Barbara Cassin

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Barbara Cassin, née le à Boulogne-Billancourt, est une philologue et philosophe française.

Spécialiste de la rhétorique de la modernité, directrice de recherche au CNRS, traductrice, et directrice de collections consacrées à la philosophie, elle prend en 2006 la direction du Centre Léon-Robin puis, en 2010, la présidence du Collège international de philosophie, dont elle dirige la revue Rue Descartes en parallèle, pour l'UNESCO.

Elle est élue[1] à l'Académie française le , devenant la neuvième femme académicienne, et la cinquième à y siéger à cette date[2].

Axes de recherche[modifier | modifier le code]

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Synthèse, selon Alain Badiou, qui a écrit avec elle deux ouvrages, de l'héritage heideggerien et du tournant linguistique[3], elle relit l'histoire de la philosophie antique à la lumière de la sophistique[2]. Elle montre comment la sophistique, repoussée hors de la philosophie et même hors de la pensée par Platon et par Aristote, permet d'élargir la rationalité en explorant ses principes inaperçus et ses bords. Gorgias en particulier délimite l'ontologie comme un discours simplement plus efficace que les autres : l'être de Parménide est d'abord un effet de dire. Quant au principe de non-contradiction, ancré par Aristote dans l'univocité du sens, il ne cesse d'être démenti par la sémantique de l'intentionnalité, la grammaire de l'inconscient ou les difficultés de la traduction. L'exemple des commissions vérité et réconciliation la conduit à déconstruire les arrière mondes qui tentent de masquer ce qu'elle appelle l'effet sophistique, c'est-à-dire le rôle d'acte fondateur, voire thérapeutique (« logos-pharmakon »), de la parole pour l'être humain, en tant que sujet individuel dans le cas de la psychanalyse, en tant qu'être social dans le domaine politique.

Biographie[modifier | modifier le code]

Étudiante à l'ombre d'Heidegger (1964-1974)[modifier | modifier le code]

Fille d'une peintre et de l'avocat[4] Pierre Cassin, lui-même fils d'un cousin germain de René Cassin[5], elle étudie au lycée Pasteur, où elle est l'élève, en hypokhâgne, du poète et philosophe Michel Deguy, puis au lycée Fénelon en khâgne. Elle assiste aussi aux cours de Jean Beaufret, un ami de Martin Heidegger, au lycée Condorcet. Barbara Cassin soutient en 1968 un mémoire de maitrise en philosophie sous la direction de Ferdinand Alquié à la Sorbonne, dans lequel elle aborde les fondements logiques de l'ontologie à travers la correspondance de Leibniz et d'Arnauld sur ce sujet[6]. C'est en passionnée de la pensée d'Heidegger qu'elle rencontre celui-ci[7] au Séminaire du Thor[8], auquel elle participe[9] et qui se tient la deuxième semaine de septembre 1969 chez René Char[10], figure exemplaire de l'intellectuel résistant[11].

Tout en continuant ses études dans l'université en restructuration de l'après-Mai 68, elle travaille occasionnellement comme traductrice[12]. Elle est en particulier sollicitée par Gallimard pour participer à la traduction de La crise de la culture : huit exercices de pensée politique d'Hannah Arendt, où l'auteur interroge ce que sont devenues la tradition, l'histoire, la liberté, la vérité, la politique, l'éducation dans une modernité dont le discours ne se fonde plus sur l'autorité. L'opération est renouvelée deux ans plus tard pour Vies politiques du même auteur, où est évoqué le passé nazi de Heidegger.

Elle s'inscrit en 1971 aux séminaires du Centre Léon-Robin de la Sorbonne et du Centre de recherches philologiques de l'université de Lille III. Elle est chargée de cours à l'université de Saint Denis, tout en préparant son doctorat, qu'elle obtient en 1974 en soutenant une thèse sur le traité pseudo-aristotélicien Sur Melissus, Xénophane et Gorgias[13]. Elle publie sa thèse sous le titre Si Parménide[14].

Professeur de philosophie (1974-1984)[modifier | modifier le code]

Elle prépare le CAPES tout en assurant, de 1974 à 1976, une vacation de pédagogue pour adolescents psychotiques à l’hôpital de jour Étienne-Marcel, à Paris, où Françoise Dolto supervise depuis dix ans la prise en charge des tout petits[15]. Cette rencontre avec la langue absolument étrangère, intraduisible, des fous, aussi déterminante qu'avec Heidegger[10], amène le psychanalyste Jacques-Alain Miller à lui confier de 1975 de 1979 la charge d'un cours du Département de psychanalyse de l'université de Vincennes à Saint-Denis. Entretemps, grâce à deux bourses de l'Office allemand d'échanges universitaires, elle étudie en 1976 à l'université de Fribourg, où avait enseigné Martin Heidegger, et en 1978 à l'université d'Heidelberg.

Bien qu'elle ait raté six fois l'agrégation de philosophie[16], elle obtient le certificat de professeur et est affectée chaque année de 1979 à 1984 dans un établissement différent, lycée François-Villon à Paris, lycée Youri-Gagarine de Chaumont, lycée Salengro d'Avion, près de Lens, lycée Lamarck d'Albert, lycée Fénelon de Cambrai, lycée Poncelet de Saint-Avold.

Durant ce cursus, elle exerce pendant trois années, de 1980 à 1982, comme maître de conférences à l’ENA, où elle est chargée de la méthodologie des séminaires, et de 1981 à 1984, elle travaille comme chargée de cours au Centre de recherches philologiques de l’université Lille-III. En 1983, Pierre Aubenque lui délègue l'organisation du séminaire sur la pensée antique au sein du Centre Léon-Robin de la Sorbonne.

Chercheuse au Centre Léon-Robin et au Ciph (1984-1992)[modifier | modifier le code]

En septembre 1984, elle organise avec Monique Canto le colloque Qu'est-ce que la sophistique ? au Centre culturel international de Cerisy-la-Salle[17]. Simultanément son appartenance au Centre Léon-Robin est entérinée par une embauche au CNRS. Désormais attachée de recherche détachée à l'unité UMR 8061, elle travaille avec Pierre Aubenque. Elle devient directrice de recherche en 1996 et prend la direction du centre en 2006.

Parallèlement, cette même année 1984, elle prend en charge un des séminaires du Collège international de philosophie, où elle devient directrice de recherche de 1988 à 1992 et siège au conseil de 1990 à 1993. À plusieurs reprises, elle collabore avec Michel Narcy. Ensemble, ils traduisent et éditent en 1989 le livre Γ de la Métaphysique d'Aristote[18].

En 1990, elle est sollicitée par Eric Alliez et la revue 34 Letras, liée à Gilles Deleuze et Félix Guattari, pour préparer la fondation à Sao Paulo de la maison d'édition Editora 34. Du 10 au 13 octobre, elle réunit à la Sorbonne, pour un colloque intitulé Les Stratégies contemporaines d'appropriation de l'antiquité, Elizabeth Anscombe, Pierre Aubenque, Jacques Brunschwig, Gilles Deleuze, Jacques Derrida, Umberto Eco, Paul Ricœur, entre autres[19], autour d'un questionnement, qui est le sien, sur les liens entre pensée antique et monde contemporain[20], la rémanence de celle-là dans celui ci[21].

Cette même année 1990, elle s'engage dans le projet de construction d'une philosophie européenne en participant sous la direction de Pierre Nora à la Librairie européenne des idées du Centre national du livre. En 1991, elle initie avec Alain Badiou aux éditions du Seuil une série de publications bilingues d’œuvres philosophiques au sein de la collection Points-Essais. L'année suivante, c'est à cette codirection que François Wahl, démissionnaire, confie la collection L’Ordre philosophique[22] qu'il avait fondé vingt cinq ans plus tôt avec Paul Ricœur.

Pluralité culturelle et modernité de la sophistique (1993-2001)[modifier | modifier le code]

De 1993 à 2000, elle coordonne, au sein du groupe de recherche GDR 1061 du CNRS, une centaine de chercheurs mobilisés à l'élaboration d'un dictionnaire qui définisse les variations sémantiques subies par les concepts philosophiques à travers leurs emplois dans différentes langues et différents contextes. Ce travail se concrétise en 2004 par la publication du Vocabulaire européen des philosophies.

En 1994, elle soutient à luniversité Paris-IV une thèse d'État sous la direction de Pierre Aubenque[23]. Cette thèse, à laquelle Si Parménide aura servi de prolégomènes[24], est publiée sous le titre L'Effet sophistique dans la prestigieuse collection de la NRF[25]. Outre une confrontation entre des auteurs de l'Antiquité (Homère, Parménide, Gorgias, Antiphon, Aristote) et des enjeux contemporains (Frege, Heidegger, Arendt, Lacan, Perelman, Habermas), l'ouvrage offre de nombreux documents, dont des traductions de textes parfois partiellement inédits en français : le Traité du non-être de Gorgias et son Éloge d'Hélène dans leur intégralité, les Tétralogies d'Antiphon, ou encore des extraits de Comment on écrit l'histoire de Lucien de Samosate.

À la suite de l'abolition de l'apartheid, elle participe à la fondation à l'université du Cap d'une école de rhétorique, devenue depuis l'Association de rhétorique et de communication de l'Afrique du Sud[26] (ARCSA), avec Philippe-Joseph Salazar, membre du Collège international de philosophie, dont la thèse avait été censurée dix ans plus tôt par le gouvernement d'Afrique du Sud. Elle en est la vice-présidente[27] et une des correspondantes pour la France[28].

À partir de 1995, elle siège en tant que représentante élue au Comité national du CNRS.

Quelles formes de discours pour quel monde ?[pas clair] (2002-2006)[modifier | modifier le code]

De 2002 à 2006, le CNRS lui confie le pilotage d'un Projet international de coopération scientifique (PICS 1455) avec l'Afrique du Sud intitulé Rhétoriques et démocraties. Corollairement, l'Institut Max Planck la charge de définir le programme de philosophie que la Commission européenne[29] a décidé de mettre en ligne sur le site European Cultural Heritage on line[30] (ECHO). Son équipe réalise de décembre 2003 à juin 2004, en collaboration avec les éditions du Robert et du Seuil, la maquette de la future version en ligne du Vocabulaire européen des philosophies[31].

Entretemps, elle retrouve, en 2005, le Centre national du livre, qu'elle avait quitté en 1997 au bout de sept années, au sein de la commission « Philosophie et théologie », et rejoint à la Sorbonne Jonathan Barnes, qui l'avait fait connaître en 1983 par un commentaire de son Si Parménide, dans l'animation d'un séminaire de master de deuxième année. L'année suivante, elle prend en charge elle-même pour deux ans ce même séminaire et publie Google-moi : la deuxième mission de l'Amérique, un ouvrage sur le moteur de recherche de Google. Elle y dénonce les effets paradoxaux d'une diffusion de masse dont l'algorithme, basée à l'inverse de son propre projet ECHO sur une quantification de la popularité, tend à occulter les qualités les plus heuristiques d'une base de données.[réf. nécessaire]

En 2006 et 2007, elle participe à un programme d'études, intitulé Corpus et financé par l'Agence nationale de la recherche, sur les données et les outils de la recherche en sciences humaines et sociales et intègre le groupe d'experts conseillers en matière de plurilinguisme du ministre européen de l'éducation de la commission Barroso, Ján Figel'. Le successeur de ce dernier, Leonard Orban, prolongera cette mission jusqu'en 2008.[réf. nécessaire]

Enjeux politiques autour de la langue (2007-2010)[modifier | modifier le code]

De 2007 à 2009, le CNRS lui confie une seconde mission de coopération internationale. Intitulée Traductions croisées / traditions croisées, dont l'objet est de conduire avec l'Ukraine une étude critique de l'influence de la langue sur les conceptions philosophiques.

En mai 2007, à la suite du refus de publier Le Perçu de François Wahl, Barbara Cassin et Alain Badiou démissionnent des éditions du Seuil[32]. En septembre, ils fondent chez Fayard la collection Ouvertures dont l'objectif revendiqué est de « délimiter la philosophie en explorant ses bords »[33]. Ils y éditent la somme phénoménologique refusée par le Seuil.

En 2008, elle quitte la commission « Philosophie et théologie » du Centre national du livre pour présider durant deux années cette même commission avec un nouvel intitulé « Philosophie, psychanalyse, sciences religieuses ». Elle entre au conseil d’administration du Collège international de philosophie, dont elle présidait le conseil scientifique depuis 2003, et participe au partenariat unité mixte internationale nouvellement organisé entre l'Institut des sciences humaines et sociales du CNRS, et l'université de New York autour d'un sujet d'études intitulé Transitions, translations, durabilité. Pour quatre années, elle entre au bureau de la Conférence des présidents du Comité national du CNRS (CoCNRS), où elle siège jusqu'en 2004, et préside une des instances de celui-ci, la commission XXXV chargée d'évaluer les chercheurs en philosophie, littérature, histoire des sciences et musicologie.

À ce titre, elle dénonce publiquement le « démantèlement » de la recherche française et le dénigrement pratiqué par le président Nicolas Sarkozy à l'encontre du CNRS[34]. À l'initiative du psychanalyste Roland Gori, elle rassemble les protestations de professionnels de la médecine, de l'éducation et de la culture subissant le même sort, L'Appel des appels, pour une insurrection des consciences[35].

En 2009, elle rejoint pour deux années André Laks au pilotage d'un projet financé par l'ANR sur les « présocratiques grecs, présocratiques latins ». Simultanément, le CNRS lui confie la responsabilité d'un groupement de recherche international (GDRI) intitulé Philosopher en langues. Comparatisme et traduction et l’Unesco celle d'un nouveau « réseau des femmes-philosophes » et de sa Revue des femmes-philosophes[36].

Elle abandonne la direction du Centre Léon-Robin pour prendre en décembre 2010 la présidence du conseil d’administration du Collège international de philosophie, devenant ainsi le responsable éditorial de la revue de l'établissement, Rue Descartes, et crée avec Fernando José de Santoro Moreira un programme d'échanges pour les « second et troisième cycles (pt) » (CAPES) de l'Université du Brésil de Rio. Elle délivre dans ce cadre un enseignement synthétisant quarante années d'une recherche consacrée à déterminer comment la langue et le récit d'Homère ont façonné la pensée occidentale, Les Origines du langage philosophique - stratégies rhétoriques et poétiques de la sagesse antique : souvent sans le savoir, « nous sommes tous des lecteurs d'Homère. »[nb 1]

L'articulation entre les enjeux politiques et les langues est l'un des grands axes de ses travaux[37],[38]. Elle se montre critique à l'égard de langues comme le globish qu'elle qualifie de repoussoir de la traduction[39] ou la langue espéranto. Par exemple, sur l'espéranto, dans Plus d'une langue, (Bayard, coll. « Les petites conférences », 2012), elle écrit : « Non, la langue ne se réduit pas à un calcul, et l'Espéranto ne fonctionne pas, car c'est artificiel, insuffisant, sans épaisseur d'histoire ni de signifiant, sans auteurs et sans œuvres...L'Espéranto, aussi mort qu'une langue morte[40], n'est la langue maternelle de personne »[pertinence contestée].

Engagements personnels (2011-2014)[modifier | modifier le code]

En 2011, elle fait partie du comité des fondateurs de l'Institut de psychanalyse[41] de l'hôpital Sainte Anne, dont le chef de service lacanien Françoise Gorog prend la direction, et entre au conseil scientifique du Labex TransferS, émanation du CNRS, de Normale et du Collège de France, affectée à la promotion et l'étude des échanges culturels, notamment par l'informatique, où elle prend en charge trois des programmes de recherche.

En 2012, elle fonde chez Autentica Editora à Sao Paulo la collection Simul et en assure une part de la direction.

Membre de l'école doctorale Concepts et langage de la Sorbonne, elle consacre désormais une grande partie de son temps au nouage du discours et de la politique que réalisent en Afrique les commissions vérité et réconciliation.

Les Maisons de la Sagesse (depuis 2017)[modifier | modifier le code]

À la suite de l'exposition au MUCEM de Marseille[42] (décembre 2016 - mars 2017) dont elle était la commissaire, déclinée en 2017-2018 à la Fondation Bodmer à Genève, elle crée et préside en 2017 l'association Maisons de la Sagesse - Traduire, qui vise à constituer un réseau de lieux et d'actions, centré autour de la traduction comme savoir-faire avec les différences. Les deux premières implantations sont Marseille[43] et Aubervilliers.

Académie française (depuis 2018)[modifier | modifier le code]

Le 3 mai 2018, face notamment à Marie de Hennezel et Pierre Perpillou, elle est élue à l'Académie française au fauteuil précédemment occupé par Philippe Beaussant.

Vie privée[modifier | modifier le code]

Épouse d'Étienne Legendre, créateur d'un centre hippique, elle a deux fils[4].

Distinctions[modifier | modifier le code]

Œuvres[modifier | modifier le code]

Livres publiés[modifier | modifier le code]

Co-auteur[modifier | modifier le code]

Direction d'ouvrages collectifs[modifier | modifier le code]

Traductions[modifier | modifier le code]

Traductions individuelles
  • Aristote, Sur Melissus, Xénophane et Gorgias, in Si Parménide, op. cit. supra, 1980.
  • Parménide, Sur la nature ou sur l'étant, Seuil, Paris, 1998.
Avec M. Narcy
Autres traductions collectives

Apports[modifier | modifier le code]

« Je cherche ce que parler veut dire[46]. »

— Barbara Cassin paraphrasant Lacan[47] en référence à l'herméneutique freudienne.

Histoire sophistique de la philosophie[modifier | modifier le code]

« Je propose d'appeler Histoire sophistique de la philosophie celle qui rapporte les positions, non pas à l'unicité de la vérité, qu'elle soit éternelle ou progressivement constituée en mode hégelien (la vérité comme telos, dans un temps orienté, ou “comme si” orienté), mais celle qui les rapporte aux instantanés du kairos, occasion, opportunité, grâce à des mêkhanai, procédés, ruses, machines, permettant de happer le kairos par son toupet »[48],[nb 4]

Logologie[modifier | modifier le code]

Terme repris de Novalis, la logologie nomme la théorie sophistique où le dire effectue le monde (avec, notamment, Gorgias dans le Traité du non-être), par opposition (et comme conséquence poussée du Poème de Parménide) à l'ontologie. L'être est un effet de dire (L'Effet sophistique).

En particulier, dans le cadre de l'histoire sophistique, la logologie étudie l'histoire de la performativité[49].

Le barbare est au cœur de la langue[modifier | modifier le code]

« Nous barbarisons quand nous refusons ce qui constitue l’autre comme autre (...)[50] »

La banalisation du mal passe, outre la désignation de l'étranger comme barbare, par la prétention à l'universalité d'une langue, une novlangue, qui, réduite à un système de communication[49], dénie à chaque langue maternelle ce qu'elle a d'intraduisible, en particulier son aspect performatif en ce que celui-ci a de fondateur pour une civilisation[49]. La défense de la diversité des langues, en particulier face au globish et la googlisation de la pensée, est un rempart contre la barbarie[49].

Annexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

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Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Exemple cocasse et parlant, quand un homme insulte une femme en la traitant de chienne, il cite sans le savoir l'Odyssée. Au-delà des mots, il s'agit de schémas culturels.
  2. Actes de la Rencontre internationale organisée du 18 au 22 octobre 1994 à Paris par la Sorbonne et le Muséum national d'histoire naturelle.
  3. Patrick Lévy est un traducteur de la maison Gallimard.
  4. Cet extrait reprend mot pour mot un passage d'une intervention antérieure : Aristote et le « linguistic turn », in Nos Grecs et leurs modernes, p. 434, op. cit. infra.
  5. Un compte-rendu critique du Si parménide.
  6. Dans ce numéro de revue consacré aux représentantes féminines de la philosophie française contemporaine (Claude Imbert, Françoise Dastur, Marie-José Mondzain, Monique David-Ménard, Antonia Soulez, Isabelle Stengers, etc.) Stanley Cavell présente le travail de Barbara Cassin à la lumière d'Austin et de Wittgenstein. À noter au sein de ce même numéro, la traduction anglaise d'un article de Barbara Cassin, « Who's Afraid of the Sophists? Against Ethical Correctness ».

Références[modifier | modifier le code]

  1. « Barbara CASSIN | Académie française », sur www.academie-francaise.fr (consulté le 6 juin 2018).
  2. a et b Nicolas Truong, « Barbara Cassin : « Je travaille sur ce que peuvent les mots » », sur Le Monde, (consulté le 13 mai 2018).
  3. Alain Badiou, Logique des Mondes, p. 567, coll. "L'ordre philosophique", Seuil, Paris, 2006.
  4. a et b Anne Diatkine, « Barbara Cassin, non académique », Libération,‎ (lire en ligne).
  5. Marion Cocquet, « Sur les traces des Cassin », Le Point,‎ (lire en ligne).
  6. B. Cassin, Conviction et démonstration dans la polémique philosophique entre Leibniz et Arnauld, Sorbonne, Paris, 1968.
  7. F. Fédier, Soixante deux photographies de Martin Heidegger, Gallimard, Paris, 1999.
  8. D. Janicaud, Heidegger en France, vol. I, Albin Michel, Paris, 2001.
  9. B. Cassin, Séminaire du Thor, in Questions IV, p. 291-297, Gallimard, Paris, 1976.
  10. a et b C. Briffard, Le vocabulaire européen des philosophes, dictionnaire des intraduisables. Entretien avec Barbara Cassin, philosophe et philologue, directeur de recherche au CNRS, in Texto!, vol. XI, no 2, Institut Ferdinand de Saussure, Paris, juin 2006 (ISSN 1773-0120).
  11. H. Arendt, Préface, in H. Arendt, La Crise de la culture. Huit exercices de pensée politique, Gallimard, Paris, 1954.
  12. Pindare, Olympiques, in Revue de poésie no 40, Paris, février 1971.
    G. W. Leibniz, Les deux labyrinthes, textes choisis par A. Chauve, PUF, Paris, 1973, 238 p.
    P. Szondi (de), Poésie et politique de l'idéalisme allemand, in J. Bollack, Sens commun, vol. XXIX, Éditions de Minuit, Paris, 1975 (ISBN 9782707300522), 344 p.
  13. B. Cassin, "De M.X.G.", édition, traduction et commentaire., université de Lille III, Lille, 1974.
  14. S. Cassin, Si Parménide. Le traité anonyme De Melisso Xenophane Gorgia. Édition critique et commentaire., in J. Bollack, Cahiers de philologie, IV, Presses universitaires du Septentrion, Lille, 1980, 646 p. (ISBN 2-85939-151-7).
  15. J. Dupont, Présentation en ligne de la revue du Centre Étienne-Marcel, Le Coq-Héron, Éditions Érès, Paris, 28 janvier 2009.
  16. https://lejournal.cnrs.fr/articles/barbara-cassin-le-pouvoir-des-mots.
  17. B. Cassin & al., Positions de la sophistique, coll. "Bibliothèque d’histoire de la philosophie", Vrin, Paris, 1986. 342 p. (ISBN 978-2-7116-0918-5).
  18. B. Cassin & M. Narcy, La Décision du sens. Le livre Gamma de la Métaphysique d’Aristote, introduction, texte, traduction et commentaire, Vrin, Paris, 1989, 296 p.
  19. Col. Nos Grecs et leurs modernes. Les stratégies contemporaines d’appropriation de l’Antiquité, Seuil, Paris, 1992.
  20. B. Cassin, De l’organisme au pique-nique : quel consensus pour quelle cité ?, in Nos Grecs et leurs modernes, op. cité.
  21. B. Cassin, Aristote et le linguistic turn, in Nos Grecs et leurs modernes, op. cit..
  22. Alain Badiou, François Wahl ou la vie dans la pensée, in Le Monde, Paris, 16 septembre 2014.
  23. B. Cassin, Sophistique et critique de l’ontologie, Université de Paris IV, Paris, 1994.
  24. É. Alliez, Barbara Cassin, « Aristote et le logos Conte de la phénoménologie ordinaire », in Futur antérieur no 39-40, Éditions Inculte, Paris, septembre 1997.
  25. L'Effet sophistique, Gallimard, Paris, 1995 (ISBN 9782070730230).
  26. ARCSA.
  27. Membres honoraires de Rhetoric Africa..
  28. Correspondants étrangers de Rhetoric Africa..
  29. Septième Programme-cadre pour la recherche et le développement technologique (PCRD) Accroître le potentiel humain – Base de connaissances socio-économiques.
  30. ECHO.
  31. L. Catach, G. Gauvin & F. Lhostis, Présentation du VEP, Dictionnaires Le Robert, Paris, 2004.
  32. Seuil franchi, in Libération, Paris, 17 mai 2007 [lire en ligne].
  33. A. Beuve-Méry & J. Birnbaum, Divorce philosophique, in Le Monde des livres, Le Monde, Paris, 4 octobre 2007.
  34. Motion du 4 février 2009..
  35. R. Gori, Ch. Laval & B. Cassin, L'Appel des appels, pour une insurrection des consciences, coll. "Les mille et une nuits", Fayard, Paris, 2009.
  36. Revue des femmes-philosophes n° 0, Unesco, Paris, 2010.
    Revue des femmes-philosophes no 1 "La quadrature du cercle", Unesco, Paris, novembre 2011.
    Revue des femmes-philosophes no 2 "Printemps arabes, printemps durables. Ce que les femmes philosophes pensent du (nouveau) monde arabe, ce que les femmes philosophes du (nouveau) monde arabe pensent.", Unesco, Paris, novembre 2012.
  37. [1], sur mucem.org.
  38. [2], sur lesnouvellesnews.fr.
  39. [3], sur franceculture.fr.
  40. [4], sur esperanto.net.
  41. Présentation de l'Institut de psychanalyse.
  42. « Après Babel, traduire », sur Mucem — Musée des civilisations de l'Europe et de la Méditerranée (consulté le 3 novembre 2017).
  43. « NAISSANCE D’UNE MAISON DE LA SAGESSE À MARSEILLE », sur radiogrenouille.com, (consulté le 3 novembre 2017).
  44. B. Cassin, Ensaios sofisticos, Siciliano, Sao Paulo, 1990, 311 p.
  45. Décret du 11 juillet 2014 portant promotion et nomination, in JO, no 0161, p. 11776, DILA, Paris, 13 juillet 2014.
  46. Nicolas Truong, Entretien avec Barbara Cassin, in Philosophie Magazine, n° 14, Philo Éditions, Paris, 25 octobre 2007.
  47. J. Lacan, Variantes de la cure-type, in Écrits, p. 330, Seuil, Paris, 1966.
  48. B. Cassin, L'Effet sophistique, p. 19, Gallimard, Paris, 1995.
  49. a, b, c et d A. Pierçon-Gnezda, Barbara Cassin, L’archipel des idées de Barbara Cassin, in Lectures, 8 octobre 2014.
  50. B. Cassin, L'archipel des idées de Barbara Cassin, p. 39, coll. L'archipel des idées, MSH, Paris, 2014 (ISBN 978-2-7351-1699-7).