Vézère

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher
la Vézère
Pont sur la Vézère à Montignac.La Vézère sur Commons
Pont sur la Vézère à Montignac.
Caractéristiques
Longueur 211,2 km [1]
Bassin 3 736 km2 [2]
Bassin collecteur la Dordogne
Débit moyen 57,7 m3/s (Campagne) [2]
Régime pluvial
Cours
Source à l'ouest du Puy Pendu (973 m)
· Localisation Meymac
· Altitude 887 m
· Coordonnées 45° 32′ 12″ N 2° 08′ 52″ E / 45.536667, 2.147778 (Source - la Vézère)
Confluence la Dordogne
· Localisation Limeuil
· Altitude 50 m
· Coordonnées 44° 53′ 10″ N 0° 53′ 23″ E / 44.886111, 0.889722 (Confluence - la Vézère)
Géographie
Principaux affluents
· Rive gauche Corrèze, Madrange
· Rive droite Bradascou, Loyre
Pays traversés Drapeau de la France France
Départements Corrèze, Dordogne
Régions traversées Aquitaine, Limousin
Principales localités Uzerche, Terrasson-Lavilledieu, Montignac

Sources : SANDRE:P---0100, Géoportail, Banque Hydro

La Vézère (en occitan Vesera) est une rivière française des départements de la Corrèze et la Dordogne, traverse le Périgord, dans la région Aquitaine-Limousin-Poitou-Charentes et un affluent de la Dordogne. Une partie de la vallée de la Vézère est classée au patrimoine mondial de l'UNESCO. La vallée constitue une remarquable voie touristique par la beauté des paysages qu'elle traverse et l'intérêt des témoignages laissés surtout aux environs de Montignac et des Eyzies par les générations d'hommes qui se sont succédé là depuis environ 100 000 ans.

Étymologie[modifier | modifier le code]

Le nom Vézère provient de l'antique hydronyme Vizara ou Izara, formé de deux racines ligures accolées. La première, viz ou iz, et la seconde ara. Viz ou Iz signifiant « vallée creuse », et ara voulant dire « cours d'eau », le mot Vézère signifie donc « cours d'eau dans la vallée creuse ».

Les deux racines se rencontrent dans bien d'autres noms de cours d'eau, tant dans l'ancienne Gaule que dans une bonne partie de l'Europe occidentale. On reconnaît aisément iz-ara dans le nom de la rivière Isar qui arrose Munich en Bavière et dans celui du petit fleuve franco-belge Yser, tous deux provenant de izara, ou encore dans le nom que les Romains donnaient à l'Oise : Isara, c'est-à-dire iz-ara (l'adjectif « isarien » a subsisté en français pour qualifier ce qui se rapporte à l'Oise). La forme Iz-ara se retrouve bien sûr dans Isère, importante rivière des Alpes qui a donné son nom à un département français.

On retrouve la forme Viz-ara dans Auvézère, cours d'eau du Limousin et du Périgord coulant non loin de la Vézère. Mais Viz-ara constitue aussi l'origine du nom du fleuve du nord de l'Allemagne arrosant Brême et qui s'appelle Weser (prononcez véz-er), ainsi que celle du nom de la rivière wallonne arrosant Eupen et Verviers et appelée Vesdre, qui d'ailleurs se dit également Weser en langue allemande, là où elle prend naissance.

Géographie[modifier | modifier le code]

Profil en long de la Vézère.

La Vézère prend sa source dans la tourbière de Longéroux, sur le plateau de Millevaches, dans le Massif central en Corrèze, à 887 mètres d'altitude, sur la commune de Meymac, à l'ouest du Puy Pendu (973 m) dans la forêt domaniale de Longéroux, au lieu-dit « sources de la Vézère ». Elle se jette dans la Dordogne à Limeuil, à 50 mètres d'altitude.

Son principal affluent est la Corrèze, leur confluent se trouvant dans la banlieue ouest de Brive-la-Gaillarde.

La longueur de son cours d'eau est de 211,2 km[1].

Départements et principales communes traversés[modifier | modifier le code]

La Vézère et la Corrèze dans le sud du Limousin.

La Vézère traverse deux départements et cinquante-trois communes[1] dont les principales localités sont :

Principaux affluents[modifier | modifier le code]

D'amont vers l'aval :

N.B. : (rd) = affluent rive droite ; (rg) = affluent rive gauche

Aménagements[modifier | modifier le code]

la Vézère à Uzerche.

Hydrologie[modifier | modifier le code]

La Vézère est une rivière très abondante, à l'instar de ses voisines dévalant des plateaux du Limousin.

La Vézère à Campagne[modifier | modifier le code]

Son débit a été observé depuis juin 1967, donc durant une période de 49 ans (1968-2016), à Campagne, localité du département de la Dordogne située peu avant son confluent avec la Dordogne à 51 m d'altitude[2]. La surface ainsi étudiée est de 3 736 km2, soit la quasi-totalité du bassin versant de la rivière.

Le module de la rivière à Campagne est de 57,7 m3/s[2].

La Vézère présente des fluctuations saisonnières de débit bien marquées sans être excessives, comme c'est généralement le cas dans le bassin de la Dordogne. Les hautes eaux se déroulent en hiver et se caractérisent par des débits mensuels moyens allant de 79 à 98,6 m3/s, de décembre à avril inclus (avec un maximum en janvier et surtout février). Dès le mois de mai, le débit baisse progressivement jusqu'aux basses eaux d'été qui ont lieu de juillet à septembre inclus, entraînant une baisse du débit mensuel moyen jusqu'au niveau de 19,4 m3/s au mois d'août, ce qui reste fort confortable, il est vrai. Mais ces moyennes mensuelles ne sont que des moyennes et cachent des fluctuations bien plus prononcées selon les années ou sur de plus courtes périodes.

Débit moyen mensuel (en m3/s)
Station hydrologique : P4271010 - La Vézère à Campagne, pour un bassin versant de 3 736 km2 et à 51 m d'altitude[2]
(Données calculées sur 49 ans)
Source : Banque Hydro - MEDDE

Étiage ou basses eaux[modifier | modifier le code]

Aux étiages, le VCN3 peut chuter jusqu'à 7,3 m3/s, en cas de période quinquennale sèche, ce qui est loin d'être très sévère[2].

Crues[modifier | modifier le code]

Les crues peuvent être assez importantes, compte tenu de la taille étendue du bassin versant. Les QIX 2 et QIX 5 valent respectivement 410 et 550 m3/s. Le QIX 10 est de 640 m3/s, le QIX 20 de 720 m3/s, tandis que le QIX 50 se monte à pas moins de 830 m3/s.

Le débit instantané maximal enregistré à Campagne a été de 682 m3/s le 7 juillet 2001, tandis que la valeur journalière maximale était de 617 m3/s le 7 janvier 1994. Si l'on compare la première de ces valeurs à l'échelle des QIX de la rivière, on constate que cette crue n'était pas même d'ordre vicennal, et donc destinée à se répéter tous les 14-15 ans en moyenne. La hauteur maximale instantanée a été de 516 cm ou 5,16 m le [2].

Lame d'eau et débit spécifique[modifier | modifier le code]

La Vézère est une rivière fort abondante. La lame d'eau écoulée dans son bassin versant est de 499 millimètres annuellement, ce qui est largement supérieur à la moyenne d'ensemble de la France tous bassins confondus (320 millimètres/an), ainsi qu'à la moyenne du bassin de la Garonne (384 millimètres/an au Mas-d'Agenais). C'est cependant inférieur à la lame d'eau de la Dordogne en amont de son confluent avec l'Isle (619 millimètres/an à Bergerac). Le débit spécifique (ou Qsp) atteint le chiffre très robuste de 15,8 litres par seconde et par kilomètre carré de bassin[2].

La Vézère à Montignac[modifier | modifier le code]

En amont de Campagne, la station hydrologique de Montignac, en service depuis 1898, offre une période d'étude beaucoup plus longue. À cet endroit, la superficie du bassin versant représente 3 125 km2. La plus forte crue a été atteinte le 5 octobre 1960 avec 830 m3/s de débit journalier maximal et 8,90 mètres de hauteur[3], après deux journées de pluies intenses sur le plateau de Millevaches et notamment les bassins amont de la Corrèze et de la Vézère[4].

Curiosités et sites remarquables[modifier | modifier le code]

La vallée de la Vézère a été surnommée la « Vallée de l'Homme » dès la fin du XIXe siècle à la suite de la multiplication des découvertes de sites préhistoriques exceptionnels, dont l'abri de Cro-Magnon, la grotte de Font-de-Gaume et celle des Combarelles aux Eyzies. Elle abrite également la grotte de Lascaux à Montignac. Les sites préhistoriques et grottes ornées de la vallée de la Vézère sont classés au patrimoine mondial de l'UNESCO[5].

Dans son essai Les Sept Filles d'Ève, le chercheur généticien anglais Bryan Sykes développe la thèse qu'une de ces filles, Héléna, viendrait des bassins de la Vézère et de la Dordogne. Celle-ci représentant la génitrice de 41 à 47 % des Européens actuels. La vallée de la Vézère mériterait donc bien son qualificatif de « Vallée de l'Homme »[6].

Sur les autres projets Wikimedia :

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]