Caroline De Haas

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Caroline De Haas
Caroline De Haas en 2006.
Caroline De Haas en 2006.
Fonctions
Conseillère du ministre des Droits des femmes

(11 mois et 23 jours)
Biographie
Date de naissance (37 ans)
Lieu de naissance Bourg-en-Bresse (Ain)
Nationalité Française
Parti politique PS (jusqu'en 2014)
Diplômée de Université Lumière-Lyon-II
Université Paris-Nanterre
Profession Consultante en relations publiques

Caroline De Haas, née le [1] à Bourg-en-Bresse (Ain), est une militante féministe et femme politique française.

Biographie[modifier | modifier le code]

Famille et études[modifier | modifier le code]

Caroline De Haas est l'aînée d'un couple de médecins : sa mère est gynécologue et catholique[2] et son père médecin généraliste, président de la Fédération française des maisons et pôles de santé[3],[2]. Elle a sept frères et sœurs[4].

Elle étudie l'histoire contemporaine aux universités de Lyon-II et Nanterre, où elle obtient une maîtrise en 2008[5],[6],[7],[n 1].

Militantisme[modifier | modifier le code]

Engagements syndicaux et associatifs[modifier | modifier le code]

Caroline De Haas a grandi dans une famille de militants, son père militait dans le domaine médical et sa mère dans le milieu catholique[4]. Dès le début de ses études elle milite au sein d'Amnesty International, des Petits frères des pauvres, des Scouts unitaires[2] et à l'Union nationale des étudiants de France (UNEF). Lors du congrès de Lyon en 2003, elle est élue au bureau national du syndicat étudiant, elle en devient trésorière puis, à partir d', secrétaire générale et s'occupe de suivre la section locale de Lyon[8]. Elle quitte ces fonctions en 2009[6].

En 2009, elle participe à la fondation de l'association Osez le féminisme ! dont elle est porte-parole jusqu'en [9],[10],[11],[12].

En , Caroline De Haas fait partie des signataires du manifeste « L'égalité maintenant ! », quarante ans après le manifeste des 343[13]. En , elle s'exprime sur l'affaire Dominique Strauss-Kahn, déclarant que « la manière dont cette saga a été commentée en France par les média et les figures politiques met en lumière un sexisme débridé, dont nous connaissions l'existence »[14].

En 2013, en réaction à la publication d'une pétition signée par « 343 salauds », qui défendent la liberté d'utiliser les services de prostituées, elle crée le site 343 connards, qui permet d'envoyer des tweets à tous les signataires de cette pétition. En 2014, elle cofonde également un site, Macholand, destiné à permettre aux internautes de dénoncer le machisme ambiant dans les médias ou leur environnement quotidien[15].

Dans les débats qui suivent les agressions sexuelles du Nouvel An 2016 à Cologne, Caroline De Haas répond par un tweet ainsi libellé : « Allez déverser votre merde raciste ailleurs », à ceux qui lient les agressions à l'arrivée de migrants en Allemagne[3]. Cette position est qualifiée de « déni » par Élisabeth Badinter qui accuse des « têtes d'affiche du féminisme » d'avoir « mis la priorité sur la dénonciation du racisme avant la protection des femmes »[16] ce à quoi De Haas répond que Badinter n'a pas participé aux manifestations de soutien aux femmes de Cologne[3].

Politique[modifier | modifier le code]

Caroline De Haas milite au sein du Mouvement des jeunes socialistes puis, au Parti socialiste, elle est attachée de presse du porte-parole du parti, Benoît Hamon jusqu'en 2012[17].

Après l'élection présidentielle de 2012 et la création d'un ministère des Droits des femmes au sein du gouvernement Ayrault, Caroline De Haas est nommée conseillère chargée des relations avec les associations et de la lutte contre les violences faites aux femmes au sein du cabinet de Najat Vallaud-Belkacem[18]. Elle occupe cette fonction pendant une année au cours de laquelle elle est chargée de créer et d'animer des séances essentielles de sensibilisation aux questions d'égalité hommes-femmes pour les ministres du gouvernement[19],[5].

Le , elle quitte le Parti socialiste, jugeant que l'absence de débat et la politique libérale du gouvernement vont à l'encontre de ses convictions[20].

En , Caroline De Haas est tête de liste en Île-de-France pour les listes « Féministes pour une Europe solidaire » pour les élections européennes de 2014[21]. La liste obtient 0,29 % des suffrages exprimés[22].

En , elle lance avec Elliot Lepers et Arnauld Champremier-Trigano la campagne « Primaire de gauche » qui vise à organiser une élection primaire pour désigner un candidat de gauche à l'élection présidentielle de 2017[23]. Peu après, le , elle initie avec des militants syndicaux la pétition « Loi Travail : non, merci ! » contre la réforme du code du travail proposée par la ministre Myriam El Khomri[24]. Deux semaines plus tard, la pétition recueille le chiffre record de plus d'un million de signatures[25].

Le , elle devient la directrice de campagne de Cécile Duflot, candidate à la primaire présidentielle écologiste de 2016[26],[27]. Cette dernière est éliminée dès le premier tour du scrutin.

Elle est candidate aux élections législatives de 2017 dans la dix-huitième circonscription de Paris soutenue par le PCF, EELV et Nouvelle Donne[28],[29].

En mai 2017, au sujet de problèmes liés au harcèlement de rue contre les femmes dans le quartier Chapelle-Pajol (Paris), Caroline De Haas propose notamment « d'élargir les trottoirs », considérant que ces violences contre les femmes sont liées à un « problème d'espace, où il y a une concentration de personnes »[30]. Après les réactions suscitées par ses propos, elle dénonce une « polémique inutile » estimant que « sa parole a été extrêmement réduite »[31],[32].

Le 11 juin, elle est éliminée dès le premier tour du scrutin des législatives. Obtenant 13,57 % des suffrages exprimés et 7,39 % des inscrits, elle arrive en 4e position sur 26 candidats — Myriam El Khomri, en ballottage, sera battue au second tour par Pierre-Yves Bournazel[33].

Vie professionnelle[modifier | modifier le code]

En , Caroline De Haas crée Egaé, d'égal à égale, une agence de conseil en égalité professionnelle[34],[35]. En 2015, elle fonde le groupe Egalis[36] qui rassemble trois entreprises vouées à l'égalité femmes-hommes[37] (Egaé, d'égal à égale, Équilibres et Autrement Conseil)[38] et dont elle est directrice associée[39]. Le groupe coanime le projet Expertes.eu destiné à améliorer la visibilité des femmes dans l’espace public et les médias[2].

Fin 2017, elle critique le manque de moyens du plan gouvernemental contre les violences faites aux femmes (420 millions d'euros en 2018). La journaliste Eugénie Bastié relève alors que l'entreprise de Caroline de Haas est spécialisée sur la formation des entreprises, des syndicats ou encore des collectivités locales en matière d'égalité femmes-hommes, estimant que « son business repose principalement sur l'argent public, raison pour laquelle elle réclame aujourd'hui une augmentation du budget »[40].

Vie privée[modifier | modifier le code]

En couple, en 2011, avec un doctorant en économie[7], elle est mère de deux enfants[2].

Ouvrages[modifier | modifier le code]

  • Dir. avec Séverine Lemière et Claire Serre-Combe, Mais qu'est-ce qu'elles veulent encore ! : manifeste des Féministes en mouvement, Paris, Les Liens qui libèrent, , 107 p. (ISBN 978-2-918597-73-5, notice BnF no FRBNF42793797)

Chapitres[modifier | modifier le code]

Préface[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Elle rédige au total trois mémoires : La Spiritualité conjugale sous l’Ancien Régime ; CGT et CGTU, de 1920 à 1936 ; et Comment les partis de gauche se sont appropriés l’autogestion de Tito.

Références[modifier | modifier le code]

  1. « Caroline DE HAAS », sur BFMTV.
  2. a, b, c, d et e Mathilde Siraud, « Qui est Caroline De Haas, à l'origine de la pétition contre la loi El Khomri? », Le Figaro,‎ (ISSN 0182-5852, lire en ligne)
  3. a, b et c « Caroline de Haas, la militante qui combat la réforme du code du travail », sur Le Monde, .
  4. a et b « Caroline de Haas, le féminisme nouvelle génération », Psychologies Magazine,‎ (lire en ligne).
  5. a et b « L'équipe », sur Egalis (consulté le 23 février 2016).
  6. a et b « Profil public », sur LinkedIn.
  7. a et b Luc Le Vaillant, « Clitocratie », sur liberation.fr, .
  8. Entretien du 25 novembre 2006, réalisé et restitué par Michel Vakaloulis, « Caroline de Haas, UNEF », sur archive.org, (consulté le 10 octobre 2017), archive de generationmilitante.fr, 05.03.2007
  9. « Caroline De Haas : Pour un féminisme tourné vers la jeune génération », sur Elle,
  10. Caroline De Haas, « 75 000 femmes sont violées chaque année en France : la honte doit changer de camp ! », sur Humanité.fr,
  11. « Caroline De Haas, le féminisme nouvelle génération », sur Psychologies.com,
  12. « Caroline De Haas, porte-parole de « Osez le féminisme » », sur rfi.fr,
  13. « Le nouveau manifeste des féministes », sur Libération,
  14. (en) Lizzie Davies, « How Dominique Strauss-Kahn's arrest awoke a dormant anger in the heart of France's women », sur The Observer,
  15. « Macholand.fr, le site anti machos », sur L'Express.fr,
  16. « Après Cologne, des féministes "dans le déni" pour Elisabeth Badinter », sur marianne.net,
  17. « Interview de Caroline De Haas concernant la gestion de la communication de Benoit Hamon », sur TF1, .
  18. « Arrêté du 24 mai 2012 portant nomination au cabinet de la ministre », sur Légifrance
  19. « Caroline de Hass, fondatrice d'Osez le féminisme, quitte le cabinet de Najat Vallaud-Belkacem », sur LeLab
  20. « Pourquoi je quitte le Parti socialiste », sur Blogs de Mediapart
  21. « Des listes féminines aux européennes », Le Figaro,‎ , p. 4
  22. Ministère de l'Intérieur, Européennes de 2014, Circonscription - Ile-de-France et Français établis hors de France (07).
  23. « Primaire de gauche ».
  24. « En moins d'une semaine, la pétition en ligne contre le projet de loi de réforme du droit du travail a recueilli plus de 410.000 signatures », sur L'Obs,
  25. « La pétition contre le projet de loi El Khomri atteint un million de signatures », sur Le Monde, .
  26. « Caroline De Haas, directrice de campagne de Cécile Duflot », sur Blog de Raphaëlle Besse Desmoulières, journaliste au Monde.fr
  27. « Demain nous appartient ! Pourquoi je rejoins aujourd'hui la campagne de Cécile Duflot pour l'élection présidentielle. », sur Blogs de Mediapart
  28. Amandine Réaux, « La militante féministe Caroline De Haas "propose" sa candidature aux législatives face à Myriam El Khomri » sur Le Lab (Europe 1), 13 février 2017
  29. AFP, « De Haas et Ruffin appellent Macron à renoncer aux ordonnances » sur L'Entreprise / L'Express, 11 mai 2017
  30. Victor Dhollande-Monnier, « Harcèlement de rue à La Chapelle : Caroline de Haas propose "d’élargir les trottoirs" », lelab.europe1.fr, 22 mai 2017.
  31. « Harcèlement de rue à la Chapelle-Pajol: faut-il "élargir les trottoirs" ? », sur lexpress.fr,
  32. « La Chapelle : l'extrême-droite dans ses oeuvres (encore) », sur Mediapart,
  33. « Élections législatives 2017 », sur Ministère de l'Intérieur
  34. Sophie Rahal, « Médias : les « expertes » gagnent en visibilité », Les Echos,‎ (lire en ligne).
  35. Justine Boivin, « Caroline De Haas, une féministe dans la bataille des Européennes », Journal des Femmes,‎ (lire en ligne).
  36. Christelle Rebière et Vincent Parizot, « Cadres : pourquoi y a-t-il tant d'écart entre les salaires des hommes et des femmes ? », RTL,‎ (lire en ligne)
  37. Annabelle Laurent, « “Les Expertes”, le site qui veut augmenter la visibilité des femmes dans les médias », 20 minutes,‎ (lire en ligne)
  38. « Mesdames, faites-vous recenser comme "experte" ! », Conservatoire national des arts et métiers (consulté le 26 janvier 2015).
  39. « Caroline DE HAAS, Directrice associée chez groupe Egalis », sur fr.linkedin.com.
  40. Eugénie Bastié, « La petite entreprise de Caroline de Haas », Le Figaro Magazine, semaine du 1er décembre 2017, page 44.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]