Sylviane Agacinski

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Sylviane Agacinski
Image dans Infobox.
Sylviane Agacinski en 2008
Naissance
Voir et modifier les données sur Wikidata (76 ans)
Nades (Allier)
Nationalité
Formation
École/tradition
phénoménologie
Œuvres principales
Corps en miettes, Politique des sexes, Métaphysique des sexes.
Fratrie
Conjoint
Enfant
Daniel Agacinski (d)Voir et modifier les données sur Wikidata
Sylviane Agacinski en 2002.

Sylviane Agacinski est une philosophe française, née le à Nades, dans l'Allier[1].

D'abord proche de Jacques Derrida, elle participe à ses côtés à la création en 1975 du Groupe de recherches sur l'enseignement philosophique (Greph), qui milite pour une réforme de l'enseignement de la philosophie au lycée, puis à la direction du Collège international de philosophie. Elle enseigne à l'École des hautes études en sciences sociales de 1991 à 2010.

Elle est connue pour ses réflexions sur l'altérité sexuelle et la génération. Celles-ci la conduisent à critiquer l'adoption plénière pour les couples homosexuels et à s'opposer à la gestation pour autrui ainsi qu'à l'extension de l'assistance médicale à la procréation aux couples de femmes et aux femmes seules.

Biographie[modifier | modifier le code]

Fille d’Henri Agacinski, ingénieur des Mines et fils d'immigré polonais, et de Raymonde Lejeune, née dans l'Allier, elle est la sœur de la comédienne Sophie Agacinski. Elle fait ses études au lycée Juliette-Récamier de Lyon, passe sa licence de philosophie à l'université de Lyon où elle suit notamment les cours de Gilles Deleuze et d'Henri Maldiney. Elle prépare ensuite les concours du CAPES et de l'agrégation de philosophie à la Sorbonne à Paris.

Sylviane Agacinski est reçue aux concours du CAPES et de l'agrégation de philosophie[2]. Elle enseigne successivement au lycée Gérard-de-Nerval à Soissons et au lycée Carnot de Paris[2]. C'est à cette époque, qu'elle participe à la création du Greph, Groupe de recherches sur l'enseignement philosophique puis à la direction du Collège international de philosophie, aux côtés notamment de Jacques Derrida avec lequel elle a un fils, Daniel[3], né hors mariage en 1984. En 1991, elle est affectée comme professeur agrégée à l’EHESS (École des hautes études en sciences sociales)[2], qu'elle quitte en 2010 lors de sa retraite.

Le , elle épouse Lionel Jospin, pour lequel elle fera campagne l'année suivante, puis en 2002, lorsque par deux fois il se portera candidat à l'élection présidentielle. Entre 1997 et 2002, le couple Jospin vit à l'hôtel Matignon, période durant laquelle Lionel Jospin dirige le gouvernement de la troisième cohabitation. Sylviane Agacinski est une de ceux qui l'amèneront à soutenir le projet de Pacte civil de solidarité (PACS)[4], promulgué en 1999. C'est sous son gouvernement qu'elle milite pour la loi sur la parité hommes-femmes de 2000[5]. Dans son ouvrage Politique des sexes (Seuil, 1998), elle théorisait philosophiquement la nécessité de la parité pour faire advenir une mixité des sexes dans l'espace public.

De sa lecture de Søren Kierkegaard, elle a tiré deux livres : Aparté (Aubier, 1978) et Critique de l'égocentrisme (Galilée, 1994). Elle a depuis publié de nombreux articles et livres, dont les derniers sont consacrés à la question de l'altérité sexuelle et de la génération sexuée. «Mes thèmes de travail ne sont pas liés à ma vie privée», prévient-elle. Elle déteste «tomber dans le biographique» mais concède qu’elle a tout «fait dans le désordre» : « Le célibat, puis un enfant, puis un mariage avec un autre [Lionel Jospin]. » Cet enfant, porté à 38 ans, va bouleverser ses conceptions théoriques[6].

Réflexions sur les femmes[modifier | modifier le code]

Sylviane Agacinski considère que « les femmes ne sont ni une minorité ni un groupe particulier »[2].

Prises de position et controverses[modifier | modifier le code]

Elle est opposée à la GPA[7]. Elle milite ainsi au sein du Collectif pour le respect de la personne (CoRp)[2], « collectif pour l'abolition universelle de la maternité de substitution »[8]. Dans un essai, publié en juin 2019 et intitulé L'Homme désincarné, à propos de la procréation médicalement assistée ouverte aux couples de femmes et aux femmes seules, elle déplore que tout soit justifié au nom « des intérêts individuels et des demandes sociétales »[9]. Elle voit dans la GPA « une forme inédite d'esclavage » qui « s'approprie l'usage des organes d'une femme et le fruit de cet usage »[10].

Dans le contexte de ces débats, en octobre 2019, une conférence sur « l'être humain à l'époque de sa reproductibilité technique » prévue à l'université Bordeaux-Montaigne est annulée à la dernière minute, à la suite de menaces émanant de diverses associations LGBT, qui dénoncent une militante « réactionnaire, transphobe et homophobe »[11],[12].

Œuvres[modifier | modifier le code]

  • Aparté. Conceptions et morts de Søren Kierkegaard, Aubier, 1978
  • Critique de l'égocentrisme. La question de l'Autre, Galilée, 1994
  • Volume. Philosophie et politique de l'architecture, Galilée, 1996
  • Politique des sexes. Mixité et parité, Seuil, La Librairie du XXe siècle, 1998. Sur la question de la différence et du différend sexuels dans la démocratie.
    • Réédition poche : Le Seuil, 2002
  • Le Passeur de temps. Modernité et nostalgie, Seuil, La Librairie du XXe siècle, 2000
  • Journal interrompu, -, Seuil, 2002
  • Métaphysique des sexes. Masculin/féminin aux sources du christianisme, éd. Le Seuil, 2005. Sur la question de la différence et du différend sexuels dans la théologie.
  • Engagements, Seuil, 2007
  • Le Drame des sexes. Ibsen, Strindberg, Bergman, Seuil, coll. « Librairie du XXIe siècle », 2008
  • Corps en miettes, éd. Flammarion, 2009. Critique de la marchandisation du corps humain.
  • Femmes entre sexe et genre, Seuil, 2012. Conteste la réduction du sexe au genre.
  • Le tiers-corps : Réflexions sur le don d'organes, Paris, Seuil, , 240 p. (ISBN 978-2-02-139359-0)[13].
  • L’homme désincarné. Du corps charnel au corps fabriqué, Gallimard, coll. Tracts, 2019

Participation à des ouvrages collectifs[modifier | modifier le code]

Radio[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Source : liberation.fr
  2. a b c d et e Isabelle Lacoue-Labarthe, « Sylviane Agacinski », Dictionnaire des féministes, PUF,‎ , p. 11-14
  3. Devenu normalien et agrégé de philosophie Centre Prospero
  4. Blandine Grosjean, « Socialistes: en avoir ou Pacs. Evoqué depuis 1992, le projet a mûri très lentement », liberation.fr, 23 septembre 1998.
  5. Laure Bereni, De la cause à la loi : Les mobilisations pour la parité politique en France (1992-2000) (thèse de doctorat), université Paris 1 Panthéon – Sorbonne, (lire en ligne)
  6. « http://www.liberation.fr/societe/2009/06/11/tout-sur-la-mere_564074 »
  7. Julia Pascual, « Les opposants de gauche à la GPA tentent de se mobiliser », lemonde.fr, 3 février 2016.
  8. « Membres du Collectif CoRP », CoRP,‎ (lire en ligne, consulté le )
  9. « Sylviane Agacinski : « Avec la PMA, on crée le rêve de l'enfant sur commande », Le Point, 27 juin 2019
  10. Sylviane Agacinski, L'homme désincarné : du corps charnel au corps fabriqué, dl 2019 (ISBN 978-2-07-286734-7 et 2-07-286734-7, OCLC 1110653280, lire en ligne)
  11. « Université de Bordeaux : la conférence de Sylviane Agacinski annulée après des menaces », sur SudOuest.fr (consulté le )
  12. « Conférence annulée de Sylviane Agacinski à Bordeaux : des personnalités réagissent », sur SudOuest.fr (consulté le )
  13. BnF,catalogue
  14. « Source : France Culture », .
  15. « Profession philosophe (44/74) Sylviane Agacinski, philosophe des sexes », sur France Culture, (consulté le )

Liens externes[modifier | modifier le code]

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