Pen Duick
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Pen Duick est le nom des bateaux utilisés par Éric Tabarly durant sa carrière, avant l'avènement du sponsoring. Ce nom signifie en breton (la graphie est francisée, l'orthographe correcte étant Penn Duig) « petite tête noire » ("pen" : tête, "du" : noir, et "ick" est la marque du diminutif) et c'est le nom que l'on donne aux mésanges à tête noire.
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[modifier] Pen Duick
| Pen Duick | |
| Gréement : | Cotre franc Aurique |
|---|---|
| Débuts : | 1898 |
| Longueur hors-tout : | 15,10m |
| Longueur de coque : | 10,05m |
| Maître-bau : | 2,93m |
| Tirant d’eau : | 2,20m |
| Déplacement : | 11T |
| Voilure : | 160m² au près |
| Architecte : | William Fife III |
| Chantier : | Gridiron and Workers Carrigaloe (près de Cork) |
| Armateur : | Association Éric Tabarly |
| Port d’attache : | Lorient |
Le premier Pen Duick est un voilier réalisé d'après les plans d'un architecte écossais de grande renommée, William Fife III, en 1898, sous le nom de Yum.
Acquis par son père Guy Tabarly, en 1938, c'est à son bord qu'Eric a appris à naviguer. Sa coque a pourri dans les vasières après la Seconde Guerre mondiale le rendant dangereux à la navigation. Faute de pouvoir payer les travaux, son père le met en vente. ne trouvant pas d'acheteur, Eric persuade son père de lui donner, car il en est tombé amoureux depuis le premier jour.
Quelques années plus tard, quand Eric peut s'occuper de son bateau, on lui annonce que la coque de son voilier est pourrie. Ne pouvant financer les travaux par un chantier, Eric décide de sauver son bateau de ses propres mains : il utilise l'ancienne coque comme un moule, en appliquant des couches successives de tissus polyester, il refait une coque neuve. La construction en polyester était à ses débuts, jamais on avait construit de voilier aussi grand et lourd. C'était la plus grande coque de ce type à cette époque.
Alors qu'Éric est à l'École navale de Brest, il s'entraîne à naviguer pour participer aux régates du sud de l'Angleterre, pas à mettre les cours de côté…
Le bateau a subi une rénovation à l'ancienne dans les chantiers de Raymond Labbe en 1983, et a fêté son centenaire en mai 1998.
Éric Tabarly s'est toujours opposé à l'inscription de "son" bateau au titre des "monuments historiques" C'est à son bord, que dans la nuit du 12 au 13 juin 1998, Éric Tabarly tombe à la mer, lors d'une traversée vers l'Irlande
Pen Duick appartient à Marie et Jacqueline Tabarly qui ont confié son entretien et sa gestion à l'association Eric Tabarly. Il participe aux régates de voiliers classiques en Atlantique et aux rassemblements des Pen Duick. Il est mené par un marin professionnel et embarque chaque saison une équipage de marins bénévoles en formation.
[modifier] Pen Duick II
| Pen Duick II | |
| Gréement : | Ketch |
|---|---|
| Débuts : | 1964 |
| Longueur hors-tout : | 13,60 m |
| Longueur de coque : | 10m (flottaison) |
| Maître-bau : | 3,40 m |
| Tirant d’eau : | 2,20 m |
| Déplacement : | 8 t |
| Voilure : | Grand voile 21,60m²; Artimon 10m² ; Yankee 29,60m² ; trinquette 16,40m² ; voile d'étai 25m² ; spi 82m² soit au total 61,20 m² au près |
| Architecte : | Gilles Costantini |
| Équipage : | 1 |
| Chantier : | Chantiers Costantini |
| Armateur : | Ecole Nationale de Voile |
| Port d’attache : | Saint-Pierre-Quiberon |
Il s'agit du bateau avec lequel Éric Tabarly a gagné la Transat anglaise en 1964. Il doit son nom au premier de la série. Sa coque était faite en contreplaqué marine, à bouchains vifs, ce qui était efficace à défaut d'être très élégant. Pour l'anecdote, Éric Tabarly, par manque de moyens et pragmatisme, utilisa une selle de Harley-Davidson en cuir comme siège de table à cartes et la bulle de barre intérieure, inspirée d'une idée de Marcel Bardiaux, est un astrodôme de bombardier...
Ce voilier a subi plusieurs modifications au cours de son existence, dont une transformation du gréement de ketch en goélette à wishbone, et une troncature de la poupe. En 1994, l’École nationale de voile l'a entièrement restauré dans son état d’origine.
[modifier] Pen Duick III
| Pen Duick III | |
| Gréement : | Goélette marconi |
|---|---|
| Débuts : | 1967 |
| Longueur hors-tout : | 17,45m |
| Longueur de coque : | 13m (flottaison) |
| Maître-bau : | 4,21m |
| Tirant d’eau : | 2,75 m |
| Déplacement : | 13,5T |
| Voilure : | 152m² au près |
| Architecte : | Éric Tabarly |
| Équipage : | 7 |
| Chantier : | La Perrière à Lorient |
| Armateur : | Association Eric Tabarly |
| Port d’attache : | Lorient |
Bateau de 17 m 45, construit en 1967 au chantier « La Perrière » à Lorient, tout en aluminium, la plus grande coque en duralinox de l'époque[1]. Gréé en goélette avec quelques transformations, il a quasiment tout gagné en 1967, au grand dam des Britanniques. Il est reconnaissable à son étrave à guibre
[modifier] Pen Duick IV
| Pen Duick IV / Manureva | |
| Gréement : | Ketch marconi |
|---|---|
| Débuts : | 1968 |
| Longueur hors-tout : | 20,80m |
| Longueur de coque : | 19,50m |
| Maître-bau : | 10,70m |
| Tirant d’eau : | 2,40m |
| Déplacement : | 8T |
| Voilure : | 107m² au près |
| Architecte : | Éric Tabarly |
| Équipage : | 1 |
| Chantier : | La Perrière à Lorient |
Mené par Alain Colas c'est le vainqueur de la Transat anglaise 1972.
Véritable révolution culturelle et technique, ce trimaran gréé en ketch marconi fut le plus rapide de son époque. Certains l'ont d'ailleurs surnommé la « pieuvre d'aluminium ». Non peint, il était souvent décrit comme manquant d'esthétique, ce qui était largement compensé par ses performances.
Ce n'est que plus tard qu'il prouve que le choix d'Eric était le bon. Acheté par Alain Colas, il gagne la transat anglaise en 1972. Ensuite il le rebaptise Manureva et boucle le premier tour du monde en escale en multicoque, il disparaît en 1978 durant la première Route du Rhum.
[modifier] Pen Duick V
| Pen Duick V | |
| Gréement : | Sloop Marconi |
|---|---|
| Débuts : | 1968 |
| Longueur hors-tout : | 10,67m |
| Maître-bau : | 3,50 m |
| Tirant d’eau : | 2,30m |
| Déplacement : | 3,2T (hors ballast) |
| Voilure : | 63m² au près |
| Architecte : | Michel Bigoin et Daniel Duvergie |
| Chantier : | La Perrière à Lorient |
| Armateur : | Musée de la marine proprétaire - Exploitant Ecole Nationale de voile |
| Port d’attache : | Saint-Pierre-Quiberon |
Vainqueur (très largement, avec 11 jours d'avance) de la première transpacifique en 1969 (San Francisco - Tokyo, soit 5700 milles en 39j 15h), ce voilier en aluminium de 10,67 m conçu par Bigoin, Duvergie et Éric Tabarly préfigurait les voiliers de course Open, à l'arrière très large, au fond plat et aux vastes ballasts. Pour l'anecdote, les ballasts de 500 litres se remplissaient avec une pompe à main.
Pen Duick V fut le premier voilier à ballasts[2].
Il est aujourd'hui utilisé par l'École Nationale de Voile à Saint-Pierre-Quiberon.
[modifier] Pen Duick VI
| Pen Duick VI | |
| Gréement : | Ketch Marconi |
|---|---|
| Débuts : | 1973 |
| Longueur hors-tout : | 22,25m |
| Longueur de coque : | 18,80m |
| Maître-bau : | 5,30m |
| Tirant d’eau : | 3,40m |
| Déplacement : | 32T |
| Voilure : | 260m² |
| Architecte : | André Mauric |
| Équipage : | 14 |
| Chantier : | Direction de la construction Navale Brest |
| Armateur : | Club Croisière Pen Duick |
| Port d’attache : | Lorient |
Un ketch en aluminium de 22 mètres dessiné en 1973 par André Mauric pour la Whitbread (course autour du monde en équipage), dernier de la série, il subit deux démâtages lors de la Whitbread qui l'empêchèrent de montrer son potentiel.
L'aménagement intérieur est caractérisé par la séparation de l'habitat en deux coursives, une pour l'équipe de quart des 'tribordais', une pour l'équipe de quart des 'babordais'. Ainsi, le quart au repos n'est pas dérangé dans son sommeil par les allées et venues des équipiers de quart.
La barre franche de secours, très dure à manœuvrer en raison de la taille du bateau, a été sculptée en une forme suggestive, par Olivier de Kersauson, selon la légende.
Éric a été vainqueur de la Transat en solitaire en 1976, alors que tout le monde le croyait perdu. Il a devancé Alain Colas, qui faisait cette course sur le Club Méditerranée, bateau ayant 4 mâts. La manœuvre en solitaire de ce bateau nécessite un effort considérable (poids des voiles, matériel de l'époque etc.). Il faut quand même souligner que le maniement de ce bateau était prévu pour un équipage de 16 personnes… C'est donc à l'occasion de cette course en solitaire, et pour ce bateau, qu'Éric Tabarly a inventé la "chaussette à spi" maintenant adoptée sur un bon nombre de voiliers, sportifs ou non.
Le bateau navigue toujours et est exploité par un club de croisière qui propose de naviguer sur Pen Duick VI et d'autres bateaux de prestige.
[modifier] Annexes
[modifier] Notes et références
- ↑ Voir, entre autres, les détails sur le site de la cité de la voile de Lorient
- ↑ Mémoires du large, d'Eric Tabarly, pages centrales
[modifier] Articles connexes
[modifier] Liens et documents externes
- Pen Duick I
- Pen Duick II
- Pen Duick III
- Pen Duick IV
- Pen Duick V
- Pen Duick VI
- Association Eric Tabarly
- Pen Duick en BD
- Photothèque de la Banque Populaire / Pen Duick
[modifier] Sources
- Éric Tabarly, De Pen Duick en Pen Duick, Arthaud, 1974 (ISBN 2-7003-1146-9)

