Union juive française pour la paix
| Fondation |
|---|
| Sigle |
UJFP |
|---|---|
| Type | |
| Forme juridique |
Association déclarée |
| Domaine d'activité |
Autres organisations fonctionnant par adhésion volontaire (France) |
| Objectif | |
| Siège | |
| Pays |
| Affiliation | |
|---|---|
| Idéologie | |
| Publication | |
| Site web |
| RNA | |
|---|---|
| SIREN | |
| OpenCorporates |
L’Union juive française pour la paix (UJFP) est une organisation juive laïque, universaliste et antisioniste. Elle incarne une ligne proche de la gauche radicale et de la Ligue Communiste Révolutionnaire, dont sont issus plusieurs de ses fondateurs.
Historique
[modifier | modifier le code]Affiliée à l'Union juive internationale pour la paix, l'Union juive française pour la paix est une association loi de 1901 fondée à Paris, lors de la fête de Pessa'h, en par Richard Wagman[1],[2].
Fondée dans le contexte des accords d'Oslo, elle connait plusieurs centaines d'adhésions avec l'arrivée au pouvoir d'Ariel Sharon en Israël[3].
Depuis , l'UJFP publie une revue trimestrielle, De l'autre côté.
L'UJFP représente un courant internationaliste qui a toujours existé dans la population juive[4],[5].
Selon la sociologue Martine Cohen, « ce sont des antisionistes qui flirtent avec l'antisémitisme, qui résument Israël à la colonisation en ignorant toute la dimension de mouvement national juif et de son histoire au XIXe siècle », affirmant que l'UJFP est souvent perçue comme « infréquentable » au sein de la communauté juive[6].
En , l'UJFP publie le « Manifeste des enfants cachés » et dresse un parallèle entre le crime de solidarité et les enfants cachés pendant l'Occupation de la France par l'Allemagne durant la Seconde Guerre mondiale[7],[8].
En , Eyal Sivan, essayiste et réalisateur franco-israélien, tourne avec l'UJFP dix vidéos pédagogiques ayant pour but de « déconstruire les stéréotypes concernant les Juifs »[9].
En , l'UJFP intervient juridiquement en soutien au Collectif Palestine vaincra dans la procédure en référé qui conteste la dissolution de ce dernier par le gouvernement devant le Conseil d'État[10]. La requête, également défendue par l'Union syndicale Solidaires et par l'Association France Palestine Solidarité obtient gain de cause et la dissolution est suspendue[10],[11]. La requête est finalement rejetée au fond le et la dissolution confirmée[12],[13].
En , le Parquet national antiterroriste ouvre une enquête préliminaire pour « financement du terrorisme » à la suite d'une plainte d'une association contre les envois de fonds de l'UJFP vers la bande de Gaza. Les financements à Gaza passent par Amir Eleiwa, relais local de l'UJFP et d'Humani’Terre, une association elle aussi visée en France par une enquête pour « financement du terrorisme »[14]. La banque Crédit Coopératif ferme les comptes de l'association[14],[15]. L’UJFP indique avoir trouvé une nouvelle banque et poursuivre son activité à Gaza. Traditionnellement orientée vers le soutien aux paysans du territoire palestinien (financement d’un château d’eau, de canalisations, de pépinières…), cette action a été redirigée après le début de la guerre de Gaza vers une réponse humanitaire d’urgence ( livraison de tentes et de repas, soutien à la scolarisation...)[15].
Publications
[modifier | modifier le code]- Une parole juive contre le racisme, Paris, Syllepse, , 2e éd. (1re éd. 2016), 108 p. (ISBN 978-2-84950-653-0, lire en ligne).
- Dominique Natanson et Béatrice Orès (postface Richard Srogosz), Parcours de Juifs antisionistes en France, Soissons et Paris, L'Échelle du temple et Syllepse, , 116 p. (ISBN 979-10-399-0024-9).
Militants connus
[modifier | modifier le code]- André Rosevègue
- Béatrice Orès et Pierre Stambul sont, en , les deux coprésidents de l'Union juive française pour la paix. En , Pierre Stambul est la victime d'un swatting perpétré par le « hacker sioniste »[16] Gregory Chelli dit « Ulcan » qui, usurpant son identité et dénonçant un crime imaginaire, conduit à l'intervention du Raid au domicile du militant.
- Michèle Sibony
- Dominique Natanson
Certains militants célèbres sont aujourd'hui décédés :
- Raymond Aubrac
- Pierre Vidal-Naquet
- Daniel Bensaïd
- Marcel-Francis Kahn
- Stéphane Hessel
- Georges Gumpel[17],[18], fils de déporté, partie civile au procès de Klaus Barbie
Notes et références
[modifier | modifier le code]- ↑ Charte de l'UJFP : ici et là.
- ↑ Samuel Ghiles-Meilhac, Le CRIF, de la résistance juive à la tentation du lobby, de à nos jours, Paris, Robert Laffont, coll. « Le monde comme il va », , 353 p. (ISBN 978-2-221-12384-3 et 978-2-221-12462-8, lire en ligne), p. 183.
- ↑ Faïza Zerouala, « Les associations propalestiniennes ont peu de points communs », Le Monde, (consulté le ).
- ↑ Voir, par exemple, Nathan Weinstock, Le Pain de misère : Histoire du mouvement ouvrier juif en Europe, Paris, La Découverte, coll. « Re[découverte] / Sciences humaines et sociales », (1re éd. 1984), 311 et 398 p., 2 tomes (ISBN 2-7071-3810-X, 2-7071-3811-8 et 978-2-7071-7230-3, lire en ligne), ou Alain Brossat et Sylvia Klingberg, Le Yiddishland révolutionnaire, Paris, Syllepse, coll. « Yiddishland », , 291 p. (ISBN 978-2-84950-217-4).
- ↑ Voir aussi le film de Nat Lilenstein, Les Révolutionnaires du Yiddishland, produit par Michel Rotman, Antenne 2, .
- ↑ .
- ↑ Jean-François Corty (avec Dominique Chivot), La France qui accueille, Ivry-sur-Seine, Éditions de l'Atelier-Éditions ouvrières, , 157 p. (ISBN 978-2-7082-4551-8).
- ↑ « Manifeste des enfants cachés », sur ujfp.org, .
- ↑ Rita Bassil, « Eyal Sivan ou une Parole Juive pour la Paix », Travaux et Jours, Université Saint-Joseph de Beyrouth, no 92, , p. 155–163 (lire en ligne [PDF]).
- Camille Polloni, « Le Conseil d'État suspend la dissolution de deux associations propalestiniennes », sur Mediapart, (version du sur Internet Archive).
- ↑ « Le Conseil d'État suspend en référé la dissolution de deux associations pro-palestiniennes », sur conseil-etat.fr, (consulté le ).
- ↑ Jean Chichizola, « Collectif Palestine Vaincra : le Conseil d'État juge légale sa dissolution », Le Figaro, (consulté le ).
- ↑ « Décision no 462981 », sur conseil-etat.fr (consulté le ).
- « L’Union juive française pour la paix soupçonnée de financement du terrorisme », sur Le Point.fr (consulté le )
- « L’UJFP, association juive « antisioniste », voit ses comptes au Crédit coopératif fermés », Le Monde, (lire en ligne, consulté le )
- ↑ Expression utilisée par « Un militant propalestinien arrêté par le Raid après une dénonciation mensongère », Le Figaro, .
- ↑ Présentation des parties civiles du procès Barbie sur France Culture, juillet-août 2004.
- ↑ UJFP, « Livre de souvenirs à la mémoire de Georges Gumpel », sur ujfp.org, (consulté le ).
Voir aussi
[modifier | modifier le code]Bibliographie
[modifier | modifier le code]- Leïla Shahid, Michel Warschawski et Dominique Vidal (avec Isabelle Avran), Les Banlieues, le Proche-Orient et nous, Paris, Éditions de l'Atelier, , 158 p. (ISBN 2-7082-3855-8, lire en ligne) Évoque les interventions de l'UJFP dans les banlieues en compagnie de l'Association des travailleurs maghrébins de France.
Articles connexes
[modifier | modifier le code]- Le réseau européen Juifs européens pour une paix juste
- Revue De l'autre côté
- Antisionisme
- La Paix maintenant (association française)
- Collectif Tsedek!
Liens externes
[modifier | modifier le code]
- (fr + en) Site officiel
- Ressources relatives aux organisations :
- Une interview de Pierre Stambul sur israel-palestine.ch en 2008 (section entretien)
