Yassine Belattar

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Yassine Belattar
Description de cette image, également commentée ci-après
Yassine Belattar en 2008.
Naissance (36 ans)
Conflans-Sainte-Honorine, Yvelines, France
Nationalité Drapeau de la France française
Profession
Autres activités
Producteur de radio
Producteur de spectacles
Patron de bar

Yassine Belattar, né le à Conflans-Sainte-Honorine, est un humoriste, animateur de radio et de télévision français.

Jeunesse et débuts[modifier | modifier le code]

Né en France de parents marocains[1],[2], Yassine Belattar grandit à l'Étang-la-Ville (Yvelines) où il participe, depuis l'âge de dix ans, à une radio pirate des Yvelines, Strange FM. Plus tard, cette radio obtient une fréquence officielle et émet sous le nom d'Yvelines Radio. Son équipe anime alors des options animations radiophoniques et des reportages.

À partir de 2003, alors qu'il n'est titulaire que d'un BEP, il parvient à force d'insister à convaincre le responsable de Générations 88.2 Bruno Laforesterie de lui donner sa chance[3]. Par la suite, il anime des chroniques matinales et fait la rencontre de Thomas Barbazan, avec qui il formera un duo complémentaire mélangeant humour et musique. Il quitte Générations en 2007[3]. Il tient une chronique sur la télévision dans l'émission de Pascale Clark En aparté (saison 2006-2007) et participe à des émissions sur Virgin 17. À la fin du mois de , il arrête La Matinale, l'émission radio qu'il coanimait avec Thomas et Chloé. En 2008, il participe à Ça balance à Paris présenté par son ami Pierre Lescure sur Paris Première.

En 2006, avec Barres de rire[4], spectacle de stand up inédit, Thomas et lui montent sur scène en compagnie de leurs camarades Fabrice Éboué, Thomas Barbazan, Patson, le Comte de Bouderbala, Yacine, Mamane et Thomas N'Gijol.

En 2007, il participe avec de nombreuses personnalités au festival Cannes et Banlieues, projet initié et réalisé par la Fondation Luc Besson.

Il produit également des spectacles musicaux et humoristiques avec la scène française, comme Les Soirées Cécilia et Les Soirées Carla[5].[réf. souhaitée]

En 2008, Yassine Belattar fait une apparition dans le clip Banlieusards de Kery James, avec d'autres personnalités telles que Jean-Marc Mormeck, Diam's, Omar Sy, Fred Musa, Rachid Djaïdani, Lilian Thuram, Mohamed Dia, Jacky Ido ou encore JoeyStarr.

Parcours professionnel[modifier | modifier le code]

2009-2011 : France Télévisions, Radio France, spectacle et Y'A Bon Awards[modifier | modifier le code]

En février 2009, il anime un talk show satirique Le Belattar Show sur France 4[6]. Les audiences sont faibles et il n'y a pas de deuxième saison.

En octobre 2009, Belattar effectue son retour sur France 4 pour y animer un talk-show hebdomadaire On achève bien l'info pendant un an. Y participent son confrère Thomas Barbazan ainsi que divers chroniqueurs qu’il a découverts (en plus de ceux du Belattar Show)[7]. Les audiences sont trop faibles pour que l'expérience soit poursuivie.

Le , il est recruté par le PDG de Radio France, Jean-Luc Hees. Il anime pendant un an la matinale du Mouv'. Son contrat n'est pas renouvelé à l'issue de cette saison pour cause de mésentente avec le responsable de la station, Patrice Blanc-Francard[3].

Le , avec le soutien de Radio France, il lance l'opération « Vote Tout terrain »[8] (« Vote Tout terrain, va t'inscrire et on vient ! »), un concours inter-villes ayant pour objectif de mobiliser le jeune électorat de l'élection présidentielle de 2012.

En octobre 2011, il est à l'affiche de Monsieur Le Président, spectacle écrit avec ses amis et confrères, les auteurs des Guignols de l'Info.

Il a participé à plusieurs cérémonies des Y'A Bon Awards et des Gérard[9], en tant que membre du jury.

2012-2016 : Numéro 23, la scène, La Grosse Émission et Radio Nova[modifier | modifier le code]

En mars 2012, à la suite de l'appel à candidatures du Conseil supérieur de l'audiovisuel (France) (CSA) pour la diffusion de six chaînes nationales en haute définition sur la TNT, Belattar candidate avec le projet URb TV, qui finalement fusionne avec TVous La télédiversité pour donner Numéro 23[10]. Cofondateur de la chaîne, il en devient le consultant, chargé du repérage de talents[11].

Fin 2012 et début 2013, il est à l'affiche d’Ingérable, « stand-up anti stand-up », spectacle toujours écrit en collaboration avec ses amis et confrères des Guignols de l'Info. En 2014, il est sur la scène du théâtre de Dix heures (dont il est un actionnaire minoritaire[3]) à Paris pour ce même one man show. Il se moque tour à tour des Arabes, des Noirs, des Blancs, des Juifs et des Hindous[3].

Il collabore aux émissions de ses amis, auteurs des émissions satiriques Les Guignols de l'Info et Groland et tient pendant un temps une chronique régulière dans le journal quotidien Metro.[réf. souhaitée]

En octobre 2015, il est le nouveau visage de La Grosse Émission, lors de son retour sur Comédie+ en quotidienne. Sans explication, il cesse d'animer l'émission dès janvier 2016.

Depuis octobre 2016, il anime, avec Thomas Barbazan, l'émission Les 30' glorieuses sur Radio Nova. Il apparaît dans l'épisode 2015 : Pas très Charlie du programme court Cocovoit, dans le rôle du conducteur. En 2018, le dirigeant de Nova Bernard Zekri lui apportera son soutien contre les accusations dont il fait l'objet[3].

Vie privée[modifier | modifier le code]

Avec son épouse, une Corse, il est père d'un fils[12]. Au total, il a trois enfants avec deux femmes hors mariage. Croyant, il estime cependant ne pas être « le meilleur des musulmans. Ce n’est pas ça qui m’habite[13]. »

Engagements politiques et déboires[modifier | modifier le code]

Chronologie[modifier | modifier le code]

Le 19 novembre 2011, il anime le Festival du Changement avec François Hollande à Strasbourg, en présence d'Emmanuel Zemmour président de l'UNEF, de Chema Triki représentante du mouvement tunisien Ettakatol, de Guillaume Ayné directeur général de l'association SOS Racisme, d'Eskil Perdensen représentant de Arbeidernes Ungdomsfylking (jeunes travaillistes norvégiens) et rescapé de la tuerie d'Utøya.

En 2015, il anime le gala du Collectif contre l'islamophobie en France (CCIF), y déclarant y venir « en tant que républicain et non en tant que musulman ». Il n'y adhère cependant pas et affirme avoir des désaccords avec l'organisation sur certains sujets[14].

En décembre 2017, ses prises de position sur l'islamisme lui valent de voir plusieurs représentations de ses spectacles annulées[15]. Certaines dates de son spectacle sont annulées ainsi que sa participation à une émission humoristique de France 2 présentée par Michel Drucker[16].

Après la publication quelques jours plus tard d'un article de l'hebdomadaire Marianne titré « Yassine Belattar, faux clown et vrai danger », le journaliste de Libération Grégoire Biseau s'inscrit en faux contre ces affirmations, rappelant que Yassine Belattar a fait partie de la trentaine de personnalités de la société civile (intellectuels, artistes, écrivains, membres d’ONG et d’associations) qui ont accompagné le quotidien dans la couverture de l'élection présidentielle de 2017 : « On peut se retrouver en désaccord avec lui. Oui… on le peut parfaitement. En revanche, on ne peut pas, sauf à vouloir délibérément travestir la réalité, écrire que la croisade de Belattar est le «déni de l’islamisme», ou la promotion d’un comique communautaire musulman. Car c’est exactement le contraire. (...) [Marianne] donne l’impression de se chercher, à tout prix, cet arabe antisémite médiatique qu’il adorerait haïr. Pas de bol, ce mec-là, s’il existe, ne s’appelle pas Yassine Belattar[17] ». Le site Checknews établira que les propos de Yasine Belattar dans son spectacle « Je ne suis pas Charlie, je ne suis pas un homme de slogan. Je ne choisis pas mes deuils. Je ne suis pas Charlie, je ne suis pas Nice, je suis Français et tout ça fait que je suis toujours en deuil quand il y a un malheur sur le territoire français » avaient été détournés[18]. L'humoriste précise : « Je travaillais chez Siné Hebdo et j’avais expliqué à Charb mes désaccords avec la ligne éditoriale de . Ce serait mesquin que je vienne dire ensuite « Je suis Charlie »[18] ». Belattar annonce déposer plainte contre Valeurs actuelles, qui le présentait comme le « Dieudonné de Macron[13] ».

Le , il est placé sept heures en garde à vue pour « outrage sur personne dépositaire de l'ordre public » après avoir insulté une policière[19]. Il lui présente ses excuses deux jours plus tard[20]. Il tire un sketch de cette expérience[16]. Il est remis en liberté sans peine dans le cadre d'une composition pénale. L'humoriste plaide le « malentendu » : « Une policière m'a fait une remarque désobligeante devant mes enfants, je lui ai répondu, et on s'est tous retrouvés au commissariat », expliquant avoir été invité par Emmanuel Macron mais être arrivé trop tard pour rejoindre le cortège présidentiel.[21].

En mars 2018, Belattar est nommé membre du Conseil présidentiel des villes créé par Emmanuel Macron et animé par Anne de Bayser, actuelle secrétaire générale adjointe de l'Elysée[22],[23], un choix critiqué par l'ancien premier ministre Manuel Valls qui y voit un « signe de faiblesse » du président de la République[16]. Réagissant à cette nomination, il est qualifié d'« islamiste » par Gilles-William Goldnadel mais contredit en plateau par les autres invités. Yassine Belattar annonce vouloir déposer plainte[24]. L'intéressé se dit victime de la « jurisprudence [Tariq] Ramadan : un arabe qui parle bien, c'est forcément qu'il a un double discours. Sujet-verbe-COD dans le bon ordre, c'est suspect[3]. » Pour Rodolphe Belmer, « Il cherche à être l’incarnation de la jeunesse française dans une démarche progressiste de vivre ensemble. Il y a chez lui une dose de revendication communautaire, mais cette revendication va dans le sens d'une intégration républicaine[3]. »

En avril 2018, il est accusé de s'en prendre violemment à Albert Chennouf-Meyer, père de l'une des victimes de Mohammed Merah « Vous avez perdu un fils tué par un terroriste. Il y a des milliers d’autres jeunes qui meurent et pourtant on n’en parle pas ! »[25].

En 2018, il lance le talk-show Indéfendable, disponible sur l'application Blackpills qui doit inviter la militante Rokhaya Diallo, l'homme politique Olivier Besancenot, la vidéaste Marion Seclin ou Latifa Ibn Ziaten, mère d'une victime de Mohammed Merah[16]. Il rachète le bar-PMU de Sevran accusé fin 2016 dans un reportage de France de ne pas y accueillir les femmes[16].

Soutiens divers[modifier | modifier le code]

Yassine Belattar soutient Ségolène Royal à l'élection présidentielle de 2007, François Hollande en 2012[26] et Emmanuel Macron en 2017[27],[28].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. « Yassine Belattar, l'humoriste franco-marocain "ingérable" et politiquement incorrect », Al Huffington Post,‎ (lire en ligne).
  2. « Être français: "Evitons le complexe victimaire" », lexpress.fr,‎ (lire en ligne).
  3. a, b, c, d, e, f, g et h Pierre Jaxel-Truer, « Belattar, rire nerveux », lemonde.fr, (consulté le 30 avril 2018)
  4. « Barres de rire. »(ArchiveWikiwixArchive.isGoogleQue faire ?)
  5. Les Soirées Carla sur Facebook.
  6. Article Le Parisien : « Yassine Belattar dynamite le talk-show ».
  7. On achève bien l'info sur Dailymotion.
  8. « Vote Tout terrain ».
  9. Les Gérard de la Politique 2011.
  10. « Officiel : URb TV et TVous fusionnent leurs projets de chaîne ». « Copie archivée » (version du 28 avril 2016 sur l'Internet Archive)
  11. « Pourquoi la revente de la chaîne Numéro 23 fait scandale ? », sur 20minutes.fr,
  12. « 10 questions pointues sur l'actu à Yassine Belattar », Society n° 72, 11-24 janvier 2018, p. 8.
  13. a et b Paul Aveline et David Perrotin, « Yassine Belattar : "Même Éric Zemmour connaît mieux le Coran que moi" », buzzfeed.com, 30 mars 2018.
  14. Yassine Belattar, interviewé par Fabien Randanne, « "Quand Bernard Kouchner me dit "mon gars", il se tire une balle dans le pied", estime Yassine Belattar », 20minutes.fr, 1er décembre 2017.
  15. « L'humoriste Yassine Belattar ne fait plus rire les directeurs de salles de spectacle », lefigaro.fr, 22 décembre 2017.
  16. a, b, c, d et e Audrey Kucinskas, « Belattar, ni clown ni soumis », lexpress.fr, (consulté le 30 avril 2018)
  17. Grégoire Biseau, «Marianne», Yassine Belattar et «Libération», liberation.fr, (consulté le 30 avril 2018)
  18. a et b « Estce-ce que Marianne Le Mag a réellement détourné les propos de Yassine Belattar pour lui faire dire l’exact inverse de ce qu'il a dit ? », checknews.fr, (consulté le 30 avril 2018)
  19. « Yvelines : L'humoriste Yassine Belattar a passé sept heures en garde à vue », sur 20minutes.fr (consulté le 21 février 2018).
  20. Voir sur m.huffingtonpost.fr.
  21. « Yassine Belattar en garde à vue en marge d'un déplacement de Macron aux Mureaux », marianne.net, (consulté le 30 avril 2018)
  22. « L'humoriste Yassine Belattar intègre le «Conseil des villes» de Macron », sur lefigaro.fr, (consulté le 17 mars 2018).
  23. « Yassine Belattar au Conseil des villes de Macron : la chasse à l’«islamiste» a commencé », sur lemuslimpost.com, (consulté le 15 mars 2018).
  24. « Qualifié d'"islamiste", Yassine Belattar va attaquer "Les Grandes Gueules" », ozap.com, (consulté le 30 avril 2018)
  25. « Yassine Belattar menace le père d’un soldat tué par Mohamed Merah », valeursactuelles.com, (consulté le 30 avril 2018)
  26. « Yassine Belattar : "On assiste au divorce entre la gauche et la banlieue" », tempsreel.nouvelobs.com, 26 février 2017.
  27. « À Bercy, Macron s'entoure d'une myriade de célébrités », lefigaro.fr, 20 avril 2017.
  28. Martine Gozlan, « Yassine Belattar, faux clown et vrai danger », marianne.net, 15 décembre 2017.