Condition des femmes à Cuba

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La condition des femmes à Cuba est liée à l'histoire politique et économique de l'île, et notamment à la révolution de 1959. Les difficultés économiques du pays ont cependant favorisé la division sexuelle entre travail salarié et travail domestique ainsi que la prostitution féminine au contact du tourisme.

De la conquête espagnole à l'indépendance[modifier | modifier le code]

Depuis la découverte de Cuba par Christophe Colomb, le 18 octobre 1492, les femmes y subissent le code espagnol, considéré souvent comme rétrograde, la femme y est généralement vue comme « l’ange tutélaire de l’homme »[1].

Au XIXe siècle, les femmes d'Amérique du Sud sont inspirées par les femmes européennes et découvrent le féminisme. Elles prennent conscience des droits des femmes et améliorent leurs conditions de vie.

En 1843, une rébellion d'esclaves, appelée Conspiración de La Escalera, éclate dans la province de Matanzas, pendant l'Año del Cuero (en), notamment dirigée par deux femmes, l'une appelée La Carlota (en), une esclave noire d'origine Yoruba[2] et l'autre, Firmina[3].

Lors de l'insurrection nationaliste dite Guerre des Dix Ans (1868-1878), les mambisas, Cubaines de toutes races et classes confondues (esclaves noirs affranchies, femmes de couleur libres, femmes de petits blancs, femmes taina (indigènes) et femmes appartenant à l'élite blanche), s'impliquèrent dans la lutte contre le colonisateur espagnol. De petites communautés dirigées par des femmes se formèrent dans les montagnes de la partie orientale de l'île pour fournir de la nourriture aux insurgés, soigner les blessés, cacher armes et munitions. Ailleurs, d'autres femmes se chargèrent de rédiger des pamphlets, de lever des fonds, de faire passer armes et nourriture aux insurgés, se transformèrent en espionnes et messagères, voire affrontèrent l'ennemi au combat[4].

L'esclavage, instauré en 1511, est aboli officiellement en 1880 et dans la pratique en 1886.

L'égalité de droits entre Blancs et Noirs est proclamée en 1893.

La guerre d'indépendance est relancée en 1895 pour se terminer trois ans plus tard par la proclamation de l'indépendance le . Le prix de cette guerre (et de la tentative précédente, la Guerre des Dix Ans) est très élévé pour les femmes : emprisonnement, exil, maris tués ou dans la clandestinité, mariages à vau-l'eau, enfants sans pères. L'image de la mambisa sert d'icône nationaliste, souvent brandie pour rappeler aux hommes leur devoir patriotique[5].

Le pays continue toutefois de fonctionner selon les lois espagnoles[1].

À partir de l'avènement de la République (1902)[modifier | modifier le code]

La Constitution de 1901, imposée par les États-Unis ne change en rien la position légale de la femme dans la société, les législateurs cubains qui ne reconnaissent pas l’oppression qu'elle subit, l’excluent de toute mesure politique et civile et continue à la limiter à la fonction de maîtresse de maison, dépourvue de volonté et d’initiative propres.[1].

En 1918, le code civil espagnol régissant la société cubaine est finalement abrogé[6].

En 1923, a lieu à La Havane le premier congrès féministe[6].

En 1934, grâce à leur ténacité, les femmes obtiennent le droit de vote[6] sous la présidence de Ramón Grau San Martín.

L'année 1940 voit l'élection de Fulgencio Batista à la présidence de la République et l'adoption d'une Constitution démocratique reconnaissant le principe égalitaire[6].

Dans les années 1950, sous la seconde présidence du dictateur Fulgencio Batista (1952-1959), l'île devient un haut-lieu de débauche et de corruption : on la surnomme le « Bordel des Caraïbes »[7]. Le centre de la prostitution à La Havane est La Rampa, entre l'ancien Hôtel Hilton, rebatisé Habana Libre, et le quartier Vedado[8].

Des milliers de femmes rejoignent le mouvement d'opposition à la dictature de Fulgencio Batista lancé en 1953 : elles espionnent, transportent des armes, voire se battent. Un bataillon de treize femmes est même créé, le « Peloton féminin Mariana Grajales »[9],[10].

À partir de la victoire de la Révolution (1959)[modifier | modifier le code]

La rébellion nationale triomphe le 1er janvier 1959.

Le nouveau gouvernement met en place un régime de sécurité sociale et instaure un Code du Travail[7]. Comme les femmes ne représentent que 12 % de la population active et leurs rémunérations sont, pour le même travail, inférieures à celles des hommes, toute discrimination sexiste est interdite par la loi[6].

Le 23 août 1960 voit la création, par Vilma Espín, l'épouse de Raúl Castro, d'un mouvement féminin autonome, la Fédération de femmes cubaines (FMC) (Federación de Mujeres Cubanas)[6].

Une campagne d'alphabétisation massive des femmes est engagée par la FMC en 1961[6].

Cuba devient, en 1965, le premier pays d'Amérique latine à légaliser l'avortement.

La même année, les résolutions 47 et 48 prises par le ministère du Travail définissent respectivement les postes susceptibles d'être occupés par les femmes et ceux considérés comme dangereux pour leur constitution physique. Jugées trop restrictives et discriminatoires par la FMC, ces résolutions finirent par être annulées[7].

En 1972, la sociologue Est-allemande Monika Krause-Fuchs fonde le Groupe national de travail de l'éducation sexuelle (en espagnol : Grupo Nacional de Trabajo de Educación Sexual)[11] pour coordonner et développer des activités de formation et de sensibilisation auprès des professionnels et de la population[12].

En 1973, se tient le second congrès de la FMC[6].

L'année 1975 voit l'adoption du Code de la famille[6] et l'année suivante l'adoption de la Constitution socialiste.

À partir de 1977, le Groupe national de travail de l'éducation sexuelle est chargé des tâches de formation de thérapeutes et éducateurs sexuels, en portant une attention particulière aux transsexuels et aux conseils et thérapies pour les dysfonctionnements sexuels. En 1989, est fondé le Centre national de l'éducation sexuelle (espagnol : Centro Nacional de Educación Sexual), qui succède au Groupe, intensifiant le travail de recherche et de formation professionnelle qualifiée dans le domaine de la sexualité[12],[13].

Le rôle de la Fédération des femmes cubaines[modifier | modifier le code]

La FMC compte plus de 4 millions d'adhérentes et dispose d'antennes dans presque chaque quartier[14].

Lutte contre la prostitution[modifier | modifier le code]

La prostitution, ou jineterismo, existe depuis l'arrivée des colons en Amérique Latine en 1492. « Mal social curable », elle est le premier fléau auquel s’attaquent la FMC, le ministère de la Santé publique (MIN.SA.P.) et le ministère de l’Intérieur (MIN.INT) à partir du début des années 1960. Il s’agit de redonner aux prostituées leur dignité et de leur permettre, par le biais de la réhabilitation, de s’insérer pleinement dans la nouvelle société, grâce au travail productif et pour le bien de la collectivité[7].

Les « maisons d'orientation »[modifier | modifier le code]

La FMC ouvre des « maisons d’orientation pour la femme et la famille » (casas de orientación à la Mujer y la familia) pour les femmes et les familles des quartiers. Il existe plus de 175 maisons d’orientation, réparties sur les communes, occupant plus de 4000 personnes (médecins, psychologues, sociologues, juges, pédagogues, etc.). Elles assurent, sur une base volontaire et bénévole, des consultations et des activités pédagogiques dans les quartiers[15].

À partir de la fin du socialisme réel en Europe en 1989[modifier | modifier le code]

Salon de coiffure pour femmes à La Havane en 2011

Durant la « Période spéciale en temps de paix » (Período especial en tiempos de paz) — nom donné à la crise économique qui frappe le pays dans les années 1990 après la rupture des importations provenant de l'URSS — la prostitution se trouve renforcée du fait de l'arrivée du tourisme de masse et de la légalisation du dollar (jusqu'à son abandon officiel en 2004[16]). Nombre de jeunes filles, les jineteras, affluent dans la capitale dans l'espoir de gagner des dollars. Malgré les mesures prises par le gouvernement (amendes, renvois dans la famille, passages dans un centre de réhabilitation) et le concours de la FMC, chargée d'éviter les récidives, le problème persiste[9].

Les Cubaines ont du mal à subvenir aux besoins de leur famille, elles doivent se démener pour se procurer de la nourriture, des vêtements et des produits de première nécessité. Le rationnement, les coupures de courant ne facilitent pas la cuisine et le ménage. Du fait de la faiblesse des salaires, tant les ouvrières que les cadres peinent à payer leur loyer et leur facture d'électricité sans parler de leur nourriture. Le blocus américain réduit encore plus les possibilités de se procurer des articles ménagers et empêche les scientifiques d'obtenir les équipements indispensables à leurs recherches[17].

Situation au début du XXIe siècle[modifier | modifier le code]

Affiche des femmes LGBT dans les rues de Cuba, août 2015

La situation économique s'améliore dans les années 2000. Les Cubaines qui ont de la famille à l'étranger peuvent recevoir de l'argent de celle-ci mais ce cas de figure concerne davantage les blanches et les mulâtresses que les Afro-cubaines, dont les familles ont moins émigré[18].

Bilan[modifier | modifier le code]

La situation des femmes cubaines a été transformée depuis 1959 :

  • droit à la vie (leur espérance de vie passe de 61,3 ans en 1950-1955 à 73 ans en 1985-1990 et elle est de 76 ans en 2005) ;
  • choix de travailler ou non ;
  • choix d’avoir des enfants ou non (l'avortement est légal et gratuit)[19] ;
  • accès à la connaissance.

Accès à l'éducation[modifier | modifier le code]

De nos jours, la majorité des Cubaines sont alphabétisées et les jeunes filles ont accès aux études supérieures. Elles ont acquis un niveau d'instruction beaucoup plus élevé que celui des générations antérieures[9].

Accès à l'emploi[modifier | modifier le code]

Du fait de l'élévation de leur niveau d'instruction, les Cubaines sont plus nombreuses à occuper des postes qualifiés et à être indépendantes de leur mari. Le revers de la médaille est le recul du mariage et l'augmentation du nombre de divorces[9]. L'égalité dans le travail étant encadrée par des textes législatifs, elles sont doyennes de faculté, médecins ou techniciennes[20]. En 2017, les femmes représentent environ 40 % de la population active, 23 % des députés, 69,7 % des diplômés en science, 32,4 % des diplômés en sciences et techniques et 62,9 % des diplômés dans l'enseignement[16].

Accès à la vie politique[modifier | modifier le code]

Les Cubaines sont très présentes en politique : en 2005, 35,96 % des personnes siégeant au parlement sont des femmes et l'on compte, au gouvernement cubain, sept femmes ministres et 33 femmes vice-ministres. Selon le Rapport du développement humain de 2005, le pays occupe la 7e place dans le classement mondial en fonction du nombre de femmes présentes en politique[21].

Annexes[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a b et c Gay-Sylvestre 2011, p. 206.
  2. (en) Ana Lucia Araujo, Shadows of the Slave Past: Memory, Heritage and Slavery, Routledge, coll. « Routledge Studies in Cultural History) », (ISBN 978-1-135-0119-70, lire en ligne), p. 198
  3. Finch 2015.
  4. (en) Teresa Prados-Torreira, Mambisas: Rebel Women in Nineteenth Century Cuba, University Press of Florida, Gainesville, 2005 : « Small women-run rebel communities in the mountains of eastern Cuba became critical to the survival of the insurgency, and women of diverse backgrounds raised food there, cared for the wounded, and stored weapons and ammunition. Women who could wrote treatises and condemning letters, gathered money, and fled into hiding; others slipped food and weapons across enemy lines, bore children in rugged terrain, acted as spies and couriers, and took up arms for rebel combat. Still others engaged in those many invisible, but crucial war-time labors — sewing bandages and clothes, mending flags, cooking food, maintaining families, and opening their homes to strangers. Whether rebel Cuban women were formerly enslaved black women, free women of color, white peasant women, Taína women, or elite white women, all of them made sacrifices. »
  5. (en) Teresa Prados-Torreira, op. cit. : « in the course of this thirty-year struggle, Cuban women of all races and classes women actively engaged this resistance in various ways. Many were imprisoned [...] or driven into exile in foreign lands. Their husbands were killed or driven underground, often leaving the women to endure crumbling marriages, fatherless homes, and outside lovers. All in some way compromised their personal safety, comfort, time, money, labor, reputations, and loved ones for the sake of the war. [...] Time and again, male insurgent leaders elevated the image of the dutiful mambisa to the level of a powerful nationalist icon. The image of this compulsively loyal, self-sacrificing rebel woman epitomized the highest level of devotion to la patria, and was often deployed to remind men of their duty, or shame them into it ».
  6. a b c d e f g h et i Dominique Gay-Sylvestre, Être femme à Cuba: Des premières militantes féministes aux militantes révolutionnaires, L'Harmattan, 2006, 274 pages, p. 12 (préface de Paul Estrade).
  7. a b c et d Dominique Gay Sylvestre, Éradication de la prostitution à Cuba 1959-1967, Insaniyat. Revue algérienne d'anthropologie et de sciences sociales, No 59 (Famille : pratiques et enjeux sociétaux), 2013.
  8. Sami Tchak, La prostitution à Cuba : communisme, ruses et débrouille, L'Harmattan, 1999, 162 p., p. 13.
  9. a b c et d Stéphanie Merhrioui, Le statut de la femme cubaine à l’épreuve d’une société machiste], thèse de doctorat, Histoire, Université de la Sorbonne nouvelle, Paris III, 2009, p. 7-8.
  10. Horizons nouveaux est & ouest, vol. 6 à 7, p. 25 : « Des milliers de femmes cubaines ont combattu avec courage dans les montagnes et dans le maquis de Cuba pour mener à bien la révolution de 1959. »
  11. (de) Anja Werner, « "Königin des Kondoms" : Kubas Beate Uhse ist eine Deutsche », sur SHZ (de),
  12. a et b (es) « ¿Quiénes somos? », sur CENESEX
  13. Cathy Ceïbe, « Cuba. Mariela Castro : « La Constitution va inclure les mêmes droits pour tous, sans exclusion » », sur L'Humanité, .
  14. Hector Lemieux, La vie en société à Cuba, Ulysse, 2017, 36 p.
  15. « Le féminisme dans une société machiste. L’approche cubaine… | Cubanismo », sur cubanismo.net (consulté le 23 mars 2017)
  16. a et b Dominique Auzias, Jean-Paul Labourdette, Cuba 2017, Petit Futé, 2017, n. p.
  17. (en) Candice D. Orbals, rubrique « Cuba », in Mary Zeiss Stange, Carol K. Oyster, Jane E. Sloan (eds.), Encyclopedia of Women in Today's World, SAGE, Volume 1, 2011, 2016 pages, p. 366 : « Meeting their families' needs poses another challenge for Cuban women. During the 1990s, Cuban women struggled to acquire food, clothing, and other basic necessities. Goods were rationed at that time and energy shortages complicated the everyday tasks of cooking and housekeeping. With low monthly salaries, working class and professional women alike were unable to pay for rent, food and electricity. U.S. embargo further limits the availability of household supplies and hinders professional women (and men) such as scientists from obtaining the equipment necessary for their research. »
  18. Candice D. Orbals, op. cit. :« Despite economic growth in the 2000s, Cubans rely on remittances from their relatives living abroad to supplement incomes. Remittances are less likely to aid Afro-Cubans who have fewer relatives living abroad ; thus, Afro-Cuban women may struggle more acutely with economic hardship and household maintenance than their white or mestizo counterparts. »
  19. Martha Peciña, Les femmes cubaines à l’épreuve de la crise économique, Cahiers des Amériques latines, 57-58, 2008 (Dossier : un demi-siècle d'expérience révolutionnaire), p. 159-172.
  20. Hector Lemieux, op. cit..
  21. Stéphanie Merhrioui, Le statut de la femme cubaine à l'épreuve d'une société machiste, thèse de doctorat, Histoire, Université Sorbonne-Nouvelle-Paris 3, 2009, p. 383-384.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Sur les autres projets Wikimedia :

En français[modifier | modifier le code]

  • Dominique Gay-Sylvestre, Être femme à Cuba : des premières militantes féministes aux militantes révolutionnaires., Paris, Éditions L’Harmattan, , 265 p. (ISBN 9782296001602)
  • Martha Peciña, « Les femmes cubaines à l’épreuve de la crise économique », Cahiers des Amériques latines, nos 57-58 (Dossier : un demi-siècle d'expérience révolutionnaire),‎ , p. 159-172 (lire en ligne)
  • Dominique Gay-Sylvestre (Université de Limoges), « La cause des femmes cubaines (1900-1950) », Questiones de Género: De la igualdad y la diferencia, Universidad de Léon, no 6,‎ (DOI 10.18002/cg.v0i6.3770, lire en ligne)
  • Dominique Gay-Sylvestre (Université de Limoges), « Éradication de la prostitution à Cuba 1959-1967 », Insaniyat. Revue algérienne d'anthropologie et de sciences sociales, no 59, Famille : pratiques et enjeux sociétaux,‎ (lire en ligne)

En langues étrangères[modifier | modifier le code]

  • (en) Nancy Reeves, « Women of the New Cuba », Monthly Review, vol. 12, no 7,‎ (DOI 10.14452/MR-012-07-1960-11_4)
  • (en) Lois M Smith et Alfred Padula, Sex and revolution : women in socialist Cuba, New York, Oxford University Press,
  • (es) Luis Marcelino Gómez, La mujer en defensa de la mujer: voces femeninas del romanticismo cubano (Poesía y cuento), , 316 p. (lire en ligne)
  • (en) Karen Kampwirth, Women & guerrilla movements : Nicaragua, El Salvador, Chiapas, Cuba, University Park, Penn., Pennsylvania State University Press, (ISBN 9780271021850)
  • (es) Dominique Gay-Sylvestre, « Monika Krause: el caso ejemplar de una militante extranjera en la revolución cubana », Espejismos autobiográficos (Maryse Renaud coord.), Poitiers, Centre de Recherches Latino-Américaines/Archivos - CNRS,‎ , p. 183-199
  • (en) Terresa Prados-Torreira, Mambisas : rebel women in nineteenth-century Cuba, Gainesville, FL, Univerity Press of Florida, (ISBN 9780813028521)
  • (en) Olimpia Arias de Fuentesa, Lilliam Alvarezb, Elena Vigilc et & al., « Women Physicists in Cuba », AIP Conference Proceedings, vol. 1119, no 1,‎ , p. 105 (DOI 10.1063/1.3137723)
  • (es) Dominique Gay-Sylvestre, Luchar y no morir en el intento. Mujeres de Cuba y de Venezuela, Tenerife, Gran Canaria, Ediciones Idea, Estudio General, , 427 p. (ISBN 9788483829059)
  • (en) Tanya L. Saunders, « Black Lesbians and Racial Identity in Contemporary Cuba », Black Women, Gender & Families, vol. 4, no 1,‎ (DOI 10.1353/bwg.0.0018)
  • (en) Carrie Hamilton, Sexual Revolutions in Cuba : Passion, Politics, and Memory, North Carolina Scholarship Online, (ISBN 9780807835197, DOI 10.5149/9780807882511_hamilton)
  • (en) Olimpia Arias de Fuentes, « Physics and Women: A Challenge Being Successfully Met in Cuba », The History of Physics in Cuba. Boston Studies in the Philosophy and History of Science, Dordrecht, Springer, vol. 304,‎ (ISBN 978-94-017-8040-7, DOI 10.1007/978-94-017-8041-4_20)
  • (en) Aisha K. Finch, Rethinking Slave Rebellion in Cuba: La Escalera and the Insurgencies of 1841-1844, North Carolina Scholarship Online: January 2016, (ISBN 9781469622347, DOI 10.5149/northcarolina/9781469622347.001.0001)
  • (en) Michelle Chase, Revolution Within the Revolution: Women and Gender Politics in Cuba, 1952-1962, North Carolina Scholarship Online, (ISBN 9781469625003, DOI 10.5149/northcarolina/9781469625003.001.0001)

Liens externes[modifier | modifier le code]