Deuxième République (Pologne)

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République de Pologne
(pl) Rzeczpospolita Polska

19181945

Drapeau
Drapeau de la deuxième république de Pologne (1927–1945).
Blason
Armoiries de la République de Pologne (1927–1945).
Hymne Mazurek Dąbrowskiego
Description de cette image, également commentée ci-après
Localisation de la Pologne dans l'entre-deux-guerres.
Informations générales
Statut République
Texte fondamental

Constitution du 17 mars 1920

Constitution du 26 avril 1935
Capitale Varsovie
Langue Polonais
Monnaie Mark polonais (jusqu'en 1924)
Złoty (à partir de 1924)

Démographie
Population  
• 1921 27 177 000 hab.
• 1931 32 107 000 hab.
• 1938 34 849 000 hab.

Superficie
Superficie  
• 1921 387 000 km2
Histoire et événements
11 novembre 1918 Création.
Novembre 1918–17 juillet 1919 Guerre polono-ukrainienne.
26 janvier 1919 Premières élections.
14 février 1919–18 mars 1921 Guerre soviéto-polonaise.
1er septembre 1920–7 octobre 1920 Guerre polono-lituanienne.
12–14 mai 1926 Coup d'État de mai.
1er septembre 1939 Invasion allemande, début de la Seconde Guerre mondiale.
17 septembre 1939 Invasion soviétique.
28 septembre 1939 Chute de Varsovie.
22 juillet 1944 Installation du gouvernement communiste prosoviétique.
5 juillet 1945 Retrait de la reconnaissance internationale du gouvernement de la République de Pologne en exil.
Chef de l'État
22 novembre 1918–11 décembre 1922 Józef Piłsudski
11 décembre 1922–16 décembre 1922 Gabriel Narutowicz
22 décembre 1922–14 mai 1926 Stanisław Wojciechowski
4 juin 1926–30 septembre 1939 Ignacy Mościcki
30 septembre 1939–6 juin 1947 Władysław Raczkiewicz
Premier et dernier chefs du gouvernement polonais
18 novembre 1918–16 janvier 1919 Jędrzej Moraczewski
29 novembre 1944–2 juillet 1947 Tomasz Arciszewski
Parlement
Chambre haute Sénat
Chambre basse Sejm

Entités précédentes :

La Deuxième République (en polonais : Druga Rzeczpospolita) est le nom du régime politique de la Pologne — nom officiel : République de Pologne (en polonais : Rzeczpospolita Polska) — entre les deux guerres mondiales (de 1918 à 1939) et pendant la Seconde Guerre mondiale (1939-1945) de manière clandestine, la Première République renvoyant à la République des Deux Nations (Rzeczpospolita Obojga Narodów), disparue à l'issue du troisième partage de la Pologne en 1795, par les puissances voisines, la Russie, l'Allemagne et l'Autriche-Hongrie.

L'existence de la République de Pologne commence avec la reconquête de la souveraineté nationale (le à la fin des combats de la Première Guerre mondiale) et se termine avec le retrait de la reconnaissance internationale à son gouvernement en exil le , conséquence de la mise en œuvre des accords conclus lors de la conférence de Yalta (1945) entre le Royaume-Uni, les États-Unis d'Amérique et l'Union soviétique.

La Deuxième République est souvent associée à une période d'adversité, de troubles et de victoires. Ses territoires soumis pendant 123 ans à la russification et la germanisation intenses et aux trois régimes administratifs et économiques distincts, ne peuvent se reconnaître que dans une continuité culturelle, spirituelle et politique. Or, celle-ci, dans un pays multiculturelle et multiconfessionnelle, où une partie de sa population ne parle pas polonais, va s'avérer très complexe à définir. Le réveil des nationalités incluses dans le pays créé des rapports conflictuels entre les Lituaniens, les Allemands, les Ruthènes, les Juifs et les Ukrainiens d'une part, et la majorité polonaise (70 pour cent) d'autre part.

Mais en dépit des difficultés économiques et des destructions de la Première Guerre mondiale, suivie de l'invasion soviétique en 1920, ayant à faire face à des voisins de plus en plus hostiles tels que l'Allemagne nazie, la République polonaise parvient à se développer. Malgré l'absence de possession d'outre-mer [a], elle réussit à maintenir un niveau de développement économique comparable à celui de ses voisins de l'Ouest. Les pôles culturels de Varsovie, Cracovie, Poznań, Wilno (en lituanien : Vilnius) et Lwów (en ukrainien : Lviv) s’élèvent au niveau des grandes villes européennes et deviennent les sièges d'universités et des lieux d'enseignement supérieur de renommée internationale. En 1939, la Pologne est un acteur majeur dans la politique et l'économie européenne et mondiale.

À partir de 1939, à la suite de l'agression de l'Allemagne nazie le et de l'URSS, le , la République de Pologne perd son souveraineté et son intégrité territoriale. Elle se retrouve en état d'occupation avec une partie de son territoire annexé directement au Troisième Reich et une autre partie transformé en colonie allemande sous le nom du Gouvernement général. Une troisième partie de son territoire est annexée par l'Union soviétique jusqu'à l'été 1941, date de l'attaque allemande contre son allié de 1939. Cependant, malgré la défaite militaire, la Pologne ne capitule pas et les autorités constitutionnelles de l'État polonais s’évacuent d'abord en France puis au Royaume-Uni pour diriger les activités des organes de l'État clandestin mis en place dans le pays occupé et continuer la lutte contre les occupants. Le gouvernement polonais en exil dirige la résistance de l'Intérieur (Armia Krajowa ) et les forces armées polonaises combattant à l'Ouest.

Histoire[modifier | modifier le code]

Naissance de la Deuxième République le 11 novembre 1918[modifier | modifier le code]

La Pologne obtient son indépendance de facto le , lors du retrait des unités d'occupation allemande et austro-hongroise. La Pologne autoproclamée, aux frontières floues tant à l’est qu’à l’ouest, n’est pas encore reconnue par les puissances victorieuses. Elle le sera au cours de 1919 grâce, en particulier, à l'action d'Ignacy Paderewski à Paris. À Varsovie, Józef Piłsudski devient Chef du tout nouvel État polonais et commandant en chef de l’armée. Son passé politique de gauche lui vaut une popularité parmi les masses ouvrières et dans les milieux de l’intelligentsia radicale, et les faits d'armes pour l'indépendance pendant la guerre (les légions) ont exercé une très grande influence, surtout sur la jeunesse. Le premier gouvernement dirigé par le socialiste Jędrzej Moraczewski qui se met en place grâce à l'appui de Piłsudski adopte des mesures progressistes telles que la journée de travail de 8 heures ou le droit de vote et l’éligibilité pour les femmes.

Les clauses du Traité de Versailles qui confirme l’existence de l’État polonais éludent le problème de la frontière orientale du pays. De ce fait, la Pologne devient le point le plus névralgique de l'Europe, les Alliés laissant le champ libre aux faits accomplis. La majeure partie des territoires litigieux est acquise par les armes au cours d'une série de guerres locales.

Définitions des frontières (1918-1921)[modifier | modifier le code]

Les Polonais rivalisent d’influence avec l’Ukraine en Galicie et la première est une guerre avec l'Ukraine indépendante. Le 1er novembre 1918 commence la bataille de Lwów où des jeunes défenseurs de la ville appelés ultérieurement «les aiglons de Lwów» jouent un rôle principal. En septembre 1919, les Ukrainiens signent la capitulation et la frontière entre l’Ukraine et la Pologne suit la rivière Zbroutch. À la même période, les Polonais se soulèvent en Grande-Pologne, le berceau historique de la Pologne, contre les Allemands.

Malgré le chaos, les premières élections libres - pour élire la Diète polonaise - ont lieu le et voient l'Union Populaire Nationale (Związek Ludowo-Narodowy) sous la direction de Roman Dmowski remporter le plus de votes (37%)[1]. Le Parlement adopte aussitôt une constitution, dite « petite constitution », qui, dans le contexte de la guerre, précise provisoirement la structure de l'État, toujours avec Piłsudski comme président. Dès février, des tensions éclatent avec le voisin soviétique pour le contrôle de Wilno. Avec l’aide des armées alliées, les Polonais tiennent bon. Le , le petit traité de Versailles reconnaît la Pologne comme un État de plein droit mais lui impose une protection des minorités (ethniques, linguistiques et religieuses) par la Société des Nations. Du 23 août au 7 octobre, des troupes irrégulières polonaises se soulèvent pour soutenir l'insurrection de Sejny en Lituanie. Le , les Ukrainiens capitulent face aux Russes.

L'année 1920 est décisive dans la création de la République de Pologne. En , la République des Lemkos (éphémère république ruthène en Pologne du Sud) est annexée. Le , l'opération Kiev doit permettre le contrôle de l'Ukraine centrale et orientale. Cependant, les armées polonaises sont repoussées et les Russes mènent une contre-offensive qui les conduit aux portes de Varsovie. Des troubles secouent le pays de l'intérieur (attentats, assassinats, émeutes). Le gouvernement polonais décide une réforme agraire pour apaiser les paysans, qui représentent plus de 75 % de la population. Alors que la Pologne orientale passe sous contrôle russe, le maréchal Piłsudski sauve la situation grâce à la bataille de Varsovie surnommée le miracle de la Vistule, qui se déroule du 6 au .

Sur la frontière allemande, les trois insurrections de Silésie conduisent à un plébiscite le débouchant sur de nouveaux changements territoriaux en faveur de la Pologne.

Le 18 mars 1921, la paix de Riga signé confère à la Pologne d'importants territoires en Ukraine occidentale et met terme à tout conflit militaire. Selon ce traité, la frontière russo-polonaise suit la frontière du troisième démembrement de la Pologne

L'instabilité parlementaire (1919-1926)[modifier | modifier le code]

Le , le parlement (pl) adopte la Constitution de Mars.

Le , Gabriel Narutowicz devient le premier président de la République. Mais, il est assassiné après cinq jours de mandat. Stanisław Wojciechowski lui succède le .

La République est très fragile. En effet, la décentralisation et l'absence de monnaie commune parasitent le développement du pays. L'armée pèse un poids conséquent et la république affaiblie par quatre ans de guerre doit reconstruire le pays. Cela n'est pas facile dans un État où les minorités ukrainiennes, tchèques, russes, allemandes, lituaniennes représentent 30 % de la population.

Lors des élections législatives qui ont lieu le , aucune des formations ne réunit plus d'un quart des sièges. Il en résulte une grande période d'instabilité politique. Dans les années 1922–1925, la Pologne traverse une crise politique, économique et sociale. Malgré le gouvernement de Władysław Grabski, qui en 1924 lance une grande réforme monétaire : monnaie unique, création de la Banque nationale de Pologne, un coup d'État a lieu le .

L’autocratie de Piłsudski (1926-1935)[modifier | modifier le code]

Au lendemain du coup d'État de mai, un nouveau gouvernement est formé par le président du Conseil Kazimierz Bartel, Józef Piłsudski étant ministre des Affaires militaires. Le 31 mai, l'assemblée nationale nomme Piłsudski président de la République, mais celui-ci refuse. C'est Ignacy Mościcki qui accepte la charge. Cependant, dépassant peu à peu les prérogatives de son ministère de la Défense, Józef Piłsudski devient le véritable homme fort de l'État.

Menant une politique d'"assainissement" (Sanacja) fondée sur le rétablissement des bonnes mœurs de la vie publique, Piłsudski gouverne avec autorité, utilisant décrets et censure. Profitant d'une conjoncture économique favorable qui perdure jusqu'en 1929, cette politique ne suscite que peu de protestations[2]. Dans les années 1930, une conjonction d'événements, de la Grande Dépression au cercle vicieux des attaques terroristes de l'Organisation des nationalistes ukrainiens (OUN) et des représailles gouvernementales, entraînent la détérioration des relations entre le gouvernement et les minorités[3], comme la minorité allemande en Silésie. Dans le même temps, la santé du maréchal commence à décliner.

L’adaptation de la nouvelle constitution adoptée le 23 avril 1935 est une des plus marquantes réformes de Piłsudski. Elle renforce le pouvoir du président et transforme le système politique polonais en système présidentiel avec des tendances autoritaires. Cependant Piłsudski meurt peu après.

Le régime des colonels (1935-1939)[modifier | modifier le code]

Le , Piłsudski meurt d'un cancer du foie au palais du Belvédère de Varsovie. Les célébrations commencent spontanément moins d'une heure après l'annonce de son décès[4]. Elles sont menées par d'anciens soldats des légions polonaises, des membres de l'Organisation militaire polonaise, des vétérans des guerres de 1919-1921 et ses collaborateurs politiques[5]. Tous ces anciens subordonnés ont profité de la prise de pouvoir du maréchal pour accéder aux sphères dirigeantes et n'entendent pas laisser la place. Ce sont eux qui constituent le gouvernement des colonels (en) qui perdure jusqu'à la veille de la seconde guerre mondiale.

Le , à la suite de la signature par la Pologne des accords militaires avec la France et la Grande-Bretagne, Adolf Hitler dénonce unilatéralement le pacte de non-agression germano-polonais, signé le entre la Pologne et le Troisième Reich.

L'invasion de la Pologne (1939)[modifier | modifier le code]

Le début de la Seconde Guerre mondiale met un terme à la Deuxième République de Pologne. Le , une semaine après la signature du pacte Molotov-Ribbentrop, sans déclarer la guerre, commence l'agression de la Pologne. Le , l'Allemagne et l'Union soviétique occupent toute la Pologne, à l'exception de la région de Wilno, récupérée par la Lituanie. Pour autant, la Pologne ne capitulera pas et le gouvernement polonais en exil et l'État clandestin de Pologne poursuivent le combat durant toute la guerre.

Les grandes dates[modifier | modifier le code]

Les frontières de la Pologne entre 1921 et 1939.
Gdynia 1938.
Pavillon polonais à New York, 1939.


Politique[modifier | modifier le code]

Chef de l'État
ou président de la République
Période Président du Conseil des ministres Période
Józef Piłsudski - Jędrzej Moraczewski -
Ignacy Paderewski -
Leopold Skulski - )
Władysław Grabski - )
Wincenty Witos -
Antoni Ponikowski -
Antoni Ponikowski -
Artur Śliwiński -
Wojciech Korfanty -
Gabriel Narutowicz - Julian Nowak ( -
Stanisław Wojciechowski - Władysław Sikorski -
Wincenty Witos -
Władysław Grabski -
Aleksander Skrzyński -
Wincenty Witos -
Kazimierz Bartel -
Ignacy Mościcki - Kazimierz Bartel -
Kazimierz Bartel -
Józef Piłsudski -
Kazimierz Bartel -
Kazimierz Świtalski -
Kazimierz Bartel -
Walery Sławek -
Józef Piłsudski -
Walery Sławek -
Aleksander Prystor -
Janusz Jędrzejewicz -
Walery Sławek -
Marian Zyndram-Kościałkowski -
Felicjan Sławoj Składkowski -

Économie[modifier | modifier le code]

Roman Dmowski

Après avoir recouvré son indépendance, la Pologne est confrontée à de graves difficultés économiques. Parce que créée à partir de territoires issus de différentes États, à l'intérieur des frontières de la Pologne cohabitent trois systèmes économiques différents, avec trois monnaies différentes et peu ou pas de liens directs entre les infrastructures. Aucune liaison ferroviaire directe ne relie les centres industriels avec les grandes villes. Dans les années 1920, il n'y a pas de ligne directe entre Varsovie (ancien territoire sous contrôle russe) et Cracovie (ancien territoire sous contrôle autrichien), la ligne ne sera achevée qu'en 1934.

La Première Guerre mondiale, suivie de la guerre russo-polonaise de 1920, laisse le pays dévasté. Il y a, de plus, une grande disparité économique entre l'Est (communément appelé la Pologne B) et l'Ouest (appelé Pologne A), la moitié occidentale étant beaucoup plus développée et plus prospère. Les fréquentes fermetures des frontières et les guerres tarifaires (en particulier avec l'Allemagne nazie) ont aussi des impacts économiques négatifs sur la Pologne.

En dépit de ces problèmes, la Pologne de l'entre-deux-guerres atteint un niveau de prospérité économique qui la place sur un pied d'égalité avec l'Europe occidentale. En 1924, le Premier ministre et ministre de l'économie Władysław Grabski présente le złoty comme la monnaie unique de la Pologne. Elle demeurera une des monnaies les plus stables d'Europe centrale. Cette devise aidera la Pologne à contrôler l'hyperinflation qui règne alors sur la planète. La Pologne est le seul pays d'Europe, qui y parviendra sans avoir à recourir à des prêts ou à l'aide étrangère.

Cette relative prospérité est due aux plans de développement économique qui ont supervisé la construction des trois éléments clés de l'infrastructure. Le premier fut la création du port de Gdynia, qui permit à la Pologne de contourner la ville libre de Dantzig, qui subit alors une forte pression allemande). Le deuxième élément fut la construction des 500 kilomètres de liaison ferroviaire entre la Haute-Silésie et Gdynia, appelée la ligne du charbon polonais (Magistrala węglowa). Le troisième élément fut la création d'un district industriel, appelé la Région industrielle centrale (Centralny Okręg Przemysłowy). Malheureusement, toutes ces évolutions seront interrompues et largement anéanties par l'invasion de l'Allemagne et de l'Union-Soviétique dès le début de la Seconde Guerre mondiale.

Démographie[modifier | modifier le code]

Selon le recensement de 1921, la république de Pologne compte 27 177 000 habitants. En 1939, juste avant le déclenchement de la Seconde Guerre mondiale, sa population est estimée à 34 849 000 habitants.

La Pologne a toujours été une nation multi-ethnique, avec des minorités juive et ukrainienne importantes. Cela a été particulièrement vrai en 1918, après la Première Guerre mondiale, où elle a recouvré son indépendance. Le recensement de cette année-là révèle que 30,8 % de la population appartenait à des minorités. Cette tendance s’est encore accusée avec la victoire polonaise de 1920 et les gains territoriaux subséquents. Au recensement de 1931, la population comptait 68,9 % de Polonais, 13,9 % d'Ukrainiens, 8,6 % de Juifs, 3,1 % de Biélorusses, 2,3 % d'Allemands et 2,8 % d'autres minorités comme des Lituaniens, des Tchèques et des Arméniens.

La Pologne compte aussi de nombreuses religions. En 1921, 16 057 229 Polonais (environ 62,5 %) sont catholiques romains, 3 031 057 (environ 11,8 %) sont catholiques orientaux (surtout des grecs-catholiques ukrainiens et des catholiques arméniens), 2 815 817 (environ 10,95 %) sont grecs-orthodoxes, 2 771 949 (environ 10,8 %) sont juifs, et 940 232 (environ 3,7 %) sont protestants (la plupart luthériens). En 1931, la Pologne a la deuxième plus importante population juive dans le monde, un cinquième des Juifs de la planète réside entre ses frontières (environ 3 136 000).

Date Population Pourcentage de
population rurale
Densité de population
(par km²)
Recensement du 30 septembre 1921 27 177 000 75,4 % 69,9
Recensement du 9 décembre 1931 32 348 000 72,6 % 82,6
Estimation au 31 décembre 1938 34 849 000 70 % 89,7
Villes principales en 1939 Population
Varsovie 1 289 000
Łódź 672 000
Lwów (Lviv) 318 000
Poznań 272 000
Cracovie 259 000
Wilno (Vilnius) 209 000
Bydgoszcz 141 000
Częstochowa 138 000
Katowice 134 000
Sosnowiec 130 000
Lublin 122 000
Gdynia 120 000
Chorzów 110 000
Białystok 107 000

Divisions administratives[modifier | modifier le code]

Les divisions administratives de la Deuxième République de Pologne sont fondées sur un système à trois niveaux. Le premier niveau correspond aux gminy (communes : villes et villages). Ceux-ci sont ensuite regroupées en powiaty (districts), ensuite organisés en wojewódstwa (voïvodies).

Voïvodies de Pologne pendant l'entre-deux-guerres
(données du )
Plaque d'immatriculation
(à partir de 1937)
Voïvodies Capitale Superficie
km2 (1930)
Population
(1931)
00-19 Ville de Varsovie Varsovie 140 1 179 500
85-89 warszawskie Varsovie 31 700 2 460 900
20-24 białostockie Białystok 26 000 1 263 300
25-29 kieleckie Kielce 22 200 2 671 000
30-34 krakowskie Cracovie 17 600 2 300 100
35-39 lubelskie Lublin 26 600 2 116 200
40-44 lwowskie Lwów (en ukrainien : Lviv, actuellement en Ukraine) 28 400 3 126 300
45-49 łódzkie Łódź 20 400 2 650 100
50-54 nowogródzkie Nowogródek (en biélorusse : Navahrudak, actuellement en Biélorussie) 23 000 1 057 200
55-59 poleskie Brześć nad Bugiem (en biélorusse : Brest, actuellement en Biélorussie) 36 700 1 132 200
60-64 pomorskie Toruń 25 700 1 884 400
65-69 poznańskie Poznań 28 100 2 339 600
70-74 stanisławowskie Stanisławów (en ukrainien : Stanislav, actuellement Ivano-Frankivsk, en Ukraine) 16 900 1 480 300
75-79 śląskie Katowice 5 100 1 533 500
80-84 tarnopolskie Tarnopol (en ukrainien : Ternopil actuellement en Ukraine) 16 500 1 600 400
90-94 wileńskie Wilno (en lituanien : Vilnius, actuellement en Lituanie) 29 000
95-99 wołyńskie Łuck (en ukrainien : Loutsk, actuellement en Ukraine) 35 700 2 085 600

Le , les frontières de plusieurs voïvodies occidentales et centrales changent considérablement.

Géographie[modifier | modifier le code]

Lorsqu'en 1922, après plusieurs guerres, les frontières de l'état sont enfin fixées, la Deuxième République de Pologne s'étend sur 903 kilomètres du nord au sud et sur 894 kilomètres d'est en ouest. Elle est, au , bordée de 5 534 km[6] de frontières communes avec : la Tchécoslovaquie, (984 km) ; l'Allemagne (1 912 km, Prusse-Orientale comprise) ; l'Union soviétique (1 412 km) ; la Ville libre de Dantzig (121 km) ; la Lituanie (507 km) ; la Lettonie (109 km) ; la Roumanie (349 km) et compte une petite bande côtière autour de la ville de Gdynia sur la mer Baltique (140 km), reliée au reste du pays par le Corridor de Dantzig. Sa superficie de 388 634 km2 (389 720 km2 après l'annexion de Zaolzie à l'automne 1938) la place au sixième rang en Europe.

Avec une altitude moyenne de 223 mètres, la Deuxième République de Pologne est un pays essentiellement plat[7]. Seulement 13 % du territoire, le long de la frontière sud, a une altitude supérieure à 300 mètres. Dans le massif des Tatras, le mont Rysy avec ses 2 499 mètres, est le point culminant du pays. Entre octobre 1938 et septembre 1939, il est détrôné par le Lodowy Szczyt (en slovaque : Ľadový štít) qui culmine à 2 627 mètres. Le plus grand lac est le lac Naroch.

En 1938, parmi les grandes villes, la température moyenne annuelle la plus élevée est relevée à Cracovie avec 9,1 °C et la plus basse est relevée à Wilno avec 7,6 °C.

Près de 75 % du territoire de la république est drainé vers le nord jusque dans la mer Baltique par la Vistule (dont le bassin représente 180 300 km2), le Niemen (bassin : 51 600 km2), l'Oder (46 700 km2) et la Daugava (10 400 km2). Le reste du pays est drainé vers le sud, dans la mer Noire, par les rivières Pripyat, Horyn et Styr, qui se déversent dans le Dniepr et dont les bassins comptent ensemble 12 900 km2.

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

Références[modifier | modifier le code]

(en) Cet article est partiellement ou en totalité issu de l’article de Wikipédia en anglais intitulé « Second Polish Republic » (voir la liste des auteurs).
  1. Ewelina Grygorczyk, « L’Impact de la Grande Guerre sur la situation politique en France et en Pologne », Civitas et lex, no 2,‎ , p. 51-59 (ISSN 2392-0300)
  2. Beauvois 2010, p. 330
  3. Davies 2005, p. 407
  4. Drozdowski et Szwankowska 1995, p. 5
  5. Drozdowski et Szwankowska 1995, p. 9-11
  6. Baechler Christian (dir.) et Fink Carole (dir.), L'établissement des frontières en Europe après les deux guerres mondiales : actes des colloques de Strasbourg et de Montréal (juin et septembre 1995), Berne, P. Lang, , 457 p. (ISBN 3-906754-62-6), p. 417 (note 20) : Document utilisé pour la rédaction de l’article

    « Les frontières de la nouvelle Pologne avait une longueur de 5 534 km (1 912 km de frontières avec l'Allemagne, 1412 avec l'Union soviétique, 984 avec la Tchécoslovaquie, 507 avec la Lituanie, 349 avec la Roumanie, 109 avec la Lettonie, 121 avec la Ville libre de Danzig). La façade maritime était de 140 km. »

  7. Après la Deuxième Guerre mondiale, l'altitude moyenne tombe à 173 mètres.

Annexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Daniel Beauvois, La Pologne : Des origines à nos jours, Paris, Seuil, , 527 p. (ISBN 978-2-02-102650-4)
  • (en) Norman Davies, God's Playground : A History of Poland in Two Volumes, vol. 2 : 1795 to the Present, Oxford ; New York, Oxford University Press, (1re éd. 1981), 616 p. (ISBN 978-0-19-925340-1, lire en ligne)
  • (pl) Marian Marek Drozdowski et Hanna Szwankowska, « Przedmowa », dans Pożegnanie Marszałka: Antologia tekstów historycznych i literackich, Varsovie, Towarzystwo Miłośników Historii-Komisja Badań Dziejów Warszawy Instytutu Historii PAN: Oficyna Wydawnicza « Typografika », (ISBN 978-83-86417-18-6)
  • Renata Latała, Une génération d'intellectuels catholiques dans la Pologne de l'Entre-Deux-Guerres : "l'Oeuvre de Laski" et son milieu (thèse de doctorat), Fribourg, , 721 p. (lire en ligne).

Liens externes[modifier | modifier le code]

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