Tawakkol Karman

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Tawakkul Karman
Tawakkul Karman (Munich Security Conference 2012).jpg
Tawakkol Karman en 2012.
Biographie
Naissance
Voir et modifier les données sur Wikidata (39 ans)
Ta'izzVoir et modifier les données sur Wikidata
Nom dans la langue maternelle
توكل كرمانVoir et modifier les données sur Wikidata
Nationalité
Formation
Université de Sanaa (en)Voir et modifier les données sur Wikidata
Activités
Autres informations
Domaine
Religion
Distinction

Tawakkol Abdel-Salam Karman, aussi orthographie Tawakkul et Tawakel[1] (arabe : توكل كرمان), née le 7 février 1979 à Ta'izz au Yémen, est une militante yéménite, engagée dans la défense des droits des femmes, fondatrice en 2005 du groupe Femmes journalistes sans chaînes[1], et une personnalité politique, membre du parti islamique Al-Islah[2], prix Nobel de la paix en 2011, conjointement avec les Libériennes Ellen Johnson Sirleaf et Leymah Gbowee. Primée à 32 ans, elle est l’une des plus jeunes prix Nobel de l’histoire.

Femmes journalistes sans chaînes[modifier | modifier le code]

Sa famille est originaire de la province de Karaman en Turquie[3].

Tawakkol Karman crée le groupe de défense des droits humains Femmes journalistes sans chaînes en 2005, pour défendre en premier lieu la liberté de pensée et d'expression[1]. Elle reçoit des menaces et des offres de corruption des autorités par téléphone et par courrier, car elle dénonce l'interdiction par le ministère de l'Information de la création d'un journal et d'une radio[1]. De 2007 à 2010, elle participe ou appelle régulièrement à des manifestations ou des sit-ins sur la place de la Liberté à Sanaa, devant le bâtiment du gouvernement[1].

Révolution de 2011[modifier | modifier le code]

Pendant les manifestations de 2011, Tawakkol Karman organise des rassemblements d'étudiants à Sanaa pour protester contre Ali Abdullah Saleh et son gouvernement. Elle est arrêtée[4], puis remise en liberté conditionnelle le 24 janvier. Elle dirige un nouveau rassemblement le 29 janvier, où elle appelle à un « jour de colère » pour le 3 février[2] inspiré de celui de la révolution égyptienne, elle-même provoquée par la révolution tunisienne.

Le , elle est refoulée à l'aéroport international du Caire alors qu'elle vient apporter son soutien à Mohamed Morsi, qui a été renversé un mois plus tôt lors du coup d'État du 3 juillet 2013 en Égypte[5].

Guerre civile yéménite[modifier | modifier le code]

En mars 2017, elle affirme dans une interview au journal suisse Le Temps est de « restaurer l'État » pour « garantir les libertés »des hommes et des femmes, et qu'à ce moment-là, elle pourrait envisager de se lancer en politique[6].

Le , lors de la guerre civile yéménite, elle accuse l'Arabie saoudite et les Émirats arabes unis de commettre une « invasion et une influence détestables », ce qui lui vaut d'être suspendue du parti[7]. Un peu plus tard, elle réitère ses propos, accusant la coalition d'avoir profité du coup d'État des Houthis pour occuper le pays et mettre son président en résidence surveillée[8].

Affiliations[modifier | modifier le code]

Elle a été membre du parti Al-Islah, et plus particulièrement élue membre du conseil consultatif d'Al-Islah en 2007. Elle aurait quitté le parti début 2011 lors du soulèvement[9].

Notes[modifier | modifier le code]

  1. a, b, c, d et e (en) Nadia Al-Sakkaf, « Renowned activist and press freedom advocate Tawakul Karman to the Yemen Times: "A day will come when all human rights violators pay for what they did to Yemen" », Women Journalists Without Chains, (consulté le 30 janvier 2011)
  2. a et b (en) « New protests erupt in Yemen », Al Jazeera, (consulté le 30 janvier 2011)
  3. « Turkish ID more impotant than Nobel, Karman says », sur Hürriyet Daily News (consulté le 28 juillet 2018)
  4. (en) Tom Finn, « Yemen arrests anti-government activist », The Guardian,‎ (lire en ligne)
  5. « Tawakkol Karman, Prix Nobel de la paix yéménite, interdite d'entrée en Egypte », sur Le Monde, (consulté le 7 février 2018)
  6. « Tawakkul Karman, Prix Nobel: «Au Yémen, il faudra poursuivre les responsables des massacres» » (consulté le 7 février 2018)
  7. « Yémen: prix Nobel de la paix, Karman critique la coalition, son parti la suspend ».
  8. « Saudi, UAE ‘betrayed’ Yemen, Nobel laureate says », sur Middle East Monitor (consulté le 13 février 2018)
  9. Velut, Charlotte et Laurent Bonnefoy, "Tawakkul Karmân : figure de la révolution" in Bonnefoy, Laurent, Franck Mermier et Marine Poirier (dir.), Yémen. Le tournant révolutionnaire, CEFAS-Karthala, 2012, p. 173

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Liens externes[modifier | modifier le code]