Histoire des femmes au Sénégal

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La poétesse Phyllis Wheatley, née au Sénégal et vendue comme esclave à Boston en 1761.
Penda Mbow, historienne et militante.
La styliste Oumou Sy à Dakar en 2007.
Footballeuses sur la plage de Ngor.

L’histoire des femmes au Sénégal reste marquée par le poids des traditions et des religions.

Histoire[modifier | modifier le code]

Le Sénégal a ratifié[Quand ?] la Convention sur l'élimination de toutes les formes de discrimination à l'égard des femmes ainsi que son protocole additionnel.

En 2010, une loi sur la parité est votée, garantissant un nombre égal de femmes et d'hommes à l'Assemblée nationale[1].

Polygamie[modifier | modifier le code]

La polygamie existait au Sénégal avant l'arrivée de l'islam mais elle était codifiée par la religion et inscrite dans une organisation sociale. La sociologue Fatou Sow explique : « Il fallait des bras pour cultiver la terre et remplir son grenier. L’homme se devait d’être équitable et respectueux envers ses épouses. Chacune avait un statut spécial ». Dans les années 1960-1970, la première génération de Sénégalaises instruites combat vigoureusement la polygamie, militant pour son abolition. En 1972, le président Léopold Sédar Senghor, marié à une Française et très imprégné de culture européenne, les soutient et fait inscrire la monogamie comme une option dans le Code de la famille. Ce dernier dispose que lors du premier mariage et en concertation avec sa compagne, l'homme doit déclarer devant le maire s'ils formeront un couple monogame ou si d'autres épouses pourront les rejoindre par la suite. En 2013, 35,2 % des ménages sénégalais se déclarent polygames, contre 38,1 % en 2002. Si la pratique diminue au niveau national, elle est cependant revendiquée par une nouvelle génération, notamment intellectuelle (a contrario de l'idée reçue qu'elle serait réservée aux milieux ruraux). La polygamie reste cependant source de souffrance pour beaucoup de Sénégalaises et leurs enfants, le mari jouant sur les rivalités entre les épouses. La sociologue Fatou Sow ajoute : « Faute de travail, les jeunes hommes instruits n’ont plus les moyens de fonder une famille. Les femmes de leur classe d’âge ayant fait de longues études épousent donc des hommes beaucoup plus âgés mais avec une bonne situation matérielle et, très souvent, mariés. La pression sociale autour du mariage contraint les femmes à choisir la polygamie par dépit très souvent » ; « Aujourd’hui, en milieu urbain, on assiste à une forme d’exploitation des femmes. Pour rester mariées, certaines sont prêtes à tout, quitte à inverser les rôles en étant celles qui entretiennent leur mari. Ce dernier joue sur les rivalités entre les coépouses. Ces rivalités épuisent les femmes, détournent leur énergie et les empêchent de prendre leur place dans la société »[1].

Personnalités[modifier | modifier le code]

Figures religieuses
Éducation
  • Binta Sidibe Mbacke, première femme inspectrice adjointe de l'enseignement, première directrice sénégalaise de l'école normale des jeunes filles Germaine Legoff.
Femmes politiques
Scientifiques
Femmes de lettres
Cinéastes
Stylistes
Design
Chorégraphes
Chanteuses
Sportives

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • (de) Bettina Marcinowski, Die Frau in Afrika : Unters. zum schwarzafrikan. frankophonen Roman Kameruns u. Senegals, Francfort et Berne, Lang, 1982, 246 p. (version abrégée d'une thèse de l'Université de Fribourg, 1981 (ISBN 3-8204-7237-1)
  • (en) Isabelle Guérin, « Women and Money: Lessons from Senegal », Development and Change, 2006, 37 (3), p. 549–570.
  • (en) Lisa McNee, Selfish Gifts: Senegalese Women's Autobiographical Discourses, State University of New York, 2000, 197 p. (ISBN 0791445879)
  • (en) Kathleen Sheldon, Historical Dictionary of Women in Sub-Saharan Africa, The Scarecrow Press, Inc., 2005, 448 p.
  • (fr) Philippe Antoine et Jeanne Nanitelamio, Peut-on échapper à la polygamie à Dakar ?, Paris, CEPED, 1995, 31 p. (ISBN 2-87762-077-8)
  • (fr) Femmes en politique : l'expérience dans cinq pays : Sénégal, Bénin, Burkina Faso, Cameroun, Mali, Dakar, Éditions Démocraties africaines, 1999 ou 2000, 151 p.
  • (fr) Philippe Antoine et Jeanne Nanitelamio, Peut-on échapper à la polygamie à Dakar ?, Paris, CEPED, 1995, 31 p. (ISBN 2-87762-077-8)
  • (fr) Hélène Bouchard et Chantal Rondeau, Commerçantes et épouses à Dakar et Bamako. La réussite par le commerce, Paris, L'Harmattan, 2007, 436 p. (ISBN 978-2-296-03733-5)
  • (fr) May Clarkson, La femme Bedik. Mariage et procréation, approche ethno-démographique à un problème de micro-évolution, Université de Montréal, 1977 (M. Sc.)
  • (fr) Katy Cissé Wone, « Le passé politique des femmes : une trajectoire ambiguë », Démocraties africaines, n° 5, 1996/03, p. 47-51
  • (fr) Marina Co Trung Yung, Des enquêtes sur la participation des femmes sénégalaises à la vie politique de 1945 à 1960, Paris, Université de Paris I, 1980 (Diplôme d’Etudes Approfondies)
  • (fr) Sidy Diallo, Contribution à l’étude du phénomène de la migration au Sénégal : les jeunes filles sereer et diola à Dakar, Dakar, Université de Dakar, 1981, 104 p. (Mémoire de Maîtrise)
  • (fr) Nafissatou Diop, La fécondité des adolescentes au Sénégal, Université de Montréal, 1993 (thèse)
  • (fr) Adama Diouf, L’éducation des filles dans les quatre communes fin du XIXe-1920. Le cas de Rufisque, Université de Dakar, 1998, 103 p. (Mémoire de Maîtrise)
  • (fr) Hadiza Djibo, La participation des femmes africaines à la vie politique : les exemples du Sénégal et du Niger, Paris, L'Harmattan, 2002, 426 p. (ISBN 2747503305)
  • (fr) Colette Le Cour Grandmaison, Rôles traditionnels féminins et urbanisation. Lébou et wolof de Dakar, Paris, EPHE, 1970, 4+310+23 p. (Thèse de 3e cycle, publiée en 1972 sous le titre Femmes dakaroises : rôles traditionnels féminins et urbanisation, Abidjan, Annales de l’Université d’Abidjan, 249 p.)
  • (fr) Awa Kane Ly, La femme haal-pulaar au Fuuta Tooro, Dakar, Université de Dakar, 1980, 158 p. (Mémoire de Maîtrise)
  • (fr) Khalifa Mbengue, Stratégies de communication en planification familiale : Campagne d'information Sénégal (1988-1989), Université de Montréal, 1993 (MSc.)
  • (fr) Gora Mboup, Étude des déterminants socio-économiques et culturels de la fécondité au Sénégal à partir de l'enquête sénégalaise sur la fécondité (ESF, 1978) et l'enquête démographique et de santé (EDS, 1986), Université de Montréal, 1993 (thèse)
  • (fr) Maty Ndiaye et Marina Co Trung Yung, La condition des femmes colonisées du Sénégal et du Soudan français, Paris, Université de Paris VIII, 1979, 413 p. (Mémoire de Maîtrise)
  • (fr) Oumy K. Ndiaye, Femmes sérères et projets de développement : exemple de la diffusion des foyers améliorés dans le Département de Fatick, Sénégal, Université Laval, 1988 (M.A.)
  • (fr) Abdou Karim Ndoye, Facteurs socio-économiques et réussite scolaire des filles en fin d'enseignement élémentaire : cas de deux régions du Sénégal, Dakar?, Rapport d'étude UEPA, 2002, 136 p. (ISBN 2910115275)
  • (fr) Mame Fama Niang, Situation de la femme musulmane au Sénégal, Dakar, Université de Dakar, 1979, 95 p. (Mémoire de Maîtrise)
  • (en) Donna Patterson, Pharmacy in Senegal: Gender, Healing and Entreprenuership, Bloomington, Indiana University Press, 2015. 166 p.
  • (fr) Dauphine Ravololomanikara, Le rôle et la place de la femme dans quelques romans sénégalais, University of British Columbia, 1974 (M.A.)
  • (fr) Ahmed Rufa'i, L'image de la femme africaine dans l'œuvre d'Ousmane Sembene, Université de Sherbrooke, 1983 (M.A.)
  • (fr) Marie-Angélique Savané, Les projets pour les femmes en milieu rural au Sénégal, Genève, Bureau International du Travail, 1983, 139 p. (ISBN 9222033949)
  • (fr) F. Sow, Le pouvoir économique des femmes dans le département de Podor, Saint-Louis, SAED, 1990
  • (fr) F. Sow, (sous la direction de), Les femmes sénégalaises à l’horizon 2015, Dakar, Ministère de la Femme, de l’Enfant et de la Famille, République du Sénégal, 1993
  • (fr) Papa Sow, « Les récolteuses de sel du lac Rose (Sénégal) : Histoire d'une innovation sociale féminine », Géographie et cultures, 2002, n° 41, p. 93-113

Filmographie[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a et b Coumba Kane, « Au Sénégal, la polygamie ne rebute plus les femmes instruites », lemonde.fr, 11 mai 2018.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

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