Culture du viol

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La notion de culture du viol est un concept sociologique forgé aux États-Unis, et utilisé pour qualifier le lien entre les rapports sexuels non consentis et le tissu culturel d'une société. L'utilisation du terme viol pour y décrire une culture suggère l'existence d'un schéma comportemental appris qui a été créé, organisé et transmis d'une génération à l'autre comme faisant partie des attentes associées au fait d'être un homme ou d'être une femme. De plus, la culture du viol ne serait pas un phénomène du type optionnel en tout ou rien mais s'imposerait à différents degrés, allant de l'institutionnalisation du viol jusqu'à sa punition, considérée comme seulement de façade. Dans sa forme la plus véhémente, la culture du viol se manifesterait par le fait que les femmes sont la propriété des hommes qui leur refusent tout respect ainsi que le droit de contrôle et de maîtrise de leur propre corps[1].

La culture du viol relie ainsi un concept établissant des liens entre le viol et la culture de la société où ces faits ont lieu dans laquelle prévalent des attitudes et des pratiques tendant à tolérer, excuser, voire approuver le viol[2] , à un processus global de domination.

En France, si les études sur les causes culturelles du viol existent, la communauté universitaire ne s'est pas encore saisie de la notion.

Origine et diffusion du concept[modifier | modifier le code]

Origine[modifier | modifier le code]

L'expression « culture du viol » est apparue aux États-Unis lors de la seconde vague du mouvement féministe, plus précisément au sein du féminisme radical, et a été ensuite attribuée à la culture américaine contemporaine dans son intégralité[4].

Dans les années 1970, ces féministes avaient commencé à engager des efforts de prise de conscience visant à éduquer le public sur la fréquence du viol. Auparavant, selon le professeur de psychologie canadienne Alexandra Rutherford, la plupart des Américains supposaient que le viol, l'inceste et les violence conjugale envers les femmes constituaient des faits rares[6].

L'idée d'une culture du viol posa comme principe que le viol était un fait habituel et normal dans la culture américaine, et qu'il est une des manifestations extrêmes du sexisme et de la misogynie généralisée dans la société. Le viol doit donc être redéfini comme un crime à relier à la violence plutôt que considéré comme relevant du sexuel. Au lieu de se focaliser sur la recherche du plaisir sexuel, le viol se cristalliserait en effet sur la domination du mâle, l'intimidation et sur un sentiment de contrôle sur les normes liées aux genre [7],[8],[9].

On commença de plus à considérer le viol au travers des yeux de la victime et non plus par ceux de l'agresseur[8]

Dés 1971, Susan Griffin affirme dans Rape: The All-Américan crime, que puisque le viol est absent de certaines cultures comme le montre Margaret Mead , « loin de croire que le contrôle du viol est appris, les comparaison avec d'autres cultures nous amènent à soupçonner que, dans notre société, c'est le viol lui-même qui est appris.[...] Le viol n'est pas un acte isolé qui peut être éradiqué du patriarcat sans en terminer avec le patriarcat lui-même[10]. »

En 1974, Noreen Connell et Cassandra Wilson des New York Radical Feminists[11] emploient le terme « culture du viol » dans leur livre Rape: The First Sourcebook for Women. Cet ouvrage est l'un des premiers à proposer des récits de viol à la première personne et contribue à sensibiliser le public à cette question[12]. Le groupe y déclare : « notre but ultime est d'éliminer le viol et ce but ne peut être atteint sans une transformation révolutionnaire de notre société. »[13]Les auteures entendent démontrer que le viol est un crime plus commun que ce qu'on ne le croit[14].

Le terme est popularisé en 1975 par le documentaire américain Rape culture[15].

Diffusion[modifier | modifier le code]

Aux États-Unis[modifier | modifier le code]

Au Québec[modifier | modifier le code]

En octobre 2016, au Québec, suite à une série d'agressions dans une cité universitaire de Laval donnant lieu à quinze plaintes dont quatre pour agression sexuelle[16],[17],[18], la vague d'émotion suscitée dans le public encourage une jeune femme, Alice Paquet, à déposer plainte contre le député Gerry Sklavounos pour agressions sexuelles [19]. Lors de la tempête médiatique qui s'en suit, un blogueur révèle le passé d'escort de la jeune femme. L'information est reprise dans le journal Le Devoir ce qui la pousse à publier une lettre publique dans laquelle elle regrette qu'une telle information puisse avoir une incidence sur le bris de consentement dont elle a été victime et invite les femmes à la solidarité pour combattre « la culture du viol »[20] . Des manifestations sont aussitôt organisées à Montréal, à Québec, à Saguenay, à Sherbrooke et à Gatineau contre la culture du viol[21]. En février 2017, le directeur des poursuites criminelles et pénales décide de ne pas porter d'accusation contre Gerry Sklavounos et aucune suite ne sera donnée aux accusations de la jeune femme [22],[23],[24].

En octobre 2016, une somme de 2,5 millions de dollars est allouée à la professeure Shaheen Shariff de l'université McGill pour déterminer s'il existe ou non une culture du viol sur les campus d'université. Cette recherche fera collaborer dix universités dans ce projet qui s'étalera sur sept années [25]. Shaheen Shariff et son assistante de recherche se déclarent d'emblée persuadées de la réponse positive qui sera donnée à la question et soutiennent que « le but est de faire prendre conscience aux étudiants des comportements à adopter, en travaillant avec les partenaires de notre organisation ».

En décembre 2016, le rapport de l’« enquête sexualité, sécurité et interactions en milieu universitaire » (ESSIMU) est publié. 9 284 étudiants de six universités québécoises francophones sont interrogés entre autres sur leur connaissance du phénomène de la culture du viol et, quand il leur est déjà connu, sur leur estimation de son niveau de gravité dans leur université. L'enquête, qui contient des questions auxquelles il est possible de répondre par « pas du tout », « un peu », « moyennement », « beaucoup » ou « totalement », révêle notamment un niveau de familiarité avec l'expression « culture du viol » légèrement plus élevé chez les femmes (17,7 % des femmes intérerrogées s'en disent « totalement » familière) que chez les hommes (9,3 %) et significativement plus élevé chez les minorités de genre (38,2 %). Chez les personnes déclarant avoir connaissance de l'expression, les minorités de genre considèrent de façon significativement plus élevée (23,5 % répondent « totalement ») que la culture du viol est un problème dans leur université[26].

En France[modifier | modifier le code]

C'est probablement Éric Fassin, introducteur en France de Trouble dans le genre de Judith Butler, qui le premier évoque la culture du viol dans un article scientifique de 1997 portant sur la polémique des date rape (« agressions masculines dans le contexte du rendez-vous amoureux[27] ») aux États-Unis [28]. Ces controverses entre féministes américaines suivent la découverte dans les années 1980 que 57 % des viols seraient commis lors d'un « rancard » par un agresseur connu. La notion n'est pas reprise par la communauté universitaire française [29].

À la fin des années 2000, l'expression de « culture du viol » émerge peu à peu dans la presse écrite, en particulier en ligne, évoquant tout d'abord un phénomène propre aux campus universitaires américains. Peu à peu, les médias associent cette notion à la culture américaine mondialisée, puis au contexte et à la culture française.

En 2003, dans Fausse route, Élisabeth Badinter mentionne la rape culture en affichant le plus grand scepticisme[30].

En janvier 2012, une juriste et chercheuse française, Marcela Iacub,  publie un livre intitulé Une société de violeurs ?[31] dans lequel elle s'oppose aux revendications juridiques de certains groupes féministes qui considèrent le traitement juridique du viol comme trop clément.

En 2017, Marlène Schiappa, la secrétaire d'État chargée de l'Égalité entre les femmes et les hommes, fait paraître Où sont les violeurs ? Essai sur la culture du viol[32] pour lequel elle déclare : « Ceci n'est pas un essai sur le viol, mais sur la culture du viol. Il ne s'agira pas ici de résilience, de guérir ou de se remettre, de stratégies d'évitement du viol ou de récits de viols. Il s'agit de traiter ce qui constitue une culture du viol : la façon dont le Story telling , le récit et l'analyse des agressions sexuelles et des viols contribuent à les banaliser, à les justifier, à les excuser, à les moquer, voire à les érotiser et même à les encourager. »

Éléments de la culture du viol[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Mythes sur le viol.

Selon ses théoriciens[Qui ?], la culture du viol véhiculerait des mythes sur le viol tendant à réhabiliter les agresseurs et blâmer les victimes.[réf. nécessaire] Les mythes sur le viol pourraient ainsi être regroupés en trois catégories : la négation ou minimisation du viol, la négation du non-consentement de la victime, ou le blâme de celle-ci.

Négation et minimisation du viol[modifier | modifier le code]

Cela consiste à affirmer qu'il ne s'est rien passé ou que « ce n'est pas si grave »[33],[34]. Il arrive ainsi de remettre en cause la parole de la victime ou d'entendre parler du viol comme d'une chose normale: « Les lois sont comme les femmes, elles sont faites pour être violées » a déclaré en 2012 le député espagnol José Manuel Castelao Bragaña[35].

La culture du viol amène à relever tous les éléments du récit de la victime qui ne correspondent pas au mythe du « viol typique », commis de nuit, dans la rue et par un malade mental inconnu. Un viol commis au domicile de l'agresseur ou de la victime par une personne connue de celle-ci se verra ainsi discrédité car ne correspondant pas à cette image fantasmée[36],[37].

Négation du non-consentement[modifier | modifier le code]

Il s'agit ici d'affirmer que la victime désirait secrètement le rapport sexuel, ou a aimé cela[réf. nécessaire].

Ce mythe se retrouve dans les rapports de séduction : On peut parfois entendre dire qu'une femme qui dit « non » pense « oui », et que la séduction consiste à la faire céder. L'image de l'amant entreprenant voire autoritaire, qui néglige de s'assurer du consentement de sa partenaire, voire outrepasse délibérément son refus (c'est-à-dire la viole) est parfois présentée comme une capacité positive à s'affranchir de limites injustifiées et rébarbatives[38].

Ce mythe s'immisce parfois jusque dans la victime qui garde longtemps le sentiment que son corps l'a trahi car les zones érogènes sont régies par des mécanismes physiologiques : la victime peut donc être excitée sexuellement, sa sexualité se déconnectant de l'ensemble de son être et créant une ambivalence écœurante. Dès lors, la sexualité de la victime est influencée par les violences subies (dépossession de la sexualité même après le viol). La victime a l'impression d'être marquée au fer rouge. Ce mythe peut être partagé par les violeurs qui ont parfois vu leur victime prendre du plaisir (sexuel) d'autant plus facilement que la victime est isolée et « dressée »[39].

Blâme de la victime[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Slut-shaming.

Rappelons que le violeur dispose de nombreux moyens pour épuiser sa victime. En effet, il partage avec elle une intimité qu'il peut publiquement évoquer[40], clairement auprès d'un auditoire qui lui est favorable (lorsque la culture du viol est dominante) ou par des sous-entendus et des gestes dans le meilleur des cas. Ces gestes sont parfois anodins mais peuvent paralyser temporairement la victime en la surprenant : ils évoquent des rituels ou des actes très violents. Il arrive qu'un regard seul suffise.

Pression psychologique et scandale se nourrissent l'un et l'autre. En effet, le retournement de la parole de la victime peut renforcer les dysfonctionnements mentaux produits par le viol. Autrement dit, la victime s'approche une nouvelle fois de la rupture mentale quand elle est niée dans son témoignage, ce qui est aggravé lorsque cette absence de reconnaissance provient des autorités sociétales notamment des professionnels de la justice ou du corps médical. Alors, afin de garder sous contrôle la victime (pour qu'elle n'explose pas), certains augmentent la pression jusqu'au renoncement de la victime[41].

Parler comporte donc le risque d'une nouvelle humiliation et d'une nouvelle désillusion, ce qui peut vider définitivement les victimes de tout optimisme. Après avoir subi une dégradation de leur corps et de leur psychisme, elles doivent en effet encore trouver la force de résister à la dégradation de leur image et à l'alourdissement du masque social (jouer l'illusion de croire les rouages sociétaux sains et justes). Il n'est alors pas rare que le violeur utilise les solutions adoptées par le plaignant pour illustrer la fragilité de sa victime. Les violeurs n'ont plus qu'à pointer sa fragilité ou son mal-être pour obtenir gain de cause dans l'opinion[42].

C'est donc en pensant le viol comme favorisé par la domination (et non comme par une pulsion sexuelle) qu'est mis en lumière ce qui détruit la victime et donc les mécanismes que manipulent les violeurs. Par exemple le lien entre le suicide et le viol est aujourd'hui si clairement établi que non seulement un violeur ne pourrait plus évoquer la fragilité de sa victime en évoquant le suicide mais en plus bien mal lui en prendrait de le faire. Le discours dominant joue donc un rôle important dans le recul du viol.

De même, les sanctions encourues par l'auteur du crime peuvent être déplorées[43], en même temps que l'on relève ce qui en fait une personne ordinaire, voire exemplaire[44].

Ce phénomène contribue fortement à dissuader les victimes de porter plainte et les incite à taire ce qu'elles ont subi, de peur que leur parole, mais aussi leur personne, ne soit discréditée publiquement.

Obstacles à la dénonciation d'un viol[modifier | modifier le code]

En 2013, treize étudiantes californiennes ont porté plainte contre leur université pour avoir rejeté leurs plaintes auprès d'elle (la police du campus a déclaré à l'une d'elles que si son agresseur n'avait pas eu d'orgasme, il n'y avait pas eu de viol) ou refusé de leur donner des suites judiciaires[45],[46].

Le coût de la procédure peut aussi être un obstacle important. En effet, si les victimes obtiennent gain de cause, les frais de justice leur seront remboursés, mais beaucoup de procès aboutissent à un non-lieu, et il faut de toute façon pouvoir avancer l'argent[47].

Perception du viol dans l'histoire[modifier | modifier le code]

Georges Vigarello, dans son ouvrage Histoire du viol, retrace l'histoire de l'évolution des mœurs juridiques et sociales en France en ce qui concerne les violences sexuelles entre le XVIe et le XXe siècles. On y découvre l'évolution des relatives tolérances de la France ancienne et de son système pénal qui enveloppait la victime dans l'indignité de l'acte, aux changements juridiques du XVIIIe, puis à la reconnaissance au XIXe de la violence morale. Et parallèlement, l'évolution plus lente des jugements communs sur le viol qui ont récemment fait passer ce crime « d'un silence relatif à une visibilité bruyante ». En effet, on constate aujourd'hui le renversement d'une image : Le violeur, en particulier l'abuseur d'enfant, a pris la place occupée il y a peu dans la conscience commune par l'assassin crapuleux, et la question sur un possible changement de culture s'impose à l'historien : La violence sexuelle est elle moins tolérée ou est elle moins contrôlée ?

Plus profondément, c'est la question du consentement qui est posée par l'histoire du viol : d'une part, culturellement, la naissance de l'intimité et d'une vision du sujet capable d'autonomie et d'autre part, juridiquement, la nécessité de pouvoir s'appuyer sur des indices matériels pour déterminer le consentement ou son absence ont menés à la reconnaissance de l'existence d'une conscience distincte de ce qu'elle « fait ». Pour Vigarello, l'histoire du viol est alors "celle des obstacles au dessaisissement d'une liaison trop immédiate entre la personne et ses actes". S'il y a donc une histoire du viol qui est possible, c'est parce que le poids du soupçon porté sur le non consentement varie avec le temps et les systèmes d'oppression.

L'explosion actuelle des chiffres s'accompagne d'une attention marquée au versant psychologique qui s'ajoute à ceux plus visibles mais plus superficiels qui ont longtemps dominé : Ce qui auparavant était d'abord honte morale et offensive sociale s'est transformé en irrémédiable traumatisme et atteinte intime des victimes. La plus grande égalité entre hommes et femmes ont rendu plus intolérables les violences anciennes et le modèle de domination qu'elles concrétisent.

Géographie des cultures et de leur rapport au viol[modifier | modifier le code]

Environ 20 % des pays de la planète, soit 35 États, ont une loi qui offre une protection juridique contre le viol, laquelle « semble appropriée et respectée », selon les données les plus récentes du Centre de développement de l'OCDE (Organisation de coopération et de développement économique). Trente-cinq autres nations ont aussi une législation spécifique contre le viol, mais il y a des problèmes dans l'application de la loi.  40 % des quelque 160 pays recensés par l'OCDE ont donc une loi spécifique contre le viol. Par contre, dans la moitié des cas, l'application même de la loi est déficiente, selon les rapports transmis à l'OCDE par des ONG sur le terrain ou par la Convention sur l'élimination de toutes les formes de discrimination à l'encontre des femmes (CEDEF). 66 pays ont une loi sur le viol, mais la législation elle-même est inappropriée ou incomplète. Gaëlle Ferrant, l'économiste du Centre de développement de l'OCDE qui a produit et analysé toutes ces données, donne l'exemple de l'Azerbaïdjan, où le viol marital n'est pas inclus dans la loi. Environ 17 % des pays recensés, soit 27 pays, ont des semblants de législation ou des projets de loi à l'étude. Dans tous les cas, « ces pays permettent d'une façon ou d'une autre à l'agresseur d'échapper à l'emprisonnement, soit parce que la loi n'existe pas, soit parce que la loi est en cours, soit parce qu'elle permet à l'agresseur d'épouser la victime ou de la dédommager financièrement pour échapper aux problèmes », explique Gaëlle Ferrant. Un seul pays, l'Arabie saoudite, n'a pas du tout de loi sur le viol[48],[49].

Aspects juridiques et culturels du viol dans les nations[modifier | modifier le code]

Allemagne[modifier | modifier le code]

  • En Allemagne, jusqu'en , l'absence de consentement n'entrait pas dans les critères juridiques permettant de qualifier un viol[50]. Auparavant, la victime présumée devait pouvoir démontrer qu'elle avait tenté de s'enfuir ou de se défendre pour faire reconnaître son viol. Les rapports imposés sous la menace de représailles professionnelles ou lorsque la victime était ivre, inconsciente ou tétanisée, n'étaient donc pas considérés comme des viols. Le texte de loi précédent était depuis longtemps critiqué pour son caractère restrictif. Les agressions sexuelles du Nouvel An 2016 en Allemagne qui n’ont abouti à aucune condamnation, et le procès pour « dénonciation calomnieuse » d’un mannequin, Gina-Lisa Lohfink, qui avait porté plainte pour viol ont aboutit, sous la pression populaire[51], à une évolution législative définissant désormais tout acte sexuel commis « contre la volonté identifiable d’une autre personne » comme infraction pénale.

Suède[modifier | modifier le code]

  • La Suède, pourtant souvent considéré comme le meilleur pays au monde où vivre en tant que femme[52] , arrive en 2007 en tête des plaintes pour viol en Europe avec 15 dépôts de plainte par jour. « Les victimes sont de plus en plus jeunes. En 2006, deux tiers d’entre elles avaient moins de 30 ans. Plus de la moitié étaient ivres. Et la majorité n’avait jamais rencontré son agresseur, vingt-quatre heures avant le viol ». selon Christian Diesen, professeur de droit à l’université de Stockholm et coauteur d'une enquête sur le sujet. Entre 1990 et 2006, le nombre de plaintes a été multiplié par 4, sans que ce soit dû selon l'auteur à une augmentation du nombre de viols, mais au nombre de plaintes rendues possibles par la nouvelle législation de 2005 qui reconnait comme un viol l'abus d'une victime en état d'ébriété quand la consommation d'alcool atténuait auparavant l'infraction en agression sexuelle. Selon Klara Hradilova-Selin, chercheur au Conseil national de la prévention du crime, l’évolution des mœurs aurait sa part de responsabilité dans l’augmentation des viols. Elle évoque notamment une « vie nocturne riche, des rencontres sur Internet et l’augmentation de la consommation d’alcool », ce qui expliquerait que les agresseurs soient de plus en plus souvent des personnes que les victimes ne connaissent pas ou peu. 13 % des plaintes ont donné lieu en 2006 à une inculpation et 10 % à une condamnation[53]. Bien que le rapprochement puisse être polémique, il est à noter que la Suède a abolit la prostitution depuis 1999[54].

Inde[modifier | modifier le code]

  • En Inde[55], une culture du viol,  caractérisée par une fréquence élevée des violences contre les femmes et l’absence de sanctions, semble indissociable du système de castes. Les violences sexuelles de caste, à la fois oppressives et opportunistes, sont vécues comme destinées à réduire la communauté des Intouchables au silence. Les auteurs hindous de ces agressions, qui appartiennent à une caste supérieure, sont considérés comme à l’abri de la justice.  Rashida Manjoo, rapporteur spécial des Nations unies, souligne qu’“il y a une attitude patriarcale profondément ancrée chez les policiers, les procureurs et les juges”. Les membres de la police, du système judiciaire et de la fonction publique s’entendent fréquemment avec les auteurs des viols pour empêcher les femmes intouchables de porter plainte et d’obtenir réparation. Le 19 mars 2013 une loi dite “antiviol” est votée après de nombreuses manifestations contre la culture du viol suite au viol d'une jeune femme dans un bus par 6 hommes ayant entraîné sa mort. Une peine minimale de sept ans de prison est instaurée. La peine maximale, en cas de récidive, est la peine de mort. La définition du viol a été étendue mais le viol conjugal n’est toujours pas reconnu[56]. Des tribunaux coutumiers continuent néanmoins à condamner des femmes à des viols collectifs en punition de fautes qui ne sont parfois même pas les leurs, ou qui peuvent sembler dérisoires [57]. En 2015, l'Inde interdit la diffusion d'un documentaire sur le viol collectif qui avait permis l'évolution législative [58].

Pays appliquant le droit pénal musulman[modifier | modifier le code]

Tunisie[modifier | modifier le code]

  • En Tunisie, selon l'article 227 bis du code pénal tunisien, "Est puni d’emprisonnement pendant six ans, celui qui fait subir sans violences, l’acte sexuel à un enfant de sexe féminin âgé de moins de quinze ans accomplis. La peine est de cinq ans d’emprisonnement si l’âge de la victime est supérieur à quinze ans et inférieur à vingt ans accomplis. La tentative est punissable. Le mariage du coupable avec la victime dans les deux cas prévus par le présent article arrête les poursuites ou les effets de la condamnation.[62].

Maroc[modifier | modifier le code]

  • Le 10 mars 2014, la jeune Amina Filali, contrainte d'épouser son violeur, se suicide, choquant profondément le Maroc. En janvier 2014, le parlement marocain vote à l'unanimité des présents un amendement afin qu'un violeur ne puisse plus échapper aux poursuites en se mariant à sa victime [63]. En 2017, une jeune femme se fait agresser sexuellement dans un bus par 6 hommes qui filment la scène et la diffusent sur les réseaux sociaux. Des manifestations contre la culture du viol sont organisées dans les grandes villes du pays [64],[65]. Ces manifestations provoquent en réaction des appels à la haine et au viol : une page Facebook suivie par 450.000 abonnés pose la question "Est il permis de la violer ou pas ?" en affichant la photo du bas du corps d'une jeune femme[66], un réalisateur marocain s'interroge quant à lui sur la nécessité de violer des femmes quand des homosexuels "rêvent d'être violés et sont même prêts à payer pour ça"[67]. Au Maroc, selon les chiffres de l’Observatoire national de la violence faite aux femmes, les deux tiers des cas de violences sexuelles se déroulent dans l’espace public. Il s’agit, dans plus de 90 % des cas de viols ou de tentatives de viol dont les victimes sont principalement des femmes de moins de 30 ans. La sociologue Soumaya Naamane Guessous explique : « Jusque dans les années 60, les femmes n’ont tout simplement pas le droit d’accéder à l’espace public. Du coup, dans les mentalités, la femme dans la rue est une proie potentielle ou une bête à abattre. »[68].

Tchad[modifier | modifier le code]

Kenya[modifier | modifier le code]

  • Au Kenya en 2013, une adolescente de 16 ans rentrant des obsèques de son grand père est violée par 6 hommes qui la jettent ensuite dans une fosse de 6 mètres de haut servant de latrines. Des suites de ses blessures, elle restera paralysée. Ses agresseurs sont seulement condamnés à tondre la pelouse du poste de police puis sont libérés. L'association kényane Femnet (réseau de communication pour le développement des femmes en Afrique) lance une pétition internationale demandant un nouveau procès qui dés le lendemain recueille déjà 550 000 signatures. Selon une étude de 2009, 68 % des femmes et 54 % des hommes kényans ont été victimes d'agression sexuelle. A la suite du tollé Le procureur Keriako Tobiko a assuré avoir ordonné de nouvelles arrestations. Il a également fait ouvrir une enquête contre le policier qui a traité la plainte de l'adolescente « d'une façon cruelle », selon lui. « La plaignante a dû les supplier pour que sa demande soit prise en compte »[70].

Japon[modifier | modifier le code]

  • Le Japon a adopté à la mi-juin 2017, suite à un scandale[71] , une série d’amendements à la législation sur les délits sexuels qui n’avait pas évolué depuis 1907. Les violeurs risqueront désormais 5 ans d'emprisonnement contre 3 précédemment et la notion de viol circonscrite à la seule pénétration vaginale par un pénis a été élargie à d'autres agressions sexuelles. Les hommes pourront ainsi être aussi considérés comme victime et les autorités pourront se saisir elle-même des affaires sans nécessité préalable d'un dépôt de plainte[72]. Avec une population de près de deux fois celle de la France, 1 409 viols ont été déclarés en 2013 au Japon quand la France en déplorait 11 171. Le ministère des affaires étrangères japonais aime à rappeler que son pays est « le plus sûr du monde ». L'affirmation est tout de même à nuancer si on considère une réalité masquée par un système juridique et social qui pousse les victimes de viol à ne pas porter plainte : 70% des viols subis ne seraient pas rapportés aux autorités et la reconnaissance du viol, comme dans d'autres pays, nécessitait jusqu’ici un non-consentement explicite excluant l'inconscience ou la surprise[73]. Culturellement, l'injonction faite aux femmes japonaises d'être dociles et discrètes et la différence faite entre tsūyō (vrai viol) et fushizen (fausse agression) pourraient peut être expliquer en partie ce silence[74]. Par ailleurs, sans présumer de son influence sur une incidence du viol plus ou moins élevée selon comment on la considère, il faut noter le phénomène particulier de la Pornographie japonaise particulièrement riche en scènes de viol (Gōkan play), Shibari , et jeunes écolières[75] qui traverse une société japonaise dans laquelle le sexe est partout et nulle part [76] .

Corée du Sud[modifier | modifier le code]

Phénomènes transnationaux se rapportant à une ou des culture(s) du viol[modifier | modifier le code]

Tests de virginités imposés[modifier | modifier le code]

Dans de nombreux pays du monde, pays occidentaux compris, comme la Suède, sous couvert d'un retour du traditionalisme religieux ou de son maintien, des médecins délivrent des certificats de virginité impliquant des touchers vaginaux non consentis sur de jeunes femmes souvent mineures[78]. Les tests de virginité ont été utilisés en Égypte et en Tunisie à l'occasion des manifestations de la Place Tahrir et du Printemps arabe comme instrument de coercition contre les opposantes politiques dans le but de les inculper pour prostitution,  Amnesty International et Human Rights Watch (HRW) ont dénoncé comme une forme de torture  et de violence sexuelle cette pratique[79]. En Algérie, où l'examen de virginité est une pratique courante dans le cadre du mariage, une pétition recueillant 1 200 signatures s'indigne de l'examen imposé à deux jeunes femmes de 17 ans en 2013 par des policiers dans le cadre d'un inculpation pour « incitation à la débauche » du seul fait qu'elles étaient accompagnées de garçons[80],[81]. En Indonésie, ce test dit « des deux doigts » est imposée à toute aspirante à entrer dans l'armée afin de s'assurer de sa « vertu ». Les femmes désirant épouser un militaire seraient obligées elles aussi de s'y soumettre[82],[83]. En France et au Québec, le conseil national des médecins et le président du collège des médecins ont du appeler leurs confrères à ne plus pratiquer d’examens de virginité[84],[85].

Mariages forcés[modifier | modifier le code]

Partout dans le monde, mais plus principalement au Maghreb, au Moyen-Orient, en Afrique et dans certains pays d'Asie, de jeunes filles, parfois n'ayant pas 10 ans, sont contraintes sous la pression familiale de se soumettre à un mariage forcé impliquant des rapports sexuels non consentis et des grossesses non désirées.[réf. nécessaire]

Esclavage sexuel[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Esclavage sexuel.

Un rapport des Nations unies donne l'estimation annuelle d'un million de femmes ou petites filles impliquées par la force dans le commerce et/ou l'Esclavage sexuel.[réf. nécessaire]

Crimes d'honneur[modifier | modifier le code]

Pour de nombreuses sociétés (sociétés méditerranéennes, Moyen-Orient cultures arabes, Inde, Pakistan, Amérique latine, sud des États-Unis...), marquées par la culture de l'honneur, le crime d'honneur agit comme une puissante menace pour les femmes qui refuseraient un mariage arrangé ou des faveurs sexuelles. Une victime de viol peut par ailleurs être tuée par les propres membres de sa famille pour laver l'honneur de la famille.

Viols de guerre[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Viol de guerre.

Le viol est aussi utilisé comme une arme de guerre.

Agressions sexuelles de masse[modifier | modifier le code]

Ponctuellement, à différents endroits du monde, des phénomènes d'agressions sexuelles de masse sont relatés.

Critiques adressées à la notion de « culture du viol »[modifier | modifier le code]

Critique de la psychologie évolutionniste[modifier | modifier le code]

Critiques américaines[modifier | modifier le code]

Le Réseau Américain contre le Viol, la Maltraitance et l'Inceste[modifier | modifier le code]

Le « Réseau National contre le Viol, la Maltraitance et l'Inceste » (RAINN), l'une des plus importantes organisations nord-américaines contre la violence sexuelle, fait des recommandations à la Maison-Blanche à travers un rapport détaillé concernant la lutte contre le viol au sein des campus universitaires, et identifie des problèmes liés notamment au fait d'accorder trop d'importance au concept de culture du viol comme moyen de prévention et cause du viol, notant que « Ces dernières années, il a été constaté une tendance malheureuse à jeter la faute sur la « culture du viol » pour des violences sexuelles largement répandues sur les campus. Bien que ce concept soit utile pour signaler les barrières systématiques auxquelles on se heurte lorsque l'on tente d'aborder ce problème, il est important de ne pas perdre de vue un fait basique : Le viol n'est pas causé par des facteurs culturels, mais par un petit pourcentage des membres de la communauté consciemment décidés à commettre un crime violent[86]. »

Le RAINN reprend l'estimation qui montre qu'à l'université 90 % des viols seraient commis par 3 à 7 % des hommes[86], bien qu'il mentionne qu'il n'y ait pas de chiffres fiables concernant les auteurs de sexe féminin. Le RAINN affirme que le viol est le fait d'une minorité d'individus ayant décidé d'ignorer le message communément intégré affirmant que le viol est une faute. Le rapport soutient que la tendance visant à diriger l'attention sur les facteurs culturels supposés cautionner le viol « a l'effet paradoxal qui est celui de rendre la violence plus difficile à arrêter, étant donné qu'il éloigne l'attention de l'individu mis en cause, et de toute évidence atténue la responsabilité personnelle envers ses propres actions[86]. »

Camille Paglia[modifier | modifier le code]

Dans son livre de 1994, Vamps and tramps[87], Camille Paglia affirme : « Le discours sur le viol a déraillé dés le début à cause de sa formulation absurde, selon laquelle le viol serait « un acte de violence, mais pas un acte sexuel », mantra qui a aveuglé les médias américains. »

Dans une interview de 2013[88], le professeur Camille Paglia décrit les inquiétudes concernant la culture du viol comme « ridicules » et « névrotiques », un artefact de l'idéologie bourgeoise libérale considérant que les individus sont essentiellement bons et que tous les problèmes sociaux peuvent être résolus par l'éducation. Le concept de la culture du viol porte préjudice aux jeunes femmes éduquées, soutient Paglia, car elles ne sont pas préparées à anticiper ou à faire face à la petite minorité de personnes malveillantes dans le monde qui ne se soucient tout simplement pas de suivre la loi ni d'obéir aux conventions sociales. De plus, dit Paglia, les partisanes féministes de la culture du viol ont tendance à ignorer entièrement les hommes victimes d'agressions sexuelles.

Caroline Kitchens-Heather Mac Donald-Joyce E. Williams[modifier | modifier le code]

Dans un article de 2014 publié dans Time Magazine et intitulé « Il est temps d'arrêter l'hystérie de la culture du viol », Caroline Kitchens, chercheuse à l'American Enterprise Institute, suggère que « bien que le viol soit certainement un problème sérieux, il n'y a pas de preuve qu'il puisse être envisagé comme norme culturelle. …Sur les campus universitaires, l'obsession d'éradiquer la culture du viol a mené à la censure et à l'hystérie. »[89]

Heather MacDonald, une commentatrice politique, a indiqué que « dans une sorte de délicieuse ironie historique, les baby boomers qui ont démantelé l'architecture intellectuelle de l'université en faveur du sexe débridé et de la contestation ont fini par bureaucratiser les deux. »[90]

Selon Joyce E. Williams de l'université des femmes du Texas, « la critique fondamentale de la culture du viol et de la théorie féministe dont ce concept émane consiste en l'unique et rigide insinuation que toutes les femmes sont abusées par tous les hommes. »[91]

Christina Hoff Sommers-Bell Hooks[modifier | modifier le code]

Christina Hoff Sommers met en cause l'existence de la culture du viol, soutenant que la fameuse affirmation selon laquelle « une femme sur quatre sera violée durant sa vie » repose sur une étude qui présente des failles mais qui reste souvent citée car cela aide les groupe anti-viol des campus à recevoir des financements publiques.

Sommers a également analysé et critiqué beaucoup d'autres études sur le viol pour leur méthodologie et leurs affirmations. « Il existe de nombreux chercheurs qui étudient l'agression qu'est le viol, mais leur discrétion ne génère pas des têtes d'affiche. »[92]

Sommers et d'autres ont précisément remis en cause l'étude de 1984 souvent citée et dans laquelle Mary Koss soutient qu'une femme sur quatre a été victime de viol pendant ses années à l'université, montrant celle-ci du doigt pour l'exagération du viol contre les femmes tout en minimisant l'incidence des actes sexuels forcés dont les hommes sont victimes. Selon Sommers, jusqu'à 73 % des sujets de l'étude de Koss ont contesté sa qualification sur le fait qu'elles aient subi un viol [93], alors que d'autres ont souligné le fait que l'étude de Koss reste focalisée sur la victimisation des femmes, minimisant l'importance de la victimisation sexuelle des hommes, même si ses propres données indiquent qu'un homme sur sept a été victime de relations sexuelles non-consenties à l'université [94]. Sommers fait remarquer que Koss avait volontairement limité la définition des expériences sexuelles involontaires pour les hommes à des situations où les hommes ont été pénétrés [93], excluant ainsi toutes autres formes d'agressions sexuelles qui sont comptabilisées dans le cas des femmes .

D'autres auteurs, tels que Bell hooks, ont critiqué le paradigme de la culture du viol pour sa visée trop étroite ; en 1984, elle écrit que celui-ci ignore la place du viol au sein d'une « culture de la violence » englobante. En 1993 elle a participé à l'écriture d'un livre sur la culture du viol à travers un chapitre qui s'intéresse de près à la culture du viol dans le contexte patriarcal de la culture noire[95].

Jadaliyya[modifier | modifier le code]

Jadaliyya, une initiative de l'institut des Études arabes, a publié une autre critique du concept de culture du viol, affirmant que les orientalistes s'étaient emparés du terme pour promouvoir les stéréotypes racistes sur les hommes arabes et musulmans, aussi bien que les stéréotypes sur les hommes d'Asie du Sud dans les médias et les milieux académiques occidentaux. Cette critique établit des liens entres les reportages médiatique qui diabolisent les hommes du Moyen-Orient et de l'Asie du Sud comme étant « racialement enclins au viol » et des tactiques similaires employées par les Britanniques dans leur campagne de propagande raciste contre les Indiens pendant la rébellion de 1857 qualifiant les combattants de la résistance de violeurs[96].

Les Nations unies ont conduit une Étude multi-nationale sur les Hommes et la violence en Asie et dans le Pacifique en 2008 dans six pays à travers l'Asie. Ses conclusions, publiées en 2013, semblaient indiquer qu'un nombre important d'hommes dans les pays d'Asie admettent avoir commis une forme de viol . Les conclusions générales de l'étude concernant les chiffres élevés du viol ont été reconnu comme fiables ; néanmoins, les questions sur son exactitude continuent à alimenter le débat sur comment les sociétés comprennent le viol et les normes sociales. Un regard plus attentif à la méthodologie employée par l'étude révèle des questions quant à la définition du viol selon la culture, à l'étendue de l'échantillon étudié, à la conception de l'enquête, et à la précision linguistique, tout ceci soulignant les défis continus à essayer de quantifier la prévalence du viol [97].

Critiques canadiennes[modifier | modifier le code]

Wendy McElroy[modifier | modifier le code]

Barbara Kay[modifier | modifier le code]

Barbara Kay, une journaliste canadienne, critique le débat lancé par la féministe Mary Koss autour de la culture du viol, décrivant cette notion « du viol comme un comportement extrême mais dans une continuité avec le comportement masculin habituel au sein de la culture » comme étant « d'une remarquable misandrie »[98] .

Lysiane Gagnon[modifier | modifier le code]

Critiques françaises[modifier | modifier le code]

Élisabeth Badinter[modifier | modifier le code]

Si la philosophe Élisabeth Badinter rend hommage au féminisme actuel, qui a donné au viol sa véritable signification, et qui s'est fortement mobilisé en faveur des victimes, et considérant de plus que le viol est effectivement largement sous-évalué dans tous les pays, en 2003 dans son livre « fausse route », elle se dit stupéfiée par les estimations des féministes les plus radicales. Reprenant les affirmations de Catharine MacKinnon pour laquelle « 44 % des Américaines ont subi un viol ou une tentative de viol [...], 4.5 % sont victimes d'inceste paternel et 12 % de la part d'autres hommes de la famille, ce qui fait un total de 43 % de toutes les filles ayant l'âge de 18 ans », Elisabeth Badinter regrette l'origine inconnue des chiffres avancés et les méthodes de calcul peu compréhensibles, et suspecte une manipulation. Pour elle, l'objectif évident est de montrer qu'une américaine sur deux est victime d'une violence masculine abominable et qui serait pourtant la norme, autorisant ainsi à parler de rape culture.

Elle critique de plus l'étude de Mary Koss qui voudrait qu'une étudiante sur quatre soit victime d'un viol ou d'une tentative de viol, en mettant en avant le fait que sur ces « victimes », seule un quart appelait ce qui leur était arrivé « viol » et que 42 % eurent à nouveau des rapports sexuels avec leur supposé violeur[30].

D'une manière générale, Elisabeth Badinter déplore la logique de l'amalgame qui prévaut selon elle dans l'idéologie de la culture du viol: Pour les féministes radicales défendant la notion, toute agression sexuelle est un viol, toute pression psychologique est une agression, toute séduction est une pression psychologique, toute séduction est donc un viol[30].

Marcela Iacub[modifier | modifier le code]

Peggy Sastre[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

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  2. (en) John Nicoletti, Sally Spencer-Thomas et Christopher M. Bollinger, Violence Goes to College: The Authoritative Guide to Prevention and Intervention, Charles C Thomas, (ISBN 978-0398071912), p. 134.
  3. Smith 2004, p. 174.
  4. « The term 'rape culture' originated in the 1970s during the second wave feminist movement (en) and is often used by feminists to describe contemporary American culture as a whole[3]. »
  5. (en) Flora Davis, Moving the mountain : the women's movement in America since 1960 [« Déplacer les montagnes : le Mouvement de libération des femmes depuis les années 1906 aux États-Unis »], New York, Simon & Schuster, 304 p. (ISBN 0671602071 et 9780671602079, OCLC 300643287, notice BnF no FRBNF35572482), p. 318.
  6. Se référant à un passage de l'ouvrage de Flora Davis Moving the mountain[5], Alexandra Rutherford écrit : « Until the 1970s, most Americans assumed that rape, incest, and wife-beating rarely happenedRutherford, Alexandra, « Sexual Violence Against Women: Putting Rape Research in Context », Psychology of Women Quarterly, vol. 35, no 2,‎ , p. 342–347 (DOI 10.1177/0361684311404307, lire en ligne). »
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  20. Zone Société - ICI.Radio-Canada.ca, « « J'ai perdu le contrôle sur l'histoire », déplore Alice Paquet », sur Radio-Canada.ca (consulté le 23 août 2017).
  21. Zone Société - ICI.Radio-Canada.ca, « Des marches dans plusieurs villes du Québec contre la culture du viol », sur Radio-Canada.ca (consulté le 23 août 2017).
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  24. Le Journal, « Gerry Sklavounos: «J'ai peut-être essayé d'être "friendly", charmeur en faisant un compliment honnête et poli» », sur Le Journal de Québec (consulté le 23 août 2017).
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  38. À la suite du tollé qu'il a suscité, l'article du site Séduction by Kamal a été retiré, mais des captures d'écran sont archivées ici.
  39. http://memoiretraumatique.org/memoire-traumatique-et-violences/violences-sexuelles.html.
  40. par exemple en publiant des photos dénudées prises après ou pendant le viol.
  41. http://antisexisme.net/2012/01/16/les-mythes-autour-du-viol-et-leurs-consequences-partie-2-les-consequences-pour-la-victime/.
  42. Le viol, un crime presque ordinaire, Audrey Guiller et Nolwen Weiler.
  43. https://www.buzzfeed.com/ryanhatesthis/culture-du-viol-sexisme-harcelement#.dkv7xmjxN.
  44. Comme par exemple dans ces articles du journal Le Monde ou du New-York Times (ce dernier est analysé ici par une blogueuse féministe).
  45. (en) « USC Student: Police Said I Wasn’t Raped Because He Didn’t Orgasm », sur Huffington Post.
  46. « "Pas d’orgasme, pas de viol" : comment l’université de Californie du Sud règle les affaires de viol », sur TerreFemina.
  47. [1].
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Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]