Lysistrata

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Lysistrata
Image illustrative de l'article Lysistrata

Auteur Aristophane
Nb. d'actes Un acte
Date d'écriture 411 av. J.-C.
Version originale
Titre original Λυσιστράτη
Langue originale Grec ancien
Rôle principal Lysistrata
Lysistrata dans une mise en scène de James Thomas à New York en 2008.

Lysistrata (en grec ancien Λυσιστράτη / Lusistrátê, littéralement « celle qui délie l'armée », de λύω / lúô, « délier » et στρατός / stratos, « l'armée ») est une comédie grecque antique d'Aristophane écrite en 411 av. J.-C., qui comporte un acte. Aristophane, à plusieurs reprises, met en scène dans ses pièces des femmes qui se révoltent contre la domination des hommes, et prennent le pouvoir, ce qui entraîne des allusions, plus ou moins explicites, aux Amazones. Plusieurs situations montrent cette volonté d'inverser les rôles dans une société qui proclame que « La guerre est l'affaire des hommes et la maison, celle des femmes. » Lysistrata est une pièce dans laquelle le comique de mots est très présent : on y trouve souvent des jeux de mots vulgaires, des références à la sexualité et des néologismes.

Argument[modifier | modifier le code]

Dans Lysistrata, Aristophane imagine pour les femmes un mot d’ordre efficace : « Pour arrêter la guerre, refusez-vous à vos maris ».

Alors qu’Athènes et Sparte sont en guerre, Lysistrata, une belle Athénienne, aussi rusée qu'audacieuse, convainc les femmes d'Athènes — Cléonice, Myrrhinè, Lampito — ainsi que celles de toutes les cités grecques, de déclencher et de poursuivre une grève du sexe, jusqu'à ce que les hommes reviennent à la raison et cessent le combat.

Genèse de la pièce[modifier | modifier le code]

La pièce a été créée en 411 av. J.-C. dans la cité d'Athènes, lors des Dionysies ou d'autres festivités moins importantes consacrées à Dionysos, les Lénéennes. Une autre comédie d’Aristophane, Les Thesmophories, est créée la même année, et il est difficile de savoir laquelle a été jouée dans quel événement.

Analyse[modifier | modifier le code]

La pièce montre le rôle que les femmes peuvent avoir dans la société et la façon de faire de la politique, mais aussi le rôle qu’elles ne jouent pas car leurs avis sont ignorés. Toutes les questions politiques sont considérées uniquement du point de vue des hommes. Voir notamment les dialogues entre Lysistrata et le Magistrat qui vient tenter d’intimider les femmes et les empêcher de réaliser leurs plans.

Aristophane se plaît ici à mêler les conflits de l’État aux détails les plus intimes de la vie quotidienne, résolvant une crise politique des plus graves par la comédie la plus licencieuse, et usant avec bonheur de tous les clichés de la guerre des sexes.

Aristophane, à plusieurs reprises, met en scène dans ses pièces des femmes qui se révoltent contre la domination des hommes , et prennent le pouvoir, ce qui entraîne des allusions, plus ou moins explicites, aux Amazones. Plusieurs situations montrent cette volonté d'inverser les rôles dans une société qui proclame que la guerre est l'affaire des hommes et la maison, celle des femmes. L'Assemblée des femmes (créée en 392 av. J.-C.) est une autre pièce d'Aristophane qui traite de la révolution des femmes. Dans celle-ci, elles décident, après avoir pris le pouvoir, de faire tout le contraire de ce que font les hommes. Aristophane a aussi écrit les Thesmophories (412 av. J.-C.) où les femmes organisent une véritable assemblée et prennent des décrets[1]. Aristophane choisit les femmes comme porte-paroles de ses rêves nostalgiques et utopiques de paix et de bonheur. D’après lui, ce sont les seules à être assez folles et assez sages pour refaire le monde. Elles inventent la paix perpétuelle et une forme de vie communautaire[2].

L'ensemble du texte de Lysistrata devait éveiller dans l'esprit des spectateurs l'image des Amazones. En effet, dans cette pièce, les femmes prennent l'Acropole, ce que les Amazones ont tenté de faire sans succès dans la mythologie grecque[3].

L'œuvre après l'Antiquité[modifier | modifier le code]

Traductions[modifier | modifier le code]

Une traduction française par Hilaire Van Daele a été publiée en 1928 dans l'édition bilingue des Belles Lettres, dans la Collection des universités de France. La pièce a été traduite en français de manière truculente par Victor-Henry Debidour en 1964-1965. Une traduction adaptée aux représentations théâtrales, a été effectuée par Lætitia Bianchi et Raphaël Meltz, publiée en 2003 chez Arléa. Il existe également une traduction adaptée du grec ancien par Michel Host, parue aux éditions Mille et une nuits (dans la petite collection).

Serge Valetti propose en 2012 une adaptation de la pièce sous le titre La Stratégie d'Alice, mis en scène par Emmanuel Daumas aux Nuits de Fourvière, à Lyon en 2016.

Mises en scène modernes[modifier | modifier le code]

Une adaptation de la pièce par l'auteur Michel Tremblay et le metteur en scène André Brassard fut créée à Ottawa (Canada) en pleine guerre du Viêt Nam, avec la comédienne Louisette Dussault dans le rôle-titre.

Cette pièce a été reprise début 2011 par Raymond Acquaviva et une troupe d'une vingtaine de jeunes comédiens. Ils sont pour la plupart issus des Ateliers du Sudden comme Catherine Vranken dans le rôle de Lysistrata ou encore Pierre Bechet dans le rôle du ministre. Elle est présentée sous la forme humoristique d'une comédie musicale. La même année, la pièce a été présentée au théâtre de Die par la troupe « la Droguerie Moderne Théâtre »[pertinence contestée].

Michel Tremblay et André Brassard ont choisi l'adaptation de Lysistrata comme projet. Celle-ci sera inspirée de la guerre au Vietnam mais aussi de la guerre du Péloponnèse qui est un élément important dans la pièce. Le travail consiste à rendre la pièce plus accessible au grand public. Dans l'adaptation il n'y a pas de jeux de mots qui font référence au sexe mais l'histoire reste relativement la même[4].

Plusieurs œuvres sont des adaptations de Lysistrata, comme Lysistrata Jones on Broadway[5]. Le texte a été écrit par Douglas Carter Bean et les musiques ont été composées par Lewis Flinn. Après une course de Broadway très bien reçue par la critique avec une Troupe de théâtre de Groupe de Transport, le spectacle a été monté à Broadway en décembre 2011 et a été joué jusqu'en janvier 2012. Cette œuvre reprend les mêmes thèmes en modernisant bien évidemment la mise en scène, les décors, le cadre spatial, les intonations et les répliques des personnages. Lysistrata Jones forme une transposition de l'intrigue dans le monde contemporain. Cette œuvre créée en 2011 est une comédie musicale et a pour thème le basket-ball, mais elle reprend les mêmes thèmes que l'originale. La comédie raconte l'histoire d'une équipe de basket-ball à l’université : les petites amies des joueurs en viennent à refuser d'avoir des relations sexuelles avec eux.

Adaptations dans d'autres arts[modifier | modifier le code]

Références dans les arts après l'Antiquité[modifier | modifier le code]

Lysistrata est une des 1 038 femmes représentées dans l'œuvre de Judy Chicago, The Dinner Party, aujourd'hui exposée au Brooklyn Museum. Cette œuvre se présente sous la forme d'une table triangulaire de trente-neuf convives, treize par côté. Chaque convive est une femme, figure historique ou mythique. Les noms des 999 autres femmes figurent sur le socle de l'œuvre. Le nom de Lysistrata figure sur le socle, elle y est associée à Sophie, sixième convive de l'aile I de la table[7].

Références politiques à Lysistrata après l'Antiquité[modifier | modifier le code]

La grève du sexe est encore de nos jours un moyen de manifester comme ce fut le cas au Soudan en octobre 2014. En effet un groupe de Sud-Soudanaises militant pour la paix a pratiqué une grève du sexe pour influencer leurs hommes. Ceux-ci formaient un groupe qui s'entretuait avec un groupe rival depuis des mois dans leur pays. Elles étaient 90 femmes, dont des députés, et elles se sont réunies dans la capitale (Djouba) pour mettre en commun leurs idées afin de "faire avancer la paix, la reconstruction et la réconciliation". Parmi leurs idées principales : "convaincre toutes les femmes du Soudan du Sud de refuser leurs droits conjugaux à leur mari jusqu'à ce que la paix revienne". Une autre idée qui a fait surface était de rentrer en contact avec les femmes du président Salva Kiir ainsi que son rival, Riek Machar qui est son ancien vice-président afin de leur demander d'exercer une pression sur leur mari pour cesser la guerre qui a fait des milliers de victimes[8].

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Sur les autres projets Wikimedia :

  • Lysistrata (d'après Aristophane), 1969, Leméac éditeur, Montréal.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Aristophane, Musagora. Sceren-CNDP [consulté le 19/01/2015]. Disponible sur http://www.cndp.fr/archive-musagora/amazones/fichiers/aristophane.htm
  2. Madeleine Van Oyen, Aristophane conservateur, féministe et utopiste, R de réel Lire en ligne 1er mars 2007 [consulté le 19 janvier 2015]
  3. Voir la présentation sur le site cndp.fr
  4. Voir une présentation.
  5. Bande annonce de Lysistrata on Broadway, mise en ligne sur Youtube, sur la chaîne "Lysistrata Jones", le 15 décembre 2011. Vidéo visionnée le 2 juillet 2016.
  6. (en) « Chi-Raq the movie », sur http://chiraqthemovie.com/,‎ © 2015 (consulté le 22 novembre 2015)
  7. Musée de Brooklyn - Lysistrata
  8. [En ligne] 20 Minutes France SAS, 23.10.2014 [consulté le 19.01.2015]. Disponible sur : 20 Minutes

Liens externes[modifier | modifier le code]