Pelouse

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Pelouse (au sens écologique du terme)
Les herbivores sauvages ou domestiqués jouent un rôle majeur dans l'entretien et la diversité des pelouses.

Pour le botaniste, une pelouse est une formation végétale formée d'espèces herbacées de faible hauteur (ne dépassant guère 20 à 30 cm de hauteur), essentiellement des graminées, comme les prairies. Laissant le sol à nu par endroit, elle peut être parsemée de rares petits arbrisseaux. Elles accueillent une riche biodiversité et abritent des végétaux très différents, quelquefois endémiques, voire rares.

Les pelouses issues d'un pastoralisme extensif (prairies) sont aujourd'hui menacées du fait notamment de la déprise agricole.

Type et classification[modifier | modifier le code]

Parmi les pelouses, on distingue souvent :

Le terme de « Pelouse sèche » est repris en classification EUNIS (Corine Biotope) sous le numéro E1. Les niveaux inférieurs de la classification systématique des biotopes sont:

Les pelouses calcicoles ou calcaires[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Pelouse calcaire.

Elles font partie des pelouses « sèches » ou « xériques » (le sol étant très drainant). Elles sont auto-entretenues par la faible capacité du sol à garder l'eau des précipitations et entretenues par les herbivores d'élevage ou sauvages. Ce type de pelouse est extrêmement fleurie au printemps et certains végétaux dans les zones touristiques font l'objet de protection spécifiques.

Quand la structure de la pelouse est à la fois due à la pauvreté du sol et à son exploitation par du pâturage extensif et/ou de la fauche avec exportation (foin), on parle d'agroécosystèmes. Les activités agropastorales extensives permettent d'entretenir ces milieux ou des milieux proches dits « de substitution ». Les causses dans le Massif central en sont l'exemple typique.

La plupart de ces pelouses existent naturellement en présence de grands herbivores sauvages.

Les pelouses dunaires[modifier | modifier le code]

Les pelouses aérohalines[modifier | modifier le code]

Les pelouses aérohalines se trouvent au voisinage immédiat de la mer, soumis à l'influence du vent et des embruns, voire à une sécheresse élevée en été (xéricité) juste au-dessus des rochers de l'estran ou des falaises.

Les pelouses acides ou acidoclines[modifier | modifier le code]

Les pelouses oligotrophes[modifier | modifier le code]

Les pelouses oligotrophes se trouvant entre 2 500 mètres et environ 3 000 mètres d'altitude dans les montagnes. Elles tendent à monter en altitude avec le réchauffement climatique, de même que l'étage forestier au-dessus duquel elles s'épanouissent.

Répartition[modifier | modifier le code]

Les pelouses sont présentes dans toute les zones tempérées, dont en Europe, et à tous les niveaux de végétation (y compris alpin[1]). Plusieurs facteurs déterminent l'existence des pelouses dont : les micro-climats locaux, les types de sol, la situation, la présence immédiate de forêts ou de zones humides, l’ensoleillement, la pente. Les pelouses sont soumises à d'importantes périodes de sécheresse, mais le climat régional, et en particulier la pluviométrie, n'est pas le facteur le plus important[1].

Les pelouses cités ci-dessus se maintiennent théoriquement car elles ne sont pas en compétition avec les espèces ligneuses qui éprouvent des difficultés à pousser en altitude, en milieu déshydraté ou/et sous l'influence directe du vent et des embruns salés.

A contrario, un nombre important de pelouse ont été créés de manière indirecte par l'homme, il y a plusieurs siècles, par défrichement des forêts et le pastoralisme. Leur rôle étaient essentiel pour l'activité humaine car elles permettaient de nourrir le bétail, particulièrement les moutons et les chèvres. D'autres pelouses de ce type sont nées de l'abandon récent des vignobles. Dans ce cas, si l'homme n'intervient pas dans leur gestion, ces milieux évoluent naturellement vers un stade forestier, via la succession écologique. De nombreuses pelouses ont disparu (embroussaillées, boisées), laissées à l'abandon par manque de rentabilité dès le début du XXe siècle. Depuis cette époque, 50 à 75 % des pelouses sèches ont été perdues[1].

Menace et préservation[modifier | modifier le code]

Les pelouses sont des habitats qui dans certaines régions ont beaucoup régressé. Beaucoup de ces pelouses ont été détruites fragmentés ou eutrophisés, par l'urbanisation, le surpâturage, l'agriculture intensive (mise en culture à grande échelle de légumineuses, de céréales, prairies temporaires, herbicides), la déprise agricole quand la zone est non-mécanisable et par manque de bergers, les engins tout-terrain (motos, quads), les activités touristique de loisirs, les manœuvres militaires, etc.

À titre d'exemple, pour l'Europe de l'Ouest : « environ 80 à 90 % des pelouses sèches encore présentes à la fin du XIXe siècle ont aujourd'hui disparu du nord de la France »[2], alors que - comme d'autres milieux oligotrophes également en régression (mares, tourbières acides, landes acides…) ils abritaient une partie importante de la biodiversité (toujours à titre d'exemple, « sur les 40 espèces d'orthoptères présents dans la région Nord-Pas-de-Calais, 15 peuvent être considérés comme inféodées aux pelouses sèches ».

En France, les pelouses sont en forte régression dans les régions les plus urbanisées et cultivées, ce qui a justifié un programme national « Pelouses sèches relictuelles de France », animé par Espaces Naturels de France (ENF) avec dix Conservatoires régionaux d'espaces naturels avec un programme homologue européen de 1998 à 2001 (programme LIFE)[3]. Dans le cadre des trames vertes, du réseau Natura 2000 ou du réseau écologique paneuropéen, des stratégies de gestion restauratoire peuvent s'intégrer dans une approche systémique de type réseau écologique. Par exemple, la région Bourgogne propose un réseau orange dans de pelouses dans la cadre de son schéma régional de cohérence écologique (SRCE)[4]

Biodiversité[modifier | modifier le code]

Les pelouses accueillent une très riche biodiversité (jusqu'à 50 espèces végétales au mètre carré[réf. nécessaire]). Elles abritent 26 % des plantes protégées au niveau national et 30 % des espèces végétales recensées en France, ainsi que de nombreux insectes rares. La disparition de ces milieux d'intérêt écologique majeur impliquerait la disparition des espèces qui y vivent. Les orchidées sont des espèces emblématiques des pelouses.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a, b et c [1], site du Réseau des Conservatoires d'Espaces Naturels.
  2. source : Atlas des pelouses sèches du Nord-Pas-de-Calais, Conservatoire des sites naturels du Nord et du Pas-de-Calais, 2001, 639 pages (voir page 4)
  3. Page sur les publications des programmes d'ENF (dont sur les pelouses sèches)
  4. La Bourgogne défend sa trame orange ; in revue Espaces naturels (ATEN), voir p. 26 ; no 34, avril 2011

Annexes[modifier | modifier le code]

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Articles connexes[modifier | modifier le code]

Lien externe[modifier | modifier le code]

Viédographie[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • E Jullien, J Jullien, Guide écologique du gazon et des pelouses fleuries, 2011, Lavoisier