Aude Lancelin

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher
Page d'aide sur l'homonymie Pour les articles homonymes, voir Lancelin (homonymie).
Aude Lancelin
Image illustrative de l'article Aude Lancelin

Naissance
Tours
Profession journaliste
Spécialité culture, politique
Médias
Presse écrite ex-directrice adjointe de Marianne puis de L'Obs

Aude Lancelin, née en 1973 à Tours, est une journaliste française.

Elle a été directrice adjointe de la rédaction de Marianne de 2011 à 2014 et de la rédaction de L'Obs de 2014 à 2016. Après avoir été licenciée de L'Obs en mai 2016, elle publie un livre intitulé Le Monde libre, qui reçoit le prix Renaudot de l'essai. Ce licenciement, qu'elle estime motivé par des raisons politiques, est jugé sans cause réelle et sérieuse par la justice qui condamne le journal. Depuis 2017, elle fait partie de la rédaction du Média[1].

Biographie[modifier | modifier le code]

Ancienne élève du lycée Henri-IV, en classes préparatoires littéraires, puis étudiante à l'université Sorbonne-Paris IV, Aude Lancelin est agrégée de philosophie en 1996. Elle enseigne dans un établissement classé zone d'éducation prioritaire de l'Essonne, puis entre au master Médias de l'École supérieure de commerce de Paris (ESCP Europe)[2].

En 2000, elle est engagée par Le Nouvel Observateur, où elle couvre les domaines de la culture et des idées, en particulier la critique littéraire[2] et la philosophie. Elle réalise notamment pour l'hebdomadaire des entretiens avec des philosophes contemporains : Alain Badiou, Jean Baudrillard, Jean-Claude Michéa, Peter Sloterdijk, Jacques Rancière ou encore Slavoj Žižek.

Parallèlement, elle collabore aux émissions télévisées Culture et dépendances (France 3) et Postface (I-télé, Canal+).

En 2008, elle publie avec la journaliste Marie Lemonnier un ouvrage intitulé Les Philosophes et l'amour (de Socrate à Simone de Beauvoir).

Elle relève[3] en 2010 que Bernard-Henri Lévy a cité naïvement (elle parle d'« autorité du cuistre ») un auteur imaginaire, Jean-Baptiste Botul, dans son ouvrage alors à paraître[4], ce qui provoque une vague de réactions amusées ou consternées.

En août 2011, elle rejoint Marianne en tant que directrice adjointe de la rédaction, responsable des pages « Culture » et « Idées » de l'hebdomadaire.

En 2014, après la nomination de Matthieu Croissandeau à la direction de la rédaction, elle revient à L'Obs. Directrice adjointe de la rédaction[5], elle est licenciée par celui-ci en mai 2016. Cette décision, imposée, selon Mediapart, par les actionnaires, en l’occurrence Claude Perdriel et Xavier Niel, est présentée comme un choix managérial, mais une partie de la presse y voit des motivations politiques. Claude Perdriel a en effet ouvertement reproché à Aude Lancelin d'avoir publié des textes « anti-démocratiques », c'est-à-dire trop à gauche, dans les pages « Débats » de L'Obs et d'avoir soutenu le mouvement Nuit debout. Interviewée par Jean-Jacques Bourdin sur RMC, elle déclare que la décision de son licenciement viendrait de l'Élysée, que ce qui se passait dans le journal ne convenait pas au président Hollande, qui en aurait fait part aux actionnaires du journal[6],[7]. Le 25 mai 2016, une quarantaine d'intellectuels publient dans Libération une lettre de protestation contre le licenciement de la journaliste[8].

Après son licenciement, elle publie un livre intitulé Le Monde libre dans lequel elle raconte de l'intérieur « la dérive du système médiatique français »[9],[10]. Cet ouvrage lui vaut le prix Renaudot de l'essai 2016 et une lettre ouverte virulente de Jean Daniel dans L'Obs[11].

Le , l'affaire de son licenciement fait l'objet d'une audience devant le tribunal des prud’hommes de Paris au cours de laquelle son avocat, William Bourdon, demande l’annulation de ce licenciement survenu « sans cause réelle et sérieuse »[12]. Le 8 décembre 2017, L'Obs est condamné pour licenciement abusif à lui verser 90 000 euros[13].

Vie privée[modifier | modifier le code]

Aude Lancelin est la compagne de Frédéric Lordon, figure de la gauche de gauche, ce qui pourrait avoir motivé son éviction de L'Obs[14].

Prises de position[modifier | modifier le code]

En 2011, elle publie dans Le Nouvel Observateur un article titré « L'inconnue du Collège de France »[15] sur Claudine Tiercelin. Cet article est vivement critiqué par le philosophe Jacques Bouveresse dans une lettre[16] adressée à la rédaction.

Après son licenciement en mai 2016, Aude Lancelin dénonce dans son livre Le Monde libre une collusion entre médias et politiques. Invitée chez Jean-Jacques Bourdin, elle accuse le président François Hollande de s'« occuper » de la carrière des journalistes, et, au delà de cet interventionnisme politique, veut alerter sur la situation des médias français : « les puissances d'argent n'ont jamais été aussi présentes qu'en ce moment. L'ensemble des médias sont sous la coupe du Cac 40. La situation dans les médias est inquiétante »[6].

En 2017, quelques jours avant le premier tour de l'élection présidentielle, sur Agoravox, elle dénonce Emmanuel Macron comme étant un candidat fabriqué par des grands patrons français en vue de défendre leurs intérêts, utilisant la presse dont ils sont actionnaires pour favoriser sa popularité[17]. Elle déclare lors d'une interview à Vice : « Un phénomène politique comme Emmanuel Macron est l’émanation politique directe de cette presse-là, prétendument neutre et “objective”, ni-de-droite-ni-de-gauche, mais qui mène en réalité des opérations idéologiques très agressives »[18],[19].

Le 26 août 2017, Aude Lancelin et le blogueur Olivier Berruyer, intervenants à la conférence « Faut-il dégager les médias ? » organisée par La France insoumise, évoquent leurs expériences personnelles pour dénoncer ce qu’ils considèrent comme une dérive « maccarthyste » des médias « mainstream » à l’égard des idées « alter système »[20].

Publications[modifier | modifier le code]

Références[modifier | modifier le code]

  1. « Aude Lancelin et Noël Mamère membres de la rédaction du "Média", créé par des Insoumis », sur www.europe1.fr (consulté le 12 décembre 2017)
  2. a et b D'après sa notice biographique sur evene.fr.
  3. « BHL en flagrant délire : l'affaire Botul », Aude Lancelin, nouvelobs.com, 8 février 2010.
  4. « L'Obs révèle que BHL cite un philosophe… qui n'existe pas ».
  5. « Aude Lancelin virée pour avoir fait battre le cœur de «l’Obs» trop à gauche ? », sur liberation.fr, (consulté le 9 mai 2017)
  6. a et b « Aude Lancelin, licenciée de L'Obs: "François Hollande s'occupe énormément des journalistes" », sur http://rmc.bfmtv.com/, (consulté le 9 mai 2017)
  7. « La journaliste Aude Lancelin virée sur pression de Hollande balance tout chez Bourdin », enregistrement vidéo de l'interview d'Aude Lancelin par Jean-Jacques Bourdin sur RMC, où elle parle des raisons de son licenciement du journal L'Obs et de la collusion entre médias et politiques, sur youtube.com (consulté le 9 mai 2017)
  8. « A l'Obs, un licenciement très politique », texte signé notamment par Alain Badiou, Etienne Balibar, Patrick Chamoiseau, Claude Lanzmann, Jacques Rancière, Emmanuel Todd.
  9. « Aude Lancelin publie un livre sur la décadence du journalisme », sur livreshebdo.fr, .
  10. « Aude Lancelin : "Il y a un trou d’air dans la vie intellectuelle française" », sur lejdd.fr,
  11. « Les folles dérives de la rancœur », Jean Daniel, L'Obs, 3 novembre 2016.
  12. Laurent Mauduit, « Le licenciement d’Aude Lancelin devant les prud’hommes », Mediapart, 18 octobre 2017.
  13. «L'Obs» condamné pour le licenciement «sans cause réelle et sérieuse» d'Aude Lancelin, 20 Minutes, 8 décembre 2017.
  14. « Licenciement politique à L'Obs : le sms qui confirme », Mediapart, 1er juin 2016 ; « Limogeage à L'Obs », Le Figaro, 1er juin 2016.
  15. « L'inconnue du Collège de France », Aude Lancelin, nouvelobs.com, 8 juin 2011.
  16. Lettre ouverte de Jacques Bouveresse au Nouvel Observateur.
  17. Aude Lancelin, « Emmanuel Macron, un putsch du CAC 40 », (consulté le 14 mai 2017).
  18. « Aude Lancelin allume la presse mainstream | Ojim.fr », Ojim.fr,‎ (lire en ligne)
  19. « Une discussion avec Aude Lancelin sur l'état (désastreux) de la presse hexagonale », Vice,‎ (lire en ligne)
  20. Zineb Dryef, « Thomas Guénolé, le politologue devenu éditorialiste « Insoumis » », Le Monde.fr,‎ (ISSN 1950-6244, lire en ligne).

Liens externes[modifier | modifier le code]