Racisme antiblanc

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L'expression racisme antiblanc désigne une forme de racisme spécifiquement tourné contre les Blancs ou perçus comme tels. Ce type de racisme est parfois vu comme une forme de retournement du racisme[1], d'où l'expression « racisme à l'envers » (en anglais reverse racism), parfois utilisée aux États-Unis ou en Europe[2],[3],[4], car ce racisme évoque dans plusieurs pays le racisme exercé par les « dominés », le racisme perçu comme « ordinaire » étant exercé par les « dominants »[5].

Comme les autres formes de racisme, ce racisme peut se manifester au travers d'injures, de diffamation, de harcèlements, d'agressions (y compris de meurtres et de viols) ou de discriminations. Aux États-Unis, il a notamment été exprimé par des groupes nationalistes noirs. Au Zimbabwe, le président Robert Mugabe a mis en place une politique raciste visant à exproprier et chasser les Blancs. En Afrique du Sud, l'homme politique Julius Malema ayant repris dans ses meetings un chant incitant à tuer des fermiers blancs a été reconnu coupable d'incitation à la haine par la justice[6],[7].

En France, le racisme antiblanc, sans être marginal, est néanmoins considéré comme un phénomène minoritaire à l'échelle nationale par rapport à d'autres types de racisme, les Blancs étant l'objet de très peu de discriminations en ce qui concerne le travail ou le logement[5],[8],[9],[10],[11],[12] ; le terme y est surtout utilisé, dans le domaine politique, par l'extrême droite et parfois par le reste de la droite[13] instrumentalisé[5] en réaction à l'antiracisme[14] et corrélé à la condamnation d'une supposée islamisation du pays[5]. Le concept s'est étendu hors du champ lexical de l'extrême droite et a été cité par des organisations antiracistes comme le MRAP[14]. L'expression continue cependant de faire l'objet de controverses. Sans remettre en cause l'existence de ce racisme, des associations, des chercheurs, des journalistes et des personnalités politiques[15],[16] critiquent l'utilisation de cette expression, celle-ci ayant d'abord été introduite par le Front national[17],[18] et favorisant selon eux un antagonisme communautaire faisant des distinctions entre les types de racisme[19].

Par pays[modifier | modifier le code]

Afrique du Sud[modifier | modifier le code]

Assassinats de fermiers blancs[modifier | modifier le code]

En 2017, une organisation de fermiers blancs a manifesté pour dénoncer les nombreux assassinats dont ils disent être victimes, avançant le chiffre 72 fermiers blancs tués lors de 350 attaques en 2017. Ces chiffres ont cependant été contestés par l’organisation de vérification des faits Africa Check, qui a souligné que l'Afrique du Sud souffre, de manière générale, d'un très grave problème d'insécurité et que les meurtres de fermiers blancs ne représentent qu'une infime partie des 19 000 meurtres qui ont été commis dans le pays entre 2016 et 2017[20]. Certains manifestants ont par ailleurs, à cette occasion, utilisé le drapeau et l'hymne sud-africain de l'époque de l’apartheid, ce que l'ANC a dénoncé comme « une nostalgie acharnée pour le fascisme de l’apartheid et le suprémacisme blanc »[20].

Chant Dubula ibhunu[modifier | modifier le code]

En 2009, Julius Malema, militant du Congrès national africain, réactive Dubula ibhunu (« Tuez le Boer »), un chant traditionnel de l'époque où l'ANC luttait contre l'apartheid et qui qualifie notamment les Boers (Afrikaners) de « violeurs » et de « voleurs »[21]. La réactivation de cette chanson, plus communément désignée comme le chant shoot the boers, intervient dans un contexte où, selon Agri SA la plus importante union d'exploitants agricoles, deux fermiers sont tués chaque semaine en Afrique du Sud, un pays où 50 personnes sont assassinées chaque jour et qui totalise 11 785 attaques et 1 804 meurtres de fermiers depuis 1991[22],[23]. Selon les partisans de Malema, parmi lesquels il peut compter sur le soutien de Winnie Madikizela-Mandela, ce chant est inoffensif, appartient à l'histoire du pays et ne vise personne en particulier (les Boers n'étant pas considéré comme des personnes par eux) mis à part le système de l'apartheid[6]. Perçue comme une chanson raciste et appelant à la haine et au meurtre, la chanson Dubula ibhunu sera déclarée contraire à la Constitution par la justice sud-africaine en mars 2010[24] sans pour autant que Malema accepte le jugement[25]. L'ANC annonce alors qu'elle fera appel de ce jugement[26].

Poursuivi devant un tribunal de Johannesburg par des organisations civiles afrikaners comme Afriforum et le Syndicat des fermiers du Transvaal (TAU), Julius Malema est reconnu coupable d'incitation à la haine pour avoir repris dans ses meetings cette chanson de la lutte anti-apartheid et est condamné à payer une partie des frais de justice[6]. Il accuse alors la Cour de « racisme » à son égard[27]. Le 19 septembre 2011, le Congrès national africain annonce qu'il fait appel contre ce jugement interdisant le chant contesté[28], mais en 2012 annonce s'engager à ne plus la chanter[29].

Belgique[modifier | modifier le code]

Le journaliste Claude Demelenne, dans une tribune sur La Libre Belgique, dénonce le « racisme anti-Blancs est en progression auprès d’une minorité de jeunes d’origine arabo-musulmane », notamment à l'occasion d'incidents violents qui marquent le ramadan à Bruxelles en 2009, et le tabou de la gauche à ce sujet qui préfère «  dénoncer, de façon un peu trop exclusive, le racisme anti-arabe et une « islamophobie » souvent mise à toutes les sauces et confondue avec la critique - on ne peut plus légitime - de la religion musulmane » [30]..

États-Unis[modifier | modifier le code]

Aux États-Unis, des chercheurs en sociologie comme Jessica T. Simes ou en psychologie comme Len Lecci et James D. Johnson ont abordé la question dans certains articles. Ils désignent ce phénomène en utilisant les expressions antiwhite sentiment[31] ou antiwhite attitude[32].

Il existe des Black supremacists prônant la supériorité de la « race noire ». Il s’agit de groupes organisés comme les Black Muslims et Nation of Islam. Nation of Islam fut notamment représenté par Malcom X et plus tard Eldridge Cleaver[33] ou Khalid Abdul Muhammad qui tient des discours antiblancs[34] appelant au meurtre des Blancs[34],[35], ou Eldridge Cleaver (« ministre de l'Information » du Black Panther Party, puis membre du GOP) pratiquant le « viol insurrectionnel » des blanches[33].

Les partisans de la Melanin Theory (théorie de la mélanine) soutiennent que les blancs souffrent d'un déficit en mélanine qui les rendraient inférieurs aux noirs tant sur le plan sportif, intellectuel et spirituel[36]. Cette théorie a connu un très grand succès auprès de la communauté afro-américaine, à l'instar des écrits de Frances Cress Welsing[37].

Selon un sondage de l'institut public de recherches sur la religion (en), réalisé en 2012 sur un échantillon d'environ 2 000 individus, âgés entre 18 et 24 ans, 58 % des Blancs, 39 % des Hispaniques et 24 % des Noirs interrogés à propos de la « discrimination inversée » (« reverse discrimination ») pensent que la discrimination envers les Blancs est devenue un problème aussi important que celle envers les Noirs et les autres minorités ethniques (sur l'ensemble des personnes interrogées, 48 % partagent cet avis et 47 % sont en désaccord)[38],[39].

France[modifier | modifier le code]

Terme venant de l'extrême droite et instrumentalisé[modifier | modifier le code]

L'expression « racisme antiblanc » provient du lexique politique de l'extrême droite française[1],[40],[41],[14],[42],[43]. Le quotidien de droite Le Figaro note à ce propos : « L'idée d'un “racisme inversé” a été théorisée depuis plus de vingt ans par le Front national, en opposition aux mouvements antiracistes ». Selon le sociologue Erwan Lecœur, spécialiste de l'extrême droite, « ce concept a été développé et instrumentalisé par le parti frontiste pour “sortir du piège de l'accusation récurrente de racisme” dont il était victime et “la retourner par tous les moyens possibles” contre ses détracteurs. Objectif : décrédibiliser le discours d'associations comme SOS Racisme, alors en plein essor, en leur reprochant de ne pas défendre les “Français de souche” »[14]. D'après le sociologue Sylvain Crépon, également spécialiste de l'extrême droite :

« [l'expression de “racisme antiblanc”] a été conceptualisée en 1978 par François Duprat, alors l'un des responsables du Front national, juste avant sa mort dans un attentat non expliqué. Il est à l'origine des principales thématiques du FN qui sont toujours présentes à l'heure actuelle, à savoir, d'une part, le slogan de la préférence nationale “Un million de chômeurs, c'est un million d'immigrés en trop”, d'autre part, la dénonciation du “racisme anti-Français”. Finalement, c'est le retournement de rhétorique pour laquelle l'extrême droite a toujours été très forte. Puisqu'on les accuse d'être racistes, ils accusent à leur tour les racistes anti-blancs, anti-Français[40]. »

D'après Valérie Igounet, François Duprat est également à l'origine du slogan « Non au racisme anti-Français ! »[44]. Bruno Mégret est ensuite promu spécialiste du « racisme anti-français » au sein du FN[45]. Selon le Dictionnaire de l’extrême droite du psychosociologue Erwan Lecœur[46], la notion de « racisme antiblanc » a été également introduite par l’Alliance générale contre le racisme et pour le respect de l'identité française et chrétienne (AGRIF), association classée à d’extrême droite[47], au côté de termes comme « racisme antifrançais » et « racisme antichrétien »[46], affirmation reprise par Le Figaro[14]. D’après le dictionnaire de Lecœur, l'emploi de ces notions s’inscrit dans une stratégie de « retournement victimaire »[48] contre l’antiracisme pour « sortir du piège de l’accusation récurrente de racisme »[48] et « la retourner par tous les moyens possibles »[48]. La notion a été largement propagée et instrumentalisée par l’extrême droite[1],[14],[49] (notamment dans le sillage de la Nouvelle Droite), en réponse à l’émergence du thème de l’antiracisme. Jean-Marie Le Pen le leader du FN affirmait à ce propos :

« L’antiracisme, instrument politique d’aujourd’hui, comme le fut l’antifascisme avant guerre n’est pas un non-racisme. C’est un racisme inversé, un racisme antifrançais, antiblanc, antichrétien. »

Selon le Monde, Marine Le Pen utilise également le terme « pour discréditer la lutte des associations antiracistes, au premier rang desquels SOS Racisme à qui elle reproche de n’avoir jamais intenté d’action sur cette base ». D'autres mouvements d'extrême droite comme les Jeunesses identitaires vont également s'emparer de la question du « racisme antiblanc » au début des années 2000, en en faisant un de leurs thèmes principaux afin, comme le FN, de couper l'herbe sous le pied des associations antiracistes, mais aussi estimant que « les Européens blancs » sont menacés par « une immigration invasion », devenant ainsi la minorité opprimée dans un « discours racialiste blanc non explicite et suggéré, non passible de poursuites ».

Pour Stéphane François, politologue spécialiste de l'extrême droite, la dénonciation du racisme antiblancs par les franges démagogiques de certains partis de droite et/ou d’extrême droite est «toujours corrélative d’une condamnation d’une supposée islamisation du pays. Ce type de discours est un thème classique de ces partis »[5]. Selon le politologue, « il s'agit, au nom de la résistance au "racisme antiblanc" de mener une lutte pour la défense de l'identité blanche. Il s'agit enfin de démontrer que toute société multiculturelle est vouée à l'échec »[49]. Le discours du racisme antiblanc, lié au débat du grand remplacement, est « thème porteur pour les différentes formations identitaires européennes, certains agissant par la violence, tandis que d’autres, refusant les violences physiques, développent un discours agressif » qui se rassemblent au niveau européen pour « défendre les "blancs" contre les "autres", vus comme des hordes d’envahisseurs racistes, avides des systèmes sociaux des pays européens ». Selon lui, si la crise et le communautarisme ont aidé à la propagation de ce type de discours, c'est surtout « à la suite des différentes campagnes sur la supposée incapacité des musulmans à s’intégrer dans les sociétés occidentales » relayé par l'extrême droite dont le Bloc identitaire et le « pseudo-débat sur l’identité nationale ». Il conclut que ce racisme existe, mais qu'il est minoritaire et victime d'un tabou dont a profité l'extrême droite[5].

Selon Michel Wieviorka, directeur d'études à l'École des hautes études en sciences sociales (EHESS), le racisme antiblanc « est un thème d'extrême droite repris à l'occasion d'une opposition politique entre les deux candidats à la présidence de l'UMP ». Il dénonce une radicalisation avec ce terme alors que des hommes politiques comme Copé auraient pu utiliser le terme « racisme antifrançais ». Pour lui c'est « une thématique excessive », le racisme de certaines minorités serait dirigé contre les « dominants », certes blancs, mais désignés d'abord comme bourgeois, riches ou français, avec parfois des discours antisémites[5].

Pour Hugh Schofield de la BBC, au Royaume-Uni, la question du racisme antiblanc est liée à l'extrême droite, mais les hommes politiques de gauche l'évoquent aussi de peur « que la classe ouvrière blanche bascule à l’extrême droite si on ne parle pas de ces questions » [5]. Selon Olivier Estève, enseignant-chercheur en civilisations anglo-saxonnes, certains sociologues préfèrent parler de « contreracisme » à propos de ce phénomène[50]. C'est le cas d'Éric Fassin, sociologue spécialiste des questions raciales à l'université Paris VIII, qui soutient que le racisme implique des rapports sociaux de domination et « par définition, il ne peut pas être symétrique ». Il rejette comme « absurde » la définition d'un racisme fondé sur une conception individualiste[51]. De son côté, le politologue Pierre-André Taguieff tient pour pertinente l'expression « racisme anti-Blancs », considérant que le racisme n'est pas le seul fait des Blancs[52],[53].

Racisme contre la population majoritaire selon l'INED[modifier | modifier le code]

Dans une enquête sociologique réalisée en 2008 par l'Institut national d'études démographiques, qui n'utilise jamais l'expression de « racisme antiblanc », il apparaît que 16 % de la population majoritaire déclare avoir été victime d'une « situation raciste », contre 32 % pour les immigrés et 36 % pour les descendants d'immigrés. 23 % de la population majoritaire affirme « ne pas avoir vécu de situation raciste mais s'y sentent exposés », contre 29 % pour les immigrés et 25 % pour les descendants d'immigrés. De plus, 10 % des personnes de souche européenne affirment avoir subi au cours des cinq dernières années des discriminations racistes, contre 26 % pour les immigrés, 31 % pour les descendants de deux parents immigrés et 17 % pour les descendants d'un parent immigré. Les motifs de discrimination les plus déclarés par la population majoritaire sont de 18 % liés à l'origine contre 70 % pour les immigrés et 65 % pour les descendants d'immigrés. Les autres motifs de discrimination de la population majoritaire sont liés au sexe (24 %) et à l'âge (16 %)[54].

Aucun membre de la population majoritaire ne déclare avoir été victime de discrimination liée à la couleur de peau dans les motifs de discrimination les plus déclarés, contre 43 % pour les immigrés et 28 % pour les descendants d'immigrés. Les auteurs de l'étude concluent que « le racisme subi est associé à des expériences de discrimination raciale pour les immigrés et les enfants d’immigrés, alors que pour la population majoritaire le racisme subi n’est pas associé à des discriminations basées sur l’origine »[54].

Au printemps 2012, l'INED publie une nouvelle enquête faites entre septembre 2008 et février 2009 sur des personnes nées entre 1948 et 1990 qui montre que 18 % des personnes appartenant à la « population majoritaire » de France, donc à la population blanche, déclare avoir été « la cible d’insultes, de propos ou d’attitudes racistes » contre 30 % pour les immigrés et 37 % pour les descendants d'immigrés[55].

En 2012, Jean-Luc Primon, sociologue à l'université de Nice et chercheur à l'Unité de recherche Migrations et société (Urmis), participant à l'enquête TEO, première base de données de l'INED sur les origines, déclare qu'un peu plus d'une personne sur dix de celles classées dans la population dite majoritaire (ni immigrées, ni issues de l'immigration, ni originaires d'Outre-mer) déclarent avoir vécu une expérience de racisme. « Il s'agit généralement d'expériences limitées, et qui ont lieu souvent dans l'espace public. Ce qu'ils relatent, ce sont souvent une altercation entre automobilistes ou une bousculade dans la rue avec des quolibets ou des injures, des blessures verbales renvoyant ces personnes à leurs origines. Cela se passe rarement à l'école ou sur le lieu de travail »[56].

Selon Carole Reynaud-Paligot, chercheuse en histoire à la Sorbonne-Paris I, qui a rédigé plusieurs ouvrages sur le racisme, et qui s'appuie sur cette étude, les manifestations de racisme antiblanc « concernent une faible proportion de personnes. Elles sont vécues uniquement dans l'espace public sous forme d'insultes, alors que le racisme [envers d'autres communautés] peut impacter l'accès au travail ou au logement, et se manifeste par toutes sortes de discriminations. Concernant les Blancs, il n'y a pas d'impact sur l'insertion sociale ». Le racisme contre la population majoritaire existe, « mais dans une proportion beaucoup plus faible (15 %) que les minorités racisées, et surtout, ce racisme ne se produit qu'une fois, le plus souvent dans la rue ». Une analyse partagée par la généticienne Évelyne Heyer[57]. Le Point rappelle que « 55 % des descendants de pays d'Afrique centrale et 38 % des descendants de Marocains et Tunisiens déclarent avoir été victimes de racisme explicite au cours de leur vie en France »[51].

Controverses par les associations et des chercheurs[modifier | modifier le code]

La notion de racisme antiblanc reste controversée parmi de nombreuses associations de défense des droits de l’homme et de lutte contre le racisme ainsi que parmi de nombreux intellectuels non pas à chaque fois parce que l’existence du racisme visant les Blancs est niée en tant que tel, mais parce que le concept de racisme antiblanc, qui prétend rendre compte de ce racisme, l’envisage comme un racisme à part et adopte un point de vue communautariste qui fait des distinctions entre les différents types de racisme et ses différentes victimes, et attise ainsi les antagonismes communautaires[1]. Dans cette perspective, le concept de racisme antiblanc est contesté au profit d’une vue qui considère le racisme envers les Blancs comme étant un racisme comme les autres.

Samuel Thomas, l'un des leaders de SOS Racisme, reconnaît que le racisme se trouve dans toutes les couches de la population française, y compris dans celles issues de l'immigration. Il considère donc nécessaire d'éduquer aussi bien les uns que les autres. Il refuse toutefois la notion de racisme antiblanc parce que, non seulement elle privilégierait une logique communautariste, mais aussi parce que la notion aurait été instrumentalisée par l'extrême droite[58].

L'historien Georges Bensoussan admet pour sa part ne pas avoir vu émerger la réalité du racisme antiblanc. Évoquant le fait que celui-ci était peu traité dans son ouvrage de 2002, il indique que les professeurs qui avaient participé à sa rédaction « étaient eux-mêmes tétanisés à l'idée d'évoquer un racisme anti-blanc ou anti-Français »[59]. L'historien Pap Ndiaye souligne également les sous-entendus idéologiques d'extrême droite souvent impliqués dans l'emploi de l'expression racisme antiblanc[60].

En mars 2005, l'« appel contre les violences anti-blanches » de l'hebdomadaire Marianne[53], et la parution de l'article du journaliste Luc Bronner dans Le Monde[61] ont créé un tollé parmi des intellectuels et personnalités politiques. Esther Benbassa, historienne et sénatrice Europe Écologie Les Verts, dénonce une logique communautariste qui, selon elle, sous-tend cette pétition[52],[62],[63]. Dans les colonnes du quotidien Libération, un collectif de chercheurs nommé CLARIS[64], dont les sociologues Michel Kokoreff, Laurent Mucchielli et Marwan Mohammed, a vivement réagi à cet appel et au traitement médiatique de la notion de racisme antiblanc qu’ils jugent symptomatique « d’une lepénisation des esprits »[65].

Tarik Yildiz, doctorant en sociologie politique, publie un essai dans lequel après neuf entretiens avec des habitants de Seine Saint Denis il dresse une cartographie du racisme antiblanc dans les banlieues[66],[67]. Selon lui, les « Français de souche » [68] subissent avec le racisme antiblanc une pression sociale qui les pousse à déménager[69]. Son propos, selon l'auteur lui-même, ne prétend pas relever de l'étude scientifique[70]. Yildiz déclare « Ne pas entendre ceux qui souffrent, c'est prendre le risque de l'engrenage et les jeter dans les bras des partis extrémistes »[67]. Recommandé par Ivan Rioufol[71] et Robert Ménard[72], l'essai est sévèrement critiqué par l'universitaire Olivier Estève qui juge que sous couvert de lever un tabou, le travail d'Yildiz apporte une légitimation universitaire à des thèses d'extrême droite que prétend combattre son auteur. Sur le fond, il reproche au jeune sociologue un défaut de contextualisation de l'« appel contre les ratonnades anti-Blancs » qui sous-tend sa démonstration par l'exemple[50].

Pour Sihem Souid, chargée de mission au ministère de la Justice avec Christiane Taubira en 2013, « le racisme anti-blanc n'existe pas », et « Alain Finkielkraut, commentateur façon café du commerce de l'actualité, et ses adeptes ont popularisé cette notion fondée uniquement sur un sentiment ou une émotion ». L'insulte « sale blanc » ne relève pas selon elle du racisme, mais serait une « réaction épidermique de rejet ponctuel » car « en France, aujourd'hui, aucun “Blanc” n'est refusé à un emploi, à un logement, à la fonction de maire ou de député parce qu'il est “blanc” ». Elle résume : « En France, le racisme structurel ne touche pas les “Blancs” », une évidence et une réalité selon elle qui a échappé aux politiciens. « Quand un imbécile traite quelqu'un de “sale Blanc”, il ne porte préjudice à cette personne que conjoncturellement et non de manière systémique. À la grande différence du racisme anti-noir, anti-arabe, anti-juif, anti-roms... Ces racismes-là non seulement font système, mais renvoient aussi à un moment de leur propre histoire où ces groupes ont pu être considérés comme ceux de “sous-hommes” ou “inférieurs”. Il n'y a par conséquent aucun rapport entre le racisme dont sont victimes les “minorités” et l'insulte “sale Blanc”, sinon une différence de nature. »[73].

Le MRAP s'est penché sur cette question. Pour son coprésident Pierre Mairat : « Nous avons conscience des risques d'instrumentalisation. Mais la vraie question, c'est : est-ce que l'on nie [le racisme anti-Blancs] ou est-ce que l'on constate et analyse ? » La porte parole du PIR affirme que « le MRAP a peur d'être taxé d'islamo-gauchisme et veut devenir respectable » ; et le PIR « voit dans le nouveau contexte l'occasion de [recomposer] le mouvement antiraciste autour de son organisation pour défendre les “véritables racisés”, soit les immigrés originaires des anciennes colonies et leurs descendants[74]. »

Le président de la LDH Pierre Tartakowsky voit dans l'action de la LICRA le risque de « banaliser l'idée que tout le monde est raciste […] Il peut y avoir des imbécillités chroniques, mais le racisme anti-Blancs, en soi, ça n'existe pas. » La présidente de SOS Racisme Cindy Leoni refuse ainsi de reprendre la formule de « “racisme anti-Blancs” : la notion de “racisme” tout court se suffit à elle-même. […] On ne va pas faire la course à l'échalote pour avoir à tout prix des dossiers de personnes blanches. Mais si l'occasion se présente, SOS Racisme pourrait faire comme la Licra. Le cœur du combat, c'est la laïcité, le communautarisme et l'obscurantisme[75]. »

Natacha Polony, commentant en 2017 les polémiques liées à la non-mixité, juge que le racisme antiblanc est également porté par un « antiracisme » qui ne cherche pas à prévenir le racisme, mais à dénoncer le « colonialisme de l'Occident », notamment à l'occasion de festivals réservés « aux femmes noires », « aux personnes noires », « aux personnes racisées »[76].

Dans l'opinion française[modifier | modifier le code]

En décembre 2013, selon un sondage Ifop pour le magazine Valeurs actuelles, 47 % des Français estiment que le racisme antiblanc est « un phénomène assez répandu en France », contre 53 % qui le jugent « assez marginal ». Au total, 83 % des sympathisants du Front national et 58 % des sympathisants de l'UMP considèrent que le racisme antiblanc est une réalité, contre 28 % chez les sympathisants de gauche. Inversement, 72 % des sympathisants de gauche estiment que le phénomène est assez marginal, contre 42 % des sympathisants de l'UMP et 17 % des sympathisants du Front national[77].

Affaires notables[modifier | modifier le code]

Appel contre les violences antiblanches (2005)[modifier | modifier le code]

Suite aux violences des manifestations lycéennes du et leur médiatisation, l'article du journaliste Luc Bronner paru dans Le Monde le , « Manifestations de lycéens : le spectre des violences anti-Blancs » a provoqué une controverse médiatico-politique en France quant à la labellisation « anti-Blancs » de ces violences. Cet article mentionne les propos de jeunes des cités affirmant avoir participé aux violences[61] : « Dans le discours de ces jeunes se cumulent des explications économiques (« se faire de l'argent facile »), ludiques (« le plaisir de taper ») et un mélange de racisme et de jalousie sociale (« se venger des Blancs »)[61]. » La LICRA considère comme avéré le caractère raciste des agressions[78]. À la suite de l'article de Luc Bronner, un certain nombre de personnalités, notamment de gauche, comme Ghaleb Bencheikh, Alain Finkielkraut, Bernard Kouchner et Jacques Julliard ont lancé, le , un « Appel contre les “ratonnades anti-Blancs” », appel à l'initiative du mouvement sioniste de gauche Hachomer Hatzaïr et la radio communautaire juive Radio Shalom[1],[79]. Signataire de l'appel, Pierre-André Taguieff estime que les violences révèlent l'existence en France d'un racisme anti-Blancs, traduction d'une « racialisation du conflit social »[52]. Sollicité pour signer le texte, le réalisateur Romain Goupil a refusé d'associer son nom à la caractérisation « anti-Blancs » d'un phénomène qu'il tient cependant pour raciste[52]. L'essayiste Pascal Bruckner exprime sa satisfaction de constater que des intellectuels mettent enfin en avant un racisme anti-Blancs qu'il jugeait devoir être dénoncé comme tout autre forme de racisme dès 1983, dans un essai intitulé Le Sanglot de l'homme blanc et qui l'avait « mis au ban de la gauche pendant des années »[80].

SOS Racisme, le MRAP et la Ligue des droits de l'homme (LDH) fustigent un appel « irresponsable »[51],[79]. De même, dans une tribune du quotidien Libération, le collectif de chercheurs CLARIS dénonce une polarisation sur la seule dimension raciale de phénomènes de violence[65]. Selon l’historien Pap Ndiaye, le concept « qui reprend des thématiques qui ont cours depuis longtemps dans l'extrême droite » est « une contre-offensive (...) conservatrice », « une mise en accusation injuste de la France validée par une gauche bien-pensante qui par ailleurs ferme les yeux sur des formes de racisme qui ne correspondent pas à ce qu'elle veut entendre »[41]. La sociologue Esther Benbassa condamne l'utilisation des mots « ratonnade », et « francophobie »[79].

Polémiques politiciennes[modifier | modifier le code]

En septembre 2012, le secrétaire général de l'UMP Jean-François Copé écrit un manifeste dans lequel il dénonce le développement d'un « racisme antiblanc » en France[81],[51], citant des situations dont il aurait été témoin en tant que maire de Meaux. Interrogé sur le sujet, le Premier ministre Jean-Marc Ayrault reconnaît qu'un tel racisme « peut exister » ; toutefois, il indique qu'il faut faire « très attention quand on emploie des mots de cette nature », mettant en garde contre « une espèce de course poursuite derrière les idées du FN »[82]. La ministre des Droits des femmes de son gouvernement, Najat Vallaud-Belkacem rejoint ce point de vue lorsque, dans son livre Raison de plus ! (2012), elle invite chacun à convenir de la réalité d'un tel racisme et à le condammner comme tous les autres[51].

Définition juridique et traitement judiciaire[modifier | modifier le code]

L'arsenal juridique français permet de sanctionner les délits et crimes d'expression raciste. La loi sur la liberté de la presse de 1881 pénalise les discours de haine, de haine raciale en particulier[83],[84]. Depuis la promulgation des lois dites « loi Lellouche » (février 2003) et « loi Perben II » (mars 2004), une motivation raciste avérée constitue une circonstance aggravante des délits tels que les violences ou le vol, et des crimes tels que le viol et le meurtre[84],[85]. Cependant, la législation française ne catégorisant pas les infractions à caractère raciste selon l'origine ethnique de la victime, le traitement judiciaire des ces infractions ne fait jamais apparaître le terme « antiblanc » dans la qualification des faits incriminés[86],[87]. Des organes de presse, en revanche, mettent parfois en avant ce qualificatif lorsqu'ils rapportent des affaires judiciaires exposant des faits de racisme à l'encontre d'une victime blanche. Ainsi, par exemple, le , le journal Le Monde publie un article intitulé « la première condamnation pour racisme anti-Blanc »[88]. En écho, le même jour, Le Parisien titre un article « Le racisme anti-blanc, circonstance aggravante d'une agression à Paris »[89]. Les deux textes rendent compte d'une affaire d'agression sur la voie publique, au cours de laquelle des insultes telles que « sale Blanc » ou « sale Français » ont été proférées. Au terme d'un procès, la cour d'appel de Paris a retenu la circonstance aggravante de « racisme »[90]. Relatant l'audience correctionnelle tenue deux ans auparavant, l'hebdomadaire Le Point et le quotidien 20 minutes précisent que le Code pénal français ne distingue pas un « racisme antiblanc »[86],[87]. Selon Me Naïma Moutchou, avocate de l'association antiraciste la LICRA, constituée partie civile dans l'affaire, la condamnation pénale pour racisme prononcée par la cour n'est pas la première dans l'histoire judiciaire française mais la troisième. La jurisprudence française fait état de sentences similaires, sanctions d'insultes racistes, en 1998 à Nancy et en 2008 à Douai[91].

De même, en mars 2016, la cour d'appel de Lyon a alourdi de trois mois de prison ferme la peine de première instance d'un jeune homme condamné pour injures à caractère racial. Le prévenu avait traité de « sale blanc, sale Français » un passager d'un train[92],[93]. La même juridiction a condamné, en janvier 2018, Saïdou, chanteur de Zone d'expression populaire, groupe lillois de hip-hop, à une peine d'un euro symbolique dans l'affaire qui l'opposait à l'AGRIF[94]. Cette association avait porté plainte, en 2010, pour provocation à la haine et injure publique à caractère racial, contre le sociologue Saïd Bouamama et le rappeur de Lille, estimant que les paroles d'une chanson, Nique la France, extraites d'un livre-CD, portant le même titre et publié conjointement par les deux hommes, portaient atteinte à la communauté des « Français blancs dits de souche »[47],[95]. En mars 2015, le tribunal correctionnel de Paris avait relaxé les deux hommes, jugeant, qu'au regard de la loi de 1881 sur la liberté de la presse, la notion de « Français blancs dits de souche » « ne recouvre aucune réalité légale, historique, biologique ou sociologique » et que la « race blanche n'est en aucune manière une composante juridique de la qualité des Français »[96],[97],[98]. Neuf mois plus tard, sa décison était confirmée en appel[99]. Début 2017, sur le pourvoi formé par l'AGRIF, la Cour de cassation, considérant que les propos poursuivis « désignent, à travers les références constituées par la représentation symbolique de la République, le drapeau français et l’hymne national, des personnes appartenant à la nation française », avait partiellement censuré l'arrêt de la cour d'appel de Paris et renvoyé les parties devant celle de Lyon[94],[100],[101],[102].

Fin 2017, Laurent de Béchade[51] crée l'Organisation de lutte contre le racisme anti-blanc (OLRA) qui se présente comme « laïque, apolitique et indépendante ». Selon Le Point cette association « est soupçonnée d'alimenter le discours identitaire » car « le racisme anti-Blanc reste un cheval de bataille privilégié de l'extrême droite »[51]. Selon Dominique Sopo, président de SOS Racisme, « Défendre l'existence du racisme anti-Blanc, c'est rendre service à l'extrême droite[51]. Cette association est à l'opposé de la lutte antiraciste. ». Pour Éric Fassin, sociologue spécialiste des questions raciales, le but de l’association est d'« installer ce concept de racisme anti-Blanc propre aux identitaires dans le langage mainstream. Et ils ont une chance de réussir »[51]. L'association utilise sur son site des articles de sites identitaires et conservateurs pour alimenter une « rubrique “Actualités” censée répertorier les cas de racisme anti-blanc dans la presse », certains événements ayant depuis été démentis tel que l'affaire des viols collectifs de Newcastle[103]. Début juillet 2018, l'association recourt au service de l'avocat Gilles-William Goldnadel pour porter plainte contre la ministre de la Culture en exercice, Françoise Nyssen, après une déclaration, un mois plus tôt, dans laquelle elle a fait usage de l'expression « les hommes blancs de 50 ans »[104],[105].

Royaume-Uni[modifier | modifier le code]

Du début des années 1980 jusqu'aux années 2010, une partie des abus sexuels sur mineurs au Royaume-Uni ont été commis par des gangs d'origine pakistanaise. Au cours d'un des jugements, un membre d'un gang a traité les victimes de « déchets blancs » qui n'étaient « bons que pour une chose »[106]. Différentes personnalités notamment du monde politique ont souligné le caractère raciste des crimes commis[106],[107],[108],[109] même si le caractère raciste n'est pas retenu par le juge[110]. Pour d'autres commentateurs, les crimes commis par des immigrés, sur lesquels les médias britanniques ont mis l'accent, ne représentent qu'un aspect d'une réalité plus vaste[111],[112],[113].

Zimbabwe[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Racisme au Zimbabwe.

En 1980, 20 ans après l'indépendance du Zimbabwe, 4 400 fermiers blancs détiennent encore un tiers des terres du Zimbabwe, souvent les plus fertiles, tandis qu'un million de fermiers noirs possède la même superficie[114]. Le président Robert Mugabe avait adopté une politique conciliante après l'indépendance, permettant aux fermiers blancs de garder leurs terres, permettant aux 3 % de blancs de garder 20 % des sièges au parlement et avait déclaré en 1979 avant même Nelson Mandela « S’il vous plaît, restez avec nous dans ce pays pour former une nation fondée sur l’unité nationale ». Mais dans les années 1990, plusieurs sécheresses et les sanctions diplomatiques des britanniques à la suite du mauvais usage des fonds publics pour le rachat des terres aux Blancs, et une élection perdue le font changer d'attitude[115],[116],[117]. Selon Teldah Mawarire, rédactrice en chef de l’hebdomadaire sud-africain Mail & Guardian, « Les choses allaient très mal pour lui. Il s’est trouvé un bouc émissaire et les Blancs étaient une cible facile (...) je crois qu’il s’est convaincu que, malgré ses efforts, les Blancs n’avaient pas changé depuis la colonisation et qu’ils ne changeraient jamais »[115]. Mugabe met en œuvre une réforme agraire en 2000, visant essentiellement les grands fermiers blancs qui avaient été maintenus sur leurs terres[114]. Les squatteurs ne sont plus sanctionnés et la réforme devient un véritable pillage[115]. En 2008, il ne restait plus qu'une poignée de fermiers blancs dont les fermes n'ont pas été saisies[114].

En , Mugabe et son parti le ZANU-PF proposent au parlement de voter une loi qui interdira toute fusion, restructuration ou acquisition d’une entreprise si 51 % de son capital n’est pas en possession de Zimbabwéens indigènes ayant souffert de la politique raciste contre les noirs d'avant 1980[118]. En , un accord conclu avec l’opposition du MDC fait quelque peu marche arrière sur la confiscation des fermes aux Blancs même si le ministre de la Justice affirme le contraire[119]. L’accord souligne le caractère raciste et colonialiste de la répartition des terres lors de la colonisation, et qu’aucune restitution ne se sera effectuée[120]. Un tribunal régional pour l’Afrique australe en Namibie en [Information douteuse] [?] a confirmé que 70 fermiers blanc qui avaient porté plainte devaient revenir sur leurs terres et considéré cette politique comme discriminatoire[114]. Le gouvernement a refusé d’appliquer cette décision de justice et de revenir en arrière sur la réforme[114].

De 250 000 blancs en 1980 il n'en reste plus 40 000 en 2015, dont seulement 200 à 300 fermiers. En 2015, Mugabe déclare « Nous disons non aux Blancs qui possèdent nos terres. Ils doivent partir. Il n’y a pas de place pour eux ici ». Selon le magazine Jeune Afrique, « les abus et les erreurs commises par Londres, les colons britanniques et leurs descendants, pour beaucoup restés fidèles à Ian Smith, ont été nombreuses. Mais en répliquant avec une politique aussi aveugle qu’inconséquente, Mugabe aura surtout ajouté de la souffrance à l’injustice. »[115]. En 2015 toujours, en Afrique du Sud, Mugabe refuse de parler à un journaliste parce qu'il est blanc[121]. Selon la BBC cette politique a détruit l'économie du Zimbabwe basée sur l'agriculture, qui est dans une situation catastrophique avec une hyperinflation et une réapparition du choléra[114].

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Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]