVIIIe siècle et du XIXe siècle :

Ces catégories n'ont jamais été fondées sur des valeurs de richesse, d'où l'apparition dès an Mil d'une bourgeoisie dans les bourgs et villes européennes, au sein du tiers état mais utilisée comme ressource sociale des deux autres ordres (voir anoblissement).

  • le servage présent dans quelques pays, parfois jusqu'au XIXe siècle (Russie) montre le caractère non complet de cette description. Toutefois il a commencé à être fortement limité dans les pays occidentaux à partir du XIe siècle.

L'évolution des sociétés paysannes, également stratifiées à l'extrême, vers une société ouvrière dans le cadre des révolutions industrielles a profondément modifié la société européenne et les sociétés occidentales installées en Amérique.

Dans la société contemporaine[modifier | modifier le code]

Les approches sont diverses pour décrire les strates de la société actuelle issue des révolutions industrielles et des transformations de la société agricole. Ces analyses ne peuvent pas se faire sans être rapprochées des études démographiques, ni sans la compréhension des notions d'Industrialisation, de Colonisation, de Mécanisation ou encore de Mondialisation. Enfin, il ne pas oublier de regarder ces transformations avec le prisme des deux guerres mondiales et de la construction des sociétés démocratiques et totalitaires.

De là, divers types d'analyses sont en concurrence, compte tenu des opinions :

Perspective marxiste[modifier | modifier le code]

Dans la perspective marxiste, la société est hiérarchisée en classes sociales plus ou moins antagonistes dans une lutte des classes, ici rangées de la plus pauvre à la plus riche :

Le marxisme associe à cette vision de la stratification de la société la notion historique de « lutte des classes ». Pour Marx, l'histoire n'est qu'une succession de lutte entre classe dominante et classe dominée. Il associe à la classe dominée le prolétariat et à la classe dominante la bourgeoisie.

Le projet du communisme est de modifier ce rapport pour parvenir à une société sans classes.

Perspective non marxiste[modifier | modifier le code]

Dans une perspective non marxiste, la société est aussi hiérarchisée en classes, mais celles-ci sont différentes. On parlera notamment de :

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Felix Bühlmann, Céline Schmid Botkine, Peter Farago, François Höpflinger, Dominique Joye, René Levy, Pasqualina Perrig-Chiello, Christian Suter (éds.) (2012), "Rapport social 2012: Générations en jeu", Genève/Zurich, Éditions Seismo, Sciences sociales et problèmes de société, (ISBN 978-2-88351-058-6)
  • (en) John Goldthorpe, Revised class schema, London, Social and Community Planning Research, .
  • (en) John Goldthorpe, The economic basis of social class, London, Centre for Analysis of Social Exclusion, London School of Economics, .
  • Dominique Joye, Christine Pirinoli, Dario Spini et Eric Widmer (2012), Parcours de vie et insertions sociales, Genève/Zurich, Éditions Seismo, Sciences sociales et problèmes de société, (ISBN 978-2-88351-053-1)
  • René Levy (1997), Tous égaux ? De la stratification aux représentations, Genève/Zurich, Éditions Seismo, Sciences sociales et problèmes de société, (ISBN 978-2-88351-016-6)