Élisabeth Lévy

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Élisabeth Lévy
Elisabeth Levy.jpg
Élisabeth Lévy en 2019.
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Élisabeth Lévy, née le à Marseille, est une journaliste, polémiste et essayiste française, rédactrice en chef puis directrice de la rédaction du magazine Causeur.

Biographie[modifier | modifier le code]

Jeunesse et formation[modifier | modifier le code]

Elle est issue d'une famille de Juifs séfarades algériens installés au Maroc[1], puis venus en métropole. Elle naît le à Marseille[2], puis passe son enfance à Épinay-sur-Seine[2], où son père est médecin généraliste et sa mère pharmacienne[3].

Elle fait ses études supérieures à l’Institut d’études politiques de Paris ; elle se présente sans succès au concours d’entrée à l’École nationale d’administration[2].

Elle vote pour François Mitterrand à l'élection présidentielle de 1988[4].

En 1989, elle est candidate aux élections européenne, à la 72e place sur la liste « Initiative pour une démocratie européenne », menée par Franck Biancheri et sur laquelle figure Nathalie Loiseau en 49e place. Cette liste recueille 0,17 % des suffrages au niveau national, se classant dernière[5]. Plus tard, Élisabeth Lévy confessera l'erreur d'avoir été europhile lorsque elle était à Sciences Po[6].

Années 1990[modifier | modifier le code]

Elle débute comme journaliste à l’Agence France-Presse (AFP). Ensuite, elle travaille de 1994 à 1996 pour un journal de Lausanne, Le Nouveau Quotidien, et effectue des « piges » pour différents journaux, notamment Jeune Afrique[7],[8]. Sympathisante socialiste, elle fait un passage à Globe, journal dirigé par Bernard-Henri Lévy, que Le Monde qualifie de « temple de l'antiracisme et du mitterrandisme militants »[3], et s'engage politiquement aux côtés de Jean-Pierre Chevènement. Bien qu'elle conserve toujours pour lui « respect et affection », elle abandonne rapidement cette allégeance « parce que la prétention de la gauche à détenir le monopole de la morale [lui] semble d'autant plus insupportable qu'elle est tous les jours démentie par les faits »[9]. Elle affirme : « Aujourd'hui, ma seule identité politique, c'est d'être pas-de-gauche »[3].

Philippe Cohen lui permet de rejoindre la rédaction de L’Événement du jeudi, qu’elle accompagne lors de la création de Marianne. En , elle cofonde la fondation Marc-Bloch, rebaptisée ensuite fondation du 2-Mars, avec, notamment, le même Philippe Cohen. Ce groupe de réflexion souverainiste et eurosceptique, qui vise à concurrencer la Fondation Saint-Simon, appelle à « dépasser le clivage droite-gauche »[3]. Elle en devient en 2001 secrétaire générale, puis présidente[10]. Licenciée par Jean-François Kahn en 1998[11], elle continue à écrire des articles pour Marianne, ainsi que pour Le Figaro et Le Figaro Magazine.

Depuis 2000[modifier | modifier le code]

Elle écrit pour la revue Le Débat un article intitulé « Kosovo, l’insoutenable légèreté de l’information » qui est publié dans le numéro de mars-avril 2000. Élisabeth Lévy y conteste le nombre de morts causés par les Serbes au Kosovo[11] et dénonce l’attitude des journalistes français, qu’elle accuse d’avoir pour beaucoup systématiquement pris parti contre les Serbes dans leurs articles. Cette publication déclenchera une polémique dans le monde journalistique[12].

En 2002, elle publie un essai très remarqué, couronné du prix Jean-Edern Hallier[13], Les Maîtres-censeurs (Lattès). Elle écrit alors des articles pour Marianne, Le Figaro Magazine et Le Point. Elle devient en outre chroniqueuse de l'émission Culture et Dépendances de Franz-Olivier Giesbert.

À la radio, elle intervient sur RTL dans l’émission On refait le monde, où elle est réintégrée par Nicolas Poincaré après en avoir été exclue par Pascale Clark le en raison de vifs échanges autour de propos de Clark concernant Hervé Gaymard[8],[14].

Élisabeth Lévy a été un temps chroniqueuse dans l’émission de radio de Laurent Ruquier On va s’gêner, sur Europe 1, entre 2005 et 2007.

Sur France Culture, elle est productrice d'une émission de critique des médias, Le Premier pouvoir, jusqu'à l'arrêt de l'émission en 2006[11].

En septembre 2007, elle rejoint l’équipe du site Arrêt sur images.

En , elle cofonde le site Causeur.fr, dont elle devient directrice[15]. En 2008, Causeur devient un mensuel papier, puis est distribué chez les marchands de journaux à partir du . Le huitième numéro de la revue papier, sorti en kiosques en , est vendu à 10 000 exemplaires. Selon Le Monde, à la tête de ce magazine, elle « pourfend le politiquement correct. Et ne craint pas de rire avec les extrêmes ». Le Monde estime que Causeur est une revue « volontiers réactionnaire et ouverte aux infréquentables jusque dans son capital »[11].

En outre, elle anime certaines rencontres publiques avec des écrivains à la librairie Kléber de Strasbourg.

Depuis 2006, Élisabeth Lévy participe aux Rencontres de Cannes où elle anime des tables rondes[16].

À partir de 2008, elle intervient dans l’émission de Jean-Marc Morandini sur Europe 1 dans la séquence « débat » et à la télévision dans On refait le monde, Semaine critique ! et Ce soir (ou jamais !).

À partir de , elle participe à un débat hebdomadaire diffusée sur Yahoo! Actualités, Le débat Yahoo![17].

Depuis 2012, elle participe en tant que débatteur à l'émission Hondelatte Dimanche, tous les dimanches sur la chaîne numéro 23.

Depuis 2013 au moins, elle anime sur Radio RCJ une émission hebdomadaire, L’esprit de l’escalier, où elle commente l'actualité de la semaine avec Alain Finkielkraut[18],[11],[19].

À partir de 2017, elle est invitée régulièrement sur CNews dans L'heure des pros animé par Pascal Praud[20],[21].

En 2019, elle lance avec Aaron Fonvieille-Buchwald la Web TV Réac'n'Roll[22].

Controverses[modifier | modifier le code]

D'après Valeurs actuelles, dans l'article d'Élisabeth Lévy intitulé « Kosovo, l’insoutenable légèreté de l’information » et publié en 2000, la journaliste soutient que les médias ayant couvert le conflit ont pris parti. Cet article, qui lui procure « une petite notoriété », « crée des remous » au sein des journalistes. Elle déclare : « Je voulais dire que les Serbes n’ont pas commis plus d’horreurs ou de crimes parce qu’ils sont les plus salauds ontologiquement, mais parce qu’ils sont les plus forts. »[23]

Selon l'historienne Laurence De Cock, la réussite médiatique d'Élisabeth Lévy repose sur une « façon de dire le pire », puis d'invoquer ensuite la liberté d'expression[7]. En 2002, lors du succès de Jean-Marie Le Pen au premier tour de l'élection présidentielle, de très importantes mobilisations ont lieu contre le Front national, qui, selon Laurence De Cock[7], « insupportent » Élisabeth Lévy. Celle-ci rédige alors un article paru dans Le Figaro : « L’antifascisme ne passera pas »[7], et s'abstient lors du second tour[8]. D'après Le Monde, le titre de l'article d'Élisabeth Lévy publié dans Le Figaro est une « formule » « aussi ironique qu'ambiguë »[11]. Pour Valeurs actuelles, cet article se moque de « l’aveuglement » de ceux qui résistent à un « fascisme inexistant ». D'après le même journal, outre cet article remarqué, Élisabeth Lévy « s’impose véritablement dans le paysage » en publiant la même année le livre Les Maîtres censeurs, où elle dénonce une « pensée unique », critiquant un droit-de-l’hommisme devenu « aujourd’hui si abstrait […] qu’il sert moins à lutter contre les tyrannies qu’à légitimer l’ordre du monde tel qu’il est »[23],[7].

En , elle affirme lors de émission L'heure des pros sur CNews que les causes et l'évolution du réchauffement climatique ne font pas consensus. Répondant aux invectives de Claire Nouvian selon le magazine Marianne[24], Elisabeth Lévy l'accuse d'en faire une « religion » qui provoquerait une « plongée dans la guerre civile » et mettrait des « millions d’emplois en danger parce que l’apocalypse nous guette ». Pour elle, le mot « sceptique » n’est pas une « insulte » mais une « vertu » en science. Le CSA reçoit plus de 90 plaintes[25],[26].

Publications[modifier | modifier le code]

Elisabeth Lévy dans la fiction[modifier | modifier le code]

Elle a inspiré les personnages de plusieurs fictions, notamment dans Il n'y a personne dans les tombes de François Taillandier (2007), Une belle époque de Christian Authier (2008) et Ticket d'entrée de Joseph Macé-Scaron (2011)[3]. Elle figure également dans Vernon Subutex I de Virginie Despentes, sous son propre nom, à la télé, sans faire partie de l'histoire du roman[réf. souhaitée].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Lévy 2012, p. 142.
  2. a b et c Cécile Daumas, « Élisabeth Lévy, sniper de rien », Libération,‎ (lire en ligne).
  3. a b c d et e Ariane Chemin, « Élisabeth Lévy, causeuse de troubles », in M, le magazine du Monde, semaine du , pp. 68-73.
  4. « Qui est Elisabeth Lévy, « causeuse de troubles » ? », sur nouvelobs.com, (consulté le 17 septembre 2020).
  5. « Nathalie Loiseau était-elle (avec Elisabeth Lévy) sur une liste concurrente à Simone Veil en 1989 ? », sur Libération.fr, (consulté le 1er novembre 2019)
  6. « Nathalie Loiseau : récit d’une jeunesse bien à droite »,
  7. a b c d et e Sébastien FONTENELLE, Mona CHOLLET, Olivier CYRAN et Laurence DE COCK, Les éditocrates 2: Le cauchemar continue..., La Découverte, (ISBN 9782348035524, lire en ligne)
  8. a b et c Ariane Chemin, Toute une époque, Groupe Robert Laffont, (ISBN 9782221159422, lire en ligne)
  9. Lévy 2012, p. 86.
  10. « Présentation de la fondation », sur France République.
  11. a b c d e et f Ariane Chemin, « Elisabeth Lévy, causeuse de troubles », Le Monde.fr,‎ (ISSN 1950-6244, lire en ligne, consulté le 20 juillet 2017).
  12. « Rétrocontroverse : 1999, l’OTAN devait-elle intervenir au Kosovo ? », Le Monde, .
  13. « Les gagnants 2002 », L’Express, .
  14. « Les indiscrets - Médias/Culture », L’Express, .
  15. Causeur.fr, « Auteurs - Causeur », Causeur,‎ (lire en ligne, consulté le 20 juillet 2017).
  16. Rencontre de Cannes.
  17. Le débat Yahoo!.
  18. « L'Esprit de l'Escalier », sur www.pressreader.com,
  19. « L’esprit de l’escalier | RCJ », sur radiorcj.info (consulté le 7 mars 2017).
  20. Causeur.fr, « France Inter dénonce CNews: la chaîne serait trop pluraliste - Causeur », Causeur,‎ (lire en ligne, consulté le 16 novembre 2018)
  21. « Sur CNews, Eugénie Bastié affirme que "les femmes sont moins performantes" », LExpress.fr,‎ (lire en ligne, consulté le 16 novembre 2018)
  22. « Elisabeth Lévy lance “Réac'n'Roll TV” : “Aujourd'hui, on rigole beaucoup plus avec les réacs” », sur valeursactuelles.com,
  23. a et b Cécile Thomas, « Elisabeth Lévy : l’amour du débat », sur Valeurs actuelles, (consulté le 10 mai 2019)
  24. Louis Nadau, « Pascal Praud vs. Claire Nouvian : le montage vidéo qu'on ne vous a pas montré », sur marianne.net,
  25. Pascal Praud a rendu Claire Nouvian "folle de rage" par son attitude sur le climat, Huffpost, 7/5/2019
  26. Paris Match, « Débats houleux sur le climat entre Pascal Praud et Claire Nouvian : le CSA saisi », sur parismatch.com (consulté le 9 mai 2019)

Annexes[modifier | modifier le code]

Liens internes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

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