Mona Ozouf

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Mona Ozouf, née Mona Annig Sohier le à Lannilis (Finistère)[1], est une historienne, philosophe de formation, qui s'est orientée vers l'histoire et spécialisée dans la Révolution française.

Biographie[modifier | modifier le code]

Famille et études[modifier | modifier le code]

Elle est la fille de Jean Sohier et d'Anne Le Den, deux instituteurs bretonnants et militants de la cause bretonne, qui l'élèvent en langue bretonne. Elle perd son père à l'âge de quatre ans.

Après sa scolarité primaire à Plouha, puis au collège Ernest-Renan à Saint-Brieuc et une année à Rennes, elle devient enfin élève à l'École normale supérieure de jeunes filles (promotion 1952)[2] ; elle est agrégée de philosophie (1955[réf. souhaitée]).

Elle est la veuve de Jacques Ozouf qu'elle a épousé en 1955.

Carrière universitaire[modifier | modifier le code]

Par l'intermédiaire de son mari, elle fait la connaissance des historiens Denis Richet, Emmanuel Le Roy Ladurie et François Furet. De nombreux ouvrages sont nés de la collaboration avec ce dernier. Membre du Centre de recherches politiques Raymond-Aron à l'École des hautes études en sciences sociales (EHESS), elle est, jusqu'en 1997, directrice de recherche au Centre national de la recherche scientifique (CNRS). Elle écrit pour le Nouvel Observateur et participe à la revue Le Débat. Ses travaux portent pour l'essentiel sur les questions relatives à l'école publique et à la Révolution française. Elle s'intéresse particulièrement aux rapports qu'entretiennent pédagogie, idéologie et politique.

Engagement[modifier | modifier le code]

En 2003, elle est l'une des signataires de la pétition « Avec Washington et Londres, pour le soutien du peuple irakien »[3] qui soutient la coalition anglo-américaine dans son intervention contre Saddam Hussein et en 2005 une promotrice de la pétition « Liberté pour l'histoire[4] ».

Composition française[modifier | modifier le code]

Dans le premier chapitre de son ouvrage Composition française, elle critique ouvertement le livre de Françoise Morvan, Le Monde comme si, qu'elle décrit comme « un injuste et talentueux pamphlet » qui s'en prend aux choix politiques de son père, Yann Sohier, ainsi qu'au mouvement breton et à la langue bretonne. Elle dénonce également le jacobinisme qui réprime la diversité culturelle et prône un universalisme abstrait.

Les Mots des femmes[modifier | modifier le code]

Dans son ouvrage  Les Mots des femmes : essai sur la singularité française, Mona Ozouf critique le féminisme égalitaire dit « à l’américaine », en opposant un commerce heureux entre les sexes à la judiciarisation excessive de leurs rapports telle qu’elle existe aux États-Unis. Selon elle, ce féminisme serait un apport étranger, en décalage avec la singularité des mœurs françaises issues du modèle aristocratique de la galanterie française.

Citations[modifier | modifier le code]

  • « La difficulté avec la France, c’est qu’il y en a deux : en elle coexistent une nation aristocratique et une nation démocratique ; un pays conservateur et un pays révolutionnaire ; l’un presque engourdi, l’autre éminemment inflammable. Tel était bien le sentiment de Jules Ferry ». (Mona Ozouf, Jules Ferry : La liberté et la tradition, 2014).
  • « De leur histoire nationale, que doivent savoir tous les écoliers français, ces électeurs et ces soldats en puissance ? Pour l’essentiel, de quoi entretenir en eux le sentiment de la grandeur de leur patrie. » (Mona Ozouf, Jules Ferry : La liberté et la tradition, 2014).

Publications[modifier | modifier le code]

Distinctions[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Fiche biographique de Mona Ozouf sur le site de l'EHESS
  2. Recherche, sur archicubes.ens.fr.
  3. Pétition parue dans Le Figaro du 4 mars 2003; voir Revue Le Meilleur des Mondes.
  4. Elle participe au conseil d'administration de l'association éponyme.
  5. Académie royale néerlandaise des Sciences et des Lettres.
  6. Prix-littéraires.net.
  7. Arrêté du 23 novembre 2007
  8. Ouest-France des 3–4 octobre 2009, page « Bretagne ».
  9. Agence Bretagne Presse
  10. prix-litteraires.net
  11. Décret du 13 mai 2011
  12. Archimag
  13. Décret du 11 juillet 2014
  14. Céline Mazin, « Mona Ozouf, lauréate du Prix de la langue française 2015 », sur Actualitté, (consulté le 14 octobre 2015)
  15. « Décret du 18 novembre 2017 portant élévation aux dignités de grand'croix et de grand officier », sur legifrance.gouv.fr

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Jean-Maurice de Montremy, « Ozouf (Mona) », dans Jacques Julliard et Michel Winock (dir.), Dictionnaire des intellectuels français : les personnes, les lieux, les moments, Paris, Le Seuil, (ISBN 978-2-02-099205-3), p. 1041-1042.
  • (en) Harvey Chisick, « Mona Ozouf (1931-) », in Philip Daileader et Philip Whalen (dir.), French Historians 1900-2000: New Historical Writing in Twentieth-Century France, John Wiley & Sons, 2010, p. 461-474 (ISBN 9781444323665)
  • Laurent Bourdelas, Alan Stivell, Éditions Le Télégramme, 2012.
  • Yann Fauchois, « Mona Ozouf », in André Burguière et Bernard Vincent (dir.), Un siècle d'historiennes [sous-titre : « Vingt historiennes présentées par vingt historiens »], Des Femmes-Antoinette Fouque, Paris, 2001, p. 183-200 (ISBN 978-2-7210-0634-9)
  • (en) Caroline Ford, Yann Fauchois et Sudhir Hazareesingh, « Forum on Mona Ozouf », in French History (Oxford University Press), 2010, no 4, p. 481-500
  • Anne-Sophie Jarrige, Mona Ozouf : itinéraire intellectuel et politique de 1931 à 1999, Institut d'études politiques de Paris, 2001, 257 p. (mémoire de DEA)

Filmographie[modifier | modifier le code]

Article connexe[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

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