Pascal Boniface

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Pascal Boniface
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Pascal Boniface au 21e Maghreb des Livres,
Paris, les 7 et .

Naissance (60 ans)
Paris
Nationalité Française
Pays de résidence Drapeau de la France France
Profession

Pascal Boniface, né le à Paris, est un géopolitologue français, fondateur et directeur de l'Institut de relations internationales et stratégiques. Il a notamment traité de l'arme nucléaire et du conflit israélo-palestinien avant de développer un intérêt croissant pour la géopolitique du sport, notamment du football.

Parcours[modifier | modifier le code]

Pascal Boniface a étudié au lycée Saint-Exupéry de Mantes-la-Jolie, puis à l'université Paris-XIII, à Villetaneuse où il obtient une maîtrise de Droit public puis un DEA (Diplôme d'études approfondies) de Droit public.

Il milite au PSU jusqu'en 1980, année durant laquelle il rejoint le Parti socialiste. Diplômé de 3e cycle à l'Institut d'études politiques de Paris, il devient docteur d'État en droit international public en 1985, après avoir soutenu sa thèse sur « Les sources du désarmement »[1]. Il travaille de 1986 à 1988 auprès du groupe parlementaire socialiste à l'Assemblée nationale.

De 1988 à 1992, Pascal Boniface est conseiller dans les cabinets ministériels de Jean-Pierre Chevènement, alors ministre de la Défense, puis de Pierre Joxe lors de ses ministères à l'Intérieur et la Défense.

En 1990, Pascal Boniface crée l'Institut de relations internationales et stratégiques (IRIS), dont le premier budget est de 20 000 F, soit environ 3 000 €. Au fil des années, cet institut qu'il dirige devient l'un des principaux centres français de recherche dans ce domaine et le seul de cette taille à n'avoir pas été créé par l'État. Il est reconnu d'utilité publique depuis 2009. L'institut — seul think tank français avec l'IFRI — a été classé 26e au classement Global Go-to Think Tank 2014 de l'Université de Pennsylvanie, dans la catégorie Top Foreign Policy and international Affairs Think Tank[2] et à la 4e place du Baromètre d'image des Think Tanks mené par l'Institut Think, en partenariat avec l’Observatoire des Think Tanks[3].

Pascal Boniface a enseigné à l’Institut d'études politiques de Lille et à celui de Paris, ainsi qu'à l'université Paris 13 Nord Villetaneuse. Il est actuellement maître de conférences à l'Institut d'études européennes de l'université Paris-VIII[4].

Depuis 1985, il publie annuellement L'Année stratégique. Il lance en 1991 La Revue internationale et stratégique, trimestrielle, dans laquelle interviennent de nombreux experts et hommes politiques internationaux.

En 1996, il développe le concept de « prolifération étatique ». Il observe que les guerres sont de moins en moins des guerres de conquêtes et de plus en plus des guerres de sécession, que celles-ci sont rarement pacifiques et qu'elles débouchent sur une « prolifération étatique » réelle et dangereuse et moins virtuelle que la prolifération nucléaire, dont il était à l'époque spécialiste[5].

À partir de 1997, il va commencer à travailler sur les aspects stratégiques et diplomatiques du sport et développe une « géopolitique du sport », dont il devient un pionnier.

Il est membre du Conseil consultatif pour les questions de désarmement de l'ONU de 2001 à 2005. Il est administrateur à l'Institut des hautes études de défense nationale (IHEDN) de 1998 à 2004. Il est membre du Comité de soutien et de réflexion de l'Académie diplomatique africaine (ADA) et membre du Haut Conseil de la coopération internationale de 1999 à 2003.

En 2001, dans une note interne au Parti socialiste où il occupe la fonction de délégué national pour les questions stratégiques, il plaide pour une modification de la politique du PS à l'égard du conflit israélo-palestinien. Il estime que le PS se met en contradiction en renvoyant dos à dos l'occupant et l'occupé et plaide pour le respect des principes universels et non sur le poids de chaque communauté. « À miser sur son poids électoral pour permettre l’impunité du gouvernement israélien, la communauté juive est perdante là aussi à moyen terme. La communauté d’origine arabe et/ou musulmane s’organise également, voudra faire contrepoids et, du moins en France, pèsera plus vite lourd, si ce n’est déjà le cas. Il serait donc préférable pour chacun de faire respecter des principes universels et non pas le poids de chaque communauté[6] ». Plusieurs personnalités démissionnent du conseil d'administration de l'IRIS, qui manque de disparaître. Pascal Boniface quitte le PS en 2003.

Il est éditorialiste pour les quotidiens français La Croix, espagnol La Vanguardia et émirati Al-Ittihad et tient l'un des blogs les plus consultés[réf. nécessaire] sur les questions stratégiques[7]. Il a également longtemps contribué au Plus de l'Obs[8]. Par ailleurs, il intervient fréquemment dans les médias pour y décrypter l'actualité internationale, notamment sur France 5 dans C dans l'air. Il donne de nombreuses conférences en France et à l'étranger.

Positions[modifier | modifier le code]

Les Intellectuels faussaires[modifier | modifier le code]

Dans cet ouvrage polémique publié en 2011, et selon son auteur initialement refusé par quatorze éditeurs, Pascal Boniface s'attaque à quelques intellectuels français tels que Bernard Henri Levy, Alexandre Adler, Caroline Fourest , Philippe Val et Frédéric Encel qu'il accuse d'être un ancien responsable du Bétar qui « masque ses positionnements communautaires pour se faire passer pour un universitaire « objectif » ». Au-delà des amabilités qu'il leur sert (« sérial menteuse » pour Caroline Fourest, « Seigneur et maître des faussaires » pour BHL), il dénonce chez ces figures médiatisées une « dérive déontologique » dont le dénominateur commun serait un traitement démagogique de l'information. Il soutient ainsi qu'« au lieu de permettre au citoyen de réfléchir à des phénomènes complexes, on simplifie à l'extrême, on fournit à l'opinion publique des produits intellectuellement frelatés ou toxiques et on fabrique des leurres idéologiques[9]. » Un an après sa sortie, le livre s'est vendu à plus de 40 000 exemplaires[10].

Les Intellectuels intègres[modifier | modifier le code]

Il publie en 2013 Les Intellectuels intègres, contrepoint du précédent livre, dans lequel il rend hommage à quinze intellectuels (Jean Baubérot, Esther Benbassa, Rony Brauman, Régis Debray, Alfred Grosser, Stéphane Hessel, Olivier Mongin, Edgar Morin, Emmanuel Todd, Tzvetan Todorov, Jean-Christophe Victor, Michel Wieviorka, Catherine Wihtol de Wenden, Dominique Wolton et Jean Ziegler), qui sont, selon l'auteur « des intellectuels réellement dévoués à l'intérêt commun, qui ont une vraie œuvre, qui peuvent aller contre le sens des vents dominants[11]. »

La France malade du conflit israélo-palestinien[modifier | modifier le code]

Interrogé en par l’Association France-Palestine Solidarité sur les attaques dont il fait régulièrement l'objet, il estime qu'en matière de politique étrangère il suit depuis une vingtaine d’années une « ligne politique gaullo-mitterrandienne » constante et cohérente qui explique toutes ses positions, de l’Ukraine à la Chine en passant par l’Amérique latine, l’Afrique, le Proche-Orient et les États-Unis. Sur le conflit israélo-palestinien, il observe que beaucoup d'intellectuels français ne prennent pas position sur ce sujet et n'osent pas critiquer le gouvernement israélien de peur d’être accusé d’antisémitisme. Selon lui, il existe « des pressions directes ou indirectes », et « de l’autocensure » sur ce conflit dans les milieux politiques, médiatiques et intellectuels français[12].

Publications[modifier | modifier le code]

Pascal Boniface a écrit une cinquantaine d'ouvrages, alternant essais et livres pédagogiques sur les questions stratégiques, traitant de la politique extérieure de la France, des questions nucléaires, des grands équilibres stratégiques, de la sécurité européenne, du conflit du Proche-Orient et de ses répercussions sur la société française et sur les rapports de force internationaux, ainsi que du rôle du sport dans les questions internationales. Il a développé le concept de géopolitique du sport, en particulier du football, en appliquant une grille de lecture géopolitique aux événements sportifs mondiaux.

(ISBN 978-2-212-56416-7)

Prix et distinctions[modifier | modifier le code]

Décorations[modifier | modifier le code]

Prix[modifier | modifier le code]

  • Prix Vauban, décerné par l'Association des auditeurs de l'IHEDN en 2012 pour L'Année stratégique et la reconnaissance du rôle de l'IRIS dans l'animation de débats stratégiques.

Autres activités publiques[modifier | modifier le code]

Pascal Boniface préside l'Association pour l'attribution du nom de Léo Ferré à un espace public de la ville de Paris : le samedi ont été inaugurés la place Léo-Ferré et le square Léo-Ferré, dans le 12e arrondissement de Paris, jardin de près de 1 000 m2 comprenant un jardin pédagogique, un jardin partagé, des jeux pour enfants en bois.

Pascal Boniface a également dirigé un groupe de prospective sur l'avenir du football auprès de la Fédération française de football, et il fut secrétaire général de la Fondation du football. Il est membre du jury du prix de l'Union patronale des clubs professionnels de football et du comité scientifique de la Fondation Lilian Thuram pour l'éducation contre le racisme[14]. Il est également membre du Conseil national d'Éthique de la FFF[15].

Enfin, Pascal Boniface a créé les Géopolitiques de Nantes, rencontre annuelle durant laquelle est décerné le prix du livre géopolitique[16].

Références[modifier | modifier le code]

Annexes[modifier | modifier le code]

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Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]