Pascal Boniface

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Pascal Boniface, né le à Paris, est un géopolitologue français.

Fondateur et directeur de l'Institut de relations internationales et stratégiques, il a traité de l'arme nucléaire, du conflit israélo-palestinien, et de géopolitique du sport — notamment dans le domaine du football.

Biographie[modifier | modifier le code]

Formation[modifier | modifier le code]

Pascal Boniface a étudié au lycée Saint-Exupéry de Mantes-la-Jolie, puis à l'université Paris-XIII[1] et à l'Institut d'études politiques de Paris[2].

Il est diplômé d'études approfondies en science politique (1980)[2] et docteur d'État en droit public (1985)[1].

Parcours[modifier | modifier le code]

Pascal Boniface a enseigné à l’Institut d'études politiques de Lille et à celui de Paris, ainsi qu'à l'université Paris 13 Nord Villetaneuse. Il est maître de conférences à l'Institut d'études européennes de l'université Paris-VIII, dans les champs des relations internationales et de la géopolitique[3].

Depuis 1985, il publie annuellement L'Année stratégique. Il lance en 1991 La Revue internationale et stratégique, trimestrielle, dans laquelle interviennent des experts et hommes politiques internationaux.

En 1996, il développe le concept de « prolifération étatique ». Le chercheur observe que les guerres sont de moins en moins des guerres de conquêtes et de plus en plus des guerres de sécession, que celles-ci sont rarement pacifiques et qu'elles débouchent sur une « prolifération étatique » ; un défi « peut-être plus dangereux pour la stabilité internationale » que la prolifération nucléaire[4].

À partir de 1997, il va commencer à travailler sur les aspects stratégiques et diplomatiques du sport et développe une « géopolitique du sport »[5].

Il est membre du Conseil consultatif pour les questions de désarmement de l'ONU de 2001 à 2005[6]. Il est administrateur à l'Institut des hautes études de Défense nationale (IHEDN) de 1998 à 2004. Il est membre du Comité de soutien et de réflexion de l'Académie diplomatique africaine (ADA) et membre du Haut Conseil de la coopération internationale de 1999 à 2003[7].

Politique[modifier | modifier le code]

Il milite au PSU jusqu'en 1980, année durant laquelle il rejoint le Parti socialiste. Il travaille de 1986 à 1988 auprès du groupe parlementaire socialiste à l'Assemblée nationale[réf. souhaitée].

De 1988 à 1992, Pascal Boniface est conseiller dans les cabinets ministériels de Jean-Pierre Chevènement, alors ministre de la Défense, puis de Pierre Joxe lors de ses ministères à l'Intérieur et la Défense[6].

Il quitte le Parti socialiste en 2003.

Médias[modifier | modifier le code]

Il est éditorialiste pour les quotidiens La Croix (France), La Vanguardia (Espagne), Réalités (Tunisie), Al-Ittihad (Émirats arabes unis)[7] et tient un blog, hébergé par Mediapart. Il a contribué au Plus de l'Obs[8]. Par ailleurs, il intervient dans les médias audiovisuels, notamment sur France 5 dans C dans l'air.

IRIS[modifier | modifier le code]

En 1990, Pascal Boniface crée l'Institut de relations internationales et stratégiques (IRIS). Au fil des années, cet institut qu'il dirige devient l'un des principaux centres français de recherche dans ce domaine et, d'après son directeur, le seul « dont la création n’ait pas été décidée par l’État, mais résulte d’une initiative privée[9] ». Il est reconnu d'utilité publique depuis 2009. L'institut — seul « think tank » français avec l'IFRI — a été classé 26e au classement Global Go-to Think Tank 2014 de l'Université de Pennsylvanie, dans la catégorie Top Foreign Policy and international Affairs Think Tank[10].

En 2001 à la suite d'une note interne au parti socialiste où il occupe la fonction de délégué national pour les questions stratégiques, plusieurs personnalités démissionnent du conseil d'administration de l'IRIS, qui manque de disparaître[11].

Positions[modifier | modifier le code]

Conflit israélo-palestinien[modifier | modifier le code]

En 2001, il plaide dans une note interne pour une modification de la politique du PS à l'égard du conflit israélo-palestinien, en affirmant qu'il serait en matière de politique internationale ; « préférable, pour chacun, de faire respecter des principes universels et non pas le poids de chaque communauté »[12],[13],[14].

En 2002, il crée la polémique au sein de la communauté juive, pour avoir comparé Ariel Sharon et Jörg Haider connu pour ses positions ambiguës sur le nazisme[n 1]. Selon le quotidien Libération ; « dans le journal suisse Le Temps, il propose […] sur le ton de la dérision d'inscrire Israël dans la liste des pays de «l'axe du Mal» ![16] »

En 2003, Laurent Fabius et Serge Weinberg démissionnent du conseil d'administration de l'Iris[réf. nécessaire]. Après la parution de l'ouvrage de Pascal Boniface Est-il permis de critiquer Israël ?[17], L'Arche — l'un des magazines du judaïsme français — publie le mois suivant un article titré Est-il permis d'être antisémite ?[18],[19]. En juin, Alfred Grosser démissionne du conseil de surveillance de L'Express[20], peu de temps après avoir publié une critique du livre de Boniface dans laquelle il écrivait que l'auteur avait « raison de mettre en lumière les abus de la "victimisation" »[n 2].

En juillet 2003, Pascal Boniface quitte le Parti socialiste[21]. Selon Jean-Dominique Merchet (Libération) ; après avoir été exclu de son poste de délégué national pour les questions stratégiques, Boniface quitte le parti en critiquant l'« alignement excessif sur les positions pro-israéliennes de la communauté juive »[16]. Pour Le Monde, le géopolitologue reproche plutôt au PS « de privilégier "ceux qui ont une lecture ethnique du conflit israélo-palestinien" »[15]. Pascal Boniface affirme avoir accepté de renoncer au poste après que Pierre Moscovici le lui a conseillé « face à la polémique » — tout en étant « prêt à rester membre du PS et à participer à différents groupes d'experts ou réunions sans titre » —, et avoir quitté le parti à la suite de critiques exprimées publiquement par Dominique Strauss-Kahn[21],[22].

Laïcité[modifier | modifier le code]

À l'occasion d'un débat sur la laïcité prévu[n 3] à Cergy en novembre 2015, Laurence Marchand-Taillade[n 4] ouvre une polémique en critiquant notamment l'invitation de Pascal Boniface qui, selon elle, « alimente la théorie du complot islamophobe »[23]. Elle affirme dans un entretien accordé au Figaro que lui et Rokhaya Diallo (également invitée au débat) sont des « ennemis déclarés de la laïcité »[24].

Pour Pascal Boniface : « Polémistes et essayistes très présents dans les médias ont une vision de la laïcité qui oppose les religions et diabolise avant tout l’islam, alors que les chercheurs en sciences sociales tentent de faire valoir que dans l’esprit du législateur de 1905, celle-ci était avant tout une loi de liberté[25]. »

Les Intellectuels faussaires[modifier | modifier le code]

Dans son ouvrage polémique publié en 2011, Les Intellectuels faussaires, Pascal Boniface s'attaque à quelques intellectuels français tels que Bernard-Henri Lévy, Alexandre Adler, Caroline Fourest, Philippe Val[n 5] et Frédéric Encel (qu'il accuse d'être un ancien responsable du Betar qui « masque ses positionnements communautaires pour se faire passer pour un universitaire “objectif ” »). Il qualifie Caroline Fourest de « serial menteuse » et Bernard-Henri Lévy de « Seigneur et maître des faussaires », il dénonce chez ces figures médiatisées une « dérive déontologique » dont le dénominateur commun serait « un traitement démagogique de l'information ». Il soutient ainsi qu'« au lieu de permettre au citoyen de réfléchir à des phénomènes complexes, on simplifie à l'extrême, on fournit à l'opinion publique des produits intellectuellement frelatés ou toxiques et on fabrique des leurres idéologiques[27]. »

Frédéric Encel a toujours réfuté ces accusations et y répond dans son livre Géopolitique de l'Apocalypse[28].

Commentant le livre en juillet 2011 sur le site Acrimed, Alain Thorens et Mathias Reymond reprochent à P. Boniface de ne pas avoir cité les travaux antérieurs qui exprimaient une défiance à l'égard des individus dont les prises de position sont dénoncées dans le livre[29].

Alain Beuve-Méry, pour Le Monde, écrit que « Pascal Boniface ressasse et règle manifestement ses comptes, même s'il s'en défend […] l'essai s'inscrit dans une veine pamphlétaire, ce qui en constitue la principale limite. Certes, les intellectuels faussaires qu'ils désignent ne sont pas tous, loin de là, exempts de reproches […] Mais à trop vouloir détruire ses cibles, Boniface le polémiste finit par les manquer[30]. »

En 2015, Caroline Fourest lui a répondu et a commenté : « Pascal Boniface […] traite de “faussaires” tous les intellectuels ne partageant pas sa complaisance envers l'islam politique de Tariq Ramadan ou du Hezbollah... Alors qu'il a été condamné pour contrefaçon (c'est assez rare) après avoir publié sous son seul nom un livre écrit par un collectif de chercheurs[31]. »[n 6]

Les Intellectuels intègres[modifier | modifier le code]

Pascal Boniface publie en 2013 Les Intellectuels intègres, contrepoint du précédent livre, dans lequel il rend hommage à quinze intellectuels (Jean Baubérot, Esther Benbassa, Rony Brauman, Régis Debray, Alfred Grosser, Stéphane Hessel, Olivier Mongin, Edgar Morin, Emmanuel Todd, Tzvetan Todorov, Jean-Christophe Victor, Michel Wieviorka, Catherine Wihtol de Wenden, Dominique Wolton et Jean Ziegler), qui sont, selon l'auteur « des intellectuels réellement dévoués à l'intérêt commun, qui ont une vraie œuvre, qui peuvent aller contre le sens des vents dominants[33]. »

Prix et distinctions[modifier | modifier le code]

Décorations[modifier | modifier le code]

Prix[modifier | modifier le code]

Autres activités publiques[modifier | modifier le code]

Pascal Boniface préside l'Association pour l'attribution du nom de Léo Ferré à un espace public de la ville de Paris[35]. Le samedi ont été inaugurés la place Léo-Ferré et le square Léo-Ferré, dans le 12e arrondissement de Paris[36].

Pascal Boniface a créé les Géopolitiques de Nantes, rencontre annuelle durant laquelle est décerné le prix du livre géopolitique.

Football[modifier | modifier le code]

Pascal Boniface a dirigé un groupe de prospective sur l'avenir du football auprès de la Fédération française de football, et il fut secrétaire général de la Fondation du football[réf. souhaitée].

Il est membre du jury du prix de l'Union des clubs professionnels de football et du comité scientifique de la Fondation Lilian Thuram pour l'éducation contre le racisme[37].

Il est membre du Conseil national d'éthique de la FFF[38].

Ouvrages[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. P. Boniface écrit, dans sa note interne au PS de 2001 : « Peut-on diaboliser Haider et traiter normalement Sharon, qui ne s'est pas, lui, contenté de dérapages verbaux mais est passé aux actes ? »[12],[15]
  2. Cet article avait provoqué de vives réactions de lecteurs publiées dans le magazine, A. Grosser a regretté de ne pas avoir été informé par avance « l'empêchant ainsi d'y répondre immédiatement »
  3. Annulé[réf. souhaitée] à la suite des attentats du 13 novembre 2015 en France
  4. Présidente de l'association Observatoire de la Laïcité du Val d'Oise, Secrétaire nationale du PRG chargée des libertés individuelles et des droits nouveaux
  5. Selon Guillaume Weill-Raynal, P. Val, qui tient un discours proche de celui de C. Fourest, s'en prend « violemment » — dans un éditorial de Charlie Hebdo publié le 3 août 2005 — à P. Boniface « coupable à ses yeux, d'avoir […] dressé un bilan sévère (qui, à cette époque, relevait déjà de l'évidence) de l'intervention américaine en Iraq »[26].
  6. P. Boniface et la société éditrice sont condamnés pour « violation des droits d’auteur » ; la deuxième édition du Lexique des relations internationales (2000), écrit sous sa direction, ne mentionnait pas correctement — contrairement à la première publication (1995) — les collaborateurs, membres de l'équipe des enseignants de relations internationales de l'Université Paris-Nord ayant travaillé à la rédaction de l'ouvrage[32].

Références[modifier | modifier le code]

  1. a et b Thèse intitulée Les Sources du désarmement, sous la dir. d'Alain Pellet ; notice SUDOC.
  2. a et b « Pascal Boniface », sur sciences-po.asso.fr.
  3. « L’équipe pédagogique », sur univ-paris8.fr
  4. Pascal Boniface, « Danger ! Prolifération étatique », Le Monde diplomatique,‎ , p. 32 (lire en ligne)
  5. http://www.lechorepublicain.fr/eure-et-loir/sports/actualite/football/2014/10/09/pour-pascal-boniface-le-football-est-plus-repandu-qu-internet_11175225.html
  6. a et b Geoffrey Geuens, « Les principaux think tanks français », Quaderni. Communication, technologies, pouvoir, no 70,‎ , p. 79–88 (ISSN 2105-2956, DOI 10.4000/quaderni.511, lire en ligne)
  7. a et b Biographie, « Pascal Boniface », sur diploweb.com,
  8. http://leplus.nouvelobs.com/pascal-boniface http://leplus.nouvelobs.com/pascal-boniface
  9. Pascal Bonniface, « Éditorial », Revue internationale et stratégique, no 41,‎ , p. 17-20 (lire en ligne)
  10. (en) « 2014 Global Go To Think Tank Index Report » [PDF], sur university of Pensylavania.edu
  11. Pascal Boniface, « Éditorial », Revue internationale et stratégique, no 80,‎ , p. 7-19 (lire en ligne)
  12. a et b Note interne, en annexe d'ouvrage (P. Boniface 2003), « Note envoyée en avril 2001 à François Hollande et Henri Nallet », sur books.google.fr (consulté le 17 juin 2017)
  13. Pascal Bonniface, La France malade du conflit israélo-palestinien, Paris, Salvator, , 222 p. (ISBN 2706711159)
  14. Pascal Boniface, « Israël-Palestine: la loi du nombre ou la vertu des principes? », sur blogs.mediapart.fr,
  15. a et b Pascal Dillane, « Campagne contre Pascal Boniface : Les gardiens de la bienséance pro-israélienne », sur acrimed.org,
  16. a et b « Israël fait claquer la porte du PS », sur Libération, (consulté le 8 juin 2017)
  17. Laffont, avril 2003
  18. L'arche, no 543, mai 2003
  19. Pascal Dillane, « Antisémitisme : Langlois répond au Nouvel Obs », sur acrimed.org,
  20. Olivier Costemalle, « Alfred Grosser quitte «l'Express» »,
  21. a et b « Le géopolitologue Pascal Boniface quitte le Parti socialiste », sur lemonde.fr,
  22. Pascal Boniface, « Les ambiguïtés du Printemps républicain et de Gilles Clavreul », sur blogs.mediapart.fr,
  23. « Cergy : polémique autour des invités du débat sur la laïcité »(ArchiveWikiwixArchive.isGoogleQue faire ?), sur leparisien.fr,
  24. « Témoignage : quand les élus locaux flirtent avec l'islam radical » sur lefigaro.fr du 30 novembre 2015
  25. « Pascal Boniface : L’image de la France dans le monde musulman », sur la-croix.com, (consulté le 18 juin 2017)
  26. Guillaume Weill-Raynal], Les Nouveaux Désinformateurs, Armand Colin, (lire en ligne), « Trois cas de maillon faible »
  27. « BHL, Fourest, Adler, Val : intellos "faussaires" de Boniface », Hela Khamarou, rue89.com, 31 juillet 2011.
  28. Frédéric Encel, Géopolitique de l'Apocalypse : La démocratie à l'épreuve de l'islamisme, Champs Flammarion, p. 205-208.
  29. A. Thorens et M. Raymond, « Pascal Boniface, un copiste solitaire contre les "intellectuels faussaires" ».
  30. Voir sur lemonde.fr.
  31. Caroline Fourest, Éloge du blasphème, Grasset, 2015, chapitre : « Ces intellectuels qui confondent Kouachi et Dreyfus ».
  32. « Qualification d'un lexique en œuvre de collaboration », LEGICOM, no 29,‎ , p. 134-136 (DOI 10.3917, lire en ligne)
  33. « Trois questions à Pascal Boniface, auteur des Intellectuels intègres », L'Express.
  34. J. D., « Légion d'honneur : Bachelot, Cresson, Uderzo et Pérec parmi les décorés », Le Journal du dimanche,‎ (lire en ligne). Voir aussi : « Au grade d’officier : M. Boniface (Pascal, Pierre) » [PDF], p. 13
  35. Robert Belleret, Dictionnaire Ferré, Fayard, 2013. Section 19.
  36. « Paris offre enfin une place et un square à Léo Ferré », sur Rue89 (consulté le 7 janvier 2017)
  37. http://www.thuram.org.
  38. Liste des Commissions juridiques de la FFF.

Annexes[modifier | modifier le code]

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Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]