Histoire du militantisme féministe au Québec

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Histoire du militantisme féministe au Québec[modifier | modifier le code]

Sous le Régime français, la Coutume de Paris confie à l’homme la gestion des biens familiaux. La femme a ainsi le statut de personne mineur une fois mariée. Les femmes célibataires et les veuves détiennent toutefois des titres et des propriétés. Ce privilège leur donne le droit de vote sous l’Acte constitutionnel de 1791[1]. Le nombre d’électrices est réduit avec l’augmentation des critères de propriété dès 1834[2] . En 1849, une personne apte à voter devient désormais un « homme propriétaire[3]» dans le Canada-Uni. La femme perd alors son pains du droit de suffrage aux élections. Il s’installe une culture de discrimination envers les femmes à l’époque[4]. Le Code civil du Bas-Canada confirme cette attitude dans la loi réduisant davantage le statut féminin à l’incapacité juridique de la femme mariée en 1866[5]. L’urbanisation élargit l’injustice sociale entre les hommes et les femmes dès les débuts de l'industrialisation au Québec. Les travailleuses sont désavantagées économiquement et socialement. Madeleine Parent, Lea Roback[6] et Simone Monet-Chartrand luttent à améliorer la situation des femmes dans le monde du travail et sur le plan juridique. Marie Gérin-Lajoie[7], Thérèse Casgrain[7] et Idola Saint-Jean[7] forment des groupes de pression. Elles revendiquent le suffrage universel auprès des membres du parlement de 1927 à 1940. Ces organisations féministes envoient des membres au parlement de Québec tous les ans pour assister en vain, à la présentation de projets de loi pour le vote des femmes. Leurs luttes portent fruit en 1940 et les femmes obtiennent le droit de vote au Québec. L’accès au pouvoir leur permet de faire évoluer les lois en faveur de toutes les Québécoises. Marie-Claire Kirkland est la première femme élue au parlement de Québec en 1961. Elle propose le projet de Loi sur la capacité juridique de la femme mariée afin de pallier l’injustice inscrite dans le Code civil du Québec. Ce projet de loi est adopté à l’unanimité le 14 février 1964. Ce n’est qu’en 1976 que la femme obtient pleinement sa reconnaissance juridique dans la Charte des droits et libertés de la personne du Québec. Les femmes représentent aujourd'hui qu'un peu plus de 25 % des élus à l'Assemblée nationale du Québec.

Les mobilisations collectives survenues dans les dernières décennies sont donc centrées sur l'égalité des femmes dans le domaine professionnel, politique et juridique[8]. La discipline juridique occupe donc à l'époque le rôle de plateforme publique servant à dénoncer les inégalités juridiques entre les deux sexes. Toutefois, au-delà du principe d'égalité dans le droit se trouve le principe d'égalité par le droit[9]. En ce sens, la dimension juridique s'impose progressivement comme outil du changement social dont l'objectif est l'égalité des traitements entre hommes et femmes. Ainsi, les luttes féministes prennent extension dans le domaine familial, social et culturel, mais également dans le domaine de la santé, réclamant le droit à la contraception et à l'avortement. En bref, le changement social découlant des mobilisations féministes amène une remise en question de la vision selon laquelle la femme doit être réduite à un rôle traditionaliste, limitant ainsi son implication dans la société québécoise.

L'incarnation du féminisme au Québec dans les années 2010[modifier | modifier le code]

Le féminisme québécois au XXIe siècle se caractérise par un mouvement idéologique et politique dont l'action politique consiste en la résistance et en la lutte contre l'oppression des femmes par le patriarcat, et dont l'objectif est d'atteindre une société égalitaire entre les sexes[10]. On note plus récemment l'émergence de nouvelles formes de militantismes féministes qui s'interrogent sur des questions à caractère religieux, sexuel, social et racial[11]. L'émancipation des femmes n'est donc plus exclusive à l'éducation et au droit, mais prend aussi racine des des enjeux "sociétales"[12]. À l'échelle nationale, le mouvement féministe québécois se diffuse dans les différentes institutions, dont les établissements universitaires. La couverture médiatique du militantisme féministe étant faible, celui-ci est notamment incarné par des médias alternatifs, soient des outils médiatiques laissant la parole aux femmes, fournissant ainsi une voix aux idées féministes dans la société québécoise[13].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. http://www.electionsquebec.qc.ca/francais/provincial/vote/droit-de-vote-des-quebecoises.php
  2. Mercier, Benoit et André Duhamel, La démocratie, ses fondements, son histoire et ses pratiques, p. 118
  3. Mercier, Benoit et André Duhamel, La démocratie, ses fondements, son histoire et ses pratiques, p. 118.
  4. Mercier, Benoit et André Duhamel, La démocratie, ses fondements, son histoire et ses pratiques, p. 142
  5. http://www.ameriquefrancaise.org/fr/article-435/La_loi_accordant_le_droit_de_vote_aux_femmes.html#3
  6. http://www.collectionscanada.gc.ca/femmes/030001-1114-f.html
  7. a, b et c http://www.radio-canada.ca/nouvelles/societe/2010/04/21/002-vote-femmes-pionnieres.shtml
  8. Anne Revillard, « Le droit de la famille: outil d'une justice de genre? Les défenseurs de la cause des femmes face au règlement juridique des conséquences financières du divorce en France et au Québec (1975-2000) », L'année sociologique,‎ , p. 347 (lire en ligne)
  9. Anne Revillard, « Le droit de la famille: outil d’une justice de genre? Les défenseurs de la cause des femmes face au règlement juridique des conséquences financières du divorce en France et au Québec (1975-2000) », L'Année sociologique,‎ , p. 347 (lire en ligne)
  10. Francis Dupuis-Déri, « Chapitre 7 / L'anarchisme face au féminisme comparaison France-Québec », Le sexe du militantisme,‎ , p. 187 (lire en ligne)
  11. Christine Bard, « Le militantisme féministe aujourd'hui », Esprit,‎ , p. 68 (lire en ligne)
  12. Christine Bard, « Le militantisme féministe aujourd'hui », Esprit,‎ , p. 68 (lire en ligne)
  13. Émilie Goulet, « Comment comprendre les transformations du mouvement des femmes au Québec? : analyse des répercussions de l’antiféminisme », Thèse de maîtrise,‎ , p. 36 (lire en ligne)

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]