Berné

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Berné
église Saint Brévin
église Saint Brévin
Administration
Pays Drapeau de la France France
Région Bretagne
Département Morbihan
Arrondissement Pontivy
Canton Le Faouët
Intercommunalité Communauté de communes du pays du roi Morvan
Maire
Mandat
Jean-Pierre Le Fur
2014-2020
Code postal 56240
Code commune 56014
Démographie
Gentilé Bernéen, Bernéenne
Population
municipale
1 563 hab. (2011)
Densité 45 hab./km2
Population
aire urbaine
25 412 hab.
Géographie
Coordonnées 47° 59′ 44″ N 3° 23′ 28″ O / 47.9955555556, -3.39111111111 ()47° 59′ 44″ Nord 3° 23′ 28″ Ouest / 47.9955555556, -3.39111111111 ()  
Altitude Min. 36 m – Max. 166 m
Superficie 34,77 km2
Localisation

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Berné [bɛʁne] est une commune française, située dans le département du Morbihan en région Bretagne.

Le nom breton de la commune est Berne (prononcé localement [ˈbjɛːnə] ou [ˈbɛːjnə]). Historiquement, elle fait partie du Pays vannetais et du Kemenet-Héboé.

Berné est connue pour son équipe de football, l'US Berné, qui évolua en troisième division nationale de 1973-74 à 1976-77 et gagna la coupe de l'Ouest en 1972.

Géographie[modifier | modifier le code]

localisation de la commune de Berné dans le Morbihan

Berné est une commune rurale appartenant à l'arrière-pays de Lorient. Elle appartient par sa langue mais aussi ses traditions vestimentaires et son mobilier au Pays Pourlet. Un certain nombre d'habitants pratiquent encore cette langue.

l'Etang de Pontcallec (après vidange accidentelle)

La commune de Berné est bordée à l'Est et au Sud par la rivière le Scorff qui s'écoule dans une vallée très boisée et profondément encaissée, dont les nombreux rapides se prêtent à la pratique du kayak. Son cours matérialise la frontière avec les communes limitrophes de Inguiniel et de Plouay. À l'extrémité nord-est de la commune se trouve l'étang de Pontcallec qu'alimentent les eaux d'un affluent du Scorff. La commune dispose d'un bel ensemble boisé d' une superficie totale de 1 062 ha. La forêt domaniale de Pontcallec, une futaie de hêtres et de chênes qui occupe la rive droite du Scorff, couvre 542 ha du territoire de la commune. Le paysage vallonné est empreint de douceur. Le village de Berné court sur un faisceau de petites crêtes moutonnières et domine des versants en pente douce qui ajoutent à son charme. Le sous-sol, essentiellement de nature granitique, renferme du minerai d'uranium. C'est un paradis pour les promeneurs qui aiment la nature calme, secrète et sauvage.

Histoire[modifier | modifier le code]

Préhistoire[modifier | modifier le code]

Le dossier de l'inventaire général de 1986 fait mention d'un menhir en granite au lieu-dit Kerlivio.

Antiquité[modifier | modifier le code]

L'espace gallo-romain de Berné appartenait-il à la cité des Osismes de Carhaix ou à la cité des Vénètes de Vannes ? On peut repérer au nord de la commune une construction. Il s'agit d'un camp dit castel César, de 300 mètres de circonférence. Le gros-œuvre qui reste visible à la fois sur le terrain et par image aérienne montre une levée et un fossé en terre. Le camp a fait l'objet de destructions en 1966. On note légèrement au nord la présence d'un espace carré et au sud-est les fondations dun bâtiment de type rectangulaire. Mais les mentions de type César sont souvent trompeuses. La base de données Mérimée du Ministère de la Culture n'avance aucune datation. Certains auteurs[1] émettent l'hypothèse d'un camp construit pendant le haut Moyen Âge. Des mentions toponymiques peuvent faire écho à l'existence de cet espace gallo-romain, la fontaine nouvellement baptisée Notre Dame de la Force s'appelait autrefois la fontaine Minerve.

Moyen Âge et Temps Modernes[modifier | modifier le code]

Berné dépendait de la châtellennie de Pontcallec dont les terres s'étendaient sur 12 paroisses. Le siège de la châtellenie se trouvait à Berné au lieu-dit Pontcallec. Au commencement il n'y avait à Pontcallec qu'un simple manoir mais celui-ci sera progressivement transformé en place forte par l'ajout de fortifications. La châtellenie faisait partie à l'origine du domaine ducal. C'est d'ailleurs le duc de Bretagne Jean II qui fit construire la chaussée sur un affluent du Scorff qui a donné naissance à l'étang de Pontcallec. Mais les ducs de Bretagne s'en dessaisiront à plusieurs reprises, une première fois au profit des Derval au XVe siècle et une seconde fois des Malestroit au XVIe siècle. Finalement elle passa par alliance dans les mains des Guer à la fin du XVIe siècle qui la gardèrent jusqu'à la Révolution. La seigneurie fut érigée en marquisat en 1667 en faveur d'Alain de Guer. Un de ses descendants s'illustra tout particulièrement. Chrisogon Clement de Guer, marquis de Pontcallec, prit en effet la tête d'une conspiration contre le roi et eut la tête tranchée place du Bouffay à Nantes en l'an 1720.

En 1591, le château de Pontcallec fut assiégé et pris par les troupes du duc de Mercœur, qui après avoir pillé le château, détruisirent la plus grande partie de ses fortifications. Mais le duc de Mercœur, voulant en faire une place forte, la fit réparer et y installa une garnison à sa solde. Cependant les troupes royalistes réussirent en 1594 à s'en emparer et le roi Henri IV y installa une garnison de 50 hommes[2].

Avant la Révolution, la petite seigneurie de Kerlois avait sa mouvance sur le territoire de la paroisse ; ses quelques vassaux devaient une redevance singulière et appelée la « viande de chevalier » ou dîner du chevalier.

Les sabotiers étaient nombreux à vivre aux abords de la forêt de Pontcallec[3]. Elle leur fournissait en grande quantité la matière première dont ils avaient besoin pour fabriquer leurs sabots.

Cette commune est citée pour un incident survenu au pardon de Saint-Urlo en Lanvénégen pendant la révolte des Bonnets rouges.

Période révolutionnaire[modifier | modifier le code]

Berné fut le théâtre de violents combats entre les bleus et les chouans. La forêt de Pontcallec et son château étaient des repaires de chouans et les bleus n'osaient guère s'y aventurer. En 1794 les bleus réussir à capturer dans la forêt le capitaine des chouans Jean Salvar et dix de ses hommes. Mais les chouans eurent leur revanche. En décembre 1795 deux bataillons de républicains furent assaillis par les chouans au carrefour de la croix de la nation et leurs rangs furent décimés. La croix de la nation doit d'ailleurs son nom à cette bataille, le mot nation désigne en effet les soldats républicains[4].

Époque moderne et contemporaine[modifier | modifier le code]

Des forges, dont seul subsistent aujourd'hui les bâtiments, furent installés en 1824 en forêt de Pontcallec. Elles connurent une brève existence puisque dès 1837 celles-ci durent fermer, victimes de la concurrence des fers espagnol et russe, moins coûteux que le fer breton.

La ligne de chemin de fer à voir métrique Plouay Gourin, appartenant au réseau des Chemins de fer du Morbihan, desservit la commune de 1906 à 1947. L'unique arrêt se trouvait au nord du bourg, au lieu-dit actuel de la gare.

Seconde Guerre mondiale[modifier | modifier le code]

Le château de Pontcallec.

À partir de 1943, la ville de Lorient devint une des cibles privilégiées des bombardements alliés, à cause de la base sous-marine de Keroman. Environ 600 civils lorientais trouvèrent alors refuge sur la commune de Berné. Les marins de la Kriegsmarine s'installèrent, quant à eux, au château de Pontcallec. Des baraquements furent installés dans le parc du château. Ils servirent d'école de guerre navale. Le 29 mai 1944, les Allemands procédèrent à une rafle au cours du pardon de Sainte-Anne des Bois. Des jeunes réfractaires au STO furent arrêtés. Plusieurs d'entre-eux ne survécurent pas à la déportation dans des camps de travail en Allemagne. Dix-sept résistants furent fusillés à Landordu par les Allemands peu après le débarquement des alliés en Normandie. Leurs corps seront exhumés le 6 juillet 1944. Quand les résistants délogèrent les derniers Allemands, ils découvrirent au château de Pontcallec d'énormes quantités de vin et d'alcool que ceux-ci n'avaient pas eu le temps d'emporter.

L'après guerre[modifier | modifier le code]

Torbernite - Vouedec

Plusieurs gisements d'uranium furent exploités de 1959 à 1971. Trois sites ont servi à l'extraction du minerai : Bonote (1960-1971), Roscorbel (1959-1960) et Vouedec (1962-1971). Le site de Bonote était la plus importante mine de Bretagne. Ses galeries souterraines ont produit plus de 400 tonnes de minerai radioactif.

Politique et administration[modifier | modifier le code]

La mairie
Liste des maires successifs
Période Identité Étiquette Qualité
mars 2008   Jean-Pierre LE FUR    
Les données manquantes sont à compléter.

Démographie[modifier | modifier le code]

Le dictionnaire d'Ogée, paru en 1778, donne une population de 2 000 communiants pour la paroisse de Berné. La population est resté relativement stable au cours du XIXe siècle et de la première moitié du XXe siècle. Le déclin démographique en raison de l'exode rural n'a été amorcé qu'au lendemain de la Seconde Guerre mondiale et n'a duré qu'une quarantaine d'année. Depuis 1990 la population semble s'être stabilisé.

En 2011, la commune comptait 1 563 habitants. L'évolution du nombre d'habitants est connue à travers les recensements de la population effectués dans la commune depuis 1793. À partir du XXIe siècle, les recensements réels des communes de moins de 10 000 habitants ont lieu tous les cinq ans, contrairement aux autres communes qui ont une enquête par sondage chaque année[Note 1],[Note 2].

           Évolution de la population  [modifier]
1793 1800 1806 1821 1831 1836 1841 1846 1851
1 751 1 764 1 773 2 022 2 668 2 210 1 876 1 959 1 941
1856 1861 1866 1872 1876 1881 1886 1891 1896
1 711 1 766 1 863 1 777 1 912 1 984 1 886 1 904 1 953
1901 1906 1911 1921 1926 1931 1936 1946 1954
1 930 1 953 2 030 1 993 1 989 1 918 1 897 1 968 1 804
1962 1968 1975 1982 1990 1999 2004 2006 2009
1 685 1 592 1 508 1 425 1 350 1 316 1 324 1 331 1 501
2011 - - - - - - - -
1 563 - - - - - - - -
De 1962 à 1999 : population sans doubles comptes ; pour les dates suivantes : population municipale.
(Sources : Ldh/EHESS/Cassini jusqu'en 1999[5] puis Insee à partir de 2004[6].)
Histogramme de l'évolution démographique


Lieux et monuments[modifier | modifier le code]

Berné a pu sauvegarder de magnifiques constructions rurales et religieuses réparties sur l'ensemble de son territoire.

La chapelle Saint-Albaud[modifier | modifier le code]

La chapelle Saint-Albaud

La chapelle Saint-Albaud, de style gothique flamboyant inspiré de l'église Notre-Dame de Kernascléden, dépendait de la seigneurie de Pontcallec. Elle fut fondée au début du XVIe siècle par les de Malestroit, qui y tenaient trois foires l'an. Si leurs armoiries figurent sur l'édifice, celles de Clément de Guer furent martelées, le clocher décapité après son exécution en 1720 pour conspiration contre le roi.

L'identité du patron de la chapelle demeure énigmatique. Dans les écrits du XVIIe siècle, il est appelé Saint Elbaud (1657) ou Saint Herbaut (1680). S'agit-il de Saint Herbot, saint breton protecteur des bêtes à cornes ou de Saint Albin, breton et évêque d'Angers prié pour les cultures ? Difficile à dire sans témoignage, tout culte ayant cessé depuis 50 ans.

La chapelle renferme une statue polychrome en terre cuite de 137 cm de haut représentant ce saint abbé. Hélas, l'œuvre a été mutilée, le bras gauche a été cassé ainsi que la cuisse, et elle a fait l'objet de repeints. Les auteurs ne sont pas connus, mais le lieu d'exécution est, selon les inventaires archéologiques, le département de la Sarthe, peut-être Le Mans. Elle semble dater du XVIIe siècle. L'artiste peintre et restaurateur d'art Alain Plesse, a fait une étude de restauration, des statues en terre cuite et bois polychrome de cet édifice à la demande du département, en 2002.

Autres monuments[modifier | modifier le code]

  • la ferme du Léty, XVIIe siècle
  • église Saint Brévin, XVIe siècle et XVIIe siècle. Son patron était évêque de Canterbury au VIIIe siècle
  • Château de Pont Calleck, XIXe siècle, parc visitable. édifice construit en 1883 à l'emplacement de l'ancienne demeure féodale des seigneurs de Pontcallec.
  • Le hameau médiéval de Pontcallec[7] (village archéologique de Berné), découvert en 1974 en plein cœur de la forêt domaniale de Berné, occupé du premier siècle avant Jésus-Christ jusqu'au XIXe siècle, mais avec une occupation maximale aux XVIe siècle et XVIIe siècle, l'activité principale étant la fabrication de charbon de bois (un four et une charbonnière ont été retrouvés, ainsi que les traces de 21 maisons[8]) est en cours de restauration depuis 2005.
  • La chapelle Sainte-Anne située dans le parc du château et édifiée en 1966 à partir d'une ancienne chapelle de Pluméliau.
  • la croix de la nation, elle représente un christ en croix avec un blason. Il s'agit d'une sculpture en granit, l'hypothèse de son érection : XVIe siècle ?
  • chapelle Sainte-Anne des bois, construite au cœur des bois en 1865.
  • chapelle du Sacré-Cœur, XXe siècle, édifiée sur une colline à l'ouest du bourg, surnommée le Montmartre breton à cause de sa similitude avec cette dernière
  • croix de chemin à Kermerio 1807

Personnalités liées à la commune[modifier | modifier le code]

  • Chrisogon-Clément de Guer, marquis de Pontcallec, exécuté le 26 mars 1720, place du Bouffay à Nantes, avec trois autres gentilhommes des environs, pour avoir fait appel à l'Espagne afin de sauvegarder les libertés de la Bretagne. Il était considéré comme le chef de la conspiration qui porte son nom : la conspiration de Pontcallec
  • Paul Ihuel (1903-1974), député.

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Au début du XXIe siècle, les modalités de recensement ont été modifiées par la loi no 2002-276 du 27 février 2002, dite « loi de démocratie de proximité » relative à la démocratie de proximité et notamment le titre V « des opérations de recensement », afin de permettre, après une période transitoire courant de 2004 à 2008, la publication annuelle de la population légale des différentes circonscriptions administratives françaises. Pour les communes dont la population est supérieure à 10 000 habitants, une enquête par sondage est effectuée chaque année, la totalité du territoire de ces communes est prise en compte au terme de la même période de cinq ans. La première population légale postérieure à celle de 1999 et s’inscrivant dans ce nouveau dispositif est entrée en vigueur au 1er janvier 2009 et correspond au recensement de l’année 2006.
  2. Dans le tableau des recensements et le graphique, par convention dans Wikipédia, et afin de permettre une comparaison correcte entre des recensements espacés d’une période de cinq ans, le principe a été retenu, pour les populations légales postérieures à 1999 de n’afficher dans le tableau des recensements et le graphique que les populations correspondant aux années 2006, 2011, 2016, etc., ainsi que la dernière population légale publiée par l’Insee.

Références[modifier | modifier le code]

  1. Berné : Histoire, Patrimoine, Noblesse (commune du canton du Faouët)
  2. dictionnaire historique et géographique de la province de Bretagne par Jean Ogée, nouvelle édition, tome 1, page 81
  3. registres paroissiaux de la paroisse de Berné
  4. Laurent Léna, Le Faouët sous la Révolution et l'empire,1987, Priziac
  5. Des villages de Cassini aux communes d'aujourd'hui sur le site de l'École des hautes études en sciences sociales.
  6. Fiches Insee - Populations légales de la commune pour les années 2004, 2006, 2009, 2011
  7. http://www.sahpl.asso.fr/SITE_SAHPL/Le_Cam_Gaby_Le_hameau_m%C3%A9di%C3%A9val_de_Pontcallec.pdf
  8. http://www.centre-ouest-bretagne.org/racine/accueil/decouvrir_et_visiter/culture_patrimoine_et_savoir_faire/patrimoine_archeologique/village_archeologique_berne

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]