Affaire Roman Polanski

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Affaire Roman Polanski
Photographie d'identité judiciaire de Roman Polanski.
Photographie d'identité judiciaire de Roman Polanski.

Fait reproché Abus sexuel sur mineur
Pays États-Unis
Ville Los Angeles
Nombre de victimes Une victime, Samantha Geimer
Jugement
Statut Affaire jugée : Roman Polanski a été reconnu coupable d'avoir eu des rapports sexuels illégaux avec un mineur.
Tribunal Los Angeles County Superior Court

L'affaire Polanski est une affaire judiciaire impliquant le réalisateur franco-polonais Roman Polanski, arrêté et inculpé à Los Angeles en mars 1977 dans une affaire d'abus sexuel sur mineur contre Samantha Geimer, une jeune fille alors âgée de treize ans. La justice retient six chefs d'accusation contre lui : viol sur mineur, sodomie, fourniture d'une substance prohibée à une mineure, actes licencieux et débauche, relations sexuelles illicites et perversion. En échange de l'abandon des autres charges, Roman Polanski plaide coupable pour rapports sexuels illégaux avec une mineure. Il est condamné à une peine de quatre-vingt-dix jours de prison puis est libéré pour conduite exemplaire après en avoir effectué quarante-deux. L'évaluation psychiatrique est favorable mais le juge, sensible aux critiques de la presse et du public, revient sur sa décision — décision contestée aussi bien par la défense que par l'accusation — et souhaite à nouveau condamner Polanski. Ce dernier fuit les États-Unis et s'installe en France, pays refusant l'extradition de ses citoyens et dont il possède la nationalité puisqu'il y est né.

Selon Roger Gunson, le procureur chargé de l'affaire au moment des faits, le temps passé par Roman Polanski en prison correspondait à la totalité de la peine qu'il devait et a exécuté. Sa victime, Samantha Geimer, lui a publiquement pardonné et a demandé à plusieurs reprises l'arrêt des poursuites. La justice américaine a cependant toujours refusé de clôturer l'affaire si le réalisateur ne revenait pas sur le sol américain.

En 2009, Roman Polanski est arrêté à Zurich, dans le cadre d'un traité d’entraide judiciaire pénale entre la Suisse et les États-Unis, et incarcéré pendant deux mois avant d'être assigné à résidence à Gstaad. En 2010, la Suisse refuse l'extradition du réalisateur. En 2015, la Pologne refuse à son tour une demande d'extradition des États-Unis. Le réalisateur est, en raison des poursuites engagées par la justice américaine contre lui depuis 1977, toujours considéré par Interpol comme fugitif, et ne peut circuler librement que dans trois pays : la France, la Pologne et la Suisse.

L'affaire[modifier | modifier le code]

Faits[modifier | modifier le code]

Au début de l'année 1977, Roman Polanski, alors âgé de quarante-quatre ans, est engagé par l'édition française du magazine Vogue pour réaliser un reportage photographique sur les jeunes filles européennes et américaines[L1 1],[1]. Par l'intermédiaire d'un ami commun, il rencontre Jane Gailey, une aspirante actrice, et sa fille Samantha, une jeune adolescente de treize ans, à qui il propose d'être l'un de ses modèles[L1 2],[L3 1]. Cette dernière donne son accord, avec l'approbation de sa mère, voyant dans ce projet l'opportunité de réaliser son rêve de devenir une « vedette de cinéma »[2]. Selon Geimer, Polanski lui avait promis qu'il pourrait faire de son rêve d'adolescente de devenir mannequin et actrice une réalité[3].

Une première séance photo a lieu le près du domicile de l'adolescente à Woodland Hills, sur les hauteurs de Los Angeles[1]. Au cours de cette séance, Polanski photographie Samantha seins nus. Ce qu’elle ne raconte pas à sa mère sans pouvoir expliquer pourquoi[2]. Satisfait par les clichés, Polanski propose une deuxième séance, ce que Samantha, qui voit en lui son « passeport pour la célébrité », et sa mère acceptent[L3 2]. Le , le réalisateur la conduit jusqu'au domicile de Jack Nicholson afin de prendre de nouvelles photos[4].

La propriété de Nicholson, absent ce jour-là, leur est ouverte par Helena Kallianiotes, actrice et voisine de l'acteur[L1 3],[1]. À l'intérieur, Samantha réclame un rafraîchissement. Polanski propose alors du champagne, ce à quoi Samantha répond que ça lui est « égal », et sert trois verres, un pour Kallianiotes, un autre pour l'adolescente et un dernier pour lui[5]. Après le départ de Kallianiotes, la séance photo se déroule dans la cuisine puis à l'extérieur de la maison, sur le patio, près de la piscine et dans un jacuzzi[5].

Selon son témoignage, Samantha continue de boire du champagne tout au long de la séance[5]. Lorsque, d'après elle, Polanski lui propose de partager avec lui une pilule de quaalude, un sédatif très utilisé à l'époque comme drogue récréative, l'adolescente accepte, après avoir refusé une première fois, parce qu'elle voit qu'il « veut qu'elle en prenne »[L3 3]. Lors de son audition, elle déclare : « Je pense que j'étais ivre, sinon je ne l'aurais pas fait »[5].

Avant de photographier Samantha dans le jacuzzi, Polanski lui demande d'appeler sa mère, la séance durant plus longtemps que prévu, afin de savoir s'il pouvait la ramener chez elle un peu plus tard[L1 4],[5]. Jane Gailey accepte. Samantha se déshabille de sa propre initiative, à l'exception de ses sous-vêtements, qu'elle accepte finalement de retirer à la demande de Polanski, avant de rentrer dans le jacuzzi[1]. Le réalisateur prend plusieurs photos de l'adolescente avant de se déshabiller à son tour pour entrer dans l'eau[L1 5]. Samantha prétend alors avoir de l'asthme afin de sortir du jacuzzi[L3 4]. Polanski lui propose ensuite d'aller dans la piscine[L1 5],[5]. L'adolescente hésite puis accepte, traverse la piscine à la nage, avant d'en sortir et de rejoindre la salle de bain afin de se sécher[5].

D'après son témoignage, elle suit Polanski jusqu'à une chambre où il lui demande de s'allonger sur un divan[5]. L'adolescente demande alors à rentrer chez elle[1]. Le réalisateur lui répond qu'il la raccompagnera un peu plus tard[1]. Le réalisateur commence alors à l'embrasser. L'adolescente atteste lui avoir dit « Non » à plusieurs reprises et souhaite le repousser mais la peur l'en empêche[L3 5]. Polanski lui ayant fourni un narcotique illégal ainsi que l'alcool, Samantha se sent « étourdie » et voit sa capacité de dire non limitée par les substances[1],[2].

Le réalisateur pratique ensuite sur l'adolescence un cunnilingus avant de la contraindre à un rapport vaginal puis anal[1],[5]. Samantha décide de « le laisser faire » et déclare, lors de son audition, pouvoir « à peine me souvenir de ce qui est arrivé » en raison des effets de l'alcool et de la drogue — « J’étais en quelque sorte étourdie, vous savez, comme quand les choses sont parfois dans une sorte de brouillard »[L3 5],[5]. Dans son autobiographie, elle écrit : « Il me demande si j’éprouve du plaisir, c’est le cas. Et ça, c’est déjà assez horrible en soi. Mon esprit se débat mais mon corps me trahit » et ajoute : « Je rends les armes, je m'envole loin, très loin. Si affreux que ce soit, ce n'est que du sexe. Il ne veut pas me faire du mal. Il veut seulement me baiser. Et ce sera tout. Je ne suis pas vraiment une personne à ses yeux, pas plus qu'il n'est réel pour moi. Nous jouons chacun un rôle[L3 6]. »

Dans un témoignage ultérieur, Samantha Geimer déclare qu'au moment où le crime était commis, l'actrice Anjelica Huston, compagne de Nicholson, est rentrée dans la maison. Selon Geimer, Huston est devenue méfiante à propos de ce qui se passait derrière la porte fermée et avait commencé à frapper dessus, avant de repartir après que Polanski lui ait dit qu'ils venaient de sortir du jacuzzi et qu'ils allaient bientôt sortir. L'interruption d'Huston provoque à Samantha un « sentiment de soulagement »[L3 7]. Néanmoins, Polanski la contraint à poursuivre un rapport anal :

« Il pose ses mains sur mon épaule et me rallonge sur le canapé. Quoi, ce n'est pas terminé ? Je ne sais plus quoi penser. Maintenant qu'il y a quelqu'un dans la maison, vais-je résister et essayer de me réfugier auprès de la femme qui a frappé à la porte ? Hélas je suis shootée, je ne pense qu'à en finir et m'en aller. Roman n'est pas brutal et je n'ai même plus peur. Je ne me soucie plus de ce qu'il fait car je ferme les yeux. Je veux seulement rentrer chez moi[L3 7],[5]. »

Alors que Polanski s'apprête à raccompagner Samantha chez elle, ils croisent Anjelica Huston. Selon cette dernière, l'adolescente, avec qui elle parle brièvement, n'a l'air ni « apeurée », ni « bouleversée »[L3 8]. Cependant, Samantha témoigne : « J'étais heureuse de savoir que j'allais bientôt rentrer chez moi. J'étais épuisée, accablée et, même si je n'en avais pas conscience, assez shootée. Je me mis à pleurer, à la fois de soulagement de colère. J'étais consciente qu'il s'était passé quelque chose de grave, que je m'étais comporté comme une idiote, mais j'allais m'en remettre, pensais-je[L3 7],[6]. »

Une fois rentrée chez elle, Samantha se confesse sur ce qui vient de lui arriver à son petit ami[5]. Sa sœur surprend la conversation et prévient leur mère immédiatement. Susan Gailey, furieuse, appelle la police et dépose plainte le soir même contre Polanski[1]. Samantha est alors interrogée et amenée à l'hôpital pour être examinée[1],[5].

Condamnation, prison et fuite[modifier | modifier le code]

Le lendemain, le , Roman Polanski est arrêté. Informé qu'une accusation de viol pèse contre lui, le cinéaste est pourtant incapable d'établir « un lien quelconque entre le viol et ce qui s'était passé la veille »[L1 6]. Contre une caution de deux mille cinq cents dollars versée par son avocat, Polanski est libéré et poursuit son travail sur l'adaptation d'un roman de Lawrence Sanders intitulé The First Deadly Sin, produit par Columbia Pictures[L1 7],[1].

Toujours le , Samantha témoigne devant le grand jury du comté de Los Angeles[1]. Polanski est inculpé pour six motifs : avoir fourni une substance prohibée à une mineure, s'être livré à des actes licencieux et de débauche, s'être rendu coupable de relations sexuelles illicites, de perversion, de sodomie et de viol[1],[4],[7]. Il s'installe ensuite au Château Marmont afin d'échapper aux paparazzis[L1 8]. La Columbia Pictures l'informe alors qu'ils abandonnent le projet The First Deadly Sin[L1 9] (l'adaptation sera finalement tournée en 1980 sous le titre De plein fouet avec une nouvelle équipe de production[8]).

Le , Polanski se voit signifier officiellement les six chefs d'inculpation par le juge en charge de l'affaire, Laurence J. Rittenband[L1 9]. Il plaide non coupable et voit sa libération sous caution reconduite. Le juge Rittenband accède à sa demande de quitter provisoirement les États-Unis afin de se rendre à Londres puis à Paris, où il pense « être moins livré aux journalistes »[L1 9].

Polanski regagne ensuite Los Angeles où il est informé que la famille de Samantha souhaite qu'elle ne comparaisse pas en public[L1 10],[L3 9]. Un accord entre l'avocat de Polanski, Me Douglas Dalton, celui de la famille de Samantha, Me Lawrence Silver, le procureur chargé de l'accusation, Roger Gunson, et le juge Rittenband est engagé en faveur d'une négociation pour l'abandon des accusations les plus graves et une condamnation sans procès[9],[1]. Au même moment, Polanski se voit proposer un contrat d'un million de dollars par le producteur Dino De Laurentiis pour la réalisation d'un remake du film The Hurricane de John Ford[L1 11],[1].

Le , Polanski plaide coupable pour rapports sexuels illégaux avec un mineur, les autres charges étant abandonnées suite à la négociation entre les différentes parties pour éviter un procès public[1]. Selon deux experts psychiatriques commissionnés par la cour, les docteurs Alvin E. Davis et Ronald Markman, Polanski « ne présente pas un profil de délinquant sexuel mentalement dérangé », précisent qu'il est d'une « intelligence supérieure, a un bon jugement et de fortes valeurs morales et éthiques », estiment que « les circonstances étaient provocatrices, qu'il y avait une certaine permissivité de la part de la mère » et ajoutent que « la victime n'était pas seulement physiquement mature, mais désireuse »[10].

Le , le juge Rittenband condamne Polanski à une peine de quatre-vingt-dix jours de prison pendant laquelle il doit subir une « évaluation diagnostique »[9],[1]. À sa sortie, Rittenband prévoit de classer l'affaire avec une mise à l'épreuve[9],[1]. Entre temps, le juge accorde à Polanski un sursis afin qu'il puisse terminer la préparation du film Hurricane[1]. Polanski se rend à Munich, en Allemagne, puis à Bora-Bora, où il effectue des repérages[4].

Il retourne ensuite aux États-Unis où, le , il est incarcéré dans la prison californienne de Chino. Après avoir passé quarante-deux jours en prison, Polanski est libéré pour conduite exemplaire le [1]. Le lendemain, le juge Rittenband convoque l'avocat du réalisateur Me Douglas Dalton et le procureur Roger Gunson et les informe qu'il souhaite condamner le réalisateur à une nouvelle peine[1]. Sensible aux critiques du public et soucieux de soigner son image dans la presse, le juge prévoit une condamnation à « durée indéterminée » mais déclare à Dalton et Gunson que le réalisateur sera libéré après quarante-huit jours s'il accepte de quitter définitivement les États-Unis[9],[1],[7].

Dalton informe alors Polanski de la situation. L'avocat ne peut cependant pas lui assurer qu'il sera bien libre après les quarante-huit jours, un emprisonnement d'une durée indéterminée permettant au juge de prolonger la peine jusqu'à cinquante ans s'il le désire[1]. Dans son autobiographie, Polanski écrit :

« Puisque le juge semblait bien décidé à m'empêcher de vivre et de retravailler aux États-Unis, et puisqu'il était manifeste que j'avais passé quarante-deux jours à Chino pour rien, une question évidente se posait désormais : qu'avais-je à gagner en restant ? Et la réponse semblait bien être : rien du tout[L1 12]. »

Le , sans en informer son avocat, Polanski se rend à l'aéroport de Los Angeles et prend un avion pour Londres puis pour Paris[L1 12],[L1 13],[9].

Le , les autorités américaines ouvrent un dossier d’extradition à l’encontre du cinéaste. La France, comme d'autres États, refuse généralement l'extradition de ses citoyens et annonce que Polanski ne sera pas renvoyé aux États-Unis[11]. L'accusation, le procureur et la défense dénoncent alors le comportement du juge, qui est déchargé du dossier en pour « irrégularités »[7]. L'affaire est confiée au juge Paul Breckinridge qui refuse de juger Polanski par « contumace »[L1 14],[9].

Suites de l'affaire, procès au pénal et un documentaire[modifier | modifier le code]

La justice américaine va alors tenter de mettre la main sur Polanski lors de ses déplacements à l'étranger. Des demandes d'extraditions sont adressées aux pays avec lesquels les États-Unis ont signé une convention d'extradition : en au Royaume-Uni, en au Canada, en 1988 en Allemagne, au Brésil, au Danemark et en Suède, en octobre 2005 en Thaïlande et en 2007 en Israël. Cependant, toutes ces tentatives restent vaines[12],[13].

En 1993, Polanski s'engage à verser une indemnité de cinq cent mille dollars à Samantha Gailey, devenue épouse Geimer, à la suite d'un procès civil. Selon The New Yorker, le réalisateur ne tient pas cet engagement dans le délai convenu et la somme qu'il a finalement versée demeure inconnue[1]. Selon le quotidien Le Monde, Polanski verse 225 000 dollars et lui envoie une lettre d'excuses, « ce qui met un terme au procès civil[14] ». En 1997, Samantha Geimer dévoile publiquement lui avoir pardonné[15].

La même année, l'avocat de Polanski, Me Douglas Dalton, et le procureur chargé de l'accusation, Roger Gunson, tentent de résoudre le procès pénal et apportent le dossier au juge Larry P. Fidler[16]. Ce dernier déclare que si Polanski accepte de revenir aux États-Unis, il ne sera pas arrêté et n'aura pas à purger une nouvelle peine. Selon Dalton et Gunson, le juge souhaite cependant que l'audition de Polanski soit télévisée mais le cinéaste s'y oppose[16]. Des emails du juge Fidler dévoilés en 2014 par The New York Times indiquent que si le réalisateur était retourné aux États-Unis lors de son procès, le magistrat aurait pu être contraint de le libérer, en raison de la conduite du juge Rittenband. Les emails dévoilent également les craintes du juge Fidler : « Depuis que la loi était de son côté avec le traitement de l'affaire par Rittenband, j'étais convaincu que j'étais grillé si jamais il revenait et que ma carrière serait terminée. Au cours de ces années, j'ai dit à plusieurs juges que j'avais de la peine pour eux, de la peine qu'ils aient à juger ce cas[17]. »

En , alors que le réalisateur est nommé à l'Oscar du meilleur réalisateur pour son film Le Pianiste, Samantha Geimer, tout en rappelant les faits du viol, prend publiquement sa défense et déclare que leur affaire ne doit pas entrer en considération pour juger son travail[18],[19]. Geimer défend également la décision du réalisateur d'avoir fui les États-Unis et réitère son souhait qu'un terme soit mis aux poursuites[20].

Intriguée par les déclarations de Geimer, la réalisatrice Marina Zenovich décide de consacrer un documentaire sur le réalisateur auquel ce dernier refuse de participer[21]. Dévoilé en 2008, Roman Polanski: Wanted and Desired défend la thèse d'un acharnement judiciaire et médiatique[22]. L'avocat de Polanski, Me Douglas Dalton, et le procureur, Roger Gunson, confirment que les quarante-deux jours en prison de Polanski devaient être sa seule peine[9]. Dalton et Gunson dénoncent les agissements du juge Rittenband qu'ils accusent d'avoir abusé de son autorité[23]. Gunson déclare même à propos du réalisateur : « Je ne suis pas surpris qu’il ait fuit dans ces circonstances[24]. » Également interrogée par Zenovich, Samantha Geimer déclare : « Le juge aimait la publicité. Il n'avait rien à faire de ce qui pouvait m'arriver, ni à moi, ni à Polanski[15]. »

Le , Mes Chad Hummel et Bart Dalton, avocats de Polanski, demandent à la justice californienne d'abandonner les poursuites contre leur client. Ils affirment disposer de nouvelles preuves montrant que le réalisateur n'a pas bénéficié d'une procédure pénale équitable et mettent en avant le documentaire de Marina Zenovich pour dénoncer « un ensemble de mauvais comportements et de communications entre la Cour et le bureau du procureur, en violation de l'égalité devant la loi, et sans que l'accusé ni ses avocats en aient eu connaissance »[25].

Le , Samantha Geimer dépose une requête devant la justice de Los Angeles pour que les poursuites contre Polanski soient abandonnées. Elle explique que l'insistance avec laquelle le parquet de la ville exige le retour du cinéaste aux États-Unis tient d'une « blague cruelle » dont elle fait les frais[26].

Le , le juge Peter Espinoza refuse d'abandonner les poursuites contre Polanski s'il ne se présente pas en personne devant la Cour mais suspend sa décision afin de lui donner la possibilité de se présenter à l'audience. Le juge estime également « qu'il y a eu, apparemment, une faute professionnelle substantielle » de la part du parquet en 1977[27].

Le , Polanski ne s'étant pas présenté devant lui, le juge Espinoza confirme son refus de clore l'affaire[28]. Les avocats du cinéaste demandent alors à la cour d'appel de l'État de Californie d'examiner les vices de procédure et atteintes aux droits constitutionnels de leur client.

Arrestation à Zurich[modifier | modifier le code]

Le , alors qu'il se rend au festival du film de Zurich en Suisse afin d'y recevoir un prix pour l'ensemble de sa carrière, Roman Polanski est arrêté par la police à Zurich dans le cadre d'un traité d’entraide judiciaire pénale que la Suisse a signé avec les États-Unis, par lequel les deux parties s’engagent à se livrer réciproquement les personnes poursuivies pour des faits d’une certaine gravité[29],[30]. La conseillère fédérale suisse responsable du département de Justice et Police Eveline Widmer-Schlumpf défend l'arrestation comme conforme au traité d'extradition helvético-américain et comme manifestation de l'égalité devant la loi[31],[32].

L'article 22 du traité prévoit qu'il « s'applique pour tous les faits commis avant ou après son entrée en vigueur » sauf lorsque la procédure d'extradition a été lancée avant son entrée en vigueur, auquel cas un traité de 1900 doit être appliqué[31]. Widmer-Schlumpf affirme par ailleurs que l'arrestation ne résulte d'aucune pression politique américaine[33].

Le réalisateur s'oppose à son extradition et engage l'avocat suisse Me Lorenz Erni pour assurer sa défense[34]. Le , le Tribunal pénal fédéral accepte la libération conditionnelle de Polanski contre une caution de 4,5 millions de francs suisses (environ trois millions d'euros) et une assignation à résidence avec port d'un bracelet électronique à son chalet de Gstaad en Suisse[35].

Le , le procureur chargé de l'affaire en 1977, Roger Gunson, déclare sous serment que le défunt juge Rittenband avait bien déclaré à toutes les parties le que la peine de prison au pénitencier de Chino correspondait à la totalité de la peine que Polanski devait et a exécutée[36].

Le , la cour d’appel du 2e district de Californie rejette la demande de Polanski de pouvoir être jugé par contumace, ouvrant la voie à son extradition vers les États-Unis. La demande d’abandon des poursuites présentée par la victime est également rejetée[37].

Le , Roman Polanski sort de son silence dans une lettre ouverte publiée sur le site de Bernard-Henri Lévy, La Règle du jeu, intitulée, « Je ne peux plus me taire[38]. »

Le , la ministre suisse de la Justice Eveline Widmer-Schlumpf annonce que le cinéaste « ne sera pas extradé vers les États-Unis et les mesures de restriction de sa liberté sont levées » en raison d'un possible vice de procédure dans la demande d’extradition américaine[39]. Le refus des autorités américaines à faire parvenir aux autorités suisses le procès-verbal du procureur de l'époque, Roger Gunson, arguant du caractère confidentiel de la pièce, amène l'Office fédéral de la justice à refuser l'extradition. Selon Widmer-Schlumpf, le procès-verbal devait permettre d’apprécier si « les quarante-deux jours que Roman Polanski avait passés dans la division psychiatrique d’une prison californienne couvraient la totalité de la peine d’emprisonnement qu’il devait exécuter[40]. »

Le réalisateur retrouve la liberté et peut désormais circuler librement dans trois pays : la France, la Pologne et la Suisse. Interpol rappelle aux États membres de l'organisation qu'une notice rouge le concernant est toujours en vigueur, et qu'il est toujours considéré comme fugitif[41].

Le procès en Pologne et ses suites[modifier | modifier le code]

Le , les autorités américaines tentent de faire arrêter Polanski en Pologne, où il s'est rendu pour assister à l'inauguration du musée Polin d'histoire des Juifs du pays[42]. Polanski est entendu par un procureur puis finalement remis en liberté.

Le , ses avocats lancent une procédure afin de le réhabiliter, accusant les procureurs et les juges d'avoir commis une « grave faute professionnelle »[43].

Le , le tribunal de Los Angeles refuse de mettre un terme aux poursuites en raison du statut de fugitif de Polanski et de son refus de se plier aux ordres de la cour[44].

Le , les États-Unis déposent une demande d'extradition à l'encontre du réalisateur aux autorités polonaises[45]. Le , Polanski déclare : « Bien sûr je vais me soumettre à la procédure. On verra. Je fais confiance à la justice polonaise. J'espère que tout se passera bien[46]. »

Le , le cinéaste se rend à l'audience du tribunal de Cracovie pour l'ouverture de son procès à huis clos où il témoigne pendant neuf heures. Il est ensuite libéré, aucune mesure préventive n'ayant été décidée à son encontre par le tribunal, et admet à sa sortie : « C'était fatigant et douloureux[47]. » Ses avocats polonais, Mes Jerzy Stachowicz et Jan Olszewski, expliquent à la presse que leur ligne de défense consiste à « démontrer que la demande d'extradition n'est pas fondée. »

Le , Polanski se rend de nouveau au tribunal où ses avocats présentent de nouveaux documents, analyses d'experts et témoignages réunis lors de la précédente demande d'extradition des États-Unis à la Suisse. Le réalisateur déclare aux journalistes à sa sortie : « Je voulais savoir quels documents seront présentés et reconnus (valables) par le tribunal. Je suis content que presque tous aient été acceptés[48]. »

Le , le tribunal de Cracovie se prononce contre son extradition et confirme sa décision le , le parquet de la ville représentant les États-Unis ayant renoncé à contester en appel[49].

Le , le ministre de la justice conservateur polonais Zbigniew Ziobro annonce son intention de rouvrir la procédure d’extradition, affirmant que Polanski ne doit pas être favorisé en raison de sa carrière artistique[50].

Le , la Cour suprême de Pologne rejette le pourvoi en cassation introduit par le ministre et met un terme définitif à la procédure d’extradition[51]. Le réalisateur déclare alors :

« Enfin je pourrai me sentir en sécurité dans mon propre pays, je pourrai aller tranquillement à Salwator (quartier résidentiel de Cracovie) sur la tombe de mon père ou sur celle d'Andrzej Wajda, mon ami[52]. »

Le , la presse rapporte que le réalisateur souhaite retourner aux États-Unis pour clôturer l'affaire, à condition d’avoir la garantie qu’il ne sera pas incarcéré[53].

Le , Samantha Geimer, « fatiguée de cette affaire qui continue depuis quarante ans », témoigne en faveur du cinéaste devant le juge Scott Gordon au tribunal de Los Angeles. Le , elle avait adressé une lettre à la procureure du comté, Jackie Lacey, et à son adjointe, Michele Hanisee, dans laquelle elle écrivait :

« Les cas impliquant des célébrités ne devraient pas être utilisés à mauvais escient par ceux comme vous qui cherchent la célébrité et des promotions pour leur carrière. Vous et ceux avant vous ne m’avez jamais protégée, vous m’avez traitée avec mépris, utilisant un crime commis contre moi pour faire avancer votre carrière[54],[55]. »

Le , le juge Gordon annonce son refus de mettre un terme aux poursuites contre Polanski[56]. L'avocat du cinéaste estime alors que « ce tribunal continue à étudier une affaire vieille de quarante ans avec un accusé de 84 ans qui a déjà purgé plus de trois fois en détention la peine que cette cour lui avait infligée »[57]. Samantha Geimer, se déclarant « profondément déçue » par la décision du juge Gordon, s'interroge « Qui s'en soucie, je suis juste la victime, je suis insignifiante », et s'adresse à ceux qui lui reprochent son désir de voir mettre un terme à cette affaire :

« Votre impitoyable indifférence à mon égard montre qui vous êtes[58]. »

Acteurs de l'affaire[modifier | modifier le code]

Roman Polanski[modifier | modifier le code]

Lors de son arrestation en 1977, Roman Polanski est stupéfait d'apprendre qu'il est accusé de viol. Pour lui, son rapport sexuel avec Samantha Geimer était consentant[59]. Dans son autobiographie Roman par Polanski publiée en 1984, il explique avoir senti « une certaine tension érotique s'installer » entre lui et l'adolescente, puis ajoute : « L'expérience de Samantha, son absence d'inhibitions ne faisaient aucun doute. Elle s'étendit, offerte, et je la pénétrai. Elle ne demeura pas sans réaction. Toutefois, quand je lui demandai doucement si cela lui plaisait, elle recourut à son expression favorite, « Ça peut aller » ».

Dans une interview controversée avec le romancier Martin Amis datant de 1979, Roman Polanski parle de sa condamnation en ces termes : « Si j'avais tué quelqu'un, ça n'aurait pas suscité un tel attrait auprès de la presse, vous voyez ? Mais... putain, tu vois, les jeunes filles. Les juges veulent baiser les jeunes filles. Les jurys veulent baiser les jeunes filles. Tout le monde veut baiser les jeunes filles ! [60],[61] »

À la journaliste Diane Sawyer, Roman Polanski explique dans un entretien effectué en 1994 : « À cette époque, il m'a été très difficile de me persuader que c'était mal. Je pensais que personne n'en avait souffert. Plus tard j'ai réalisé que ce n'était pas bien de faire ça mais il n'y avait aucune préméditation, c'est juste arrivé comme ça... »[62].

Cependant, en 2009, Roman Polanski envoie une lettre à Geimer dans laquelle il assume l'entière responsabilité de l'affaire et écrit : « J'aimerais que vous sachiez à quel point je suis désolé d'avoir tant bouleversé votre existence »[63]. Il réitère ses excuses dans le documentaire Roman Polanski: A Film Memoir tourné en 2011 où il parle de Samantha Geimer comme d'une « double victime : ma victime, et une victime de la presse »[64].

Samantha Geimer[modifier | modifier le code]

En 2013, Samantha Geimer revient ainsi sur les circonstances de son viol : « C'était inapproprié, déplacé, effrayant. Je ne me suis pas beaucoup amusée. J'étais sous l'emprise de l'alcool. C'était confus »[65]. Elle estime cependant que Roman Polanski n'avait pas de mauvaise intention à son égard : « Il ne voulait pas me faire du mal. C'est le sentiment que j'avais. Mais il ne comprenait pas que c'était complètement déplacé, que j'étais trop jeune »[65].

Samantha Geimer vit mal la médiatisation de l'affaire, subissant une pression incessante de la part des médias, de la police et de la justice californienne. Sa sincérité et celle de sa famille sont également mises en cause : « J'étais présentée comme la petite salope qui voulait profiter du réalisateur célèbre, et ma mère comme la maquerelle n'hésitant pas à monnayer sa fille pour faire carrière »[66].

En 1997, Samantha Geimer dévoile publiquement avoir pardonné à Polanski et, dans un entretien accordé à l'émission Inside Edition, elle estime qu'il « ne s'agissait pas d'un viol »[59]. Cependant, en 2009, elle déclare : « À l'époque, je croyais qu'un viol, c'était lié à de la violence, de la brutalité. Lui, il ne m'a pas agressée, il ne voulait pas me faire mal. Mais j'ai dit non. Et j'avais 13 ans. Donc il n'y a aucun doute, c'était un viol »[66].

En 2013, Samantha Geimer publie son autobiographie, La Fille : Ma vie dans l'ombre de Roman Polanski. Elle y revient sur la traque dont elle a fait l'objet, affirme que « ma mésaventure avec Polanski ne m’a pas traumatisée, ni mentalement, ni physiquement » et ajoute « Si je devais choisir entre le viol et revivre ce qui s'est passé après, je choisirais le viol »[L3 10],[66]. Elle confie correspondre ponctuellement par mail avec le cinéaste depuis 2009 et s'exprime sur le pardon qu'on lui a « souvent reproché » : « Je ne souffre pas du syndrome de Stockholm. Je lui ai pardonné pour moi, pas pour lui. Tout le monde veut me voir traumatisée, brisée, mais c'était il y a trente-six ans, maintenant, ça va, merci. Et tant pis si je ne suis pas la victime idéale, celles que veulent voir les médias ou le procureur »[66].

Médiatisation de l'affaire[modifier | modifier le code]

Soutiens et oppositions[modifier | modifier le code]

En 2009, suite à son arrestation à Zurich, Roman Polanski reçoit très rapidement le soutien personnel d'une centaine de représentants du monde politique et artistique, notamment en France et en Pologne, les deux pays dont il a la nationalité, puis aux États-Unis[67]. La plupart des grands journaux américains approuvent cette arrestation, s'étonnant du soutien manifesté au réalisateur, étonnement partagé par une partie de la population américaine[68]. Ces soutiens soulèvent également des oppositions et indignations dans l'opinion publique et la presse française[69],[70]. Frédéric Mitterrand, alors ministre de la Culture, dénonce ce qu'il juge être une arrestation « épouvantable et complètement injuste » avant d'expliquer avoir réagi « sous le coup de l’émotion » suite aux réactions indignées provoquées par ses déclarations[71]. Luc Chatel, porte-parole du gouvernement, déclare alors que Roman Polanski n'est « pas au dessus des lois »[72].

Une pétition réclamant sa libération immédiate est signée par de nombreux personnalités du monde du cinéma, parmi lesquels Isabelle Adjani, Woody Allen, Martin Scorsese, Darren Aronofsky, David Lynch, Wes Anderson, Tilda Swinton, Pedro Almodovar, Guillermo Del Toro, Harmony Korine, Michael Mann, Alfonso Cuaron, Jonathan Demme, Alexandre Desplat, Terry Gilliam, Stephen Frears, Thierry Fremaux, Wim Wenders, Alejandro González Iñárritu, Julian Schnabel, Wong Kar-wai ou encore Harvey Weinstein[73],[74],[75]. L'acteur Michael Douglas et le réalisateur Luc Besson refusent quant à eux de signer la pétition, ce dernier estimant que « la justice doit être la même pour tout le monde »[76],[77].

En 2018, dans le sillage de l'affaire Harvey Weinstein, Natalie Portman et Asia Argento expriment leurs regrets et leurs excuses pour la signature de cette pétition[78],[79]. Le réalisateur continue cependant d'avoir de nombreux soutiens, à l'instar de l'actrice Sigourney Weaver, que Polanski a dirigée dans La jeune fille et la mort, et qui estime que : « Le mouvement #MeToo demande que nous écoutions ceux qui ont été victimes de harcèlement sexuel ou d’agression sexuelle – et de réellement les écouter. Alors, quand la victime de Roman nous demande à tous d’aller de l’avant avec compréhension et compassion, je choisis de l’écouter »[80]. De son côté, l'actrice Catherine Deneuve a apporté son soutien au réalisateur à plusieurs reprises, estimant notamment que « la façon dont il a été́ traité est inadmissible. Il a plus que payé. Je pense que dans cette histoire beaucoup de femmes sont aveuglées par leur féminisme et ne connaissent même pas en détail les faits juridiquement parlant »[81].

Après la publication du nouveau témoignage de Valentine Monnier en 2019, la journaliste Marine Turchi et l'universitaire Iris Brey, dans Mediapart, estiment que l'avis de Roman Polanski et de ses défenseurs sur le témoignage de Samantha Geimer « a complètement effacé le récit de cette femme, jusqu’à ce que seules leurs voix à eux résonnent dans l’espace public », en véhiculant « de fausses déclarations » et en participant « à une culture du viol »[19].

Conséquences et polémiques[modifier | modifier le code]

L'affaire Polanski a suscité plusieurs polémiques. Le , Roman Polanski est invité à recevoir un prix spécial lors de la 67e édition du Festival de Locarno où il doit également donner une leçon de cinéma[82]. Le , le cinéaste renonce finalement à sa participation par peur des « tensions et des controverses » à la suite d'une campagne hostile lancée sur les réseaux sociaux[83].

Le , l'Académie française des arts et techniques du cinéma désigne Roman Polanski comme président de la prochaine cérémonie des César[84]. Il décide cependant de décliner cet honneur le , des associations féministes ayant vivement protesté contre sa désignation, en raison de sa situation judiciaire. Une pétition a circulé, en faveur de sa destitution ainsi qu'un appel au boycott de l'évènement[85]. Samantha Geimer prend une nouvelle fois publiquement la défense du réalisateur, s'insurgeant contre les associations féministes qu'elle accuse d'utiliser son nom et son histoire sans son consentement afin, selon elle, de servir leurs propres intérêts[86]. Elle dénonce également l'acharnement dont ferait l'objet Polanski et accuse la justice américaine de chercher « à couvrir ses propres erreurs »[87].

Le , des associations féministes s'insurgent contre la rétrospective intégrale des films de Roman Polanski, prévue du au par la Cinémathèque française, et demandent son annulation[88]. Le , l'organisme culturel, présidé par le réalisateur Costa-Gavras, dénonce dans un communiqué une demande de « censure pure et simple » et confirme le maintien de la rétrospective, affirmant que l'œuvre de Polanski est « plus que jamais indispensable »[89]. Le , jour de l'ouverture de la rétrospective en présence de Roman Polanski, quelques dizaines de personnes manifestent leur désapprobation devant la Cinémathèque[90],[91]. Alors qu'il présente à l'intérieur son film D'après une histoire vraie, le réalisateur dénonce les « zinzins » qui veulent détruire son œuvre et évoque un parallèle entre sa situation actuelle et les autodafés de 1933 en Allemagne[92].

Le , dans le sillage de l'affaire Harvey Weinstein, Roman Polanski est exclu de l'Académie des Oscars en accord avec les nouvelles « normes de bonne conduite » de l’organisation. Jan Olszewski, l'avocat polonais du réalisateur, qualifie cette décision de « harcèlement », estime qu'elle « s'apparente à de la maltraitance psychique à l'encontre de notre client, une personne âgée », et ajoute que « Polanski n'a eu qu'un seul incident (de ce genre) dans sa vie, pour lequel il été reconnu coupable, en a assumé la responsabilité, et sa victime lui a pardonné »[93]. Roman Polanski a parallèlement qualifié le mouvement #MeToo d'« hystérie collective » et d'« hypocrisie »[94]. Le , le réalisateur dépose plainte contre l'Académie des Oscars qui, selon lui, n'aurait pas respecté la procédure avant son exclusion, et fait part de son souhait d'y être réintégré[95]. L'organisation estime cependant que la procédure d'exclusion a été faite dans les règles et maintient que sa décision était « appropriée »[96].

En 2019, l'annonce de la sélection de son film J'accuse en compétition officielle à la Mostra de Venise suscite à nouveau la polémique. Le directeur artistique du festival, Alberto Barbera, défend son choix, estimant qu'il est selon lui nécessaire de « séparer l’homme de l’artiste » et ajoute « les problèmes de Polanski avec la justice californienne et sa conscience sont ses problèmes personnels, mis à part le fait que je pense qu’après quarante ans de tribulations, il a payé pour ce qu’il a fait. Mais pour moi, en tant que directeur de festival, ce qui compte, c’est qu’il a fait un grand film »[97]. De son côté, la présidente du jury, la réalisatrice Lucrecia Martel reconnaît sa gêne et annonce qu'elle ne se rendra pas à la soirée de projection officielle du film, soulignant cependant avoir fait des recherches sur l'affaire et avoir vu que « Polanski s'est conformé aux demandes du tribunal, je ne peux donc pas le juger une fois que le tribunal a rendu son jugement »[98]. Elle affirme également ne pas être opposée à la sélection du film en compétition : « Je n'ai pas l'intention d'honorer l'homme, mais je pense qu'il est juste que son film soit ici à ce festival. C'est difficile pour moi de juger un homme qui commet un crime de cette ampleur et qui est ensuite condamné et la victime qui se considère satisfaite de l'indemnisation. C'est difficile de définir la bonne approche à adopter avec les personnes qui ont commis certains actes et qui ont été jugées pour cela. Je pense que ces questions font partie du débat de notre époque »[99].

Autres accusations[modifier | modifier le code]

Le , alors que Roman Polanski est assigné à résidence suite à son arrestation à Zurich, l'actrice britannique Charlotte Lewis, l'accuse d'avoir abusé d'elle « de la pire façon qui soit » en la forçant à avoir une relation sexuelle avec lui lorsqu'elle avait 16 ans, en 1983[100],[19]. Elle se serait confiée peu après à un ami, qui le confirme en 2010 dans une attestation remise à la police[19]. Trois ans après les faits allégués, Charlotte Lewis a tourné dans le film de Polanski Pirates !

Me Georges Kiejman, l'un des avocats de Polanski, menace alors de poursuivre Lewis en justice pour ses accusations[101]. Trois jours plus tard, le quotidien Libération publie un entretien accordé par Charlotte Lewis au journal britannique News of the World en août 1999, dans lequel elle déclare : « Je savais que Roman avait fait quelque chose de mal aux États-Unis, mais je voulais être sa maîtresse. […] Je le désirais probablement plus que lui ne me voulait. » Dans cet entretien, il est précisé que Charlotte Lewis avait 17 ans lorsqu’elle a couché pour la première fois avec Roman Polanski et que leur relation aurait duré plus de six mois. Elle explique comment elle a commencé dès l’âge de 14 ans à avoir des relations sexuelles tarifées avec des hommes plus âgés et relate des voyages au Moyen-Orient en décrivant précisément son rôle de prostituée et mentionne les noms d’autres célébrités avec lesquelles elle aurait eu une liaison[102]. Charlotte Lewis dément avoir tenu ces propos et indique qu'elle en reste aux déclarations faites à la police et qu'elle « [serait] heureuse d’être confrontée à Roman Polanski, en face à face, n’importe quand, n’importe où dans le monde[19]. » Questionné par Paris Match, le réalisateur répond que l'accusation de Lewis est un « mensonge odieux » et que l'actrice a donné plusieurs entretiens à la presse après le tournage de Pirates ! dans lesquels elle lui rend hommage[103]. Il s'agit notamment d'un article paru dans France-Soir le 9 mai 1986 à l'occasion de la sortie du film dans lequel elle déclare : « Je dois tout à Roman Polanski, à Dieu et à ma mère qui m'a mise au monde ». À propos de sa rencontre avec Polanski, elle explique également : « Une amie à lui nous a présentés. Il cherchait sa Dolores (nom du personnage incarné par Lewis dans le film). Il me fit faire des essais. Et hop je fus engagée[104]. »

Le , alors que Roman Polanski souhaite à nouveau faire mettre un terme à ses poursuites judiciaires (voir Le procès en Pologne et ses suites), une femme identifiée sous le nom de « Robin M. » l'accuse de l'avoir agressée sexuellement en 1973, alors qu'elle avait 16 ans. « Robin » indique alors qu'elle sort de son silence parce que Samantha Geimer a demandé de clore son dossier deux mois plus tôt, pour « que le monde et Samantha sache qu’elle n’est pas la seule victime de Polanski et [qu'elle n'est] pas passée à autre chose »[19]. L'avocat du cinéaste, Me Harland Braun, déclare avoir rapporté les accusations à son client, qui lui a répondu qu’il ne savait pas « de quoi il s’agissait », et dénonce « une tentative d’influencer le juge Gordon », chargé du dossier de 1977 que Roman Polanski tente une nouvelle fois de clôturer[105]. Robin M. et Charlotte Lewis, qui ont la même avocate, ne déposent pas plainte contre Polanski.

Le , poussée par le témoignage de « Robin M. » quelques semaines plus tôt, une ancienne actrice allemande, Renate Langer, dépose une plainte en Suisse et affirme avoir été violée par le réalisateur dans sa maison de Gstaad alors qu'elle avait 15 ans ; un mois plus tard, il l'aurait appelée pour s'excuser, lui offrant également un rôle, qu'elle accepte, dans son film Quoi ?[106],[19]. La police suisse annonce alors ouvrir une enquête[107] avant de déclarer prescrites les accusations[108]. Renate Langer explique avoir décidé de parler en grande partie parce que ses parents n’étaient désormais plus en vie, après s'être confiée à son petit ami plusieurs années après les faits[19]. Polanski déclare : « C'est vraiment n'importe quoi […] Je n'ai aucun souvenir de sa présence sur le tournage[103]. »

Le 20 octobre 2017, Marianne Barnard, une artiste de Santa Barbara, affirme dans un entretien avec le tabloïd britannique The Sun avoir été abusée par Roman Polanski en 1975 alors qu'elle avait dix ans, lors d'une séance photo. Les faits qu'elle mentionne se seraient produits sur une plage de Malibu où elle avait été amenée par sa mère, qu'elle soupçonne d'avoir arrangé la rencontre[109]. Dans une série de messages postés sur son compte Twitter, Barnard décrit Polanski comme étant un « disciple de Satan »[110]. Dans l'interview donné à Paris Match, Polanski qualifie cette accusation de « tragi-comique » et d' « absurde ». Il s'étonne que personne n'ait « demandé des comptes » à la mère de Barnard pour avoir prétendûment « vendu sa fille à un pervers » et indique que le frère de cette femme « a déclaré sur des documents officiels qu'elle avait déjà accusé son père de l'avoir violée et qu'elle a fait deux séjours en hôpital psychiatrique[103]. »

Le , la presse rapporte que Roman Polanski a déposé plainte pour diffamation contre Matan Uziel, responsable de la mise en ligne d'une plateforme intitulée « I Met Polanski » (« J'ai rencontré Polanski ») et chargée de recueillir de façon anonyme et cryptée des témoignages d'autres victimes potentielles du réalisateur[111],[112]. Uziel a été la première personne à entrer en contact avec Marianne Barnard. Celle-ci affirme que Matan Uziel serait un « intimidateur abusif » et l'accuse de l'avoir harcelée après avoir refusé de témoigner en sa faveur lors de son procès contre Polanski[113],[114]. Elle estime également que la demande d'Uziel était un piège pour la faire venir en Israël et faire d'elle un « donneur d'organes involontaire »[115]. Le , le tabloïd The Sun rapporte que cinq femmes (âgées de 9 à 15 ans selon les témoignages), sous couvert d'anonymat, et Mallory Millett (29 ans à l'époque des faits présumés), ancienne actrice, auraient affirmé sur la plateforme de Matan Uziel avoir été agressées sexuellement par le réalisateur[116] contre la promesse d'une récompense de vingt mille dollars. Uziel déclare être à la recherche « des informations et des preuves pour aider à prouver ces accusations » et promet la récompense, qu'il avoue pourtant ne pas pouvoir payer, à quiconque puisse lui fournir un « tuyau » suffisamment solide pour incriminer Polanski[111]. L'avocat de ce dernier, Hervé Témime, parle d'une « dérive gravissime » à propos des allégations relayées par le site : « Un site qui lève des fonds, pour inciter à la délation, on dépasse toutes les limites de l'acceptable ! La fin ne saurait justifier tous les moyens. Je suis très gêné par cette atmosphère de chasse à l'homme[111]. » Alors que Roman Polanski réclamait à Uziel 1,5 million de shekels, somme qu'il comptait reverser dans son intégralité à des associations israéliennes de victimes de la Shoah[112], il abandonne finalement les poursuites en , après que la justice israélienne lui ait demandé de venir témoigner sur place, pour ne pas risquer d'être arrêté et extradé vers les États-Unis[117]. Polanski se voit alors condamné par la justice israélienne à payer à Uziel vingt mille shekels (soit environ cinq mille quatre-cents dollars), somme destinée à couvrir ses frais de justice[118].

Dans un droit de réponse publié sur Vanity Fair le , Roman Polanski conteste, à l'exception de celle concernant Samantha Geimer, toutes les accusations « sans fondement » dont il fait l'objet[119].

Le , Valentine Monnier, photographe francaise, accuse Roman Polanski de l'avoir violée brutalement dans son chalet de Gstaad en 1975, alors qu'elle était âgée de 18 ans[120]. Celui-ci réagit : « Je n'ai évidemment aucun souvenir de ce qu'elle raconte, puisque c'est faux » et met en évidence plusieurs incohérences dans le récit de Valentine Monnier.

Notes et références[modifier | modifier le code]

Références[modifier | modifier le code]

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