Baignade

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Pierre-Auguste Renoir, Les grandes baigneuses
Baignade à Unterbacher, près de Düsseldorf en Allemagne.

La notion de baignade désigne toutes les formes de natation, ou d'ablutions, pratiquée dans le milieu naturel, ou dans un bain ou un bassin. Elle peut être pratiquée en tant que telle ou de manière associée à d'autres activités (randonnée, navigation de plaisance, canoë, pêche, kayak, aviron, etc.

Recommandations[modifier | modifier le code]

Des zones dangereuses ou polluées peuvent être interdites à la baignade, tout ou partie de l'année.

Sur le littoral, ou divers plans d'eau, le niveau de qualité de l'eau (périodiquement évalué d'après certains indicateurs) peut être signalé par des pavillons de couleur. Certaines eaux industrielles ou des urbaines non ou mal traitées sont une source de risques d'infection très aggravés lors de la baignade, notamment en cas d'ingestion[1],[2], mais l'élevage dans certaines zones rurales peut aussi être source de pathogènes (via le lessivage de fumiers et de lisiers). Le risque existe même en cas de contact limité[3]., notamment s'il y a ingestion d'eau ou en cas de lésions de la peau.

Les affections les plus fréquentes sont de type gastrointestinales, mais des otites, symptômes oculaires, panaris ou parasitoses... sont aussi décrits, les symptômes survenant généralement dans les trois jours suivant la baignade[3]. Plus rarement des maladies particulières sont signalées en piscine ou en Spa (comme la maladie du légionnaire[4],[5])

Qualité des eaux de baignades[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Eaux de baignade.

C'est un paramètre d'évaluation environnementale, important pour les loisirs aquatiques, le tourisme, ainsi que pour les écosystèmes des zones humides, la faune et la flore. Il intéresse notamment les enfants[6] et les immunodéprimés, qui sont plus vulnérables. Des plaies ou lésions de la peau exposent aussi à un risque plus élevé d'infection.

Les paramètres sont physiques, chimiques et microbiologiques, et plus concrètement, ils peuvent évalue :

  • le risque microbien (évalué via les coliformes fécaux, éventuellement thermorésistants)[7],
  • la présence de substances toxiques ou indésirables (plomb, mercure, cadmium... pesticides, organochlorés)(non obligatoire en France)
  • perturbateurs endocriniens, résidus de crème solaire... (non obligatoire en France)
  • radioactivité de l'eau (non obligatoire en France)

En Europe[modifier | modifier le code]

La Directive cadre sur l'eau vise le bon état écologique des masses d'eau en 2015. Des valeurs contraignantes pour la baignade figurent dans la directive sur les eaux de baignade de 1976[8] (mise à jour en 2006[9]).

Les eaux de baignades font l'objet d'un suivi sanitaire par les états, qui conformément à la convention d'Aarhus doivent le tenir à disposition du public. De nouveaux outils web (L'application Eye On Earth — Water Watch permet aux utilisateurs de zoomer sur une région)permettent aux citoyens « un accès aisé à l'information environnementale, ainsi qu'une plate-forme leur permettant de soumettre des observations » [10].
La directive a une date butoir pour son application intégrale, qui est 2015, avec une volonté de simplifier des méthodes de gestion et de contrôle ; les paramètres microbiologiques à suivre ont été réduits à deux (entérocoques intestinaux et Escherichia coli (1 prélèvement tous les 15 jours) + inspection visuelle identifiant par exemple, les blooms algaux ou la présence de pétrole).
La directive 2006 voulait aussi diminuer le risque de résultats influencés par des aléas météorologiques défavorables ou des incidents ponctuels.
Trois catégories principales « insuffisante », « suffisante », « bonne » et « excellente » ont été retenues, et s'y ajoutent des eaux interdites à la baignade temporairement ou pendant toute la durée de la saison balnéaire ; des eaux nouvelles (classification encore impossible, mais chaque État-membre peut décider d'appliquer des seuils (ou valeurs guides) plus stricts.

À titre d'exemple, en 2009 ; selon Eurobaromètre, 2/3 des européens considèraient la qualité de l'eau dans leur pays comme un problème sérieux[11]. Sur 20 000 sites contrôles[12], étaient conformes aux «valeurs guides» minimales ou normes minimales de qualité de l'eau définies par la directive européenne [12] ;

  • 96 % des zones de baignade côtières (contre 80 % en 1990)
  • 90 % des sites de baignade dans les lacs et les rivières (contre 52 % en 1990).

En 2009:

  • une légère diminution du nombre de sites respectant les normes minimales de qualité a été constatée entre 2008 et 2009, baissant de 0,7 % pour les eaux de baignade côtières et de 2,6 % pour les eaux de baignade intérieures. C'est un taux de fluctuation considérée comme habituel, mais qui indique aussi une marge de progrès.
  • 2 % des sites de baignade littoraux de l'Union européenne ont fait l'objet d'une interdiction en 2009, presque toujours en Italie[12].

écocitoyenneté : Des outils Web en ligne permettent maintenant l'accès direct aux données de chaque pays européen ou d'une région spécifique, avec possibilité d'en analyser l'évolution au fil des années. Le public peut aussi faire remonter des informations.

Tendances[modifier | modifier le code]

Selon H Bruyninckx [13] en 2013 « La qualité des eaux de baignade européennes s'est améliorée au cours des deux dernières décennies, le temps où nous rejetions de grandes quantités d'eaux résiduaires directement dans les cours d'eau est révolu. Aujourd'hui, ce sont les charges polluantes associées aux fortes pluies et aux inondations qui posent problème. Ces phénomènes peuvent causer un débordement des systèmes d'évacuation et drainer les bactéries fécales présentes dans les terres agricoles vers les eaux des fleuves, rivières et océans »[14]

Critiques ou limites[modifier | modifier le code]

Aucune norme impérative pour le paramètre « streptocoques fécaux » ne figure dans l'ancienne directive 76/160/CEE. Seul le paramètre « coliformes fécaux » est évalué pour la conformité des eaux de baignade aux valeurs impératives. L'évaluation de la conformité aux valeurs guides ne repose que sur 2 paramètres bactériologiques et non sur les métaux lourds ou d'autres polluants ou microbes ou parasites indésirables (cercaires par exemple[15][16],[17]).

Le contact avec des microbes contribue à éduquer et entretenir le système immunitaire, mais l'exposition à un environnement pollué ou à une promiscuité excessive[18] sont aussi un facteur supplémentaire de risque : Il a été montré que les plages les plus fréquentées par des baigneurs connaissent des taux de "maladies du baigneur" nettement plus élevés. Ceci laisse supposer qu'il existe une transmission de baigneur à baigneur qui aurait un rôle épidémiologique important[19],[20]. Des modélisation ont conclu que 75 % des maladies humaines dues à la baignade seraient dues au seuls norovirus et rotavirus[19], or, les entérovirus sont presque spécifiques à l’espèce humaine.

Les coliformes sont réputés être indicateurs d'autres pathogènes, viraux notamment. Ceci a été mis en doute par diverses études (dont certaines considérant les bactériophages comme de meilleurs indicateurs de risque[21]), mais une "revue d'articles" (review) récente (2011) a confirmé la pertinence de ce type d'indicateur[22].

L'eau n'est pas le seul paramètre intéressant la santé, la qualité microbienne du substrat de la plage (sable ou sédiment en général)[23], voir la qualité de l'air pourraient aussi parfois être d'intérêt écoépidémiologique.

Activités naturistes[modifier | modifier le code]

One of the best place for naturists in Zhiben Hot Spring

La Baignade

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Colford JM, Jr, Wade TJ, Schiff KC, Wright CC, Griffith JF, Sandhu SK, et al. (2007) Water quality indicators and the risk of illness at beaches with nonpoint sources of fecal contamination. Epidemiology. ;18(1):27–35.
  • Fleisher JM, Fleming LE, Solo-Gabriele HM, Kish JK, Sinigalliano CD, Plano L, et al. (2010) The BEACHES Study: health effects and exposures from nonpoint source microbial contaminants in subtropical recreational marine waters. Int J Epidemiol. ;39(5):1291–1298.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Dorevitch S, Panthi S, Huang Y, Li H, Michalek AM, Pratap P, et al. (2011) Water ingestion during water recreation. Water Res. ;45(5):2020–2028
  2. Schijven J, de Roda Husman AM. (2006) A survey of diving behaviour and accidental water ingestion among Dutch occupational and sport divers to assess the risk of infection with waterborne pathogenic microorganisms. Environ Health Perspect. ;114(5):712–7
  3. a et b Dorevitch S, Pratap P, Wroblewski M, Hryhorczuk DO, Li H, Liu LC, et al. (2012) Health risks of limited-contact water recreation. Environ Health Perspect. ;120(2):192–7. Cyberpub. du 21 octobre 2011
  4. maladie gastro-intestinale aiguë Campese C, Roche D, Clement C, Fierobe F, Jarraud S, de Waelle P, et al. Cluster of Legionnaires’ disease associated with a public whirlpool spa, France, April–May 2010. Euro Surveill. 2010;15(26):1–3
  5. Foster K, Gorton R, Waller J. (2006) Outbreak of legionellosis associated with a spa pool, United Kingdom. Eurosurveill 11(9):pii=3053. .
  6. Wade TJ, Calderon RL, Brenner KP, Sams E, Beach M, Haugland R, et al. High sensitivity of children to swimming-associated gastrointestinal illness: results using a rapid assay of recreational water quality. Epidemiology. 2008;19(3):375–83
  7. Soller JA, Schoen ME, Bartrand T, Ravenscroft JE, Ashbolt NJ (2010) Estimated human health risks from exposure to recreational waters impacted by human and non-human sources of faecal contamination. Water Res. ;44(16):4674–91. Cyberpub. du 25 juin 2010
  8. Directive 76/160/CEE concernant la qualité des eaux de baignade.
  9. Directive 2006/7/CE concernant la gestion de la qualité des eaux de baignade
  10. Communiqué de l'[Agence européenne de l'environnement], juin 2010
  11. Majority of Europeans believe quality and quantity of water is a serious problem (La plupart des Européens pensent que la qualité et la quantité est un sérieux problème). Communiqué de presse d'Eurobaromètre du 29 mars 2009. Également disponible à l'adresse http://europa.eu/rapid/pressReleasesAction.do?reference=IP/09/446&format=HTML&aged=0&language=EN&guiLanguage=en (en anglais) [Accédé le 3 mai 2010].
  12. a, b et c Rapport annuel 2010 sur les eaux de baignade, présenté par la Commission européenne et l'Agence européenne pour l'environnement (AEE). Ce rapport précise où se procurer des informations détaillées et actualisées sur les sites de baignade Version française
  13. (directeur exécutif de l'AEE)
  14. Actu-environnement (2014) Qualité des eaux de baignade dans l'UE : les sites non conformes progressent en France, brève du 02 juin 2014, consultée 2014-06-05
  15. Mulvihill CA, Burnett JW. (1990) Swimmer’s itch: a cercarial dermatitis. Cutis. ;46(3):211–213
  16. CDC (Centers for Disease Control and Prevention). 1992. Cercarial dermatitis outbreak at a state park – Delaware, 1991. MMWR Morb Mortal Wkly Rep 4114225–228.228
  17. Hoeffler DF. 1977. ”Swimmers’ itch” (cercarial dermatitis). Cutis 194461–467.467 ; Illinois Pollution Control Board. In The Matter of: Water Quality Standards and Effluent Limitations for the Chicago Area Waterway System (CAWS) and the Lower Des Plaines River: Proposed Amendments to 35 Ill. Adm. Code 301, 302, 303 and 304. 2010.
  18. Graczyk TK, Sunderland D, Tamang L, Shields TM, Lucy FE, Breysse PN. (2007) Quantitative evaluation of the impact of bather density on levels of human-virulent microsporidian spores in recreational water. Appl Environ Microbiol. 2007;73(13):4095–9. 4 mai 2007.
  19. a et b Soller JA, Schoen ME, Bartrand T, Ravenscroft JE, Ashbolt NJ (2010) "Estimated human health risks from exposure to recreational waters impacted by human and non-human sources of faecal contamination" ; Water Res. septembre 2010 ; 44(16):4674-91
  20. Papastergiou P, Mouchtouri VA, Rachiotis G, Pinaka O, Katsiaflaka A, Hadjichristodoulou C (2011) "Bather density as a predominant factor for health effects related to recreational bathing: results from the Greek bathers cohort study" ; Mar Pollut Bull. Mars 2011 ; 62(3):590-5.
  21. Lee JV, Dawson SR, Ward S, Surman SB, Neal KR. (1997) Bacteriophages are a better indicator of illness rates than bacteria amongst users of a white water course fed by a lowland river. Water Sci Technol. ;35(11–12):165–170
  22. Wu J, Long SC, Das D, Dorner SM (2011) Are microbial indicators and pathogens correlated? A statistical analysis of 40 years of research. J Water Health. Juin 2011 ; 9(2):265-78 (résumé).
  23. Heaney CD, Sams E, Wing S, Marshall S, Brenner K, Dufour AP, et al.(2009) Contact with beach sand among beachgoers and risk of illness. Am J Epidemiol. ;170(2):164–72. Cyberpub. du 18 juin 2009