Éducation des filles

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Écolières à Conakry, en Guinée, 2007.

L'éducation est relative à des droits humains et comporte plusieurs enjeux ; l'éducation pour les filles et des femmes a des enjeux qui lui sont également spécifiques.

Problématiques et enjeux[modifier | modifier le code]

L'éducation comme droit humain[modifier | modifier le code]

Le droit à l'éducation fait partie des droits humains listés dans la Déclaration universelle des droits de l'homme faite par l'Organisation des nations unies (ONU) en 1948, et fait aussi l'objet de la Convention relative aux droits de l'enfant de 1989.

Dans le Rapport de la quatrième conférence mondiale sur les femmes, qui a eu lui à Pékin du 4 au 15 septembre 1995, l'ONU indique notamment que « filles et garçons ont tout à gagner d’un enseignement non discriminatoire qui, en fin de compte, contribue à instaurer des relations plus égalitaires entre les femmes et les hommes »[1].

Violences faites aux femmes et éducation[modifier | modifier le code]

Selon l'ONU Femmes en 2014, « L'éducation et les formations peuvent jouer un rôle significatif pour changer les stéréotypes néfastes et discriminatoires liés au genre qui promeuvent ou cautionnent la violence à l’égard des femmes et des filles »[2].

Les femmes victimes de violences sont toutes sortes de femmes, des espaces ruraux aux espaces urbains, âgées de 18 à 60 ans. De nombreuses études ont prouvé que les femmes étaient victimes de violences et de toutes sortes. L'éducation dans cette étude a été soulignée comme étant la solution et une nécessité pour éliminer la violence.

Violence qui se montre omniprésente dans la vie des femmes, que l’on constate notamment dans les années 1990, avec un nouveau mouvement de crimes contre les femmes que l’on appellera féminicide. Ce mouvement désigne les crimes commis par des hommes envers des femmes, avec comme seul mobile le fait qu’elles soient des femmes. Son but est de prouver qu’il existe des crimes de haine à l’encontre des femmes comme il existe des crimes racistes ou antisémites. Ce degré de féminicides varie cependant selon les régions du monde et selon divers motifs. Et pour cause, en Inde, au Pakistan et au Bangladesh, les meurtres des femmes sont commis lorsque la dot apportée par la famille de la mariée est jugée insuffisante. Bien que ce malheureux phénomène s'étende au monde entier, ce sont particulièrement au Mexique et au Guatemala que les féminicides ont causé la mort de plusieurs centaines de femmes à la suite de violences sexuelles. Mais également de nombreux crimes sur l’honneur ont sanctionné de nombreuses femmes qui semblaient avoir transgressé la morale sexuelle. Que sa responsabilité soit engagée ou non, que cela soit pour une relation hors mariage, une relation adultère, une grossesse sans être mariée, un viol ou un inceste, au Moyen-Orient et en Asie du Sud, la femme est, quoi qu’il arrive, jugée responsable et punie par la peine de mort[3].

Selon ONU Femmes France en 2017, dans le monde, 64 % des personnes assassinées par leur partenaire ou un membre de leur famille sont des femmes, et cela souvent en lien avec leur rôle ou statut de femme[4].

Éducation et conscience de soi[modifier | modifier le code]

Éducation, « empowerment » des femmes et développement socio-économique et humain[modifier | modifier le code]

L'éducation des femmes et notamment leur alphabétisation permettent notamment des améliorations en matière de santé, nutrition et éducation pour leurs familles, mais aussi de participer aux prises de décision relatives à la société plus largement[1]. L'ONU estime en 1995 qu'il « s'est avéré extrêmement rentable, sur le plan tant social qu’économique, d’investir dans l’éducation et la formation — de type classique ou non — des filles et des femmes »[1].

L'éducation des femmes et leur place dans le milieu professionnel et scientifique[modifier | modifier le code]

En France, en classe de terminale (troisième et dernière année d’enseignement des lycées, qui se clôt sur le passage du baccalauréat), se trouvent 81 % de filles dans la filière littéraire, 62 % en économie, et 41 % en maths-physique. Les filles sont considérées comme étant plus aptes à tout ce qui touche à la littérature et à l’artistique mais pas aux sciences qui, elles, sont réservées aux garçons[5].

Les raisons sont, qu'historiquement, on donnait aux hommes l’accès au savoir alors qu’on l’interdisait aux femmes, ce qui leur permet d'asseoir une position de dominance à laquelle les femmes n’avaient pas accès. Au contraire, les femmes étaient éduquées « à la maison », pour être de bonnes futures épouses, maîtresses de maison et mères de famille. Elles n’étaient pas encouragées à acquérir du savoir, des connaissances car c’était considéré comme inutile pour elles. Elles n'avaient pas besoin de réfléchir puisque leurs maris étaient là pour ça. Heureusement, les lois ont évolué depuis mais les mentalités restent à la traîne. Même si de plus en plus de filles et de femmes se retrouvent dans le milieu scientifique, cela les oblige à sacrifier leur identité de genre. Une fille première de la classe en physique ou en maths sera considérée comme intello et laide. C’est comme si on laissait deux choix aux femmes, soit elles décident de rester femme et renoncent aux grandes études et à des savoirs, mais peuvent toujours séduire et se trouver un mari ; soit elles renoncent à leur vie de femme, leur identité sexuée et à leurs chances de trouver un mari pour en revanche faire des études scientifiques. C’est l’éducation différente donnée aux garçons et aux filles qui fait que les femmes doivent renoncer à quelque chose dans tous les cas et qu’il n’y a pas beaucoup de femmes dans le milieu scientifique.

De plus, on retrouve très peu d’hommes dans les métiers au contact des enfants et des nourrissons comme les puéricultrices, les assistantes maternelles ou encore les sages-femmes mais aussi les métiers d'accueil de publics et dans des bureaux mais en dessous du titre de cadre comme les secrétaires, les esthéticiennes. Inversement, dans les métiers très masculinisés, on ne retrouve que très peu de femmes, notamment dans les métiers manuels comme ceux liés aux chantiers, avec les plombiers, les chefs de travaux.

Les sites internet et les applications mobiles sur la santé et les droits légaux peuvent aider les femmes à prendre des décisions pour se protéger, prendre soin d'elles et de leur famille, alors que les réseaux sociaux permettent aux femmes de répandre leurs informations et de partager la connaissance plus loin que leur communauté directe.

Le travail de moteur de recherche et de professionnel des plateformes internet permettent aux femmes de rentrer dans la compétition du marché du travail. Les plateformes de commerce en ligne et les services bancaires numériques peuvent aider à renforcer leurs revenus et leur indépendance.

L'éducation des femmes sous des aspects spécifiques[modifier | modifier le code]

Science, technologie, ingénierie et mathématiques (STEM)[modifier | modifier le code]

Pourcentage d'étudiantes femmes dans les cursus d'ingénierie, manufacture et construction dans l'éducation supérieure dans différents endroits du monde (carte annotée en anglais).

En 1995, l'ONU constate que, dans le monde, « l'enseignement des sciences, en particulier, est discriminatoire » pour les filles et les femmes, à la fois dans l'absence de traitement de problèmes quotidiens pour celles-ci dans les manuels scolaires, l'absence de présentation des réalisations d'envergure de personnalités féminines dans les domaines proposés dans les manuels, mais aussi avec des programmes scolaires qui, pour certains, ne contiennent pas l'enseignement des mathématiques, des « sciences de base », ou de formation technique utile d'un point de vue quotidien[1]. L'ONU souligne alors que « une formation scientifique et technique solide prépare les femmes à jouer un rôle actif dans le développement technique et industriel de leur pays ; il convient donc de revoir les programmes de formation technique et professionnelle dans ce sens »[1].

Au début du XXIe siècle, l’éducation des femmes dans les filières de science, technologie, ingénierie et mathématiques (STEM) inclut les enfants et les adultes. En 2017, 33% des étudiants dans les filières STEM sont des femmes[réf. nécessaire]. L’UNESCO a déclaré que la disparité des genres est due aux discriminations, aux préjugés, aux normes sociales et aux attentes qui influencent la qualité de l'éducation que reçoivent les femmes et les matières qu'elles étudient[réf. nécessaire].

Dans certains pays, la biologie se démarque quelque peu de la plupart des autres filières scientifiques, avec par exemple environ 60 % des diplômes de ce domaine décernés à des femmes aux États-Unis en 2020[6].

Handicap[modifier | modifier le code]

L'éducation pour les femmes handicapées a été améliorée[réf. nécessaire]. En 2011, Giusi Spagnolo est devenue la première femme atteinte de la trisomie 21 a obtenir son diplôme en Europe (elle a été diplômée à l’Université de Palerme en Italie)[7],[8].

Histoire[modifier | modifier le code]

Afrique[modifier | modifier le code]

L'éducation des femmes peut être tracée jusqu'à la création du Califat du Sokoto, en 1804, dont le premier calife, Ousman dan Fodio encourageait la scolarisation de la femme, qui selon lui pouvait empêcher la décadence de l'Islam de son temps[9]. Bien que difficile d'accès, l'éducation des femmes permis de produire de nombreuses femmes lettrées dont la plus célèbre fut la fille de Fodio, Nana Asma’u [10]

Amérique[modifier | modifier le code]

Asie[modifier | modifier le code]

Europe[modifier | modifier le code]

France[modifier | modifier le code]

Du XVIIIe au XXe siècle, l'éducation des femmes a évolué.

En effet au XVIIIe siècle, l'enseignement était interdit aux femmes. Elles ne savaient donc en général ni lire, ni écrire, ni compter. En 1808, les filles et les femmes étaient interdites dans les lycées, elles restaient au foyer. Elles ont pu ensuite accéder à des cours de couture tandis que les garçons des familles bourgeoise et nobles apprenaient le grec, le latin, la philosophie…[11]. Toute fois il faut nuancer, en effet il est à savoir qu’une grande majorité de la population avant le XVIIIe siècle était illettré et ne savait pas même signer, car les familles préféraient garder leurs garçons à la maison afin de travailler dans les champs, à la ferme… Ils n’avaient donc pas accès aux savoirs même si officiellement ils en avaient le droit, cela était réservé aux famille aisées.

Au XIXe siècle, les femmes étaient réduites à être des mères, des épouses, leur rôle était de rester à la maison, s'occuper des enfants, de leur mari. Elles ne vivaient pas pour elles mais pour leur cercle familial. À l'époque, les femmes n'avaient pas le droit de recevoir un enseignement scientifique comme les mathématiques, la physique ou encore les sciences. En effet, les femmes possédant une éducation, de la culture, étaient très mal perçues car être une « vieille fille » était très mal vu à cette époque[11].

Les femmes ont longtemps été rabaissées par les hommes car elles étaient considérées comme inférieures.[Interprétation personnelle ?] Or, en ouvrant les lycées aux femmes, les hommes ont pour idée de leur enseigner les bases de la culture. Cette idée cache en fait la nécessité d'avoir une femme avec un minimum de culture pour briller en société[11]. Cependant on peut noter qu'en 1805 Napoléon crée la maison d'éducation de la Légion d'honneur, où seules les filles de soldats ayant reçu la légion d'honneur peuvent entrer[12].

Ce n'est qu'en 1850 que les écoles s'ouvrent aux filles avec la loi Falloux et, en 1882, la loi Ferry reconnaît l'égalité des sexes dans l'enseignement. Avec la naissance de la Troisième République, les temps changent : les jeunes filles sont toujours considérées comme inférieures, mais elles obtiennent les droits à la scolarité. Les filles peuvent enfin avoir un accès à l'enseignement scientifique en 1924[13].

Océanie[modifier | modifier le code]

Religions et éducation des femmes[modifier | modifier le code]

Dans la tradition catholique, la question de l’éducation des femmes se pose depuis l’époque de l’école théologique d’Alexandrie, érigée vers 180 lors des premiers siècles du christianisme[réf. nécessaire].

Dès 1524, Luther (père du protestantisme) se prononce en faveur de l’éducation des femmes ; il assure qu’il « nous faut des écoles pour nos filles […], afin que la femme devienne capable de diriger son ménage et d’élever chrétiennement ses enfants »[14].

C’est en 1608 que la première femme, Juliana Morell, obtient son diplôme à l’université d’Avignon[réf. nécessaire].

Encore aujourd'hui, les femmes doivent se battre pour intégrer les universités[réf. nécessaire]. Par exemple, il a fallu attendre 1963 lorsque Myriam Maestroni est la première femme diplômée de l’université Harvard, une université américaine prestigieuse qui était autrefois réservé aux hommes[réf. nécessaire]. L’accès des universités aux femmes « est le fruit d’une conquête, pas à pas »[15].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a b c d et e ONU, Rapport de la quatrième conférence mondiale sur les femmes, (lire en ligne), p. 28-37
  2. ONU Femmes, « L'éducation et la formation des femmes », sur ONU Femmes, (consulté le )
  3. Isabelle Attané, Carole Brugeilles et Wilfried Rault, Atlas mondial des femmes : les paradoxes de l’émancipation, Autrement / Ined,
  4. « Féminicides : état des lieux de la situation dans le monde », sur ONU Femmes France (consulté le )
  5. Hélène Montardre, Filles-Garçons, les mêmes droits ?, De La Martinière Jeunesse,
  6. Helen Briggs, « Les scientifiques noires absentes des manuels scolaires », sur BBC News Afrique, (consulté le )
  7. (it) Laura Anello, « A Palermo la favola della Down diventata dottoressa » [« A Palerme, la fable de celle qui atteinte de Down devint docteure »], sur La Stampa, (consulté le )
  8. (it) Andrea D’Ettorre, « Giusi Spagnolo, la prima laureata Down d Italia », sur web.archive.org, Vita e famiglia, (consulté le )
  9. https://hikmahjois.umyu.edu.ng/wp-content/uploads/2021/03/11-THE-CONTRIBUTION-OF-SOKOTO-CALIPHATE-TO-MUSLIM-WOMEN-EDUCATION.pdf
  10. https://today.ku.edu/2014/06/23/book-female-nigerian-scholar-points-long-tradition-educating-women
  11. a b et c Yannick Ripa, Les femmes idées reçues, Le Cavalier Bleu, , page 30
  12. « la maison de saint Denis le lycée » (consulté le )
  13. « francetv éducation » (consulté le )
  14. Dominique Dinet, „L’éducation des filles de la fin du XVIIIe siècle jusqu’en 1918“, Revue des sciences religieuses [Online], 85/4 | 2011, Online erschienen am: 01 Oktober 2013, consulté le 20 mai 2021. URL: http://journals.openedition.org/rsr/1795; DOI: https://doi.org/10.4000/rsr.1795
  15. La Tribune du vendredi 8 mars 2013

Annexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

  • Matilda, site regroupant des vidéos et documents pédagogiques sur l'égalité entre les genres.