Sylviane Agacinski

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher
Page d'aide sur l'homonymie Pour les articles homonymes, voir Agacinski.
Sylviane Agacinski
Delanoe Zenith 2008 02 27 n20.jpg

Sylviane Agacinski en 2002

Naissance
Voir et modifier les données sur Wikidata (72 ans)
Nades (Allier)
Nationalité
Formation
École/tradition
phénoménologie
Œuvres principales
Corps en miettes, Politique des sexes, Métaphysique des sexes.
Fratrie
Conjoint
Sylviane Agacinski en 2002

Sylviane Agacinski est une philosophe française, née le à Nades, dans l'Allier[1]. D'abord proche de Jacques Derrida, elle participe à ses côtés à la création en 1975 du Groupe de recherches sur l'enseignement philosophique (Greph), qui milite pour une réforme de l'enseignement de la philosophie au lycée, puis à la direction du Collège international de philosophie. Elle enseigne à l'École des hautes études en sciences sociales de 1991 à 2010.

Elle intervient publiquement sur les questions de genre dans les années 2000, défendant une approche réformiste différentialiste — favorable à la parité et au mariage homosexuel au nom de l'égalité mais opposée, au nom de l'importance symbolique de la différence sexuelle, à l'adoption plénière pour les couples homosexuels. Elle milite également contre la prostitution et la grossesse pour autrui, qu'elle perçoit comme une marchandisation du corps des femmes.

Elle est l'épouse de Lionel Jospin.

Biographie[modifier | modifier le code]

Fille d’Henri Agacinski, ingénieur des mines et fils d'immigré polonais et de Raymonde Lejeune, née dans l'Allier, elle est la sœur de la comédienne Sophie Agacinski. Elle fait ses études au lycée Juliette-Récamier de Lyon, passe sa licence de philosophie à l'université de Lyon où elle suit notamment les cours de Gilles Deleuze et d'Henri Maldiney. Elle prépare ensuite les concours du CAPES et de l'agrégation de philosophie à la Sorbonne à Paris.

Sylviane Agacinski est reçue aux concours du CAPES et de l'agrégation de philosophie. Elle enseigne successivement au lycée Gérard-de-Nerval à Soissons et au lycée Carnot de Paris. C'est à cette époque, qu'elle participe à la création du Greph, Groupe de recherches sur l'enseignement philosophique puis à la direction du Collège international de philosophie, aux côtés notamment de Jacques Derrida avec lequel elle a un fils, Daniel[2], né hors mariage en 1984. En 1991, elle est affectée comme professeur agrégée à l’EHESS (École des hautes études en sciences sociales), qu'elle quitte en 2010 lors de sa retraite.

Sylviane Agacinski épouse l'ex-ministre Lionel Jospin le 30 juin 1994. Elle fait campagne pour son époux en 1995 puis, en 2002, lorsque celui-ci par deux fois, se porte candidat à l'Élysée. Entre 1997 et 2002, le couple Jospin vit à l'hôtel Matignon, Lionel Jospin ayant dirigé le gouvernement de la troisième cohabitation.

C'est sous son gouvernement qu'elle milite pour la loi sur la parité hommes-femmes de 2000[3]. Dans son ouvrage Politique des sexes (Seuil, 2008), elle théorisait philosophiquement la nécessité de la parité pour faire advenir une mixité des sexes dans l'espace public.

Elle a publié de nombreux articles et livres, dont les derniers sont consacrés à la question des rapports entre les sexes. «Mes thèmes de travail ne sont pas liés à ma vie privée», prévient-elle. Elle déteste «tomber dans le biographique» mais concède joliment qu’elle a tout «fait dans le désordre» : « Le célibat, puis un enfant, puis un mariage avec un autre [Lionel Jospin]. » Cet enfant, porté à 38 ans, va bouleverser ses conceptions théoriques[4].

Prises de position[modifier | modifier le code]

  • Dans Politique des sexes, Engagements et dans la presse, elle prend position pour la parité.
  • Dans Corps en miettes, et dans la presse, elle développe une longue argumentation contre toute légalisation des mères porteuses, pratique qui implique selon elle une aliénation de la personne et une marchandisation du corps des femmes les plus vulnérables. Elle dénonce en général l'extension du marché du corps, qu'il s'agisse du marché biologique ou du marché du sexe.
  • Aux côtés du Mouvement du Nid, qui « milite pour une société sans prostitution[5] », elle s'oppose à toute règlementation de la prostitution.
  • Sylviane Agacinski est en faveur du mariage pour tous [6], mais met en garde sur les conséquences de l'effacement de la filiation. Elle s'oppose à l'idée d'« homoparenté », c'est à dire à l'effacement de la filiation biologique sexuée[7]. Pour Sylviane Agacinski, « le lien de filiation unissant un enfant à ses parents est universellement tenu pour bilatéral, et cette bilatéralité serait inintelligible si elle ne s'étayait directement sur la génération sexuée », cela au nom de « l'identité de structure entre le couple géniteur, sexué, et la bilatéralité de la filiation ». De ce fait, la notion d'homoparentalité doit pour elle tenir compte de la distinction entre le lien biologique et le lien juridique. Pour autant, elle pense à titre personnel que le droit à l'adoption des homosexuels est légitime, mais ajoute que celui des deux parents non adoptant doit se voir reconnaître un lien juridique simple de type « beau-parent » et non de parent, qu'elle identifie bilatéralement avec celui de géniteur. Ainsi, un enfant adopté ne peut pas avoir de parents au sens d'Agacinski, et un enfant conçu par assistance médicale avec donneur (PMA avec donneur de sperme) dans un couple hétérosexuel n'a qu'un parent propre : la mère biologique[réf. nécessaire]. Elle est opposée à la GPA[8]. Elle milite au sein du Collectif pour le respect de la personne (CoRp), qui se bat pour l'abolition universelle de la maternité de substitution[9].
  • Dans une interview au Figaro en janvier 2017, elle déclare : "Demander à des femmes de louer leur corps, le temps d'une grossesse, et d'accoucher d'un enfant qu'elles devront abandonner à d'autres dès sa naissance, c'est faire de leur vie un instrument de production. Celles qui acceptent un tel contrat disent toujours qu'elles le font pour des raisons économiques. Le scandale, c'est que certains États tolèrent ou légalisent de tels marchés et que la Cour européenne des droits de l'homme ferme les yeux sur cette commercialisation de la personne humaine, celle de la femme comme celle de l'enfant. Il est temps que cesse la complaisance honteuse à l'égard de ceux qui pratiquent un tourisme procréatif."[10]

Œuvres[modifier | modifier le code]

[réf. incomplète]

  • Aparté, conceptions et morts de Søren Kierkegaard, Aubier, 1978
  • Critique de l'égocentrisme, la question de l'Autre, Galilée, 1994
  • Volume, philosophie et politique de l'architecture, Galilée, 1996
  • Politique des sexes, mixité et parité, Seuil, La Librairie du XXe siècle, 1998
  • Le Passeur de temps, modernité et nostalgie, Seuil, La Librairie du XXe siècle, 2000
  • Journal interrompu, 25 janvier-25 mai 2002, Seuil, 2002
  • Politique des Sexes, éd. Le Seuil, 2002. Sur la question de la différence et du différend sexuels dans la démocratie.
  • Métaphysique des Sexes, éd. Le Seuil, 2005. Sur la question de la différence et du différend sexuels dans la théologie.
  • Métaphysique des sexes, masculin féminin aux sources du christianisme, Points-poche, 2007 (ISBN 2-7578-0288-7)
  • Engagements, Seuil, 2007
  • Le Drame des sexes. Ibsen, Strindberg, Bergman, Seuil, coll. « Librairie du XXIe siècle », 2008
  • Corps en miettes, éd. Flammarion, 2009. Critique de la marchandisation du corps humain.
  • La Plus Belle Histoire des femmes, avec Françoise Héritier, Michelle Perrot, Nicole Bacharan, Seuil, 2011
  • Femmes entre sexe et genre, Seuil, 2012. Conteste la réduction du sexe au genre.

Radio[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Source : liberation.fr
  2. Devenu normalien et agrégé de philosophie Centre Prospero
  3. Laure Bereni, De la cause à la loi : Les mobilisations pour la parité politique en France (1992-2000) (thèse de doctorat), (lire en ligne)
  4. « http://www.liberation.fr/societe/2009/06/11/tout-sur-la-mere_564074 »
  5. mouvementdunid.org
  6. Sylviane Agacinsku : « Jamais la technique n'abolira le désir », interview par Werner D, Elle, 28 octobre 2013
  7. Le Monde du 22 juin 2007, « L’homoparentalité en question » : « Ce n'est pas la sexualité des individus qui a jamais fondé le mariage ni la parenté, mais d'abord le sexe, c'est-à-dire la distinction anthropologique des hommes et des femmes. […] »
  8. Julia Pascual, « Les opposants de gauche à la GPA tentent de se mobiliser », lemonde.fr, 3 février 2016.
  9. « Membres du Collectif CoRP », CoRP,‎ (lire en ligne)
  10. Eugénie Bastié et Vincent Tremolet de Villers, « Sylviane Agacinski : «La GPA, pratique contraire aux droits humains, ne peut pas être éthique» », Le Figaro,‎ (ISSN 0182-5852, lire en ligne)

Article connexe[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

Sur les autres projets Wikimedia :