Condition féminine en Tunisie

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Trois femmes dans une rue en Tunisie.

La condition féminine en Tunisie est déterminée à la fois par le système juridique, notamment le Code du statut personnel (CSP) qui est l'un des plus modernes du monde arabe, et par les us et coutumes.

Dans le domaine matrimonial, la Tunisie reste souvent considérée comme un État ouvert aux modifications du monde moderne[1],[2].

La Tunisie fête deux journées dédiées aux femmes : la Journée internationale des femmes (8 mars)[3] et le 13 août, date-anniversaire de la promulgation du CSP, qui est devenu un jour férié déclaré « Journée nationale de la Femme »[4].

Plan juridique[modifier | modifier le code]

Présidence de Habib Bourguiba[modifier | modifier le code]

À partir de 1957, le président Habib Bourguiba institue une forme de « féminisme d'État » note l'historienne et politologue Stéphanie Latte-Abdallah, en promulguant des lois égalitaires au niveau du droit de la famille (divorce, interdiction de la polygamie, reconnaissance de l'adoption, avortement non thérapeutique)[5].

Constitution[modifier | modifier le code]

Le 26 janvier, l'assemblée constituante adopte la nouvelle Constitution. Celle-ci conforte la Tunisie dans sa place de pays progressiste en matière de droits des femmes dans le monde arabo-musulman. Ainsi, l'article 21 proclame l'égalité entre les citoyens et citoyennes devant la loi sans aucune discrimination, l'article 34 garantit la représentativité des femmes dans les assemblées élues et l'article 40 accorde le droit à un travail exercé dans des conditions décentes et à un salaire équitable. Par ailleurs, l'article 46, consacré spécifiquement aux droits des femmes, engage l'État à protéger leurs droits acquis, à les soutenir et à les améliorer, à garantir l'accès des hommes et des femmes aux différentes responsabilités et, ce dans tous les domaines, à instaurer un principe de parité et à éradiquer les violences faites aux femmes.

Réformes[modifier | modifier le code]

À l'occasion du 50e anniversaire de la promulgation du CSP, le président de l'époque, Zine el-Abidine Ben Ali, annonce deux projets de loi qui ont été adoptés par la Chambre des députés le . Le premier renforce le droit au logement au bénéfice de la mère ayant la garde des enfants et le second unifie l'âge minimum au mariage à 18 ans pour les deux sexes bien que la moyenne d'âge réelle au mariage soit passée à 25 ans pour la femme et à 30 pour l'homme[6].

Une loi adoptée le permet aux femmes de voyager avec leurs enfants mineurs sans avoir à demander l'autorisation préalable du père[7].

En 2017, une circulaire datant de 1973 et interdisant le mariage des femmes avec des non-musulmans est abolie[8].

Convention de l'ONU sur la discrimination envers les femmes[modifier | modifier le code]

Quant aux réserves dont a fait preuve la Tunisie lors de la signature de la Convention sur l'élimination de toutes les formes de discrimination à l'égard des femmes de 1979, elles montrent que le pouvoir n'est pas encore décidé à franchir le pas de l'égalité[4]. La convention est signée le , mais en portant des réserves, à l'instar d'autres pays musulmans, sur quelques alinéas des articles 15, 16 et 29 en raison « de leurs contradictions avec les dispositions du CSP et du Coran »[9],[10], justifiant de pratiques discriminatoires au nom des us et coutumes. Entre autres, ces réserves permettent de maintenir la qualité de chef de famille de l'époux et du père, l'inégalité successorale et l'inégalité des parents dans l'attribution de la nationalité aux enfants[11]. Ces réserves s'accompagnent d'une déclaration générale qui argue de la référence constitutionnelle à l'islam, en tant que religion d'État, pour laisser telles quelles les dispositions législatives et réglementaires discriminatoires à l'égard des femmes[12].

Néanmoins, bien que l'Association des femmes tunisiennes pour la recherche et le développement et l'Association tunisienne des femmes démocrates (ATFD) présentent un document dans lequel elles demandent l'application sans réserve de la convention, cette convention est ratifiée sous la pression le [9] mais avec réserves.

À l'occasion de l'annonce le de l'adhésion gouvernementale au protocole additionnel de la convention, coïncidant avec la Journée internationale des femmes, la présidente de l'ATFD Khadija Chérif qualifie le processus de « positif mais encore insuffisant » et indique qu'elle continuera « de militer pour la levée des réserves qui vident de leur sens la convention »[10].

En 2011, le gouvernement de transition présente un projet de décret de loi visant à mettre fin à ces réserves mais le mouvement Ennahdha, arrivé en tête des élections d'octobre 2011, milite pour les maintenir[13].

En 2014, les réserves sont levées, mais la déclaration générale, qui stipule que « le gouvernement tunisien déclare qu'il n'adoptera, en vertu de la convention, aucune décision administrative ou législative qui serait susceptible d'aller à l'encontre des dispositions du chapitre premier de la Constitution » est conservée[12],[14].

Statistiques sur le rôle social des femmes[modifier | modifier le code]

Les femmes constituent 25 % de la population active du pays en 2013[15], alors qu'elles n'étaient que 20,9 % en 1989 et à peine 5,5 % en 1966[16].

Travail[modifier | modifier le code]

Article connexe : Économie de la Tunisie.
Fonctionnaire d'une compagnie de télécommunication à Tunis.
Ouvrières d'une usine textile de Soliman.

Elles travaillent dans tous les corps de métier, dont l'armée, l'aviation civile ou militaire et la police[6] et représentent 72 % des pharmaciens, 42 % du corps médical, 27 % des magistrats, 31 % des avocats et 40 % des professeurs d'université[6]. En outre, entre 10 000 et 15 000 d'entre elles sont chefs d'entreprise[6]. Néanmoins, le chômage touche davantage les femmes que les hommes puisque ces dernières sont à 16,7 % privées d'emploi au lieu de 12,9 % d'hommes selon le taux de 2004[17].

Par ailleurs, de 1999 à 2004, la création d'emplois s'est accrue dans une proportion de 3,21 % pour les femmes, soit une moyenne de 19 800 postes créés par an[16].

En janvier 2011, la part de femmes dans la population active est de 20-25 %[5].

Éducation[modifier | modifier le code]

Article connexe : Système éducatif tunisien.

Les filles représentent 59,5 % des étudiants de l'enseignement supérieur[18].

De plus, le taux d'analphabétisme des femmes de 10 ans et plus est passé de 96 % en 1956 à 58,1 % en 1984, 42,3 % en 1994 puis 31 % en 2004, bien que le taux masculin soit de 14,8 % en 2004[19]. Cela s'explique notamment par le fait que le nombre de filles au primaire est de 52 en 1965 et de 83 en 1989 pour 100 garçons et au secondaire de 37 en 1965 et de 75 en 1989[20].

Parité[modifier | modifier le code]

Article connexe : Politique en Tunisie.

Avant l'adoption du principe de parité, les femmes représentent 14,89 % des membres du gouvernement, 27,57 % (soit 59 sur 214) des députés de la chambre élue le [21], 27,06 % des conseillers municipaux et 18 % des membres du Conseil économique et social[6],[16]. Si le principe de parité pour l'élection de l'assemblée constituante est adopté en avril 2011[22], il ne s'accompagne pas pour autant d'une plus forte représentation des femmes dans les instances politiques. Dans l'assemblée constituante en 2014, sur près de 300 sièges, on ne compte que 49 femmes, dont quarante issues du parti islamiste Ennahdha[13]. Caroline Fourest indiquait en 2011 que « la parité — et non l'égalité — ne pose aucun problème aux intégristes. Puisqu'elle recoupe leur vision différentielle des hommes et des femmes. Et qu'ils n'auront aucune difficulté à présenter des candidates intégristes pour porter leurs idées »[22].

Lors des élections municipales de 2018, les premières depuis la révolution, les listes présentées doivent respecter la parité hommes-femmes, fait inédit dans le monde arabo-musulman[23].

Volonté moderniste ou nécessité politique ?[modifier | modifier le code]

En Tunisie, la poursuite de la politique féministe est d'autant plus nécessaire qu'elle constitue le principal argument de la bonne image du pays en Europe[24]. En effet, bien que la croissance économique ne soit pas négligeable, elle ne se démarque pas d'autres pays de l'Afrique du Nord comme le Maroc, alors que l'étouffement de la liberté d'expression et de l'opposition politique ternissent longtemps la réputation du pays à l'étranger[4]. Reste la condition féminine, domaine dans lequel la Tunisie sous Bourguiba comme sous Ben Ali peut revendiquer sa singularité[4].

Le pays profite sous le règne de Bourguiba d'une réputation solide de république civile et laïque dans une région plutôt constituée de dictatures militaires ou de monarchies liées à la religion. Toutefois, la promulgation du CSP s'est accompagnée de justifications à partir d'une interprétation libérale de la loi religieuse[25] alors que le CSP lui-même est promulgué de manière autoritaire puisqu'il n'a pas fait l'objet d'un débat public ou au sein de l'assemblée constituante[26].

Le , une « Journée de la femme tunisienne » est organisée au Sénat français sous le titre « Une modernité assumée, la Tunisie »[4]. Peu après un débat organisé en juin 1997 au Parlement européen sur la situation des droits de l'homme en Tunisie, des Tunisiennes sont envoyées à Strasbourg pour donner à l'Europe une autre image de leur pays[4].

Suivent alors une série d'articles élogieux de la presse française sur la condition féminine en Tunisie[4]. En octobre 1997, lors de la visite officielle de Ben Ali en France, les défenseurs du régime tunisien brandissent aussi le statut des femmes tout en écartant les critiques dont il fait l'objet de la part des organisations de défense des droits de l'homme :

« Le régime tunisien est-il donc « féministe » par nécessité politique et pour masquer le déficit démocratique qu'il semble se plaire à creuser, ou par conviction moderniste[4] ? »

En août 1994, lors d'un séminaire consacré aux femmes et à la famille, l'ATFD dénonce l'ambiguïté du pouvoir et l'utilisation de la religion pour régler la condition féminine dans le pays, critiquant principalement « l'oppression patriarcale des femmes »[4]. En outre, les femmes tentées de se révolter contre le discours officiel sont rapidement rappelées à l'ordre, notamment par le biais d'une presse rigoureusement contrôlée par les autorités[4]. La présidente de l'ATFD, la juriste Sana Ben Achour, explique ainsi le que son organisation vit une « situation de verrouillage et d'étranglement qui signifie une rupture de toute possibilité de dialogue avec les autorités publiques »[27]. Elle dénonce entre autres « l'encerclement policier » du siège de l'ATFD et de son université féminine, et le fait que l'association ait été empêchée de jouer une pièce de théâtre censée marquer la Journée internationale des femmes du 8 mars[27].

Dans le même contexte, la cinéaste Moufida Tlatli — rendue célèbre par son film Les Silences du palais (1994) — a été lourdement critiquée[28] dans le magazine Réalités pour avoir manifesté son scepticisme sur le féminisme supposé de l'islam au cours d'une émission de télévision française diffusée en octobre 1994[29]. Le , à l'occasion du 47e anniversaire de la promulgation du CSP, la Ligue tunisienne des droits de l'homme déclare :

« Nous estimons que l'égalité totale entre les hommes et les femmes reste une revendication fondamentale[30]. »

Colette Juillard-Beaudan pense que les femmes tunisiennes, « quitte à choisir une forme de démocratie, [elles] la préfèrent laïque »[31].

Violences[modifier | modifier le code]

Si le viol et les violences sexuelles sont un sujet tabou en Tunisie, plusieurs études tendent à prouver qu'il est un phénomène important, lié notamment au climat d'insécurité qui existe dans le pays depuis la révolution de 2011 et à la représentation du corps des femmes par les hommes, certains d'eux se faisant critiques sur l'émancipation des femmes, notamment hors des villes, justifiant leur violence comme une « réaction » à cette modernité[32]. En janvier 2019, des statistiques révélées par l'hôpital Charles-Nicolle et confirmée par le ministère de la Justice font état de 800 cas de viols déclarés par an (soit deux par jour), 65 % des victimes étant des enfants, dont 80 % de filles[32]. La majorité des victimes préférant ne pas porter plainte, ce nombre pourrait être en réalité bien plus important. Par ailleurs, 3 000 plaintes sont déposées en moyenne par mois par des Tunisiennes victimes de violence, même si certaines peuvent être ensuite retirées sous la pression. La loi sur les crimes sexuels peut aller jusqu'à la peine de mort[32].

Références[modifier | modifier le code]

  1. Samir Amin, L'économie du Maghreb, Paris, Éditions de Minuit, , 574 p.
  2. Ridha Boukraa, « Notes sur le planning familial et pouvoir politique au Maghreb », Revue tunisienne de sciences sociales, no 46,‎ (ISSN 0035-4333).
  3. Monique Pontault [sous la dir. de], Femmes en francophonie, Paris, L'Harmattan, coll. « Les Cahiers de la Francophonie », , 242 p. (ISBN 978-2-738-48789-6), p. 207.
  4. a b c d e f g h i et j Sophie Bessis, « Le féminisme institutionnel en Tunisie : Ben Ali et la question féminine », Clio. Histoire, femmes et sociétés, no 9,‎ (ISSN 1252-7017, lire en ligne, consulté le 5 janvier 2019).
  5. a et b Stéphanie Latte-Abdallah, « La troisième vague du féminisme », L'Obs, no 79 (hors-série) « Les Arabes : le prodigieux destin du peuple du désert »,‎ , p. 74-75 (ISSN 0029-4713).
  6. a b c d et e Olivia Marsaud, « Cinquante ans d'indépendance féminine », sur rfi.fr, (consulté le 5 janvier 2019).
  7. « Tunisie : une avancée pour les droits des femmes », sur hrw.org, (consulté le 5 janvier 2019).
  8. Eléonore Abou Ez, « Tunisie : le mariage des femmes avec des non-musulmans n'est plus interdit », sur geopolis.francetvinfo.fr, (consulté le 5 janvier 2019).
  9. a et b Traités multilatéraux déposés auprès du secrétaire général, New York, Nations unies, (ISBN 9212333907), p. 246.
  10. a et b « La Tunisie va adhérer au protocole additionnel de la convention de l'ONU », Agence France-Presse,‎ .
  11. « Tunisie - Les droits des femmes en Tunisie : déclaration de l'ATFD »(ArchiveWikiwixArchive.isGoogleQue faire ?), sur fidh.org, (consulté le 5 janvier 2019).
  12. a et b « La Tunisie lève officiellement ses réserves sur la CEDAW, mais maintient la déclaration générale », sur nawaat.org, (consulté le 5 janvier 2019).
  13. a et b Samia Ammar, « Les tensions autour de la condition féminine en Tunisie », sur leaders.com.tn, (consulté le 5 janvier 2019).
  14. « Tunisie : les réserves à la CEDAW enfin levées ! », sur fidh.org, (consulté le 5 janvier 2019).
  15. « Taux de participation à la population active, femmes (% de la population féminine âgée de 15 ans et plus) », sur donnees.banquemondiale.org (consulté le 5 janvier 2019).
  16. a b et c « Renforcement des acquis de la femme »(ArchiveWikiwixArchive.isGoogleQue faire ?), sur independance.tn (consulté le 5 janvier 2019).
  17. « Tunisie », sur ilo.org (consulté le 5 janvier 2019).
  18. « L'enseignement supérieur et la recherche scientifique en chiffres : année universitaire 2008/2009 »(ArchiveWikiwixArchive.isGoogleQue faire ?) [PDF], sur universites.tn, p. 4.
  19. « Caractéristiques éducationnelles de la population »(ArchiveWikiwixArchive.isGoogleQue faire ?), sur ins.nat.tn.
  20. Stephen Ellis, L'Afrique maintenant, Paris, Karthala, , 488 p. (ISBN 978-2-865-37602-5), p. 153.
  21. « Majlis Al-Nuwab (Chambre des députés) », sur ipu.org (consulté le 5 janvier 2019).
  22. a et b Caroline Fourest, « Parité tunisienne », Le Monde,‎ (ISSN 0395-2037, lire en ligne, consulté le 5 janvier 2019).
  23. Amel Charrouf, « Tunisie : la parité pour les femmes aux municipales », Le Figaro,‎ (ISSN 1241-1248, lire en ligne, consulté le 5 janvier 2019).
  24. Michel Camau et Vincent Geisser, Habib Bourguiba : la trace et l'héritage, Paris, Karthala, , 664 p. (ISBN 978-2-845-86506-8), p. 108.
  25. Franck Frégosi et Malika Zeghal, Religion et politique au Maghreb : les exemples tunisien et marocain, Paris, Institut français de relations internationales, (lire en ligne), p. 7.
  26. (it) Paola Gandolfi, Libia oggi, Bologne, Casa editrice il Ponte, , 145 p. (ISBN 978-8-889-46502-8), p. 37.
  27. a et b « Tunisie : une ONG féminine dénonce des « entraves asphyxiantes » », Le Nouvel Observateur,‎ (ISSN 0029-4713, lire en ligne, consulté le 5 janvier 2019).
  28. « Traînée dans la boue » selon les propos de Sophie Bessis, « Le féminisme institutionnel en Tunisie : Ben Ali et la question féminine », Clio. Histoire, femmes et sociétés, no 9,‎ (ISSN 1252-7017, lire en ligne, consulté le 5 janvier 2019).
  29. Bernard Génin, Télérama, 1995[réf. non conforme] :

    « Quand j'étais enfant, explique Moufida Tlatli, on appelait la femme tunisienne « la colonisée du colonisé ». C'est en pensant à ma mère [à qui Les Silences du palais est dédié] et au non-dit qui a régné durant toute sa vie que j'ai écrit ce scénario [...] On l'a compris : derrière cette dénonciation des conditions de vie de ses ancêtres, Moufida Tlatli parle en fait du présent. Et ce qu'elle remet en cause, c'est le silence qui, aujourd'hui encore, étouffe la femme tunisienne. »

  30. Françoise Lorcerie, La politisation du voile : l'affaire en France, en Europe et dans le monde arabe, Paris, L'Harmattan, , 264 p. (ISBN 978-2-747-57887-5), p. 181.
  31. Colette Juillard-Beaudan, « La Tunisie : le voile ou le fusil ? », Les Cahiers de l'Orient, no 66,‎ , p. 113-120 (ISSN 0767-6468).
  32. a b et c Wafa Samoud, « Tunisie : 800 cas de viol déclarés par an, soit près de deux par jour », sur huffpostmaghreb.com, (consulté le 5 janvier 2019).

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Filmographie[modifier | modifier le code]

  • Tunisie. Histoire de femmes, film de Feriel Ben Mahmoud, Alif Productions, Paris, 2005

Liens internes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

Sur les autres projets Wikimedia :