Reuven Rivlin

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Reuven Rivlin
ראובן ריבלין
رؤوفين ريفلين
Reuven Rivlin en 2014.
Reuven Rivlin en 2014.
Fonctions
10e président de l'État d'Israël
En fonction depuis le
(1 an 6 mois et 13 jours)
Élection
Premier ministre Benyamin Netanyahou
Prédécesseur Shimon Peres
16e président de la Knesset

(3 ans 11 mois et 12 jours)
Législature 18e
Prédécesseur Dalia Itzik
Successeur Yuli-Yoel Edelstein
14e président de la Knesset

(3 ans et 1 mois)
Législature 16e
Prédécesseur Avraham Burg
Successeur Dalia Itzik
Ministre des Communications

(1 an 11 mois et 21 jours)
Premier ministre Ariel Sharon
Gouvernement Sharon I
Prédécesseur Binyamin Ben-Eliezer
Successeur Ariel Sharon
Biographie
Date de naissance (76 ans)
Lieu de naissance Jérusalem
(Palestine mandataire)
Nationalité israélienne
Parti politique Likoud
Conjoint Nechama Shulman
Diplômé de Université hébraïque
de Jérusalem
Profession Avocat
Résidence Beit HaNassi (Jerusalem)

Reuven Rivlin
Présidents de l'État d'Israël

Reuven « Ruby » Rivlin, né le 9 septembre 1939, est un homme politique israélien, membre du Likoud et président de l'État d'Israël depuis 2014.

Candidat à la présidence de l'État d'Israël lors du scrutin présidentiel du , soutenu par le Likoud, Rivlin se retire après le premier tour de scrutin, ayant été devancé par l'ancien Premier ministre et prix Nobel de la paix, Shimon Peres.

Candidat du Likoud à l'élection présidentielle du , Reuven Rivlin est élu président de l'État d'Israël pour un mandat de sept ans ; il succède à son ancien rival Shimon Peres le suivant.

Biographie[modifier | modifier le code]

Origines familiales, études et mariage[modifier | modifier le code]

Issue d'une famille vivant à Jérusalem, sa ville natale, depuis 1809, Reuven Rivlin est un descendant des disciples du Gaon de Vilna. Son père, Yosef Yael Rivlin, est en outre l'auteur de la première version hébraïque du Coran[1].

Après avoir étudié le droit à la faculté de l'université hébraïque de Jérusalem, Reuven Rivlin sert comme major dans l'armée, puis devient avocat[2]. Durant cette période, il rencontre Nechma Shulman, née en 1945, qui deviendra son épouse ; de leur union sont nés quatre enfants.

Il est végétarien depuis les années 1960[3].

Carrière politique[modifier | modifier le code]

Membre de la Knesset[modifier | modifier le code]

Élu membre du conseil municipal de la ville de Jérusalem en 1978, il est élu député à la Knesset, le Parlement israélien, en 1988. La même année, il est désigné président du Likoud, parti de droite, et conserve ce titre durant cinq ans, jusqu'en 1993, un an après avoir été vaincu lors des élections législatives.

Il est néanmoins réélu député en 1996. Trois ans plus tard, il conserve son mandat parlementaire après des élections législatives anticipées. Nommé ministre des Communications dans le gouvernement d'Ariel Sharon en 2001, il se démet de ses fonctions moins de deux ans plus tard quand, le , il est désigné président de la Knesset, après les élections législatives.

Deuxième personnage de l'État d'Israël après le président Moshe Katsav, il sort plusieurs fois de la réserve liée à sa fonction pour critiquer sévèrement la politique de désengagement menée par Sharon. Les rapports entre le président de la Knesset et le chef du gouvernement seront de plus en plus tendus tout au long de la législature. Le , il perd la présidence des travaux de la Knesset, qu'il doit laisser à la députée centriste Dalia Itzik.

Première candidature à la présidence de l'État[modifier | modifier le code]

Convoitant de longue date la présidence de l'État d'Israël, dépourvue de pouvoir exécutif mais assurant à celui qui l'occupe un réel prestige, Reuven Rivlin se déclare candidat à l'élection présidentielle du . Le prochain chef de l'État doit rendre à la fonction présidentielle toute sa dignité, puisque que le sortant Moshe Katsav a été suspendu de ses fonctions après des accusations de viol à son encontre.

Présenté comme un candidat sérieux, Reuven Rivlin paraît en mesure de l'emporter face à l'ancien Premier ministre Shimon Peres, dont la candidature est dénigrée par la presse israélienne et une partie de l'échiquier politique. Pourtant, le jour du scrutin, Rivlin ne recueille que 37 voix à l'issue du premier tour, loin derrière Peres qui, lui, en obtient 58. Considéré comme défait d'avance, Rivlin a finalement décidé de retirer sa candidature, et l'élection de Peres paraissait acquise.

Deuxième présidence de la Knesset[modifier | modifier le code]

Le , les députés de la Knesset élisent leur président, et c'est une fois encore Reuven Rivlin qui est désigné par ses pairs, avec une large majorité de 90 voix sur 120 votants. Ayant promis à l'opposition de présider les débats de la chambre de manière impartiale et juste, Rivlin entre régulièrement en conflit avec le Premier ministre et chef du Likoud, Benyamin Netanyahou. Les deux hommes ne s'apprécient pas, et le chef du gouvernement aurait tenté d'empêcher l'élection de Rivlin à la tribune présidentielle de la Knesset.

Le , il provoque une polémique après avoir dit qu'il lui paraissait « préférable d'accepter les Palestiniens comme des citoyens israéliens plutôt que de diviser Israël et la Cisjordanie dans une solution de paix future à deux États ». L'opinion publique s'émeut de ces propos, ce qui fait dire à Rivlin que sa déclaration n'était peut-être pas comprise dans le contexte approprié.

Deuxième candidature à la présidence de l'État[modifier | modifier le code]

Défait par Peres en 2007, Reuven Rivlin espère encore accéder un jour à la présidence de l'État d'Israël, à l'issue du septennat du chef de l'État sortant. Mais conscient qu'il doit bénéficier du soutien de Netanyahou pour être élu, il tente de se rapprocher du Premier ministre qui cherche un autre candidat pour éviter de devoir soutenir Rivlin. Mais la popularité de celui-ci, de même que les scandales financiers et les affaires de mœurs impliquant les proches du chef du gouvernement, font que la candidature de Rivlin à la prochaine élection présidentielle du paraît inévitable.

Officiellement désigné candidat par son parti et fort du soutien du Premier ministre qui le soutient à contrecœur, Reuven Rivlin recueille 44 voix à l'issue du premier tour, contre 31 à Meir Sheetrit, 28 à Dalia Itzik, 13 à Dalia Dorner et 1 à Dan Shechtman. N'ayant pas recueilli la majorité absolue des suffrages, il doit accepter d'être confronté, au second tour, à Sheetrit, parlementaire et ministre au long cours qui ne parvient pas cependant à battre Reuven Rivlin : au second tour, ce dernier est élu président de l'État d'Israël par 63 voix contre 53 pour Sheetrit[4],[5]. À 74 ans, Rivlin devient le dixième chef de l'État israélien en succédant à Peres qui, sept ans plus tôt, l'avait vaincu.

Président de l'État d'Israël[modifier | modifier le code]

Reuven Rivlin prêtant serment devant Peres, le .

Le , Reuven Rivlin est officiellement investi président de l'État d'Israël après avoir prêté serment devant son prédécesseur, Shimon Peres, et les membres de la Knesset. L'investiture de Rivlin a lieu dans un contexte géopolitique particulièrement tendu alors que débute l'opération « Bordure protectrice »[6]. Dans un long discours d'investiture, le nouveau chef de l'État ne manque pas de le rappeler, affirmant cependant que la « guerre contre le terrorisme » est une « juste cause », répondant aux critiques adressées à son pays par la communauté internationale.

Le , après la victoire relative du Likoud aux élections législatives du 17 mars précédent, Reuven Rivlin charge officiellement son vieil adversaire Benyamin Netayhaou de la constitution d'un gouvernement, après une longue série de consultations. Il prend de cours le Premier ministre sortant car en déclarant qu'il était « favorable » à l'investiture d'un gouvernement d'union nationale qui pourrait épargner la démocratie selon lui[7], le président Rivlin rend public le désaccord l'opposant à Netanyahou qui, lui, ne veut constituer qu'un cabinet de droite, ce qu'il fait péniblement quelques mois plus tard.

Tout au long du mois d', Rivlin reçoit des menaces de mort après avoir fait part de son émotion suite à la mort d'un bébé palestinien de dix-huit mois, brûlé vif dans sa maison du fait de l'action d'extrémistes Juifs nationalistes. Accusé de « trahison », présenté comme un « arabe » sur les réseaux sociaux par les plus radicaux, il doit accepter le renforcement de sa sécurité, bien qu'il se dise indifférent aux critiques et menaces le concernant directement, allant jusqu'à reprocher à la société israélienne de ne pas accorder la même importante au terrorisme juif qu'au terrorisme arabe.

Au mois de septembre suivant, alors que les écoles font leur rentrée en Israël, les établissements d'enseignement chrétien sont en grève. Ils protestent contre la baisse de leurs allocations, le gouvernement de Netanyahou favorisant les écoles publiques juives. Dans ce contexte, le président Rivlin s'est imposé comme un médiateur dans le conflit après l'intervention du pape François demandant des comptes au chef du gouvernement[8].

Pensée politique[modifier | modifier le code]

Reuven Rivlin avec Bogdan Borusewicz, lors de sa visite officielle en Pologne (2014).

Considéré comme un « faucon » du Likoud, il s'est déclaré partisan du Grand Israël, se démarquant ainsi de son prédécesseur à la présidence, Shimon Peres, qui avait plaidé pour la création d'un État palestinien[9].

Engagé pour le respect absolu de l'État de droit, il s'est de nombreuses fois opposé à l'extrême droite israélienne, notamment en militant pour une meilleure intégration des citoyens arabes dans la société et reste respecté au-delà des clivages politiques, comme le montre le soutien reçu par le quotidien centre gauche Haaretz dans sa course à la présidence d'Israël[9]. Il se penche par exemple en mai 2015 sur une meilleure intégration des Israéliens d'origine éthiopienne, après les manifestations de ces derniers, dénonçant le racisme de la société dans laquelle ils ont immigré[10].

En mai 2009, alors que le pape Benoît XVI se rend à Yad Vashem, Rivlin refuse de se rendre à l’aéroport « pour accueillir un ex-membre des Jeunesses hitlériennes et de la Wehrmacht » et déclare : « Que peut-on faire ? Il en faisait partie. Avec tout le respect que je dois au Saint-Siège, on ne peut pas ignorer les casseroles qu’il traîne derrière lui »[11].

En juin 2010, il s'est retrouvé au centre d'une polémique après avoir ignoré les conseils d'un comité qui a recommandé l'annulation du mandat de la députée arabe Haneen Zoabi pour avoir participé à la flottille de Gaza quelques semaines plus tôt. Cette ignorance est fermement condamnée par de nombreux députés de droite et d'extrême droite, mais les libéraux israéliens et étrangers louent alors l'impartialité de Rivlin ainsi que son courage à défendre la démocratie israélienne[9].

Il a été en 2010 l'un des rares hommes politiques à refuser la création d'un État palestinien, préférant un État unique de la Mer au Jourdain, avec une stricte égalité des droits entre Juifs et Arabes. À ceux qui lui rétorquent que les Juifs risquent d'y être minoritaires, il répond qu'avoir peur de vivre en harmonie avec les Arabes est la racine du racisme. La séparation des deux peuples dans des États distincts n'apporterait pas la sécurité à Israël, mais au contraire de plus grands dangers que la construction d'une société commune. Rivlin, sur cette base, considère que toutes les adaptations peuvent être envisagées afin d'obtenir la solution optimales pour que vivent ensemble Juifs et Arabes.

Il admet toutefois que lors même tous les États arabes admettraient le droit des Juifs à l'autodétermination, le fondamentalisme islamique qui nie ce droit aux Juifs restera un problème majeur même en cas de paix. En octobre 2014, Rivlin effectue une visite officielle au village arabe israélien de Kafr Qassem où il déclare « les Arabes israéliens, sont le sang et la chair d'Israël ».

S’adressant aux dirigeants des « Amis internationaux de Givat Haviva » (le Centre pour une société partagée), qui lui remettait au mois de mai 2015 un prix récompensant son travail sur la co-existence, Reuven Rivlin a appelé tous les camps politiques en Israël à défendre la cause de la réconciliation, insistant sur le fait que l’avenir du pays dépendait d’une « identité israélienne partagée » judéo-arabe ; il reconnaît les Arabes comme « partie intégrante de cette terre » au sein de laquelle ils doivent vivre dans la stricte égalité sociale et culturelle avec les Juifs. Ils invitent les Arabes à maîtriser à la perfection l'hébreu et les Juifs à apprendre, dès la première année de scolarité, l'arabe.

Il est devenu l'homme politique le plus apprécié[réf. nécessaire] du public israélien toute tendance et cultures confondues.

Notes et références[modifier | modifier le code]