Adèle Haenel

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Adèle Haenel
Adèle Haenel Cannes 2017.jpg
Adèle Haenel lors du Festival de Cannes 2017.
Biographie
Naissance
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Nationalité
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Distinctions
Films notables
Prononciation

Adèle Haenel [adɛl enɛl][1] est une actrice française, née le [2] à Paris.

Après avoir été nommée aux César dans la catégorie meilleur espoir féminin en 2008 et 2012, elle obtient deux César en 2014 et 2015, celui de la meilleure actrice dans un second rôle dans Suzanne, puis celui de la meilleure actrice pour Les Combattants.

Elle est nommée en 2018 pour le meilleur second rôle pour le film 120 battements par minute[3], et en 2019 pour le César de la meilleure actrice pour son interprétation dans le film En liberté !.

Biographie[modifier | modifier le code]

Jeunesse et formation[modifier | modifier le code]

Adèle Haenel grandit à Montreuil, en Seine-Saint-Denis. Son père, autrichien, est traducteur et sa mère, enseignante[4],[5].

Dès l'âge de cinq ans, elle débute des activités théâtrales et imite les personnages de dessins animés de Tex Avery[6]. Durant ses études, elle suit en parallèle des cours au théâtre et entre en classes préparatoires économiques et commerciales au lycée Montaigne[7], à Paris. Échouant aux concours[8], elle poursuit par des études de sociologie et d'économie à l'université[5],[9]. Éprouvant peu d'entrain pour une vie de cadre en entreprise, elle déclare :

« Je n’ai pas de mépris pour les gens qui choisissent cette vie. […] Ma chance a été de faire du cinéma, de rencontrer des gens qui m’ont sortie de l’horizon bouché qui consistait à penser que l’espoir de ma vie était un CDI[8]. »

Carrière théâtrale et cinématographique[modifier | modifier le code]

À l'âge de treize ans, Adèle Haenel accompagne son frère lors d'un casting sauvage[10], et décroche son premier rôle dans Les Diables aux côtés de Vincent Rottiers[4],[5] où elle interprète une autiste orpheline en fugue.

En 2007, la même directrice de casting du film Les Diables la sollicite pour incarner Floriane, la capitaine d'une équipe de natation synchronisée dans Naissance des pieuvres le premier film de Céline Sciamma[11]. Pour ce rôle, elle est nommée aux César 2008 dans la catégorie meilleur espoir féminin, et le sera à nouveau en 2012[12],[13].

En 2009, elle tourne en Suisse le téléfilm Déchaînées de Raymond Vouillamoz pour lequel sa prestation sera multi-primée dans les festivals de télévision.

En 2011, Adèle Haenel est à l'affiche de trois films présents dans différentes catégories lors du Festival de Cannes 2011 dont L'Apollonide : Souvenirs de la maison close de Bertrand Bonello[9],[5]. En 2012, elle est nommée pour la deuxième fois aux César dans la catégorie meilleur espoir féminin pour son rôle dans L'Appolonide[14].

Elle obtient le César de la meilleure actrice dans un second rôle le , pour le film Suzanne. Au moment de recevoir son trophée, elle fait son coming out en déclarant son amour pour sa compagne Céline Sciamma[15],[16].

Adèle Haenel en 2014, tenant son César du meilleur second rôle pour sa prestation dans le film Suzanne

En , elle joue au théâtre de Gennevilliers dans la première pièce de Valérie Mréjen, Trois hommes verts, aux côtés de Pascal Cervo, Gaëtan Vourc’h et Marie Losier. La pièce est reprise au centre dramatique national Orléans-Loiret-Centre, au Centre national d'art et de culture Georges-Pompidou à Paris et au festival Automne en Normandie 2014.

Elle joue ensuite dans Les Combattants de Thomas Cailley. Le film, présenté dans le cadre de la Quinzaine des réalisateurs au festival de Cannes 2014, remporte quatre prix, notamment l'Art Cinema Award[17] et le Prix FIPRESCI de la Quinzaine[18]. En 2015, elle reçoit le César de la meilleure actrice pour ce film, ainsi que le prix Romy Schneider.

Fin 2016, elle interprète une jeune médecin dans le film La Fille inconnue des frères Dardenne[19]. Ceux-ci ont réécrit le rôle, d'abord écrit pour un personnage plus âgé, après l'avoir rencontrée fortuitement[20],[21]. Elle a ainsi, selon eux, a joué un rôle déterminant dans le projet : « Sans Adèle Haenel, il n'y aurait pas eu de film[22]. »

En 2017, Adèle Haenel est à l'affiche du film 120 battements par minute réalisé par Robin Campillo. Le film a reçu un accueil très chaleureux au 70e Festival de Cannes, a remporté le grand prix du jury, le prix FIPRESCI, la Queer Palm ainsi que le prix du public au festival du film de Cabourg. La comédienne interprète le personnage de Sophie, militante dans le groupe activiste pour la prévention du sida Act Up-Paris dans les années 1990.

En 2018, elle incarne une femme du peuple engagée dans la Révolution française dans le film historique Un peuple et son roi, réalisé par Pierre Schoeller.

Lors du Festival de Cannes 2019, l'actrice est présente sur trois films : Portrait de la jeune fille en feu de Céline Sciamma, en compétition officielle, Les héros ne meurent jamais d'Aude-Léa Rapin durant la Semaine de la critique et Le Daim de Quentin Dupieux qui a ouvert la Quinzaine des réalisateurs[23].

Accusations d'attouchements et de harcèlement sexuel[modifier | modifier le code]

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Enquête, entretien, et droit de réponse publiés par Mediapart[modifier | modifier le code]

Dans une longue enquête réalisée par Marine Turchi, et publiée le 3 novembre 2019 sur Mediapart, Adèle Haenel dénonce « l’emprise » qu'avait sur elle le réalisateur Christophe Ruggia à partir du tournage du film Les Diables. Elle affirme que, après le tournage du film, sa relation avec le réalisateur a « glissé vers autre chose »[24]. Elle l'accuse d’« attouchements » et de « harcèlement sexuel » entre 2001 et 2004, alors qu’elle était âgée de 12 à 15 ans[25],[26],[27]. Les faits allégués se sont déroulés lors de rendez-vous réguliers, le week-end, dans l'appartement parisien du réalisateur, où la conduisait parfois son père[24],[25]. Elle déclare avoir été victime de ce qu'elle considère « clairement comme de la pédophilie et du harcèlement sexuel » :

« Il cherchait à avoir des relations sexuelles avec moi. [...] Je m’asseyais toujours sur le canapé et lui en face dans le fauteuil, puis il venait sur le canapé, me collait, m’embrassait dans le cou, sentait mes cheveux, me caressait la cuisse en descendant vers mon sexe, commençait à passer sa main sous mon T-shirt vers la poitrine. Il était excité, je le repoussais mais ça ne suffisait pas, il fallait toujours que je change de place. [...] il m’en voulait de ne pas consentir, cela déclenchait des crises de sa part à chaque fois[25] »

Elle déclare que le registre de ces crises était la « culpabilisation » et ajoute : « il partait du principe que c'était une histoire d'amour et qu'elle était réciproque, que je lui devais quelque chose, que j'étais une sacrée garce de ne pas jouer le jeu de cet amour après tout ce qu'il m'avait donné. À chaque fois je savais que ça allait arriver. Je n'avais pas envie d'y aller, je me sentais vraiment mal, si sale que j'avais envie de mourir. Mais il fallait que j'y aille, je me sentais redevable »[24], [28],[29].

L'enquête de Médiapart ajoute aux propos d'Adèle Haenel une trentaine de témoignages et deux lettres signées par le réalisateur à l’attention de la jeune actrice, datant de juillet 2006 et juillet 2007, dans lesquelles il évoque son « amour » pour » elle et déplore de devoir « continuer à vivre avec cette blessure et ce manque »[30].

Dans un entretien vidéo avec Edwy Plenel et Marine Turchi, publié le 4 novembre, l'actrice explique pourquoi elle est sortie du silence[31],[32]. Elle détaille trois raisons principales : le visonnage du documentaire Leaving Neverland sur Michael Jackson, dans lequel Wade Robson et James Safechuck affirment avoir été victimes d'abus sexuels de la part du chanteur lorsqu'ils étaient mineurs ; une solidarité avec les victimes de #Meetoo ; et enfin, le fait que le réalisateur prépare un autre film intitulé L'émergence des papillons, avec des adolescents auxquels il donne les mêmes noms que ceux utilisés dans le film Les Diables, soit Chloé et Joseph[33] :

« Je trouvais que c'était vraiment abusé, que c'était vraiment un dernier pied de nez pour faire comme si ça ne s'était pas passé [...] C'était hyper humiliant et ça me mettait encore plus en colère. Je me suis dit : « Mais il peut pas refaire un film avec des adolescents ! Je ne peux pas laisser faire ça ! »[33] »

Le même jour, l'ensemble du conseil d'administration de la Société des réalisateurs de films (SRF) vote le lancement d'une procédure de radiation à l'encontre de Christophe Ruggia[34],[35] qui, pour sa part, conteste « catégoriquement avoir exercé un harcèlement quelconque ou toute espèce d’attouchement sur cette jeune fille alors mineure[25] ». Peu après, il fait paraître un droit de réponse sur Mediapart. Il raconte qu'une « relation, personnelle et professionnelle forte s’est construite » pendant cinq à six mois entre lui et Adèle Haenel à l'occasion du tournage du film Les Diables. Il déclare qu'il a eu envie après le tournage de maintenir le lien qui s'était noué avec ses jeunes acteurs Vincent Rottiers et Adèle Haenel, et qu'il leur a proposé de se « revoir à l’occasion ». Selon lui, Adèle Haenel a « bondi sur l’occasion » et lui a proposé qu'ils se voient le samedi suivant, puis elle est venue chez lui tous les samedis[36]. Il conteste les accusations de « pédophilie » et déclare ne jamais avoir eu à l'égard d'Adèle Haenel « les gestes physiques et le comportement de harcèlement sexuel » dont elle l’accuse. Il affirme avoir « commis l’erreur de jouer les pygmalions avec les malentendus et les entraves qu’une telle posture suscite ». Il évoque une « emprise involontaire » du « metteur en scène à l’égard de l’actrice ». Il ajoute : « Je n'avais pas vu que mon adulation et les espoirs que je plaçais en elle avaient pu lui apparaître, compte tenu de son jeune âge, comme pénibles à certains moments. Si c'est le cas et si elle le peut, je lui demande de me pardonner »[37],[38].

Dans l'entretien accordé à Mediapart, Adèle Haenel insiste par ailleurs sur la nécessité de parler publiquement, espérant « libérer d'autres paroles », exprime sa reconnaissance à l'égard du mouvement #MeToo et évoque un nouvel « engagement politique »[30],[39],[40]. A travers son propos selon lequel « Les monstres ça n'existe pas », France Info relève qu'elle ne cherche pas tant « à pointer du doigt un individu que d'interroger la responsabilité de la société française sur les violences faites aux femmes »[40].

Traitement judiciaire[modifier | modifier le code]

Les faits ne sont pas prescrits, mais l'actrice déclare ne pas vouloir porter plainte, ne faisant pas confiance au système judiciaire qui « condamne si peu les agresseurs »[41]. Le même jour, la ministre de la justice, Nicole Belloubet salue la prise de parole « très courageuse » de l'actrice et déclare qu'« elle a tort de penser que la justice ne peut pas répondre à ce type de situations »[42] tout en jugeant « difficile que le parquet se saisisse des faits tels [qu'elle les a] lus »[41]. Le 6 novembre, le parquet de Paris s'auto-saisit pourtant de l'affaire et confie l'ouverture d'une enquête préliminaire à l'Office Central de la Répression de la Violence faite aux Personnes (OCRVP) pour des faits « d'agressions sexuelles sur mineure de 15 ans par personne ayant autorité » et pour « harcèlement sexuel »[43].

En contradiction avec Nicole Belloubet, Marlène Schiappa, secrétaire d'État chargée de l'Égalité entre les femmes et les hommes, dit « partager, hélas, le constat d'Adèle Haenel », et évoque un « à quoi bonisme ? » des femmes face à la justice[44].

Réactions[modifier | modifier le code]

Adèle Haenel reçoit le soutien de nombreuses personnalités : Brigitte Macron, le ministre de la Culture Franck Riester, les acteurs et actrices Marion Cotillard, Jean Dujardin, Julie Gayet, Gilles Lellouche, Omar Sy, Isabelle Adjani[45],[46],[47],[48],[49].

De nombreux observateurs estiment rapidement que le témoignage d'Adèle Haenel « fera date » et constitue un « basculement » dans l’histoire de l’émancipation des femmes en France et dans l’histoire des médias : Daniel Schneidermann évoque « cette rare impression, d’assister à un moment de basculement, au déroulement majestueux, implacable, de l’Histoire en train de s’écrire » ; Libération, « une bascule vers une prise de conscience plus large des violences faites au femmes, dans le cinéma et au-delà »[50],[51],[52]. Emily Barnett, critique aux Inrockuptibles, estime qu'avec son témoignage, Adèle Haenel « est devenue une icône de liberté, d’égalité et de sororité »[53].

Certains observateurs soulignent l'aspect inédit de la situation dans laquelle la femme qui témoigne est plus puissante que l’homme qu’elle met en cause[52],[39]. Selon Guillemette Odicino, journaliste de Télérama, « pour la première fois dans le cinéma français, une actrice connue et reconnue décide de témoigner, de dénoncer, d’offrir sa souffrance personnelle à autopsier, au service d’une cause générale »[54]. Michel Guerrin, rédacteur en chef au Monde, considère que l’enquête et l'entretien vidéo donné à Mediapart « sont inédits par leurs formes » : « Depuis deux ans, des médias du monde entier accumulent les récits de femmes dénonçant un harcèlement – 80 témoignages contre Weinstein par exemple. L’enquête de Mediapart inverse la proposition : une seule actrice mais une trentaine de témoins qui disent ce qu’ils ont vu lors du tournage des Diables »[55].

Certains observateurs considèrent qu'Adèle Haenel pourrait relancer le mouvement #metoo en France[56],[55]. Une semaine après l'enquête et l'entretien, le magazine Les Inrockuptibles souligne que son témoignage « a provoqué une onde de choc que les personnes de l’industrie [...] interrogées ont ressentie dans leur chair, comme si le cinéma, à travers la parole d’une grande actrice, avait retrouvé subitement sa pertinence majoritaire, sa capacité d’action sur la société »[57]. De même, la rédaction de Mediapart rapporte « une foule de récits » d'hommes et de femmes qui lui sont parvenus sur sa plateforme de blogs, par mail, sur les réseaux sociaux, ou dans les commentaires de ses articles, en réaction au témoignage d'Adèle Haenel : selon le média en ligne, ceux-ci « révèlent un déclic de la responsabilité collective » et donnent « l'impression d'assister à un événement »[58].

Hugues Serraf, journaliste, estime dans Atlantico qu’« il vaut mieux laisser aux juges, aux avocats et aux jurés la prérogative d’expédier des gens en taule. Ça peut sembler anecdotique dit comme ça, […], mais il serait bien qu’il ait droit à un autre tribunal que celui de l’opinion ». Par ailleurs, il relève que Mediapart, le média qui a sorti l’enquête, n’a pas tenu le même discours « dans l’affaire Tariq Ramadan, un télévangéliste radical bien plus gravement mis en cause et de manière bien plus étayée et circonstanciée »[59]. Olivia Dufour, juriste, journaliste et auteure, met en cause « les risques de ces tribunaux médiatiques, ersatz de justice. »[60] Daniel Bougnoux considère que « le raz-de-marée des témoignages libérés par sa voix justifie, à lui seul, l’enquête de Mediapart et l’initiative courageuse de l’actrice », mais déplore le fait que « nous n’entendons pas dans ce concert d’accusations la voix de Christophe Ruggia », et se demande si le choix d'Adèle Haenel de témoigner pour Mediapart plutôt que de porter l'affaire en justice n'ouvre pas « la porte à une grave dérive, et à tous les démons bien connus propres aux réseaux sociaux, indignation facile, jugement passionnel, mimétisme, chasse en meute, etc. », estimant que « les médias dominants, fût-ce le plateau de Mediapart, n’offrent pas les mêmes garanties symboliques » qu'un procès[61].

Prolongements[modifier | modifier le code]

Quelques jours après la publication de l'enquête de Mediapart, la photographe Valentine Monnier accuse Roman Polanski de l'avoir violée et frappée en 1975, alors qu'elle était âgée de 18 ans : elle explique que c'est en raison de la sortie au cinéma du film J'accuse qu'elle a pris la décision de parler, et que le témoignage d'Adèle Haenel lui a donné « les dernières forces nécessaires »[62]. Adèle Haenel est l'une des rares figures du cinéma à lui apporter son soutien[63]. Quelques semaines plus tôt, elle avait obtenu que la projection en avant-première de J'accuse au Festival de La Roche-sur-Yon soit accompagnée d'un débat ayant pour sujet « Qu’est-ce que la différence entre l’homme et l’artiste ? »[64]

Rôles et jeu d'actrice[modifier | modifier le code]

Le talent d'Adèle Haenel est décelé tôt dans sa carrière : beaucoup de témoins du milieu de cinéma, dont la directrice de casting Christel Baras qui l’a découverte puis remise en selle, disent qu’elle est « une actrice née »[53]. Pour décrire le « “style” Haenel », Emily Barnett, critique aux Inrockuptibles, évoque « un corps élégant et délié de géante, une voix heurtée, un air parfois ronchon, de temps à autre de drôles de contractions du visage, des yeux ronds, d’un bleu-vert limpide, un sourire à tomber »[53].

Retraçant sa carrière en 2019, Emily Barnett présente Adèle Haenel comme « l’anti-femme-objet, s’inventant et s’érigeant peut-être, consciemment ou non, contre son ancienne agression. Après nageuse, Adèle Haenel sera, dans le désordre, survivaliste apprentie militaire (Les Combattants), lieutenante de police (En liberté !), militante engagée (120 battements par minute), parisienne révolutionnaire (Un peuple et son roi)... »[53] Elle souligne également ses rôles qui visent à « dénoncer l’aliénation des femmes, par exemple dans le film de Bertrand Bonello, L’Apollonide – Souvenirs de la maison close, où elle incarne une prostituée singeant, dans une fameuse scène, un automate afin de complaire au fantasme morbide d’un client »[53].

Filmographie[modifier | modifier le code]

Cinéma[modifier | modifier le code]

Courts métrages[modifier | modifier le code]

Téléfilms[modifier | modifier le code]

Théâtre[modifier | modifier le code]

Discographie[modifier | modifier le code]

Prix et distinctions[modifier | modifier le code]

Prix[modifier | modifier le code]

Année Prix Catégorie Film
2009 Festival Cinéma tous écrans de Genève Prix d'interprétation féminine Déchaînées
2012 Berlinale 2012 Shooting Stars Award L'Apollonide : Souvenirs de la maison close
2012 Prix Lumières Prix Lumières du meilleur espoir féminin L'Apollonide : Souvenirs de la maison close
2014 39e cérémonie des César César de la meilleure actrice dans un second rôle Suzanne
2014 Festival international du film du Caire Meilleure actrice Les Combattants
2015 40e cérémonie des César César de la meilleure actrice Les Combattants
2015 Prix Romy-Schneider Les Combattants
2016 Festival international du film francophone de Namur Meilleure actrice Orpheline

Nominations[modifier | modifier le code]

Année Nomination Catégorie Film
2008 33e cérémonie des César César du meilleur espoir féminin Naissance des pieuvres
2012 37e cérémonie des César César du meilleur espoir féminin L'Apollonide : Souvenirs de la maison close
2015 Globes de Cristal Meilleure actrice Les Combattants
2018 43e cérémonie des César César de la meilleure actrice dans un second rôle 120 battements par minute
2019 44e cérémonie des César César de la meilleure actrice En liberté !

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Prononciation en français de France retranscrite selon la norme API.
  2. « Biographie de Adèle Haenel », sur Zoom Cinema (consulté le 24 juillet 2010).
  3. « César 2018: les pronostics du Figaro dans toutes les catégories », Le Figaro,‎ (lire en ligne).
  4. a et b « « Nouvelle Rubrique : Espoir - Adèle Haenel » », Excessif,‎ (lire en ligne)
  5. a b c et d « « Adèle Haenel, la belle insurgée » », Libération,‎ (lire en ligne)
  6. « Tout et son contraire », sur francetvinfo.fr, (consulté le 1er mars 2017).
  7. « Adèle Haenel », Les Inrocks,‎ (lire en ligne).
  8. a et b « Adèle Haenel. L’émotion brute », sur parismatch.com, .
  9. a et b « Pourquoi on adore Adèle Haenel », L'Express, 20 mai 2011.
  10. C'est son frère qui au départ est repéré et passe le casting du film et c'est elle qui est finalement choisie lors d'un essai.
  11. Gilles Médioni, « Qui est Adèle Haenel, César 2015 de la meilleure actrice? », L'Express,‎ (lire en ligne).
  12. « Adèle Haenel, César de la meilleure actrice 2015 », sur FranceSoir, (consulté le 13 novembre 2019)
  13. « Les César 2008: "La Môme" et "Un secret" grands favoris », sur ladepeche.fr, (consulté le 13 novembre 2019)
  14. « The Artist couronné aux César », Le JDD, (consulté le 13 novembre 2019)
  15. « Adèle Haenel : un coming out sensible sous forme de déclaration d'amour », sur Première.fr, (consulté le 1er juillet 2018)
  16. Maëlle Le Corre, « Adèle Haenel : «Après la cérémonie des César c’est comme si personne n’avait entendu» », sur Yagg.com, .
  17. « La Quinzaine des réalisateurs séduite par un premier film français, Les Combattants », sur lemonde.fr, (consulté le 23 mai 2014).
  18. (en) « ‘Winter Sleep,’ ‘Jauja,’ ‘Love at First Fight’ Take Cannes Fipresci Prizes », Variety, (consulté le 23 mai 2014)
  19. Samuel Douhaire, « Adèle Haenel enquête sur "La Fille Inconnue", des frères Dardenne », sur telerama.fr, (consulté le 2 mars 2018).
  20. « Adèle Haenel: “Je ne veux pas me résoudre au cynisme” », (consulté le 12 novembre 2019)
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  22. Jacques Brinaire, « Jean-Pierre et Luc Dardenne : "Sans Adèle Haenel, il n'y aurait pas eu de film" », La Nouvelle République du Centre-Ouest,‎ (lire en ligne)
  23. « « Je ne viens pas pour servir la soupe » : entretien avec Adèle Haenel », Vanity Fair,‎ (lire en ligne)
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  29. « Adèle Haenel accuse le réalisateur Christophe Ruggia « d’attouchements » lorsqu’elle était mineure », sur SudOuest.fr, (consulté le 13 novembre 2019)
  30. a et b Daniel Sprimont, « Adèle Haenel : "Les monstres ça n'existe pas. C'est notre société. C'est nous, nos amis, nos pères." », sur France Inter.fr, (consulté le 11 novembre 2019).
  31. [vidéo] Mediapart, Adèle Haenel explique pourquoi elle sort du silence sur YouTube, 4 novembre 2019, durée totale : h 3 min 18 s.
  32. « « Adèle Haenel parle d’elle mais surtout elle s’adresse à nous. En un mot, elle est politique » », Le Monde,‎ (lire en ligne, consulté le 8 novembre 2019)
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  34. Zineb Dryef, « Mis en cause par l’actrice Adèle Haenel, le réalisateur Christophe Ruggia exclu de la Société des réalisateurs de films », Le Monde,‎ (lire en ligne, consulté le 4 novembre 2019)
  35. https://www.lexpress.fr/culture/accusations-d-adele-haenel-le-realisateur-christophe-ruggia-n-a-pas-ete-radie-de-la-srf_2106281.html
  36. « «Mon exclusion sociale est en cours»: Christophe Ruggia répond à Adèle Haenel », Le Figaro, (consulté le 13 novembre 2019)
  37. « Témoignage d’Adèle Haenel : la réponse de Christophe Ruggia », sur mediapart.fr, (consulté le 11 novembre 2019).
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  49. https://www.lesinrocks.com/2019/11/12/cinema/actualite-cinema/les-paroles-puissantes-disabelle-adjani-sur-adele-haenel/
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  55. a et b Michel Guerrin, « Adèle Haenel parle d’elle mais surtout elle s’adresse à nous. En un mot, elle est politique », sur lemonde.fr, (consulté le 10 novembre 2019).
  56. Le HuffPost avec AFP, « Adèle Haenel pourrait réveiller le mouvement #Metoo en France », sur huffingtonpost.fr, (consulté le 11 novembre 2019).
  57. Marilou Duponchel et Olivier Joyard, « Enquête sur le cinéma français après les mots d’Adèle Haenel », sur lesinrocks.com, (consulté le 12 novembre 2019).
  58. Rédaction de Mediapart, « Dans le sillage d'Adèle Haenel, un déclic collectif », sur blogs.mediapart.fr, (consulté le 12 novembre 2019).
  59. Hugues Serraf, « Tribunaux populaires - Présomption d’innocence et tribunaux sont-ils indispensables si l’accusé a vraiment l’air méchant ? », Atlantico,‎ (lire en ligne, consulté le 7 novembre 2019)
  60. Olivia Dufour, « Analyse - Affaire Adèle Haenel : "Les médias fonctionnent sur l’émotion, la justice sur la raison" », Marianne,‎ (lire en ligne, consulté le 7 novembre 2019)
  61. Daniel Bougnoux, « Adèle Haenel, un scénario à la Kafka ? », sur media.blogs.la-croix.com, (consulté le 14 novembre 2019).
  62. Marine Turchi et Iris Brey, « Au fil des ans, cinq adolescentes ont accusé Roman Polanski de violences sexuelles », sur Mediapart, (consulté le 9 novembre 2019).
  63. Le Monde avec AFP, « Invités décommandés, émissions annulées… le cas Polanski embarrasse le cinéma français », sur lemonde.fr, (consulté le 11 novembre 2019).
  64. Fabien Randanne, « « J’accuse » : La programmation du dernier Roman Polanski crée le débat au Festival de La Roche-sur-Yon », sur lemonde.fr, (consulté le 13 novembre 2019).

Annexes[modifier | modifier le code]

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Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Clarisse Fabre, « Adèle Haenel, actrice tout-terrain », Le Monde,‎ (lire en ligne, consulté le 7 novembre 2019)
  • Laurent Carpentier, « Adèle Haenel, l’échappée belle », Le Monde,‎ (lire en ligne)

Liens externes[modifier | modifier le code]