Féminisme au Japon

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Le féminisme au Japon est un mouvement qui est apparu à la fin du XIXe siècle, et s'est surtout développé au XXe siècle, avec le droit de vote et l'égalité entre les sexes qui a été inscrite dans la nouvelle constitution de 1946.

Situation des femmes avant l'ère Meiji[modifier | modifier le code]

Jusqu'au XIVe siècle, les femmes sont relativement libres et bien éduquées. Les biens qu'elles possèdent avant leur mariage leurs restent après et, si elles deviennent veuves, exercent le pouvoir sur la maison. Peu à peu cependant, leurs droits sont limités et leur place dans la société se réduit pour qu'elles ne soient plus que des épouses et des mères sous la domination de leur époux. L'arrivée au pouvoir de femmes comme Hojo Masako ou Hino Tomiko qui exercent de fait le rôle de shogun est exceptionnelle[1]

À partir de l'ère Edo, la philosophie de Confucius, telle qu'elle est interprétée par des auteurs japonais comme Kaibara Ekiken qui font partie d'une école néo-confucéenne, domine la pensée japonaise et fait que la femme est vue comme un être naturellement inférieur[2].

Avant le XIXe siècle, la tradition voulait que les femmes japonaises obéissent à un homme : un père, un mari ou un fils[3].

Naissance du féminisme japonais[modifier | modifier le code]

Le féminisme au Japon a débuté à la fin du XIXe siècle. Certains observateurs pensent qu'il est issu des pensées occidentales qui atteignirent le Japon après la Restauration Meiji en 1868. D'autres qu'il serait tout autant le fruit de l'évolution de la pensée autochtone[4]. Le féminisme japonais se distingue des revendications féministes occidentales par le fait qu'il est moins attaché à l'autonomie individuelle[5].

Cependant, après que la Restauration de Meiji a aboli le système féodal, le statut des femmes a été modifié[3]. Le trafic des femmes a été restreint. Elles ont pu demander le divorce. Les filles, comme les garçons, devaient recevoir une éducation élémentaire[3].

Dans l'entre-deux-guerres, la « Modan Gāru » est le surnom des Japonaises occidentalisées.

Après 1945[modifier | modifier le code]

D'autres modifications au statut de la femme ont eu lieu après la Seconde Guerre mondiale. Les femmes ont acquis le droit de vote, et l'égalité entre les sexes a été inscrite dans la nouvelle constitution de 1946[6].

En 1970, à la suite du mouvement contre la guerre du Vietnam, de la Nouvelle Gauche et du mouvement radicalisé des étudiants à la fin des années 1960, un nouveau mouvement de libération de la femme émergea, appelé ūman ribu (prononcé woman lib). La création de ce mouvement eut lieu en synchronisation avec les mouvements féministes radicaux aux États-Unis, ainsi que dans d'autres pays, ce qui déclencha la résurgence d'un militantisme féministe au cours des années 1970 et ultérieurement. Les militantes, Tanaka Mitsu en tête, faisaient une critique globale du Japon moderne, dominé par les hommes, et réclamaient un changement fondamental du système économique, politique et culturel de la société. Ce qui les distinguait des anciens mouvements féministes, c'était leur insistance sur la libération des sexes (sei no kaihō)[7]. Elles ne visaient pas seulement l'égalité homme-femme, mais était plutôt concentrées sur le fait que les hommes devraient aussi être libérés des aspects oppressifs d'un système patriarcal et capitaliste.

En 1979, la Convention sur l'élimination de toutes les formes de discrimination à l'égard des femmes a été adopté par l'Assemblée Générale des Nations Unies. Cette convention a été ratifiée par le gouvernement japonais en 1985[8].

Malgré ces changements, le Japon a reçu des mauvaises notes dans le Guide Mondial des Droits de l'Homme[9] jusqu'en 1986, concernant le statut de la femme ; c'est l'un des pays industrialisés du monde les moins égalitaires[10].

Nombre de femmes députées par élection[modifier | modifier le code]

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Voir la catégorie : Féministe japonaise.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. (en) Helen Tierney, Women's Studies Encyclopedia, vol. 2, Westport, Greenwood Press, , 1176 p. (ISBN 0-313-29620-0), p. 781
  2. (en) Kenneth Henshall, Historical Dictionary of Japan to 1945, Lanham, Scarecrow Press, , 328 p. (ISBN 978-0-8108-7872-3, lire en ligne), p. 72
  3. a, b et c (en) Yuji Iwasawa, International Law, Human Rights, and Japanese Law, Page 205
  4. Molony, Barbara. "Women’s Rights, Feminism, and Suffrage in Japan, 1870-1925". The Pacific Historical Review, Vol. 69, No. 4, Woman Suffrage: The View from the Pacific. (novembre 2000), p. 640.
  5. Buckley, Sandra. Broken Silences: Voices of Japanese Feminism. University of California Press, 1997. Page 63.
  6. (en) Yuji Iwasawa., International Law, Human Rights, and Japanese Law., Page 205-206
  7. (en) Setsu Shigematsu, « Scream from the Shadows: The Women's Liberation Movement in Japan », Minnesota: The University of Minnesota Press,‎ (lire en ligne)
  8. (en) Yuji Iwasawa., International Law, Human Rights, and Japanese Law., Page 206.
  9. (en) Yuji Iwasawa, International Law, Human Rights, and Japanese Law, Page 234
  10. (en) « Gender Gar Report »,
  11. a, b, c, d, e, f, g, h, i, j, k, l et m Pax et Libertas, Women's International League for Peace and Freedom, année 1978, page 34.