Caroline de Haas

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Caroline de Haas [kaʁɔlin də ʔas][1], née le [2] à Bourg-en-Bresse (Ain), est une militante féministe et femme politique française.

Biographie[modifier | modifier le code]

Famille et études[modifier | modifier le code]

Caroline de Haas est l'aînée d'un couple de médecins : sa mère est gynécologue et catholique[3] et son père médecin généraliste, ancien président de la Fédération française des maisons et pôles de santé[4],[3]. Elle a sept frères et sœurs[5], dont Magali de Haas[6], qui lui a succédé (avec Thalia Breton et Julie Muret) au porte-parolat d'Osez le féminisme !.

Elle étudie l'histoire contemporaine aux universités de Lyon-II et Nanterre, où elle obtient une maîtrise en 2008[7],[8],[9],[n 1].

Militantisme[modifier | modifier le code]

Engagements syndicaux et associatifs[modifier | modifier le code]

Caroline de Haas a grandi dans une famille de militants : son père militait dans le domaine médical et sa mère dans le milieu catholique[5]. Dès le début de ses études elle milite au sein d'Amnesty International, des Petits frères des pauvres, des Scouts unitaires[3] et à l'Union nationale des étudiants de France (UNEF). Lors du congrès de Lyon en 2003, elle est élue au bureau national du syndicat étudiant, elle en devient trésorière puis, à partir d', secrétaire générale et s'occupe de suivre la section locale de Lyon[10]. Elle quitte ces fonctions en 2009[8].

En 2009, elle participe à la fondation de l'association Osez le féminisme ! dont elle est porte-parole jusqu'en [11],[12],[13],[14].

En , Caroline de Haas fait partie des signataires du manifeste « L'égalité maintenant ! », quarante ans après le manifeste des 343[15].

Engagement politique[modifier | modifier le code]

Caroline de Haas milite au sein du Mouvement des jeunes socialistes puis, au Parti socialiste, elle est attachée de presse du porte-parole du parti, Benoît Hamon jusqu'en 2012[16].

Après l'élection présidentielle de 2012 et la création d'un ministère des Droits des femmes au sein du gouvernement Ayrault, Caroline de Haas est nommée conseillère chargée des relations avec les associations et de la lutte contre les violences faites aux femmes au sein du cabinet de Najat Vallaud-Belkacem[17]. Elle occupe cette fonction pendant une année au cours de laquelle elle est chargée de créer et d'animer des séances de sensibilisation aux questions d'égalité hommes-femmes pour les ministres du gouvernement[18],[7].

Le , elle quitte le Parti socialiste, jugeant que l'absence de débat et la politique libérale du gouvernement vont à l'encontre de ses convictions[19].

En , Caroline de Haas est tête de liste en Île-de-France pour les listes « Féministes pour une Europe solidaire » pour les élections européennes de 2014[20]. La liste obtient 0,29 % des suffrages exprimés[21].

En , elle lance avec Elliot Lepers et Arnauld Champremier-Trigano la campagne « Primaire de gauche » qui vise à organiser une élection primaire pour désigner un candidat de gauche à l'élection présidentielle de 2017[22]. Peu après, le , elle initie avec des militants syndicaux la pétition « Loi Travail : non, merci ! » contre la réforme du code du travail proposée par la ministre Myriam El Khomri[23]. Deux semaines plus tard, la pétition recueille le chiffre record de plus d'un million de signatures[24].

Le , elle devient la directrice de campagne de Cécile Duflot, candidate à la primaire présidentielle écologiste de 2016[25],[26]. Cette dernière est éliminée dès le premier tour du scrutin.

Elle est candidate aux élections législatives de 2017 dans la dix-huitième circonscription de Paris soutenue par le PCF, EELV et Nouvelle Donne[27],[28].

Le 11 juin 2017, elle est éliminée dès le premier tour du scrutin des législatives. Obtenant 13,57 % des suffrages exprimés et 7,39 % des inscrits, elle arrive en 4e position sur 26 candidats — Myriam El Khomri, en ballottage, sera battue au second tour par Pierre-Yves Bournazel[29].

Présence médiatique[modifier | modifier le code]

En , elle s'exprime sur l'affaire Dominique Strauss-Kahn, déclarant que « la manière dont cette saga a été commentée en France par les médias et les figures politiques met en lumière un sexisme débridé, dont nous connaissions l'existence[30]. »

En 2013, en réaction à la publication d'une pétition, signée par « 343 salauds », qui défend la liberté d'utiliser les services de prostituées, elle crée le site 343 connards, qui permet d'envoyer des tweets à tous les signataires de cette pétition. En 2014, elle co-fonde également un site, Macholand, destiné à permettre aux internautes de dénoncer le machisme ambiant dans les médias ou leur environnement quotidien[31].

Dans les débats qui suivent les agressions sexuelles du Nouvel An 2016 à Cologne, Caroline de Haas répond par un tweet ainsi libellé : « Allez déverser votre merde raciste ailleurs », à ceux qui lient les agressions à l'arrivée de migrants en Allemagne[4]. Cette position est qualifiée de « déni » par Élisabeth Badinter qui accuse des « têtes d'affiche du féminisme » d'avoir « mis la priorité sur la dénonciation du racisme avant la protection des femmes[32] » ce à quoi de Haas répond que Badinter n'a pas participé aux manifestations de soutien aux femmes de Cologne[4].

En mai 2017, intervenant dans le débat sur le harcèlement de rue contre les femmes dans le quartier Chapelle-Pajol (Paris), elle propose notamment « d'élargir les trottoirs », considérant que ces violences contre les femmes sont liées à un « problème d'espace, où il y a une concentration de personnes »[33]. Après les réactions suscitées par ses propos, elle dénonce une « polémique inutile » estimant que « sa parole a été extrêmement réduite »[34],[35].

En , le ministre Gérald Darmanin est accusé de viol par une call-girl, en référence à des faits datant de 2009. L'affaire est d'abord classée sans suite en raison de l'absence de réponse de la plaignante aux convocations des enquêteurs[36], mais Caroline de Haas s'en empare et convainc la jeune femme de re-porter plainte pour viol « par surprise », et charge des amies avocates féministes de défendre l'accusation, pendant qu'elle-même en fait la promotion dans les médias[37]. Une pétition, soutenue par un certain nombre de militantes féministes, circule sur internet exigeant la démission du ministre visé par une enquête préliminaire du parquet de Paris[38]. Florence Rault, avocate au barreau de Paris, s'indigne sur le blog VuDuDroit de cette méthode considérée comme peu respectueuse du travail de la justice : « […] la meute est lancée et réclame à grands cris la démission du ministre, c’est-à-dire sa mort politique et sociale », considérant de Haas comme « une des grandes prêtresses du néo-féminisme agressif »[37]. Dans un billet publié sur Mediapart, Caroline de Haas affirme : « Je suis sidérée par la réaction du Premier ministre qui, sans attendre que la justice soit rendue, a décidé qui avait raison ou tort dans cette affaire. “Il a toute ma confiance” a-t-il dit de l’accusé. […] Le Premier ministre a donc déjà tranché. Il ne présume pas Gérald Darmanin innocent. Il affirme qu’il l’est. Avant la justice[39]. » Le 16 février 2018, l'enquête pour viol visant Darmanin est classée sans suite, l’absence de consentement de la plaignante n'ayant pu être établie par l'enquête[40].

En février 2018, elle affirme qu'« un homme sur deux ou trois est un agresseur » sexuel[41] mais, selon elle, ses paroles auraient été déformés[42]. Elle est très critiquée pour ces propos, notamment par Dominique Besnehard qui, en , déclare à la télévision avoir envie de « la gifler » ; elle porte plainte contre lui quelques jours plus tard[43]. Après ses déclarations sur France Info concernant l'accusation d'agression sexuelle portée contre Nicolas Hulot par le magazine Ebdo, il lui est reproché de colporter des rumeurs[44],[45]. Se disant fatiguée des messages haineux à son encontre, elle ferme ses comptes Twitter et Facebook[46].

Vie professionnelle[modifier | modifier le code]

En , Caroline de Haas crée Egaé, d'égal à égale, une agence de conseil en égalité professionnelle[47],[48]. En 2015, elle fonde le groupe Egalis[49] qui rassemble trois entreprises vouées à l'égalité femmes-hommes[50] (Egaé, d'égal à égale, Équilibres et Autrement Conseil)[51] et dont elle est directrice associée[52]. Le modèle économique de ces entreprises repose sur l'obtention de contrats de formation sur l'égalité, notamment auprès des administrations publiques et des collectivités territoriales. Pour Frédéric Mas, les entreprises de Caroline de Haas seraient caractéristiques de ce qu'il nomme « l'entrepreneuriat politique » : une manière d'utiliser de l’argent public pour faire du profit sans les risques financiers de l'entrepreneur classique[53]. Le groupe coanime le projet Expertes.eu destiné à améliorer la visibilité des femmes dans l’espace public et les médias[3].

Fin 2017, elle critique le manque de moyens du plan gouvernemental contre les violences faites aux femmes (420 millions d'euros en 2018). La journaliste Eugénie Bastié relève alors que l'entreprise de Caroline de Haas est spécialisée dans la formation des entreprises, des syndicats ou encore des collectivités locales en matière d'égalité femmes-hommes, estimant que « son business repose principalement sur l'argent public, raison pour laquelle elle réclame aujourd'hui une augmentation du budget »[54].

Vie privée[modifier | modifier le code]

En couple, en 2011, avec un doctorant en économie[9], elle est mère de deux enfants[3].

Ouvrage[modifier | modifier le code]

  • Dir. avec Séverine Lemière et Claire Serre-Combe, Mais qu'est-ce qu'elles veulent encore ! : manifeste des Féministes en mouvement, Paris, Les Liens qui libèrent, , 107 p. (ISBN 978-2-918597-73-5, notice BnF no FRBNF42793797).

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Elle rédige au total trois mémoires : La Spiritualité conjugale sous l’Ancien Régime ; CGT et CGTU, de 1920 à 1936 ; et Comment les partis de gauche se sont appropriés l’autogestion de Tito.

Références[modifier | modifier le code]

  1. Prononciation en français de France retranscrite selon la norme API.
  2. « Caroline de Haas », sur BFMTV.
  3. a b c d et e Mathilde Siraud, « Qui est Caroline de Haas, à l'origine de la pétition contre la loi El Khomri? », Le Figaro,‎ (ISSN 0182-5852, lire en ligne)
  4. a b et c « Caroline de Haas, la militante qui combat la réforme du code du travail », sur Le Monde, .
  5. a et b « Caroline de Haas, le féminisme nouvelle génération », Psychologies Magazine,‎ (lire en ligne).
  6. https://www.causeur.fr/chez-olf-il-manque-une-case-11891.
  7. a et b « L'équipe », sur Egalis (consulté le 23 février 2016).
  8. a et b « Profil public », sur LinkedIn.
  9. a et b Luc Le Vaillant, « Clitocratie », sur liberation.fr, .
  10. Entretien du 25 novembre 2006, réalisé et restitué par Michel Vakaloulis, « Caroline de Haas, UNEF », sur archive.org, (consulté le 10 octobre 2017), archive de generationmilitante.fr, 05.03.2007
  11. « Caroline de Haas : Pour un féminisme tourné vers la jeune génération », sur Elle,
  12. Caroline de Haas, « 75 000 femmes sont violées chaque année en France : la honte doit changer de camp ! », sur Humanité.fr,
  13. « Caroline de Haas, le féminisme nouvelle génération », sur Psychologies.com,
  14. « Caroline de Haas, porte-parole de « Osez le féminisme » », sur rfi.fr,
  15. « Le nouveau manifeste des féministes », sur Libération,
  16. « Interview de Caroline de Haas concernant la gestion de la communication de Benoit Hamon », sur TF1, .
  17. « Arrêté du 24 mai 2012 portant nomination au cabinet de la ministre », sur Légifrance
  18. « Caroline de Haas, fondatrice d'Osez le féminisme, quitte le cabinet de Najat Vallaud-Belkacem », sur LeLab
  19. « Pourquoi je quitte le Parti socialiste », sur Blogs de Mediapart
  20. « Des listes féminines aux européennes », Le Figaro,‎ , p. 4
  21. Ministère de l'Intérieur, Européennes de 2014, Circonscription - Ile-de-France et Français établis hors de France (07).
  22. « Primaire de gauche ».
  23. « En moins d'une semaine, la pétition en ligne contre le projet de loi de réforme du droit du travail a recueilli plus de 410.000 signatures », sur L'Obs,
  24. « La pétition contre le projet de loi El Khomri atteint un million de signatures », sur Le Monde, .
  25. « Caroline de Haas, directrice de campagne de Cécile Duflot », sur Blog de Raphaëlle Besse Desmoulières, journaliste au Monde.fr
  26. « Demain nous appartient ! Pourquoi je rejoins aujourd'hui la campagne de Cécile Duflot pour l'élection présidentielle. », sur Blogs de Mediapart
  27. Amandine Réaux, « La militante féministe Caroline de Haas "propose" sa candidature aux législatives face à Myriam El Khomri » sur Le Lab (Europe 1), 13 février 2017
  28. AFP, « de Haas et Ruffin appellent Macron à renoncer aux ordonnances » sur L'Entreprise / L'Express, 11 mai 2017
  29. « Élections législatives 2017 », sur Ministère de l'Intérieur
  30. (en) Lizzie Davies, « How Dominique Strauss-Kahn's arrest awoke a dormant anger in the heart of France's women », sur The Observer, .
  31. « Macholand.fr, le site anti machos », sur lexpress.fr, .
  32. « Après Cologne, des féministes "dans le déni" pour Elisabeth Badinter », sur marianne.net,
  33. Victor Dhollande-Monnier, « Harcèlement de rue à La Chapelle : Caroline de Haas propose "d’élargir les trottoirs" », lelab.europe1.fr, 22 mai 2017.
  34. « Harcèlement de rue à la Chapelle-Pajol: faut-il "élargir les trottoirs" ? », sur lexpress.fr,
  35. « La Chapelle : l'extrême-droite dans ses oeuvres (encore) », sur Mediapart,
  36. Sasha Beckermann, « Caroline de Haas a conseillé la femme qui a porté plainte contre Gérald Darmanin », sur closermag.fr, .
  37. a et b Florence Rault, « Caroline de Haas : la violence du néo–féminisme », sur vududroit.com, .
  38. « Une pétition demande la démission de Darmanin, accusé de viol », sur nouvelobs.com, .
  39. Caroline De Hass, « Darmanin, la sidération », sur blogs.mediapart.fr, .
  40. Lucie Soullier, Olivier Faye et Emeline Cazi, « L’enquête pour viol visant Gérald Darmanin classée sans suite », sur Le Monde, .
  41. « "Un homme sur deux ou trois est un agresseur" ? La militante féministe Caroline de Haas balance des chiffres », 20minutes.fr, 15 février 2018.
  42. Caroline de Haas, « J'arrête », Club de Mediapart,‎ (lire en ligne)
  43. Cassandra de Carvalho, « Dominique Besnehard a envie "de gifler" Caroline de Haas, elle porte plainte », sur Le Huffington Post, (consulté le 10 mars 2018)
  44. « "L'affaire Hulot" : l'invitée féministe Caroline de Haas fait bondir les auditeurs » sur francetvinfo.fr.
  45. « Affaire Nicolas Hulot : et là, Caroline de Haas lance de nouvelles rumeurs de harcèlement » sur marianne.net.
  46. Peggy Sastre, « Subi ou provoqué par Caroline de Haas, le harcèlement en ligne est une abomination », sur Slate, (consulté le 10 mars 2018)
  47. Sophie Rahal, « Médias : les « expertes » gagnent en visibilité », Les Echos,‎ (lire en ligne).
  48. Justine Boivin, « Caroline de Haas, une féministe dans la bataille des Européennes », Journal des Femmes,‎ (lire en ligne).
  49. Christelle Rebière et Vincent Parizot, « Cadres : pourquoi y a-t-il tant d'écart entre les salaires des hommes et des femmes ? », RTL,‎ (lire en ligne)
  50. Annabelle Laurent, « “Les Expertes”, le site qui veut augmenter la visibilité des femmes dans les médias », 20 minutes,‎ (lire en ligne)
  51. « Mesdames, faites-vous recenser comme "experte" ! », Conservatoire national des arts et métiers (consulté le 26 janvier 2015).
  52. « Caroline de Haas, Directrice associée chez groupe Egalis », sur fr.linkedin.com.
  53. Le petit business du féminisme officiel, contrepoints.org, 18 janvier 2018
  54. Eugénie Bastié, « La petite entreprise de Caroline de Haas », Le Figaro Magazine, semaine du 1er décembre 2017, page 44.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]