Pascal Boniface

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Pascal Boniface
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Pascal Boniface au 21e Maghreb des Livres,
Paris, en février 2015.

Naissance (60 ans)
Paris
Nationalité Française
Pays de résidence Drapeau de la France France
Profession

Pascal Boniface, né le à Paris, est un géopolitologue français, fondateur et directeur de l'Institut de relations internationales et stratégiques.

Il a traité de la géopolitique du sport notamment du football , de l'arme nucléaire et du conflit israélo-palestinien.

Parcours[modifier | modifier le code]

Pascal Boniface a étudié au lycée Saint-Exupéry de Mantes-la-Jolie, puis à l'université Paris-XIII, à Villetaneuse où il obtient une maîtrise de Droit public puis un DEA (Diplôme d'études approfondies) de Droit public. Diplômé de 3e cycle à l'Institut d'études politiques de Paris, il devient docteur d'État en droit international public en 1985, après avoir soutenu sa thèse sur « Les sources du désarmement »[1].

Pascal Boniface a enseigné à l’Institut d'études politiques de Lille et à celui de Paris, ainsi qu'à l'université Paris 13 Nord Villetaneuse. Il est actuellement maître de conférences à l'Institut d'études européennes de l'université Paris-VIII[2].

Depuis 1985, il publie annuellement L'Année stratégique. Il lance en 1991 La Revue internationale et stratégique, trimestrielle, dans laquelle interviennent des experts et hommes politiques internationaux.

En 1996, il développe le concept de « prolifération étatique ». Il observe que les guerres sont de moins en moins des guerres de conquêtes et de plus en plus des guerres de sécession, que celles-ci sont rarement pacifiques et qu'elles débouchent sur une « prolifération étatique » réelle et dangereuse [3]et moins virtuelle que la prolifération nucléaire, dont il était à l'époque spécialiste[réf. souhaitée].

À partir de 1997, il va commencer à travailler sur les aspects stratégiques et diplomatiques du sport et développe une « géopolitique du sport »[4].

Il est membre du Conseil consultatif pour les questions de désarmement de l'ONU de 2001 à 2005[5]. Il est administrateur à l'Institut des hautes études de défense nationale (IHEDN) de 1998 à 2004. Il est membre du Comité de soutien et de réflexion de l'Académie diplomatique africaine (ADA) et membre du Haut Conseil de la coopération internationale de 1999 à 2003.

Politique[modifier | modifier le code]

Il milite au PSU jusqu'en 1980, année durant laquelle il rejoint le Parti socialiste. Il travaille de 1986 à 1988 auprès du groupe parlementaire socialiste à l'Assemblée nationale.

De 1988 à 1992, Pascal Boniface est conseiller dans les cabinets ministériels de Jean-Pierre Chevènement, alors ministre de la Défense, puis de Pierre Joxe lors de ses ministères à l'Intérieur et la Défense[5].

En 2001, dans une note interne au Parti socialiste où il occupe la fonction de délégué national pour les questions stratégiques, il plaide pour une modification de la politique du PS à l'égard du conflit israélo-palestinien. Il estime que le PS se met en contradiction en renvoyant dos à dos l'occupant et l'occupé et plaide pour le respect des principes universels et non sur le poids de chaque communauté. « À miser sur son poids électoral pour permettre l’impunité du gouvernement israélien, la communauté juive est perdante là aussi à moyen terme. La communauté d’origine arabe et/ou musulmane s’organise également, voudra faire contrepoids et, du moins en France, pèsera plus vite lourd, si ce n’est déjà le cas. Il serait donc préférable pour chacun de faire respecter des principes universels et non pas le poids de chaque communauté[6] ».

Pascal Boniface après avoir été « viré de son poste de délégué national » quitte le PS en 2003 en critiquant l'« alignement excessif sur les positions pro-israéliennes de la communauté juive »[7].

Médias[modifier | modifier le code]

Il est éditorialiste pour les quotidiens français La Croix, espagnol La Vanguardia et émirati Al-Ittihad et tient l'un des blogs les plus consultés[réf. nécessaire] sur les questions stratégiques. Il a contribué au Plus de l'Obs[8]. Par ailleurs, il intervient dans les médias, notamment sur France 5 dans C dans l'air.

IRIS[modifier | modifier le code]

En 1990, Pascal Boniface crée l'Institut de relations internationales et stratégiques (IRIS). Au fil des années, cet institut qu'il dirige devient l'un des principaux centres français de recherche dans ce domaine et, d'après son directeur, le seul « dont la création n’ait pas été décidée par l’État, mais résulte d’une initiative privée[9] ». Il est reconnu d'utilité publique depuis 2009. L'institut — seul think tank français avec l'IFRI — a été classé 26e au classement Global Go-to Think Tank 2014 de l'Université de Pennsylvanie, dans la catégorie Top Foreign Policy and international Affairs Think Tank[10].

En 2001 à la suite d'une note interne au parti socialiste où il occupe la fonction de délégué national pour les questions stratégiques, plusieurs personnalités démissionnent du conseil d'administration de l'IRIS, qui manque de disparaître.

Positions[modifier | modifier le code]

Pour Laurence Marchand-Taillade[11] interviewée dans Le Figaro fin 2015, Pascal Boniface et Rokhaya Diallo sont des « ennemis déclarés de la laïcité »[12].

Les Intellectuels faussaires[modifier | modifier le code]

Le 3 août 2005, un éditorial de Philippe Val dans Charlie Hebdo ciblait Pascal Boniface[13]. En réponse, dans son ouvrage polémique publié en 2011, Les Intellectuels faussaires, celui-ci s'attaque à quelques intellectuels français tels que Bernard Henri Levy, Alexandre Adler, Caroline Fourest, Philippe Val et Frédéric Encel (qu'il accuse d'être un ancien responsable du Bétar qui « masque ses positionnements communautaires pour se faire passer pour un universitaire “objectif ” »). Au-delà des amabilités qu'il leur sert (« sérial menteuse » pour Caroline Fourest, « Seigneur et maître des faussaires » pour BHL), il dénonce chez ces figures médiatisées une « dérive déontologique » dont le dénominateur commun serait un traitement démagogique de l'information. Il soutient ainsi qu'« au lieu de permettre au citoyen de réfléchir à des phénomènes complexes, on simplifie à l'extrême, on fournit à l'opinion publique des produits intellectuellement frelatés ou toxiques et on fabrique des leurres idéologiques[14]. »

Frédéric Encel a toujours réfuté ces accusations et y répond dans son livre Géopolitique de l'Apocalypse[15].

Commentant le livre en juillet 2011 sur le site Acrimed, Alain Thorens et Mathias Reymond reprochent à P. Boniface de ne pas avoir cité les travaux antérieurs qui exprimaient une défiance à l'égard des individus dont les prises de position sont dénoncées dans le livre[16].

Bruno Gollnisch, membre du bureau politique du Front national, lui consacre un billet élogieux[17].

Alain Beuve-Méry, pour Le Monde, écrit que « Pascal Boniface ressasse et règle manifestement ses comptes, même s'il s'en défend […] l'essai s'inscrit dans une veine pamphlétaire, ce qui en constitue la principale limite. Certes, les intellectuels faussaires qu'ils désignent ne sont pas tous, loin de là, exempts de reproches […] Mais à trop vouloir détruire ses cibles, Boniface le polémiste finit par les manquer. [18] »

En 2015, Caroline Fourest lui a répondu et a commenté : « Pascal Boniface […] traite de “faussaires” tous les intellectuels ne partageant pas sa complaisance envers l'islam politique de Tariq Ramadan ou du Hezbollah[19]. »

Les Intellectuels intègres[modifier | modifier le code]

Pascal Boniface publie en 2013 Les Intellectuels intègres, contrepoint du précédent livre, dans lequel il rend hommage à quinze intellectuels (Jean Baubérot, Esther Benbassa, Rony Brauman, Régis Debray, Alfred Grosser, Stéphane Hessel, Olivier Mongin, Edgar Morin, Emmanuel Todd, Tzvetan Todorov, Jean-Christophe Victor, Michel Wieviorka, Catherine Wihtol de Wenden, Dominique Wolton et Jean Ziegler), qui sont, selon l'auteur « des intellectuels réellement dévoués à l'intérêt commun, qui ont une vraie œuvre, qui peuvent aller contre le sens des vents dominants[20]. »

Prix et distinctions[modifier | modifier le code]

Décorations[modifier | modifier le code]

Prix[modifier | modifier le code]

  • Prix Vauban, décerné par l'Association des auditeurs de l'IHEDN en 2012 pour L'Année stratégique et la reconnaissance du rôle de l'IRIS dans l'animation de débats stratégiques.

Autres activités publiques[modifier | modifier le code]

Pascal Boniface préside l'Association pour l'attribution du nom de Léo Ferré à un espace public de la ville de Paris[22]. Le samedi ont été inaugurés la place Léo-Ferré et le square Léo-Ferré, dans le 12e arrondissement de Paris[23].

Pascal Boniface a créé les Géopolitiques de Nantes, rencontre annuelle durant laquelle est décerné le prix du livre géopolitique.

Football[modifier | modifier le code]

Pascal Boniface a dirigé un groupe de prospective sur l'avenir du football auprès de la Fédération française de football, et il fut secrétaire général de la Fondation du football.

Il est membre du jury du prix de l'Union patronale des clubs professionnels de football et du comité scientifique de la Fondation Lilian Thuram pour l'éducation contre le racisme[24].

Il est membre du Conseil national d'Éthique de la FFF[25].

Publications[modifier | modifier le code]

Références[modifier | modifier le code]

  1. Les ressources de la BNU Strasbourg.
  2. http://iee.univ-paris8.fr/spip.php?article39
  3. [1].
  4. http://www.lechorepublicain.fr/eure-et-loir/sports/actualite/football/2014/10/09/pour-pascal-boniface-le-football-est-plus-repandu-qu-internet_11175225.html
  5. a et b Geoffrey Geuens, « Les principaux think tanks français », Quaderni. Communication, technologies, pouvoir, no 70,‎ , p. 79–88 (ISSN 2105-2956, DOI 10.4000/quaderni.511, lire en ligne)
  6. Cf.La France malade du conflit israélo-palestinien (édité en 2014 chez Salvator), où la note est reproduite dans son intégralité.
  7. http://www.liberation.fr/france/2003/07/18/israel-fait-claquer-la-porte-du-ps_440058
  8. http://leplus.nouvelobs.com/pascal-boniface http://leplus.nouvelobs.com/pascal-boniface
  9. Pascal Bonniface, « Éditorial », Revue internationale et stratégique, no 41,‎ , p. 17-20 (lire en ligne)
  10. (en) « 2014 Global Go To Think Tank Index Report » [PDF], sur university of Pensylavania.edu
  11. Secrétaire nationale du PRG chargée des libertés individuelles et des droits nouveaux et présidente de l'Observatoire de la Laïcité du Val d'Oise.
  12. « Témoignage : quand les élus locaux flirtent avec l'islam radical » sur lefigaro.fr du 30 novembre 2015.
  13. Les Nouveaux Désinformateurs de Guillaume Weill-Raynal, Armand Colin, 2007, chapitre « Trois cas de maillon faible ».
  14. « BHL, Fourest, Adler, Val : intellos "faussaires" de Boniface », Hela Khamarou, rue89.com, 31 juillet 2011.
  15. Frédéric Encel, Géopolitique de l'Apocalypse : La démocratie à l'épreuve de l'islamisme, Champs Flammarion, p. 205-208.
  16. A. Thorens et M. Raymond, « Pascal Boniface, un copiste solitaire contre les "intellectuels faussaires" ».
  17. Voir sur gollnisch.com.
  18. Voir sur lemonde.fr.
  19. Éloge du blasphème, Caroline Fourest, Grasset, 2015, chapitre : « Ces intellectuels qui confondent Kouachi et Dreyfus ».
  20. « Trois questions à Pascal Boniface, auteur des Intellectuels intègres » L'Express.
  21. J. D., « Légion d'honneur : Bachelot, Cresson, Uderzo et Pérec parmi les décorés », Le Journal du dimanche,‎ (lire en ligne). Voir aussi https://www.greyc.fr/sites/default/files/secretariat/faits-marquants/journal-officiel-14-07-2013.pdf
  22. Robert Belleret, Dictionnaire Ferré, Fayard, 2013. Section 19.
  23. « Paris offre enfin une place et un square à Léo Ferré », sur Rue89 (consulté le 7 janvier 2017)
  24. http://www.thuram.org.
  25. Liste des Commissions juridiques de la FFF.

Annexes[modifier | modifier le code]

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Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]